Le procès de Franz Kafka.

Kafka en colère de Pascale Casanova (2011).
Les métamorphoses de Franz Kafka par Claude Thiébault (1996), collection Découvertes de Gallimard.
Franz Kafka, rêveur insoumis par Michael Löwy (2004).
K. Figures mythiques par Eric Faye (1996).

Notice du résumé de l’oeuvre (dans la collection Bouquins).

Cependant, la faute, ou le crime, dont on l’accuse ne lui est en rien révélée, et le comportement insolite des « policiers » laisse un instant penser à Joseph K. qu’il s’agit là d’une plaisanterie montée par ses collègues de bureau à l’occasion de son trentième anniversaire.

(…)

Naturellement soumis et respectueux envers l’autorité, en règle avec la morale et la légalité, il n’en éprouve pas moins un malaise, révélateur d’une mystérieuse culpabilité.

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Joseph K. se décide donc à répondre aux convocations, affichant une indignation et une assurance qui dissimulent un secret désarroi, justifiant son attitude aux yeux de son entourage par la nécessité de dévoiler les désordres et l’arbitraire de l’appareil judiciaire,. Enfin, ce sera pour lui l’occasion de prouver son innocence et de tirer, une fois pour toutes, les choses au clair. Mais ces débats, cette argumentation que Joseph K. déploie aux yeux des autres et de lui-même, vont se révéler comme les sursauts d’un homme pris à un fil invisible, premiers pas dans un labyrinthe, premiers tours d’un engrenage sans rémission.

(…)

Il est comme fasciné par cet univers insoupçonné, cette organisation occulte, ces gardiens de la Loi, qui interrogent et instruisent sans révéler pourquoi, et dont les bureaux sont installés dans les mansardes et les soupentes de la ville, ce tribunal dont les audiences se déroulent au dernier étage d’un sinistre immeuble de quartier pauvre. Car l’essentiel pour lui, c’est de se justifier, mettre un terme au tourment de sa raison, qui s’insurge et s’enfonce toujours plus avant dans un dédale de craintes, de scrupules et de responsabilités supposées, se défendre d’une conjuration qui donne tant de preuves de sa mauvaise foi. Ainsi, peu à peu, ce procès devient-il pour K. une idée fixe. Négligeant son travail à la banque, il passe des heures à supputer les diverses possibilités de salut qui s’offrent à lui, parcourt la ville à la recherche d’un avocat capable de défendre cette cause sans motif, cherche fébrilement quelqu’un pouvant entrer en rapport avec les magistrats chargés d’instruire son procès.

(…)

Drame du doute, drame d’un homme qui s’est soumis aux impératifs d’un idéal officiel et découvre que les agents de cet ordre suprême sont des naïfs, des ignorants ou des tricheurs et offrent le parfait visage de l’injustice. Au fur et à mesure que les issues se ferment, Joseph K. voit grandir sa solitude dans une ville qui semble se muer en un immense tribunal.

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