Rapport annuel du CCNE (Conseil Consultatif National d’Ethique) sur l’usage des neurosciences … avec en particulier le détecteur de mensonge. La France, Prix Nobel de médecine pour la lecture de la pensée ?

La lecture de la pensée au coeur de la pratique étatique française …

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La lecture de la pensée a été mise en oeuvre en ce qui me concerne en 2009 ou 2010 et jusqu’à 2019, exactement au moment où De Villepin, qui n’était plus PM est venu me parler à Tunis (banlieue de El Ouardia 7, Cité Avicenne, le fameux médecin arabe féru de droit …).

De Villepin m’avait dit ceci :

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J’avais demandé des explications à Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, sur une probable violation de la vie privée (article 9 du Code civil). Ce n’était pas à Monsieur de Villepin que je devais écrire puisqu’il n’exerçait pas alors la profession d’avocat et de plus, De Villepin en était lui-même arrivé à une violation de la vie privéeDe Villepin violait les mails. Il avait commenté un mail que j’avais écrit à mon meilleur ami dans lequel je disais : « Ce qui compte, ce sont les résultats ». Il m’a aussi parlé de Youssef Chahine, réalisateur que je ne connaissais pas à l’époque. Youssef Chahine a réalisé le film Adieu BonaparteNous disons : Adieu De Villepin !

Le même jour, un poulet m’a dit juste au dessus de ma tête : Arrêtez, vous allez le tuer … puis en s’adressant à moi : Tu les laisses te tuer ? Il y avait également Yves Lecoq qui jubilait au-desssus de ma tête : Tu es à l’agonie ! …

Il faudrait une Révolution pour couper la tête de De Villepin … Napoléon avait peut-être pensé qu’on avait coupé trop de tête … Il avait horreur de la terreur thermidorienne ! Napoléon disait que Rousseau n’aurait pas du exister. Rousseau disait qu’il fallait condamner à mort un homme qui en dénonce un autre …

NOTA BENE. Rappel sur le syndrome d' »Automatisme mental » ou pensée devancée, pensée devinée (écho de la pensée).

Il existe une pathologie mentale, appelée « automatisme mental », définie en 1920 par De Clérambault (début de siècle), qui a écrit un ouvrage du même nom, ouvrage que j’ai lu, pas très intéressant d’ailleurs, Henri Ey et Jacques Lacan. L’automatisme mental fait partie de la grande classe diagnostique des phénomènes hallucinatoires, psychose hallucinatoire chronique (PHC). Le patient entend en écho des commentaires de sa propre pensée. Il semble selon les psychiatres que le patient entendrait en fait sa propre voix, son language intérieur … qui pourrait d’ailleurs changer de timbre ! Cette pathologie peut poser problème en ce qu’elle pourrait dicter sa conduite aux patients, lui intimer des ordres d’actes auto ou hétéro-agressifs. Clérambault, psychiatre de la préfecture de Paris écrivait ses certificats de délinquants dangereux, certificats qui ont servi de modèle aux psychiatres du siècle suivant. C’est au Dépôt que j’ai été emprisonné en 2008 (la nuit la plus horrible de ma vie à ne pas trouver le sommeil sur un banc en bois) pour un courrier anodin dérangeant Marie Drucker, qui est une très belle personne, vu que j’avais déjà passé 3 mois en HP, puisqu’elle s’était crue autorisée à envoyer des flics pour me harceler, ce qui m’avait mis hors de moi ; Le dépôt où j’ai vu aux alentours de minuit un descendant lointain de De Clérambault. L’année passée, en 2007, Isabelle Carré jouait le rôle d’une érotomane dépitée (au 3ème stade de l’érotomanie), harceleuse, haineuse, violente, dangereuse … Mais je ne suis point érotomane, n’est-ce pas ? Marie Drucker, voulant rompre tout lien en 2008 par sa plainte à la BDRP, est revenue bien plus tard, en 2009 … pour m’emmerder à nouveau dans mon domicile. J’avais pourtant passé toute l’année 2008 dans un profond sommeil jour-nuit.

Voir la page Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Automatisme_mental

Il existe un fantastique survol historique très savant Par Rémi Tevissen de la vision des psychiatres français sur l’automatisme mental ici :
https://ephep.com/fr/content/conf-ecrite/remi-tevissen-la-notion-dautomatisme-mental-sa-pertinence-et-sa-valeur-0

Une émission de France Culture :
https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/quest-ce-que-lautomatisme-mental
qui parle de l’automatisme affectif (Une personne exprime sa colère, alors que ça ne lui ressemble pas …), mais aussi de l’avocat Sandon au 19ème siècle, quérulent protestant contre ses internements abusifs, demandant indemnisation …

Il existe un Youtube d’un psychiatre lillois (Ali Amad) du CHRU de Lille sur l’automatisme mental, analysant la théorie de De Clérambault au regard actuel des neurosciences :
https://www.youtube.com/watch?v=1GTLQY5w0ys

qui parle d’hyperactivation des zones auditives du cortex au cours des hallucinations auditives, correspondant à une hyperdopaminergie du cerveau, modifications anatomiques au niveau du lobe temporal, des ventricules, de l’épaisseur corticale, du corps calleux. La médication dopaminergique donne une amélioration de la symptomalogie positive. Neurologie ou psychiatrie ? Origine neurologique des psychoses. Dysconnectivité entre les divers aires cérébrales. De Clérambaut invoque des séquelles de lésions infectieuses, toxiques, traumatiques ou sclérosantes. Conception longitudinale de l’intéraction avec l’environnement (toxiques avec le Cannabis, trauma, les zones d’urbanisation, le fait de vivre dans une minorité ou dans une situation de migration).  Diminution de la substance blanche pour les hallucinations internes. Différences anatomiques entre hallucinations internes et hallucinations acoustico-verbales. Automatisme mental : Symptômes de premier rand de Schneider non présents chez tous les psychotiques. Hallucinations : 5 % de la vie entière. 80 % sont transitoires. Moins de 10 % sont associées à des troubles psychotiques. Au moment où le délire apparaît, la psychose est déjà ancienne. La schizophrénie est la conséquence tardive du neurodéveloppement débutant des années avant la maladie (Weinberger, 1987) = Arguments de Clérambault.  Anomalies associées à des  modifications du développement précoce.

Rapport du CCNE.

Cet article, que je publie sur ma parge perso, fait suite à mon courrier de 2018 à Monsieur Delfraissy, président du CCNE qu’on retrouve ici :
https://wordpress.com/post/harcelementssursami.wordpress.com/1130

Le rapport annuel du CCNE paru en juin 2018 est visible ici :
https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/publications/eg_ethique_rapportbd.pdf

On peut noter les points remarquables suivants de ce rapport :

  • Le Cadre légal et réglementaire.

Les premières législations spécifiques aux neurosciences sont nées de la révision de la loi de bioéthique du 7 juillet 2011. L’article 45 de cette loi a en particulier conduit à la création de l’article 16-14 du Code civil qui spécifie que: « Les techniques d’imagerie cérébrale ne peuvent être employées qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, ou dans le cadre d’expertises judiciaires. Le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l’examen, après qu’elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité. Le consentement mentionne la finalité de l’examen. Il est révocable sans forme et à tout moment. »

  • Les Questions en débat.

Les autres domaines d’application des techniques d’exploration ou de modification du cerveau sont nombreux. Quelques exemples d’applications possibles :
Dans le domaine de la justice, certains s’interrogent sur l’utilisation des outils l’imagerie cérébrale pour évaluer le comportement d’un suspect ou encore pour modifier le cerveau des délinquants.

Dans tous les exemples exposés ci-dessous, la question de ce qu’il est possible et souhaitable de faire se doit donc d’être posée. Dans cette perspective, un certain nombre d’enjeux éthiques peuvent être soulevés :
L’identité même de la personne et sa personnalité pourraient être altérées s’il devenait possible de modifier le fonctionnement cérébral, c’est-à-dire d’agir sur les fonctions cognitives ou les émotions. L’autonomie de la personne serait alors menacée, soit parce que la personne se modifierait elle-même pour se conformer, par exemple, à un schéma social, soit parce qu’elle serait l’objet, bien que non consentante, d’une coercition de la part de tel ou tel corps social.
– La justice sociale risquerait d’être mise à mal si les techniques de modification cérébrale étaient uniquement réservées à quelques-uns, favorisant une classe privilégiée qui pourrait aisément dominer, voire exploiter, ceux qui n’auraient pas accès à ces techniques.
L’intimité de la personne et la confidentialité des données de sa vie privée, déjà fortement réduites par le développement des objets connectés, pourraient disparaître.

  • Ce que le CCNE a lu et entendu.

Neurosciences et justice.

Concernant l’usage des neurosciences en justice évoqué au cours d’un débat, la notion de consentement a été plusieurs fois soulignée, à la fois consentement des suspects dans l’hypothèse où certaines techniques (imagerie cérébrale…) permettraient de résoudre des affaires judiciaires, et consentement des délinquants, que ce soit pour des  expérimentations neurologiques ou pour neutraliser un supposé «foyer» cérébral de la délinquance, si tant est qu’il existe et qu’il soit découvert.

Neurosciences et données massives.

Les problèmes liés à la gestion et la protection des données issues des neurosciences ont été soulevés, notamment vis-à-vis du risque d’utilisation de la neuro-imagerie à des fins de contrôle social (détection des mensonges).

  • L’expression sur le site web des États généraux.

Les propositions entre guillemets et en italique sont les propositions soumises au débat par le CCNE et sur lesquelles les internautes étaient invités à s’exprimer.

CONSTATS ET ENJEUX

La plupart des nouveaux constats et enjeux déposés par les participants reprenaient des constats déjà formulés en amont de la consultation, ou des arguments exprimés à leurs sujets et qui sont repris ci-dessous. Nombre d’entre eux se révèlent encourageants vis-à-vis de l’usage thérapeutique des neurosciences, mais beaucoup expriment également leur inquiétude vis-à-vis des dérives dans les domaines non-médicaux, notamment militaires, même si leur apport, notamment pour comprendre les mécanismes d’apprentissage en éducation, a été abordé.

«Il n’est pas impossible que des programmes de recherche ayant pour objectif de décoder le cerveau ou de le manipuler voient le jour».

Pour une partie des participants, la manipulation du cerveau grâce aux neurosciences sera bientôt une réalité, voire l’est déjà, certains d’entre eux estimant que des programmes de recherche, parfois secrets, sont déjà lancés avec cet objectif. L’importance d’une vigilance éthique à ce sujet a été soulignée, notamment à l’égard du neuromarketing qui pourrait être développé ou du risque d’uniformisation des individus à des normes arbitraires. Toutefois, la possibilité d’un «décodage du cerveau» paraît à d’autres peu réaliste notamment du fait de la complexité des interconnexions neuronales. Les progrès des neurosciences sont, pour le moment, jugés décevants. Par ailleurs, quelques-uns ont souligné que le psychisme ne se réduisait pas au cerveau, et que la connaissance de l’un n’impliquait pas la maîtrise et la manipulation de l’autre.

«L’usage des neurosciences dans de nombreux autres domaines que la médecine est controversé».

Dans le domaine de la justice, les outils des neurosciences pourraient fournir des indices, mais pas une preuve absolue, et le risque d’aliénation des individus a été soulevé. Plusieurs nuances ont été apportées par ailleurs : les neurosciences ne doivent pas être considérées comme un «bouc-émissaire» de l’exploitation des individus, car ce sont moins les techniques issues des neurosciences que l’usage fait de ces techniques qui peut être condamnable. À cet égard, la question du contrôle de ces usages a été mise en avant.
«La complexité du cerveau est telle qu’il est peu probable que l’imagerie médicale à elle-seule permette de décrypter le fonctionnement du cerveau dans son ensemble».

  • VALEURS ET PRINCIPES.

«La protection des données privées obtenues par les techniques des neurosciences».

Des participants ont souligné que les données privées obtenues par les techniques de  neurosciences, étaie.nt des données de santé protégées par le secret médical, et qu’elles ne devaient donc pas sortir du cadre du parcours de soin. Si un usage en dehors de ce cadre devait être réalisé, il a été proposé de s’assurer à la fois de l’anonymisation de ces données et du consentement informé du patient. Des participants ont toutefois rappelé que ces données étaient une matière première pour les recherches médicales – l’expression «bien commun» a été notamment employée – et à cet égard, il a été proposé de laisser la possibilité aux individus qui le souhaiteraient, de faire diffuser leurs données «pour la science», l’important n’étant pas tant la possession des données, mais l’usage qui en serait fait.

(…)

Certains ont aussi appelé leurs concitoyens à accepter les fragilités et les limites de l’être humain qui ne devrait pas être jugé selon ses seules performances, ouvrant ainsi un  débat sur la conception même de l’homme.

  • Les auditions des associations et courants de pensée.

Le risque des dérives qui pourrait poindre de l’application des techniques issues des neurosciences dans des domaines non médicaux (militaires par exemple) a également été évoqué. Davantage d’encadrement pour leur usage a aussi été réclamé dans le domaine judiciaire, en suggérant qu’il ne puisse avoir lieu qu’après autorisation d’un juge d’instruction ou un collège de juges.

  • Les auditions des sociétés savantes et institutions.

L’importance du développement de la recherche fait l’unanimité, mais des opinions divergentes ont été entendues au sujet de son encadrement : la Société des neurosciences indique que la recherche est suffisamment encadrée et ne réclame pas d’évolution de la loi alors que l’ANM recommande « un encadrement particulièrement étroit de toute recherche invasive sur le cerveau humain ».

  • Les applications des neurosciences.

L’ANM recommande l’interdiction de l’utilisation «sociétale» des techniques invasives de modification du fonctionnement cérébral.

Dans le domaine judiciaire, la Société des neurosciences et l’ANM sont unanimes pour interdire l’utilisation de l’IRM fonctionnelle dans le cadre de l’expertise judiciaire tout en maintenant l’autorisation du recours à  l’IRM morphologique, ceci impliquant donc une modification de la loi de 2011.

  • La vigilance éthique et l’information.

C’est finalement plus à une vigilance éthique qu’ont appelée les deux auditions sur les neurosciences, vigilance éthique à la fois par les institutions (notamment par le CCNE), mais aussi par la société civile. La nécessité d’une information de l’ensemble de la Population sur l’état réel des recherches en neurosciences a été soulignée, notamment pour éviter espoirs inconsidérés et fantasmes.

Conclusion.

Il ressort de ce rapport que la pratique de la « lecture de la pensée » pratiquée par l’Etat français pose un grave problème éthique et juridique.

 

Libération a publié un article sur un livre publié au sujet de la Corée du Nord … inspirant.

CoreeNord

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Conférence Boris Cyrulnik et Isabelle Carré à la Cité des Sciences (8 janvier 2019). Intelligence & attachement. Souffrance & création. Qu’est-ce qu’une perversion ?

Ceci est un compte-rendu sommaire, non intégral, qui m’a pris autant de temps que la durée de la conférence elle-même (2 heures).

Les thèmes abordés sont les suivants : Empathie, perversion (au sens Freudien ou Lacanien), Paradoxe du comédien de Diderot, souffrance (manque) et création, les enfants délaissés, isolés affectivement, donc lésés cérébralement, aphasie, Alzheimer, communication, membre-fantôme.

La conférence est visible ici :
http://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/conferences-en-ligne/saison-2018-2019/carte-blanche-a-boris-cyrulnik/

Boris Cyrulnik, psychiatre & écrivain renommé, populaire, pédopsychiatre est Président de l’Institut de la Petite Enfance. http://boris-cyrulnik-ipe.fr/
Boris Cyrulnik est un savant très érudit, très humain qu’on a toujours chéri … La première fois que j’avais été hospitalisé (en 2003), c’est lui que j’avais demandé (aux pompiers) à voir … Parce que c’était le psy que je connaissais par mes lectures … et je suis tombé sur une autre psy, de secteur, beaucoup moins célèbre, qui elle, n’a pas du tout plaisanté.

Isabelle Carré, comédienne, se souvient avoir été internée en psychiatrie à l’âge de 15 ans, ce qui ne l’a pas empêchée de faire une longue carrière de comédienne. Elle fut révélée par le film, que je n’ai pas vu, Se souvenir des belles choses (2003, premier film de Zabou Breitman réalisatrice), dans lequel elle joue le rôle d’une amnésique, dont la mère est décédée de la maladie d’Alzheimer. Je me souviens surtout du film, dans lequel elle a joué, Les émotifs anonymes (2010, encore avec Benoît Poelvoorde) du nom de ces groupes de paroles, de thérapie collective. Elle avait joué également dans le film Entre ses mains (2005, avec Benoît Poelvoorde), film dans lequel on voit un homme frapper une femme assez violemment, ce qui fait que j’étais sorti de la salle de projection. Isabelle Carré a été nominé pour le César de la meilleure actrice en 2008 pour avoir joué le rôle d’une érotomane, folle, dépitée, haineuse, harceleuse, violente, dangereuse dans le film Anna M. (2007, qui rappelle le cas littéraire d’Anna O.), que je n’ai pas vu et qui paraît-il peut choquer le spectateur. On trouve sur AlloCiné : Atteinte de l’illusion délirante d’être aimée, Anna, jeune femme douce et réservée, se persuade que le docteur Zanevsky est amoureux d’elle. Dès lors, rien, jamais, n’entamera sa conviction… Mais après l’espoir, viendra le dépit, puis la haine … Du Clérambault pur (De Clérambault, que Bonnaffé le psychiatre humaniste proche du PCF, prenait pour un psychiatre policier  …) … Voir les secrets de tournage de ce film ici :
http://www.allocine.fr/film/fichefilm-34471/secrets-tournage/

https://www.lemonde.fr/cinema/article/2007/04/10/anna-m-la-derive-d-un-amour-fou-et-demoniaque_894018_3476.html

https://www.telerama.fr/cinema/films/se-souvenir-des-belles-choses,56892.php
https://www.telerama.fr/cinema/films/les-emotifs-anonymes,424091.php
https://www.telerama.fr/cinema/films/entre-ses-mains,233128.php

 

 

Retranscription de l’échange
entre Boris Cyrulnik et Isabelle Carré.

 

Boris Cyrulnik (à gauche)                                        Isabelle Carré (à droite).

Contrainte à la créativité.
Le BB crée. 1ère œuvre d’art. Le dessin à maman.
Georges Pérec, frère d’armes. Livre très drôle : Le jet de tomates sur la cantatrice.

Enfance bringuebalante.
HP à 15 ans.
Préférer les incertitudes de la vie aux certitudes de la mort.
On devient soi-même à travers les mots des autres.
Le comédien est caché par le personnage.
Pour Marivaux, « les comédiens font semblant de faire semblant ».

« La fiction dit le vrai ». Romanciers, cinéastes ont un rôle énorme.
Bouleversé par Persepolis.

J’adore les dessins.

Des comédiens disent le vrai comme Depardieu.
Il est amoureux des mots des autres.
Pas de gants. Pas de filtres.
Bio de Depardieu.

Se voir. Se lire.
Mots-bijoux.
Le marasme remonte à la surface.
Ce que je vis.

Le théâtre a une fonction démocratique.
C’est une obligation.
Jouer les problèmes de la Cité.
Guerre, famine, inceste.
En démocratie, on se dispute.

On répète la voix du Maître.

Résilience de l’enfant. Affection. Développement de l’intelligence.
Orphelinat au Cambodge. Enfants sans attention.

Séquelles irréversibles.
Roumanie. 200 milles enfants massacrés par carence affective.
Louis XIV. Débilité des enfants. Carence affective.
Arrive pas à faire comprendre qu’il faut parler, aimer. Affectivité.
Les comédiens sont des catalyseurs.
On isole les enfants : L’affectivité s’éteint.
Atrophies frontales. Privation d’affectivité.
L’affectivité est notre stimulus.
Enfant. Envie de parler à 10 mois. Du 20ème au 30ème mois : Mystère, vivacité, intelligence, activer l’affection.
Enfants autistes. Pas envie de parler. Les mots sont des vertiges anxieux.
Représenter des choses qui ne sont pas là. Ont peur. Voit donc ce qu’ils ne voient pas.

J’aime inventer des mots.
(Attention, un psychiatre policier lui dirait qu’elle est bipolaire …).

Bons cinémas : Japon, Moyen-Orient. Théâtre grec.
Ce que la Culture ne sait pas formuler.
Moyen-Orient : Représentation de ce que la guerre empêche.
Existerait-il des œuvres d’Art sans tragédie ?
Ronsard : Tragédie de l’humanité est inévitable.

On peut créer dans la joie.
Des metteurs en scène torturent.
Je joue mieux avec des metteurs en scène qui respectent,
avec une bienveillance.
Rilke, Lettre à un jeune poète.
Pleurer 8 heures de suite.
Créer dans la douleur est faux.

Partage de la socialisation des âmes.
Création. On a les mêmes réactions.

On n’est pas seul. On est proche. On se comprend.

Pas de créativité conduirait à la mort.
Lutter victorieusement par la mort.
Contre l’angoisse de mort.

Actrices. Droit à l’émotion.
Un Taxi n’a pas le droit à l’émotion, pas le droit de pleurer.

Les comédiens permettent des détours par les œuvres d’Art.
Personnes plus importants. Mots râtés.
Blessures. Plus difficile de parler dans la vie quotidienne.
La boulangère joue un rôle.
Un comédien est un porte-parole. Il joue une épure, l’excès.
Nous sommes ambivalents.
« La fiction éclaire la vérité ». Ce sont des morceaux de vérité.

Moi, je pense qu’une vérité scientifique, judiciaire peut être supérieure à une « vérité », montrée par une fiction …

« On n’est pas un, on est mille » (Pirandello).
On joue tous. On n’est pas autorisé à être mille.

Nous jouons un rôle social.
Rôle du boucher. Rôle du serveur (Ca vient du philosophe Sartre).
On est tous dans nos familles.
Lacan : « Etre soi. N’être que soi ». Renoncer à tout ce que j’aurais pu devenir …
Des lacaniens dans la salle. J’ai un chien lacanien, qui sourit quand je lis Lacan.
Dolto : Il faut parler aux BB. Instrument : Le Pif.
La mère parle au BB. Intéraction affective.
1 heure après la naissance, le BB reconnaît la voix de sa mère.
Parler est un tranquillisant.

Le BB est une personne.
Révélation. Rire.

Le BB reconnaît les basses fréquences de la voix maternelle (J. Colin). Par l’oreille interne. Dolto a trouvé une démonstration de sa thèse.

Plusieurs méthodes. Emotion.
Actor’s Studio. On utilise les émotions vécues pour jouer.
C’est difficile : On gratte la plaie.
C’est le paradoxe du comédien de Diderot :
« Il faut beaucoup de distance pour jouer un personnage.
C’est une rencontre. Un équilibre avec le personnage par le vécu ».

C’est ce à quoi la science travaille en ce moment.
Empathie du praticien. Comprendre le monde mental de l’autre.
Empathie du comédien/Empathie du thérapeute
(d’où le risque, l’occurence de burn-out chez les psychothérapeutes).
W. James parlait des 3 qualités du thérapeute : Empathie, empathie, empathie.
Todorov : « Sans empathie, on est pervers. »
Freud : « Trop d’empathie, on est dépersonnalisé. »

Beaucoup d’empathie ? Pas d’empathie ?

Un orphelin est centré sur soi. Se tape la tête contre les murs.
C’est un agir physique.

La douleur devient concrète.

La douleur physique est plus supportable que la douleur morale. Scarifications.
Centre schizo. Auto-agression : Le délire disparaît.
Enfant seul s’entraîne à l’altérité.
J. Boolby.
Enfants préverbaux. 5 mois max.
C’est du pure Diderot : Ne rejouer que ce qu’on a ressenti.
Les bons comédiens sont les bons vendeurs.
Le mot « pervers » est trop employé aujourd’hui.
Freud a été plus clair. Pervers :
« Relations sexuelles sans avoir l’intention d’avoir un enfant ».
Lacan beaucoup plus clair :
« Le pervers vit dans un monde sans autre ».
La victime est subjuguée sous le joug de l’autre. Ex. : Prédateur, pédophile.
« Le pervers considère les autres comme une mécanique ».
Il y a des femmes sadiques.

L’empathie, c’est l’affectivité qui ne peut s’apprendre qu’en vivant avec les autres.
C’est vrai pour les scientifiques. C’est surtout vrai pour les comédiens : Touché par l’émotion.
Guerre. Les films sont un travail de paix, qui représente le monde mental des autres. Apprendre la haine des bosches. Une génération après : La haine des autres a joué un rôle.
Quand les palestiniens rencontrent les israëliens, ils ne sont plus tenus par la haine.
Rôle des romanciers.

Ken Loach. Moi, William Blake.
Manque d’empathie dans l’environnement.
Altruisme de Blake.
On nous empêche de vivre notre empathie ?

Monde techno. Monde du surnombre.
Au dessus d’un certain nombre, on ne peut plus s’intéresser à l’autre. L’empathie s’arrête. On ne peut être au fait de toute l’actualité du monde …
Dans un régime totalitaire, on commet des crimes sans culpabiliser.
Une femme violée culpabilise.
Chez le pervers, l’empathie s’arrête très tôt (Sade, violeur, régime totalitaire). L’effondrement de l’Autre est une fête, une joie …
On représente l’Autre sous la forme du Diable …
Zvetan : « Tous les crimes contre l’Humanité ont été commis au nom de l’Humanité ».
Le nazisme promettait 1000 ans de bonheur.

Question n°1.

Enfants isolés affectivement. En France, 300 mille. La résilience est plus lente. Plasticité neuronale.

Question n°2.
Il y a des moments où on ne travaille pas.

Il y a un effet cocotte-minute.
J’aime les danses africaines, l’écriture, les livres.
Je suis comédienne, non pour être regardée,
ou pour briller en haut de l’affiche,
mais pour m’exprimer ; C’est un moyen de me purger.

Question n°3.
Freud disait qu’on a tous un trauma.

Risque de jouer la folie.
Risque de tout mettre sous le tapis.

L’empathie vient de la sécurité affective, mais aussi de la douleur.

Question n°4 d’un médecin devenu aphasique après un AVC.
Seul dans un cocon.

La métaphore du cocon, du tombeau revient souvent.
On retrouve la parole. La parole allège.

L’aphasie me rappelle le film Se souvenir des belles choses dans lequel j’ai joué.

Le Dr Fonset (de la Timone à Marseille) est un grand Homme.
Il a montré qu’on peut communiquer même au dernier stade d’Alzheimer.
Il y a d’autres moyens de communication. Il n’y a pas que les mots.
Il y a la communication préverbale, paraverbale. Sensible à la mimique, aux gestes.
Le BB a autre chose que la parole.
Aphasique : Peinture.

Question n°5.
Combler un manque par la création.

L’artisan crée. Il est à la recherche du beau. Création plus positive. Reproduit le plaisir du geste. Pas besoin du manque.
Germaine Tillion dans le camp de concentration de Ravensbruck en voyant la beauté du bleu du ciel glacé s’est dit qu’elle ne pouvait mourir. Elle est rentrée dans le camp pour se remettre à souffrir. Elle y a créé un Opéra ridiculisant les SS. (C’est une remarque que je me suis souvent faite : Le ciel est beau. Ce soleil d’été …).
Wikipédia : Le_Verfügbar_aux_Enfers.
Emission de France Culture :
https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-theatre-et-cie/le-verfugbar-aux-enfers-operette-de-germaine-tillion

Question n°6.
QI. Intelligence émotionnelle. Ce n’est pas l’attachement qui est sécurisant. C’est l’expérience personnelle qui donne une forme marquée de l’empathie.

Il y a plusieurs intelligences.
Les mots traduisent des sentiments.
Les matheux ont une intelligence exceptionnelle pour l’abstraction.
Romanciers. Camus dans l’Etranger décrit un monde mental distant, froid, évitant.
Depardieu est évitant.
Hitler jouait la vertu indignée. Transmission d’émotions avec des gestes d’Opéra, qu’il a appris. Avec Chaplin, on meurt de rire. Avec Hitler, on meurt pour de bon.
Nos mondes mentaux sont différents.

Question n°7.
Avec l’Art, la blessure qui devient lumière (Brack).

Les enfants rejetés sans cesse deviennent ambivalents, des enfants explosifs. Ils présentent des troubles cérébraux.
Il existe des milieux très adverses : Guerre, précarité sociale tous les jours.
Donc inhibition, émotions non régulées. Ca explose.
Altérations cérébrales vues en clinique.

Question n°8. Soi Lacanien. Définition du soi ?

Le Soi est différent du Moi.
Le Moi désigne l’aliénation première.
L’identité est une réduction.
Soi de Freud. Emergence biologique. Vérifié par les Sciences Cognitives.
Freud était un neurologue.
En dessous du conscient.
Inconscient cognitif. Résoudre des problèmes inconscients. Lutte contre l’attraction terrestre par exemple. Je ne sais pas ce que je sais.
Inconscient Freudien : Je ne supporte pas de ne pas savoir.
Culture cartésienne : La cause donne un effet.
En fait, convergence de causes qui donne un effet. On change de registre à chaque fois.

Question n°9.
Si on est attaché, on est intelligent ?

L’adulte est seul, mais pas isolé. Il a ses livres, son passé, ses rêves. Un monde plein.
Enfant isolé affectivement a son cerveau atrophié.
Les adultes ont besoin de repos.

Aaron Hapenfeld. Jour d’une solitude clarté.

Question n°10.
Enfant handicapé.

Alexandre Jollien a réussi à progresser contre le regard social qui l’empêchait d’avancer. Il a publié son livre. Mais il n’a pas tout réglé. Il a fait quelque chose de sa blessure.
Ca a donné un livre, ce qui est Justice.
Il discute avec Socrate, il mouche Socrate. Il a beaucoup d’humour.

Question n°11.

L’émotion est un mouvement bref. Elle s’éteint vite.
Le sentiment dure. Ce qui donne un film, un livre, une pièce de théâtre.
On comprend par empathie la petite iranienne du film Persepolis.

Question n°12.
Nous recherchons ce qu’on pense, ce qu’on est. Les journalistes sont dans le jeu de faire plaisir, d’écrire ce que le lecteur a envie de lire.
Comment comprendre le rejet de la Presse ?

Manque d’empathie.
Joutes verbales.
Je préfère les mots-bijoux qu’on trouve dans un livre.

Un livre parle de moi. C’est une rencontre.
La presse ne parle pas de moi.
Certains prennent plaisir à lire pendant un ¼ d’heure les horreurs de la presse. C’est un événement verbal.
Les paroles parlées sont différentes des paroles écrites.
Co-auteur de mon discours.
La parole écrite est une plongée dans le monde intime.
Ce sont 2 stratégies différentes.
Une réponse écrite est une plongée dans l’imaginaire, une rencontre encore plus parfaite.

Question n°13.
Quelle forme prend l’intelligence dans le détachement d’un membre fantôme ?

Gangrène, amputation.
Le corps continue de souffrir, même si le membre n’existe plus.
La douleur a court-circuité un chemin vers le cortex.
Freud parlait du frayage.
Les circuits nerveux continuent à envoyer des informations au cortex.
Les gens souffrent réellement même si le membre n’est plus là,
mais encore dans leur corps, leur mémoire biologique, tracée.
Electrophysiologie. Neuroimagerie. IRM. Ca peut nous faire comprendre les « hallucinations », comme dans le rêve. Les gens ont peur, ont des cauchemars très angoissants. Ce sont des traces mnésiques du passé qui sont réveillés au moment du sommeil paradoxal. On a réellement peur. On voit des images terrifiantes qui ne sont pas dans le contexte, mais qui sont tracées dans notre mémoire.
Ce n’est pas une forme d’intelligence. C’est une relation qui permet de supporter ça. Quand je raconte, je souffre. Quand je raconte ma souffrance à quelqu’un qui me met en confiance, j’ajoute une autre source de mémoire. A la mémoire de la douleur, j’ajoute la mémoire de ce que j’ai raconté sur la douleur. Je modifie la représentation de la douleur : Je l’éprouve différemment. C’est la relation qui modifie ça. Si on est avec quelqu’un qui nous sécurise, c’est le meilleur tranquillisant qui soit. La représentation du membre coupé, on peut la modifier par le théâtre, par la relation.

Question n°14.
La création vient d’un manque.
On pousse les artistes ou même les scientifiques à expliquer quelque chose par un manque. C’est une prophétie auto-réalisatrice.
C’est ça qui va donner une réalité à la création.

Le manque contraint à la création.
Ca ne veut pas dire que la création soit contrainte au manque.
C’est la création qui nous permet de métamorphoser la souffrance en œuvre d’art.
Le manque, le deuil contraint à la création,
Mais la création ne contraint pas au deuil.

Ceux qu’on prenait pour des musulmans.

Le « musulman » dans les camps de concentration nazis est celui qui tombe d’épuisement, infiniment résigné, prêt à mourir … La plupart des rescapés juifs de la Shoah parlent de ceux qui étaient appelés les « musulmans », qui vivaient le summum de la souffrance dans les camps. Ils ont été appelés comme ça à cause de leur prostration qui faisait penser à la prosternation des musulmans lors de la prière. On peut penser qu’il s’agissait de souffrances physiques & psychiques intenses (dépressions sévères, psychoses) accompagnées de maltraitances des nazis (dont Elie Wiesel a parlé dans La nuit). Des musulmans qui étaient en fait des juifs …

Les Allemands avaient appelés ces juifs déportés les « musulmans », parce qu’ils étaient infiniment résignés face au fardeau de la vie en ce bas-monde qu’ils leur imposaient. Un Musulman, c’est un croyant qui a conscience que la vie dans ce bas-monde est un fardeau … et j’ai bien saisi le fardeau quotidien que m’imposent les flics françaises …

J’ai commencé la lecture de ce livre très intéressant : Les « musulmans » souffraient de cachexie (syndrome de maigreur). Ils mourraient pour des causes psychiques, sans aucune cause physique trouvée. Germaine Tillion, rescapée de Ravensbrück, a forgé un néologisme pour désigner ce « surmenage psychique » propre au camp, celui de mort par « anxiocution », due au climat de terreur instauré par les nazis.

Il y avait effectivement maltraitance des nazis (Je n’ai pas vécu la maltraitance physique, mais la violence maniaque des flic qui me harcèlent me fait penser au texte suivant : ) :

Des femmes-kapos bien en chair, bien nourries, obscènes de santé, le fouet à la main, les chassaient vers nous, hurlant, menaçant, frappant tandis que des femmes SS supervisaietn la scène accompagnées de leurs bergers allemands.

Des gardiens obscènes de santé instaurant une terreur sur des détenus au bout du rouleau au point de vue physique et psychique … Quel contraste !

Musulmans

Ceux qu’on prenait pour des musulmans dans les camps de concentration (Primo Levi : Si c’est un homme).

            « Mais au Lager il en va tout autrement : ici, la lutte pour la vie est implacable car chacun est désespérément et férocement seul. Si un quelconque Null Achtzehn vacille, il ne trouvera personne pour lui tendre la main, mais bien quelqu’un qui lui donnera le coup de grâce, parce que ici personne n’a intérêt à ce qu’un « musulman » de plus se traîne chaque jour au travail ; et si quelqu’un, par un miracle de patience et d’astuce, trouve une nouvelle combine pour échapper aux travaux les plus durs, un nouveau système qui lui rapporte quelques grammes de pain supplémentaires, il gardera jalousement son secret, ce qui lui vaudra la considération et le respect général, et lui rapportera un avantage strictement personnel ; il deviendra plus puissant, on le craindra, et celui qui se fait craindre est du même coup un candidat à la survie.

            On a parfois l’impression qu’il émane de l’histoire et de la vie une loi féroce que l’on pourrait énoncer ainsi : « Il sera donné à celui qui possède, il sera pris à celui qui n’a rien » Au Lager, où l’homme est seul et où la lutte pour la vie se réduit à son mécanisme primordial, la loi inique est ouvertement en vigueur et unanimement reconnue. Avec ceux qui ont su s’adapter, avec les individus forts et rusés, les chefs eux-mêmes entretiennent volontiers des rapports, parfois presque amicaux, dans l’espoir qu’ils pourront peut-être plus tard en tirer parti. Mais « les musulmans », les hommes en voie de désintégration, ceux-là ne valent même pas la peine qu’on leur adresse la parole, puisqu’on sait d’avance qu’ils commenceraient à se plaindre et à parler de ce qu’ils mangeaient quand ils étaient chez eux. Inutile, à plus forte raison, de s’en faire des amis : Ils ne connaissent personne d’important au camp, ils ne mangent rien en dehors de leur ration, ne travaillent pas dans des Kommandos intéressants et n’ont aucun moyen secret de s’organiser. Enfin, on sait qu’ils sont là de passage, et que d’ici quelques semaines il ne restera d’eux qu’une poignée de cendres dans un des champs voisins, et un numéro matricule coché dans un registre. Bien qu’ils soient ballottés et confondus sans répit dans l’immense foule de leurs semblables, ils souffrent et avancent dans une solitude intérieure absolue, et c’est encore en solitaires qu’ils meurent ou disparaissent, sans laisser de trace dans la mémoire de personne. »

Il y a une très bonne page Wikipedia sur ce qu’on appelait dans les camps les « Musulmänner » :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Muselmann

Il y a même une thèse de Paul-Bernard Nouraud (que je n’ai pas lue – On ne peut pas tout lire … mais il faudra bien la lire !) financée par la Fondation pour la mémoire de la Shoah :

http://www.fondationshoah.org/recherche/figurer-lautre-essai-sur-la-figure-du-musulman-dans-les-camps-de-concentration-nazis-paul

figuremusulman

Sommaire du livre Le coeur conscient de Bruno Bettelheim (1960).

Bruno Bettelheim étudie la philosophie à Vienne où il obtient un Doctorat. Il se fait psychanalyser avant de devenir psychanalyste. En 1939, il est déporté dans les camps de concentration de Dachau puis de Buchenwald. Libéré, il émigre aux US. Son expérience des camps de concentration sera une des clés de ses théories psychanalytiques. Il publie le Comportement individuel et comportement de masse dans les situations extrêmes dont la lecture fut rendue obligatoire par le général Eisenhower à tout officier des états-major américains en Allemagne. Cette étude fut complétée plus tard pour en faire un livre : Le cœur conscient (1960). Livre cité par Hannah Arendt dans le système totalitaire.
Les idées de Bruno Bettelheim nous aide à comprendre ce que nous vivons aujourd’hui.

Une prof de philo de Lycée a fait un commentaire sur le net de ce livre :
http://surlefil.over-blog.net/article-le-coeur-conscient-bruno-bettelheim-88264751.html

La concordance des contraires.

La quête d’une certitude.

Les promesses de la psychanalyse.

De nouveaux points de vue.

Images hors contexte.

L’homme guéri et l’homme en bonne santé.

La théorie et la pratique.

Aux prises avec la théorie.

L’influence de l’environnement.

Interaction.

L’impasse imaginaire.

La négation du problème.

La servitude inconsciente.

Les délires de l’homme moderne.

La machine-dieu.

La solution raisonnable.

La conscience de la liberté.

Prendre des décisions.

L’autonomie.

Le déséquilibre.

Le monde du travail.

Le commandement à distance.

Les loisirs.

La régulation interne.

Combler le passé.

Le comportement dans des situations extrêmes : La coercition.

La raison pour laquelle j’ai étudié les prisonniers.

La mémorisation des faits.

Les préjugés de celui qui écoute.

La traumatisation.

Le choc de l’emprisonnement.

L’initiation aux camps.

La première phase d’adaptation.

Le processus de changement.

Le comportement enfantin.

Le comportement de masse.

Sécurité dans la masse.

Le sort du héros.

L’auto-détermination.

La volonté de vivre.

Un environnement imprévisible.

La pénalité pour les tentatives de suicide.

Les musulmans : Des cadavres ambulants.

Ne rien remarquer.

La dernière liberté humaine.

S’adapter pour survivre.

Anciens et nouveaux prisonniers.

La dernière adaptation.

Le comportement dans des situations extrêmes : Les défenses.

L’élite des prisonniers.

Un pouvoir ambigu.

Les défenses psychologiques.

Les premières rationalisations.

Expier pour les autres.

Le détachement émotionnel.

Amnésie sélective.

La sexualité.

Les fantasmes.

Le pain et les valeurs morales.

Le travail.

L’anonymat.

Rudes réveils.

Les boucs émissaires.

Les projections.

La victime.

Le persécuteur.

L’amitié.

La conversation.

L’équilibre des forces.

Les fluctuations du prix de la vie.

La plupart des SS ne perdaient jamais une minute de loisir de maltraiter les prisonniers ; leur paresse était pour les détenus la meilleur des protections.

Les décisions fonctionnelles.

L’homme considéré comme matière première.

Le comportement dans les camps d’extermination.

Les « musulmans », bien entendu, ne luttaient plus, ne faisaient partie d’aucune faction, ne se déchargeaient pas de leur hostilité sur autrui mais la tournaient contre eux-mêmes, tout comme les prisonniers des camps d’extermination. Et comme eux, ils mouraient. Dans les camps d’extermination, les prisonniers étaient privés de tout ce qui aurait pu leur rendre le respect d’eux-mêmes ou la volonté de vivre, alors que l’hostilité refoulée ne cessait de croître.

Les affaires continuent.

Il est grand temps.

De la compétence pour quoi faire ?

La résistance.

Les hommes ne sont pas des fourmis.

Le contrôle par la base.

Les actions contre les groupes.

La généralisation de la terreur.

Seigneur, rends-moi muet.

Amnésie.

Le salut hitlérien.

La fascination de la tyrannie.

Le non-conformiste.

Une pensée réconfortante.

Anniversaire (70 ans) de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

La SNCF met à l’honneur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Gare Montparnasse. René Cassin, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, créée en 1898 à la suite de l’affaire Dreyfus, avait participé à sa rédaction et avait été très touché du sort de Maurice Audin, mathématicien assassiné par l’Armée française et Henri Alleg, militant torturé par l’Armée française, qui a écrit ensuite la Question. La Déclaration Universelle est écrite en 1948 suite à la Shoah, qui conduira à la création de 2 délits : Le crime contre l’humanité et le crime de génocide.

Le harcèlement moral dans la vie privée (Laurent Hincker).

Voilà un bouquin que j’ai acquis et qu’il faudra bien que j’épluche. Et je l’ai épluché.

HarcelementMoralViePrivee

L’ouvrage fait surtout référence aux violences faites aux femmes sous les yeux des enfants du couple. L’auteur fait référence à un fait divers horrible : Un homme assassine à coup de coûteaux sa femme sous les yeux de leurs enfants.

Mais il rappelle quelques articles de lois :

Article 222-14-3. Violences psychologiques.

Article 222-14-3

Les violences prévues par les dispositions de la présente section sont réprimées quelle que soit leur nature, y compris s’il s’agit de violences psychologiques.

Liens relatifs à cet article

Article 222-33-2-2. « Stalking » ou harcèlement par une personne autre que celui d’un partenaire de vie.

Article 222-33-2-2

Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail.

L’infraction est également constituée :

a) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l’instigation de l’une d’elles, alors même que chacune de ces personnes n’a pas agi de façon répétée ;

b) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en l’absence de concertation, savent que ces propos ou comportements caractérisent une répétition.

Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende :

1° Lorsqu’ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;

2° Lorsqu’ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ;

3° Lorsqu’ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;

4° Lorsqu’ils ont été commis par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne ou par le biais d’un support numérique ou électronique ;

5° Lorsqu’un mineur était présent et y a assisté.

Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende lorsqu’ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 5°.