Sommaire du livre de Marie-France Hirigoyen : Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien (1998).

Introduction.

Ces agressions relèvent d’un processus inconscient de destruction psychologique, constitué d’agissements hostiles évidents ou cachés, d’un ou de plusieurs individus, sur un individu désigné, souffre-douleur au sens propre du terme.
(…)
Respecter l’autre, c’est le considérer en tant qu’être humain et reconnaître la souffrance qu’on lui inflige.
(…)
La tolérance passe nécessairement par l’instauration de limites clairement définies. Or, ce type d’agression consiste justement en un empiètement sur le territoire psychique d’autrui.
(…)
Les psychiatres eux-mêmes hésitent à nommer la perversion ou, quand ils le font, c’est soit pour exprimer leur impuissance à intervenir, soit pour montrer leur curiosité devant l’habileté du manipulateur. La définition même de perversion morale est contestée par certains qui préfèrent parler de psychopathie, vaste fourre-tout où ils tendent à mettre tout ce qu’ils ne savent pas soigner. La perversité ne provient pas d’un trouble psychiatrique mais d’une froide rationalité combinée à une incapacité à considérer les autres comme des êtres humains.
(…)
Le premier acte de ces prédateurs consiste à paralyser leurs victimes pour les empêcher de se défendre. Ensuite, même si elles essaient de comprendre ce qui leur arrive, elles n’ont pas les outils pour le faire.
(…)
La victimologie consiste en l’analyse des raisons qui amènent un individu à devenir victime, des processus de victimisation, des conséquences que cela induit pour lui et des droits auxquels il peut prétendre.
(…)
Même si sa façon de réagir à l’agression morale peut contribuer à établir une relation avec l’agresseur qui se nourrit d’elle-même et à donner l’impression d’être « symétrique », il ne faut pas oublier que cette personne souffre d’une situation dont elle n’est pas responsable.
(…)
Le point commun de ces situations est que c’est indicible : La victime, tout en reconnaissant sa souffrance, n’ose pas vraiment imaginer qu’il y a eu violence et agression.
(…)
J’ai choisi délibérément d’utiliser les termes agresseur et agressé, car il s’agit d’une violence avérée, même si elle est occulte, qui tend à s’attaquer à l’identité de l’autre, et à lui retirer toute individualité. C’est un processus réel de destruction morale, qui peut conduire à la maladie mentale ou au suicide.

La violence perverse au quotidien.

La violence privée.

La violence perverse dans le couple.

L’emprise.
La violence.
La séparation.

La violence perverse dans les familles.

La violence indirecte.
La violence directe.
L’inceste latent.

Le harcèlement dans l’entreprise.

De quoi s’agit-il ?

Qui est visé ?

Qui agresse qui ?

Un collègue agresse un autre collègue.

Un supérieur agressé par des subordonnés.

Un subordonné agressé par un supérieur.

Comment empêcher une victime de réagir ?

Refuser la communication directe.

Disqualifier.

Discréditer.

Isoler.

Brimer.

Pousser l’autre à la faute.

Le harcèlement sexuel.

Le point de départ du harcèlement.

L’abus de pouvoir.

Les manœuvres perverses.

L’entreprise qui encourage les méthodes perverses.

L’entreprise qui laisse faire.

La relation perverse et les protagonistes.

La séduction perverse.

La communication perverse.

Refuser la communication directe.

Déformer le langage.

Mentir.

Manier le sarcasme, la dérision, le mépris.

La victime ne repère l’agressivité du message que lorsqu’il est devenu presque une habitude.

User du paradoxe.

Si la victime essaie d’exprimer ses doutes, elle se fait traiter de paranoïaque qui interprète tout de travers.
Un discours paradoxal rend l’autre perplexe.
Par un phénomène de transfert, la culpabilité est portée entièrement par la victime. Il y a une introjection de la culpabilité chez la victime.

Disqualifier.

Diviser pour mieux régner.

Imposer son pouvoir.

La violence perverse est à distinguer de l’abus de pouvoir directe ou de la tyrannie.

La violence perverse.

La haine est montrée.

La violence est agie.

L’effet destructeur vient de la répétition d’agressions apparemment anodines mais continuelles, et dont on sait qu’elles ne s’arrêteront jamais. Il s’agit d’une agression à perpétuité.
Si, à une violence subtile (chantage, menaces voilées, intimidations), viennent s’ajouter des violences réelles jusqu’au meurtre, c’est par un dérapage du jeu pervers, car le pervers préfère tuer indirectement ou, plus exactement, amener l’autre à se tuer lui-même.
Les marques d’hostilité n’apparaissent pas dans des moments d’énervement ou de crise. Elles sont là d’une façon constante, permanente, à petites touches, tous les jours ou plusieurs fois par semaine, pendant des mois, voire des années.
C’est également une violence asymétrique. (…) Là, au contraire, celui qui met en acte la violence se définit comme existentiellement supérieur à l’autre, ce qui est généralement accepté par celui qui reçoit la violence. Ce type de violence insidieuse a été qualifié de « violence punition » par Reynaldo Perrone. Dans ce cas, il n’y a pas de pause, pas de réconciliation, ce qui rend cette violence masquée, intime, verrouillée. Aucun acteur n’en parle à l’extérieur. Celui qui inflige la souffrance à l’autre considère qu’il la mérite et qu’il n’a pas le droit de se plaindre. Si la victime réagit et cesse par là même de se comporter en objet docile, elle est considérée comme menaçante ou agressive. Celui qui était au départ initiateur de la violence se pose en victime. La culpabilité interrompt la réaction défensive de la victime. Tout réaction d’émotion ou de souffrance entraîne, chez l’agresseur, une escalade de violence ou une manœuvre de diversion (indifférence, fausse surprise).
Dans une agression perverse, il n’y a aucune preuve. C’est une violence « propre ». On ne voit rien.

L’autre est acculé.

Lors de la phase d’emprise, l’action du pervers narcissique sur sa victime était essentiellement d’inhiber sa pensée.
Le pervers essaie de pousser sa victime à agir contre lui pour ensuite la dénoncer comme « mauvaise ». Ce qui importe, c’est que la victime paraisse responsable de ce qui lui arrive.
On voit même des pervers inciter l’autre au suicide.
Face à quelqu’un qui fige tout, la victime se trouve acculée à agir. Mais, entravée par l’emprise, elle ne peut le faire que dans un sursaut violent pour retrouver sa liberté. Pour un observateur extérieur, toute action impulsive, surtout si elle est violente, est considérée comme pathologique. Celui qui réagit à la provocation apparaît comme responsable de la crise.

L’agresseur.

La perversion narcissique.

Le narcissisme.

Le passage à la perversion.

La mégalomanie.

La vampirisation.

L’irresponsabilité.

La paranoïa.

La victime.

La victime objet.

Est-ce du masochisme ?

Ses scrupules.

La faille à laquelle s’attaquent les pervers chez leur partenaire se situe le plus souvent dans le registre de la dévalorisation et de la culpabilité. Un procédé évident pour déstabiliser l’autre est de l’amener à se culpabiliser. Dans le Procès de Kafka, Joseph K. est accusé d’avoir commis une faute, mais il ne sait pas laquelle. Il n’aura de cesse que d’éclaircir cette accusation pour comprendre ce qu’on lui reproche. Il doute de ses souvenirs, finissant par se convaincre qu’il n’est pas lui-même.

Sa vitalité.

Sa transparence.

Quand les victimes commencent à nommer ce qu’elles ont compris, elles deviennent dangereuses. Il faut les faire taire par la terreur.

Conséquences pour la victime et prise en charge.

Les conséquences de la phase d’emprise.

Le désistement.

La confusion.

Le doute.

On tend à prêter à l’agresseur des sentiments (culpabilité, tristesse, remords) dont il est complètement dépourvu. Dans l’impossibilité de comprendre, la victime se retrouve sidérée, déniant la réalité de ce qu’elle n’est pas en mesure de voir.

Le stress.

La peur.

Les victimes sont sur le qui-vive en permanence.
Elles craignent des remarques blessantes, des sarcasmes, du mépris, de la dérision.
Pour échapper à cette violence, elles ont tendance à être de plus en plus gentilles, de plus en plus conciliantes. Elles ont l’illusion que cette haine pourrait se dissoudre dans l’amour et la bienveillance.

L’isolement.

Comment en parler à l’extérieur ? La destruction souterraine est indicible.
Généralement, l’entourage, même proche, se tient à distance : « On ne veut pas être mêlé à ça ! ».

Les conséquences à plus long terme.

Le choc.

Le choc se produit lorsque les victimes prennent conscience de l’agression. Même si des personnes extérieures leur avaient fait remarquer leur soumission ou leur trop grande tolérance face à un manque de respect évident, elles auraient refusé de le voir.
(…)
C’est une sensation d’effraction violente, de sidération, de débordement, d’effondrement que certaines victimes décrivent comme une agression physique. (…) J’ai l’impression d’être comme un boxeur à terre qu’on continue à rouer de coups.
(…)
Les victimes découvrent un peu tard qu’elles sont victimes, qu’on s’est joué d’elles. Elles perdent l’estime d’elles-mêmes et leur dignité. Elles ont honte des réactions que cette manipulation a provoquées en elles : « J’aurais dû réagir plus tôt ! ». « Pourquoi n’ai-je rien vu ? ».
(…)
Parfois, les personnes désirent alors se venger, mais le plus souvent elles sont à la recherche d’une réhabilitation, d’une reconnaissance de leur identité.

La décompensation.

Les capacités de résistance d’un individu ne sont pas illimitées, elles s’érodent progressivement et conduisent à un épuisement psychique. Au-delà d’une certaine quantité de stress, le travail d’adaptation ne peut plus se faire et il y a décompensation.
Aux yeux des agresseurs, il n’est pas rare que ces troubles soient comme une justification du harcèlement.
Lors d’une agression perverse, l’agresseur fait en sorte d’apparaître tout-puissant, donnant à voir rigueur morale et sagesse.
Les pervers, pour prouver que leur victime est mauvaise, sont prêts à susciter chez elle de la violence à leur égard.

La séparation.

Lorsque le processus de harcèlement est en place, en effet, il est rare qu’il cesse autrement que par le départ de la victime, et ce ne sont pas des médicaments qui permettront à celle-ci de sauver sa peau.

L’évolution.

En même temps persistent des troubles neurovégétatifs tels que des troubles du sommeil ou de l’hypervigilance.
(…)
Le général Crocq, spécialiste de la victimologie en France, considère que les menacés, les harcelés et les diffamés sont des victimes psychiques. Ces victimes, comme des victimes de guerre, ont été placées dans un « état de siège » virtuel qui les a obligées à être sur la défensive en permanence.

Conseils pratiques dans le couple et la famille.

Repérer.

Agir.

Il n’est pas mauvais que, par un renversement, la victime inquiète son agresseur en lui faisant savoir que, désormais, elle ne se laissera plus faire.

Résister psychologiquement.

Quoi qu’elles éprouvent, je conseille aux victimes de jouer l’indifférence, de garder le sourire et de répondre avec humour, mais sans en rajouter dans l’ironie. Elles doivent rester imperturbables et ne jamais entrer dans le jeu de l’agressivité. Il leur faut laisser dire, ne pas en s’énerver, tout en notant chaque agression afin de préparer leur défense.
(…)
Il est important qu’elle garde au fond d’elle la conviction qu’elle est dans son bon droit et que, tôt ou tard, elle réussira à se faire entendre.

Faire intervenir la justice.

Conseils pratiques dans l’entreprise.

Repérer.

Trouver de l’aide au sein de l’entreprise.

Résister psychologiquement.

Agir.

Il vaut mieux passer pour anormalement méfiant, quitte à être qualifié de paranoïaque, que de se laisser mettre en faute. Il n’est pas mauvais que, par un renversement, la victime inquiète son agresseur en lui faisant savoir que, désormais, elle ne se laissera plus faire.

Faire intervenir la justice.

Le harcèlement moral.
Le harcèlement sexuel.

Organiser la prévention.

La prise en charge psychologique.

Comment guérir.

Le choix du psychothérapeute.
Nommer la perversion.
S’en sortir.
Se dégager de la culpabilité.

Récemment, des psychanalystes débattant du traumatisme et de ses incidences subjectives ont montré comment, sous couvert de leur savoir théorique, ils pouvaient à nouveau humilier la victime, pour ensuite la rendre responsable de sa position de victime. Faisant référence au masochisme, c’est-à-dire à la recherche active de l’échec et de la souffrance, ils pointaient l’irresponsabilité de la victime face à ce qui la meurtrit, ainsi que sa jouissance à se voir en victime. Ces mêmes psychanalystes mettaient en doute son innocence, arguant qu’il existe un certain confort à la position de victime.

Sortir de la souffrance.
Guérir.

Les différentes psychothérapies.

Les psychothérapies cognitivo-comportementales.

L’hypnose.

Les psychothérapies systémiques.

La psychanalyse.

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