Psychopathie des policiers français

Voilà une question qui mérite d’être creusée.

Je pense que s’il n’y avait pas eu les armes sonores, je n’aurais jamais eu conscience de tout ça … Si un spécialiste soumettait réellement les flics à un examen psychométrique, ceux-ci atteindraient des scores de psychopathie très élevés.

On peut dégrossir le sujet avec Wikipédia, puis avec le rapport d’orientation de la Haute Autorité de Santé. Et enfin, on trouve une très bonne publication sur le net : La  Psychopathie et son évaluation avec pour auteur le Dr Pham de l’Université de Mons en Belgique.
https://www.researchgate.net/publication/269794111_La_Psychopathie_et_son_evaluation
La publication en question fait la description de quelques échelles de psychopathie, dont la plus connue est la PCL-R de Robert Hare (1991).

Définition de l’empathie en psychologie.

En psychologie, l’empathie est la capacité de ressentir les émotions, les sentiments, les expériences d’une autre personne ou de se mettre à sa place. Le Pr Sironi nous dit qu’il ne s’agit pas d’identification.

Cette attitude nécessite un effort de compréhension intellectuelle d’autrui. Elle exclut cependant toute confusion entre soi et l’autre, tout mouvement affectif personnel ainsi que tout jugement moral. En effet, l’empathie n’implique pas de partager les sentiments ou les émotions de l’autre, ni de prendre position par rapport à elle, contrairement à la sympathie ou à l’antipathie.

En philosophie, l’empathie désigne l’appréhension immédiate de l’affectivité d’autrui. L’adjectif « empathique » qualifie une personne ou une attitude qui montre ou exprime de l’empathie.

Terme connexe : Altruisme.

 

Tentons de repérer dans ces échelles ce qui peut décrire la personnalité psychopathique des flics françaises :

Modèle de psychopathie d’Hervé Cleckley (1964).

Description des items.

  1. Charme superficiel et bonne « intelligence ».
  2. Absence de délires ou de tout autre signe de pensée irrationnelle.
  3. Absence de « nervosité » ou de manifestations psychonévrotiques.
  4. Sujet sur qui on ne peut compter.
    ***** 5. Fausseté et hypocrisie.
    ***** 6. Absence de remords et de honte.
    ***** 7. Comportement antisocial non motivé.
    ***** 8. Pauvreté du jugement et incapacité d’apprendre de ses expériences.
    ********* 9. Egocentrisme pathologique et incapacité d’aimer.
    *** 10. Réactions affectives pauvres.
    11. Incapacité d’introspection.
    ********* 12. Incapacité de répondre adéquatement aux manifestations générales qui marquent les relations interpersonnelles (considération, gentillesse, confiance, etc.).
    13. Comportement fantaisiste et peu attirant lorsque sous l’effet de l’alcool, voire sans ledit effet d’alcool
    14. Rarement porté au suicide.
    15. Vie sexuelle interpersonnelle, banale et peu intégrée.
    16. Incapacité de suivre quelque plan de vie que ce soit

Comprehensive Assessment of Psychopathic Personality (CAPP). Par Cooke et Al.

Modèle multidimensionnel de personnalité qui consiste en six dimensions incluant chacune des traits de dysfonctionnement observés dans le trouble de personnalité psychopathique.
Hare et al. (2003) avaient proposé les quatres domaines décrivant des traits de personnalité dysfonctionnels suivants :
interpersonnel, affectif, impulsivité/irresponsabilité et antisocial.
La définition du prototype de psychopathie selon le modèle de la CAPP est ainsi la suivante : « sujet caractérisé par des rapports aux autres dysfonctionnels marqués par la domination de l’autre, des émotions inconsistantes et superficielles, une conduite impulsive et irresponsable, des processus d’attribution de la faute dysfonctionnels, et des distorsions cognitives quant à sa culpabilité« .

Domaines Symptômes
Attachement. Détaché
Peu engagé
************ Non empathique.
************ Indifférent.
Comportement. Manque de persévérance
Manque de fiabilité
Imprudent
***** Agité.
***** Perturbateur.
***** Agressif.
Cognition. **** Soupçonneux.
Manque de concentration
***** Intolérance.
***** Inflexible.
Manque de planification.
Dominance *********** Antagoniste.
*********** Dominateur.
******* Fausseté/mensonge.
******** Manipulateur.
******* Manque de sincérité.
*********** Loquacité.
Emotionnel. Manque d’anxiété.
Manque de plaisir.
Manque de profondeur émotionnelle.
********* Manque de stabilité émotionnelle. Ou labilité émotionnelle.
******** Manque de remords.
Soi. *********** Égocentrisme.
******** Autoglorification (surestimation).
**** Sentiment d’être unique, exceptionnel.
Sentiment d’ayant-droit.
*********** Sentiment d’être invulnérable.
********* Autojustification.
Idée de soi instable.

Échelle d’évaluation de psychopathie de Hare (PCL-R) (1991, puis 2003).

La psychopathie ainsi définie constitue un construit clinique défini par un pattern de caractéristiques interpersonnelles, affectives et comportementales comprenant l’égocentricité, la manipulation, l’insensibilité aux autres, l’irresponsabilité, l’instabilité relationnelle, l’impulsivité, le manque d’empathie, d’anxiété, de remords ou de culpabilité et un pauvre contrôle comportemental, qui se manifestent notamment par la mise en place de comportements antisociaux mais pas nécessairement criminels.

Un sujet psychopathe aurait nécessairement une personnalité antisociale, alors que le sujet présentant une personnalité antisociale ne serait pas nécessairement psychopathe.

La PCL-R est constituée de 20 items répartis principalement en deux grands facteurs : le facteur 1, relatif aux caractéristiques interpersonnelles, affectives et narcissiques de la psychopathie, et le facteur 2, définissant les caractéristiques liées au style de vie impulsif/parasite et la tendance antisociale chronique.
En 2003, ces deux grands facteurs sont eux-mêmes scindés en quatres facettes. Le premier facteur comprend les facettes évoquant la relation interpersonnelle et la froideur émotionnelle du sujet psychopathe, le deuxième comprend les facettes style de vie impulsif, et comportement antisocial du psychopathe.

***** Loquacité/charme superficiel.
Surestimation de soi.
Besoin de stimulation/tendance à s’ennuyer.
******* Tendance au mensonge pathologique.
******* Duperie/manipulation.
******* Absence de remords ou de culpabilité.
******** Affect superficiel.
********** Insensibilité/manque d’empathie.
********** Tendance au parasitisme.
********** Faible maîtrise de soi.
****** Promiscuité sexuelle (paraphilies).
Apparition précoce de problème de comportement.
Incapacité à planifier à long terme et de façon réaliste.
**********Impulsivité.
**********Irresponsabilité.
**********Incapacité d’assumer la responsabilité de ses faits et gestes.
Nombreuses cohabitations de courtes durées.
Délinquance juvénile.
Violation des conditions de libération conditionnelle.
********** Diversité des types de délits commis par le sujet.

Levenson’s Self-Report Psychopathy Scale (LSRP).

Une structure bifactorielle se dégage de cet outil. Le premier facteur se réfère notamment à l’égoïsme, au manque d’empathie et de culpabilité, à la manipulation et à l’utilisation des autres pour le propre intérêt du sujet. Le deuxième est lié à l’impulsivité et au mauvais contrôle comportemental en général.

Psychopathic Personality Inventory (PPI).

8 facteurs : égocentricité/machiavélisme, puissance sociale, intrépidité, froideur affective, manque de conformité impulsive, responsabilité rejetée, manque de planification, et stress nul.

MMPI-2-RF® INVENTAIRE MULTIPHASIQUE DE PERSONNALITÉ DU MINNESOTA-2- FORME RESTRUCTURÉE®.

https://www.ecpa.fr/psychologie-clinique/test.asp?id=2017

Le MMPI-2 RF® peut être utilisé dans des domaines aussi variés que :

  • la médecine somatique,
  • la psychiatrie,
  • dans le cadre d’obligations ou injonctions de soins,
  • en milieu carcéral
  • et dans le cadre d’expertises pénale et civile.

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Cynisme, comportement antisocial, activation hypomaniaque, agressivité, psychoticisme, désinhibition, introversion – émotions positives faibles. NOUS Y VOILA ENFIN …

Expression de la violence chez les psychopathes.

Les psychopathes éprouvent des incapacités d’attachement à autrui. Les psychopathes agiraient avec violence par plaisir, pour l’assouvissement de leurs désirs de pouvoir, de gains, et non en réaction à des évènements ou à des situations.

Implication dans le domaine de l’expertise pénale.

En règle générale, dans le cadre d’une expertise médicolégale, un sujet diagnostiqué comme souffrant d’un trouble de la personnalité psychopathique devrait être plus facilement dirigé vers un établissement carcéral, plutôt que vers un hôpital psychiatrique sécuritaire.

Implication de l’évaluation de la psychothérapie dans les recherches relatives aux émotions.

Empathie froide.
Les psychopathes parviendraient à comprendre les états mentaux d’autrui sans pour autant saisir ce qu’ils ressentent. Les sujets psychopathes sont moins impressionnables.

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