Schizophrénies de ces FLICS UMP. Psychogénèse des maladies mentales de Carl Jung (1959).

« Certains souvenirs plus intimement liés jadis à la personnalité affective des patients tendent à se reproduire sans cesse et à occuper continuellement la conscience – les souvenirs qui persistent prennent une forme stéréotypée – la pensée tend à se figer. »

Il aurait été vraiment très intéressant d’apprendre dans quelle mesure par exemple certains néologismes ou une « salade de mots », quelquefois les vestiges qui nous révèle encore l’existence de représentations, constituent des associations liées au complexe de la personnalité.

Masselon aussi contrôler expérimentalement des associations, il a trouvé beaucoup de répétition de mots inducteurs et de fréquentes « irruptions », apparemment de nature tout à fait fortuite. Il est arrivé à la conclusion que ces expériences m’ont traîne seulement qu’elle est malade et tu es incapable d’attention.

p. 27

L’abondance et l’accélération des représentations dans la fuite des idées maniaque se distingue nettement du type d’association souvent hésitant et à déroulement lent que l’on observe dans le rêve, et surtout de l’indigence et des nombreuses persévération des associations catatonique. L’analogie ne vaut que dans la mesure où, dans tous les cas, la représentation du but fait défaut, dans la manie parce que toutes les représentations se pressent à la conscience avec une forte accélération et une grande intensité affective, c’est sans doute la raison pour laquelle aucune attention n’est plus possible.

p. 32

Stransky a élaboré la question de la démence précoce sous l’aspect clinique. Partant de la notion kraepelinienne de « détérioration affective », il constate que cette notion renferme deux sortes de choses :  « Premièrement, pauvreté ou plutôt superficialité des réactions affectives, deuxièmement un congruence constante de ces réactions par rapport au contenu des représentations dominant la psyché. Stransky différencie par là le contenu de la notion kraepelinienne et souligne notamment que cliniquement on ne voit pas que la « détérioration affective ». La discordance frappante entre représentation et affect, que nous pouvons observer chaque jour chez les déments précoces, est un symptôme beaucoup plus fréquent de la période d’évolution de la maladie que de la détérioration affective. La discordance entre représentation et tonalité affective oblige Stransksy à supposer l’existence de deux facteurs psychiques séparés, noopsyché et thymopsyché, le premier recouvrant tous les processus purement intellectuels et le second tous les processus affectif. Ces deux notions correspondent à peu près à la psychologie de Schopenhauer : intellect et volonté. Dans la psyché saine il se produit naturellement une combinaison constante et très finement coordonnée des deux facteurs. C’est une discordance survient, cela correspond de façon analogique à l’ataxie et nous sommes en présence du tableau de la démence précoce avec ses affects disproportionnés et incompréhensibles. En gros, la division des fonctions psychiques en noopsyché et thymopsyché concorde avec la réalité. Mais alors la question se pose de savoir si, avec un contenu de représentations banal accompagner chez le malade d’un affectent violent, la discordance n’existe pas seulement pour nous qui n’avons naturellement qu’une vision très insuffisante de ce qui se passe à l’intérieur de sa psyché, ou si elle existe aussi pour l’éprouver subjectif du malade.

p. 33

En raison de l’insuffisance manifeste de notre diagnostic psychologique, nous devons nous montrer très prudent avant de suspecter une discordance réelle au sens de Stransky. Bien que, cliniquement parents, lundi ce soit souvent présente elle n’est aucunement l’apanage de la démence précoce. Dans l’hystérie, la discordance est également un phénomène courant ; on la voit déjà dans ce phénomène très banal dénommé « exagérations » hystérique. Le pendant en est la célèbre « belle indifférence » de l’hystérique. De même nous rencontrons des émotions violentes pour un rien, par exemple pour une chose qui paraît tout à fait sans rapport avec l’excitation manifestée. Mais la psychanalyse détecte les motifs et nous commençons à comprendre le pourquoi des réactions des patients. Pour le moment nous ne pouvons pas encore pénétrer en profondeur la démence précoce, c’est pourquoi les associations nous demeurent inconnues, et nous supposons un « ataxie » entre noopsyché et thymopsyché. Par contre, en ce qui concerne l’hystérie, nous avons grâce à l’analyse qui n’existe pas d’ « ataxie », mais seulement une hypersensibilité et que celle-ci devient claire et compréhensible dès que nous connaissons le complexe de représentation pathogène.

p. 34

Mais, en contrepartie, nous possédons une très belle étude expérimentale de Stransky, qui jette les bases de la compréhension d’un symptôme important : l’incohérence du langage.

p. 35

Stransky a donc étudié comment des séries continues d’associations verbales disparaissaient sous l’influence du relâchement de l’attention. Il demandait à tous ses sujets d’expérience de débiter pendant une minute dans un appareil enregistreur ce qui leur venait à l’esprit, comme ça leur venait à l’esprit. Pendant ce temps-là, il ne devait pas faire attention à ce qu’ils disaient. Comme point de départ on leur donnait un mot inducteur dans la moitié des expériences ont procédait aussi distraction extérieure.

p. 35

Ces expériences ont donné des résultats intéressants : les séries de mots et de phrases rappelèrent aussitôt les paroles (et aussi les écrits) de la démence précoce !

Les éléments de liaison superficiels ressortaient avec une force étonnante (à quoi correspond la désagrégation des rapports logiques), des persévérations massives apparaissaient (ou bien des répétitions du mot précédent, ce qui correspond à peu près à la répétitions du mot inducteur de nos expériences), de plus on trouve de nombreuses contaminations et, en lien étroit avec celles-ci, des néologismes, des formations de mots nouveaux.

p. 36

Le grand nombre de persévérations et de répétitions saute immédiatement aux yeux (Sommer : « Stéréotypies »).

Un fait revêt une importance particulière, c’est que, dans les expériences normales de Stransky, on voit apparaître des conglomérats de mots ou de phrases que l’on peut qualifier de contaminations.

p. 40

A mon avis, la cause principale doit être recherchée dans le « forçage », l’excès de sollicitation. Les sujets de l’expérience sont invités à débiter sans contrôle ce qui leur vient à l’esprit – ils le faisaient pour une part avec une importante accélération, ce que prouve bien le fait qu’en moyenne ils produisaient de 100 à 250 mots par minute, alors que dans le discours normal la moyenne est de 130 à 140 mots. Or, lorsqu’on parle plus vite et que peut-être aussi on pense plus vite qu’à l’ordinaire sur des sujets indifférents, on n’est plus en mesure d’accorder suffisamment d’attention à l’association.
Un second point également d’importance déterminante, c’est la situation inhabituelle pour la très grande majorité des sujets et l’influence de celle-ci sur l’état de leur humeur. Il faut rapprocher cette situation de celle d’un orateur énervé qui se voit soudain frappé de « stupidité émotionnelle ». Dans cet état, j’ai trouvé des chiffres extraordinairement élevés de persévération et de répétition.

p. 43

L’élément déplaisant de cette hypothèse est, comme on l’a déjà dit, l’idée de série d’associations synchrones indépendantes. La psychologie normale ne fournit ici aucun point de repère. Là où nous sommes le mieux à même d’étudier les séries de représentations clivées, dans l’hystérie, c’est le contraire que nous trouvons confirmé : même là où il s’agit de série son blanc tout à fait séparées, nous trouvons quelque part en un lieu caché le pont qui mène du série à l’autre. Dans la psyché tout se tient, la psyché présente est la résultante de milliards de constellations.

p. 49

Ici nous nous portons un nouvel élément pathologique. La labilité des symptômes hystériques dépend de la labilité des affects tandis que le délire paranoïde est caractérisé par la fixation des affects.

p. 51

La persistance de la prédominance d’un complexe au fort de la vie psychique normale ne peut mener qu’à l’hystérie.

p. 66

Nous avons à faire ici à un déplacement :  le complexe de à tout prix ce jour jusqu’au bout.

p. 86

Mais si un événement affectif rencontre un complexe déjà existant, il le renforce et l’aide pour quelque temps à passer au premier plan. Dans cette catégorie, les exemples les plus clairs se voient dans l’hystérie ou des riens apparemment peuvent déclencher les plus grandes bouffées d’affect.

p. 87

A l’appui de mon hypothèse, je peux peut-être invoquer également le fait que de nombreux cas de démence précoce commencent par des symptômes étonnamment hystéroïdes qui dégénèrent seulement au cours de la maladie, c’est-à-dire qui évoluent de manière caractéristique vers la stéréotypie ou les absurdités ;  d’ailleurs la psychiatrie d’autrefois parlait carrément de psychoses hystériques dégénératives.

p. 125

Ce qui frappe, à côté de c’est bizarre, ce sont les nombreuses répétition de mots inducteurs, les temps de réaction extraordinairement l’on est la fréquence des réactions commençant par oui. Comme on le fait, nous interprétons justement c’est signe comme des symptômes de la constellation de complexe, donc de l’intervention d’une représentation à forte tonalité affective.

p. 126

Nous voyons donc que la grande majorité des associations ci-dessus et qu’on part des complexes, c’est qui explique d’emblée les signes extérieurs de la tonalité affective. Mais ce qui ne s’expliquent pas à première vue, c’est le nombre extrait moment grand des constellations de complexe. Nous l’envoyons pareil quantité chez les sujets normaux et les hystériques que lorsque le complexe à une tonalité extraordinairement fort, c’est-à-dire en présence d’un artefact tout récent.

p. 135

En réalité, ce n’est naturellement pas le cas ;  mais les effets sur les associations sur ceux qui ne peuvent survenir qu’avec un affect récent : la très grande majorité des réactions est constellé de la manière la plus nette par des complexes subjectifs.  Nous expliquons ce fait par l’hypothèse énoncée dans les chapitres précédents, selon laquelle la démence précoce possède un contenu à tonalité affective anormalement forte qui se stabilise avec l’apparition de la maladie. Si cette hypothèse est exacte et si elle est valable pour toutes les formes de démence précoce, nous pouvons nous attendre à ce que les associations des démences précoces se caractérisent par une prévalence anormalement forte des complexes. Toute mon expérience montre qu’effectivement c’est bien le cas partout. Sur ce point aussi, la ressemblance avec l’hystérie est très grande.

p. 136

Un être humain doté d’une grande sensibilité d’un amour-propre hypertrophié se heurtera partout dans le monde ;  il ne faut pas chercher plus loin mais vraiment des complexes de grandeur et de préjudice. Il y a peu de chances que l’élément spécifique se trouve dans ces mécanismes. Nous pouvons bien plutôt le chercher dans les symptômes qui s’éloigne le plus de la normalité, et donc dans  l’inintelligibilité.  enfant parti en premier lieu les néologisme. C’est pourquoi j’ai soumis les créations verbales de la patiente a une étude particulière, dans l’espoir de découvrir l’essentiel.

p. 139

Si à ce moment-là le complexe et concernant vais attendre, dans un bref état crépusculaire, le centre du langage je l’aurais dit :  je suis le pin. comme les chapitres précédents exposé de la condition nécessaire c’est condensation et le flou des représentations, telle qu’il existe normalement dans l’inconscient. Dans notre cas aussi, nous expliquons les condensation par la même origine :  dès que la patiente pense dans le complexe, elle ne pense plus avec l’énergie ou la netteté normales, mais de manière floue, on Éric, comme nous pensons normalement dans l’inconscient ou dans le rêve.

Le complexe travaille ici automatiquement selon la loi, pour lui familière, de l’analogie, il est complètement affranchi de l’autorité du complexe-moi, c’est pourquoi le complexe-moi ne peux plus intervenir pour orienter des associations du complexe, il est au contraire subordonné au complexe et constamment perturbé par des reproductions défectueuses (vol de la pensée) et par des associations obsessionnelles (irruptions pathologiques).

p. 145

Ces indications nous permettent de jeter un regard à l’intérieur de l’activité inlassable du complexe dans la démence précoce, qui ne se manifeste à l’extérieur que par des bribes de discours incompréhensibles. L’activité psychique ne s’élève plus à la « fonction du réel », mais se tourne vers le dedans, travail de pensée sans fin qui s’épuise dans l’aménagement des complexes.

p. 181

Les phénomènes associatifs correspondent aux théories de Pelletier, Stransky et Kraepelin. L’association se fait il est vrai selon un thème vage, mais sans représentation directrice (Pelletier, Liepmann), aussi présente-t-elle tous les symptômes de l’ « abaissement du niveau mental » de Janet :  déchaînement des automatismes (vol de la pensée, irruptions pathologiques) et abaissement de la tension. La conséquence de ce dernier phénomène est la capacité d’avoir des représentations claires. Les représentations sont floues, aussi ne se fait-il pas de distinction exacte, ce qui entraîne l’apparition de multiples confusions – condensations, contaminations, métaphores, etc. Les condensations se produisent essentiellement selon la loi de la ressemblance de l’image et du son, ce dont la conséquence la plus fréquente du supprimer complètement les liens de sens.

La variation métaphorique des complexes produit une analogie voisine d’une part du rêve normal, d’autre part de beaux rêves dans lesquels les désirs se réalisent, comme les rêves du somnambulisme.

Pour finir, j’aimerais me permettre d’attirer encore l’attention sur deux points particuliers. D’abord sur l’allure de l’expression verbale :  tout comme le langage normal, le langage de notre malade présente une tendance au changement. Les néologismes de notre langage sont pour l’essentiel  des termini technici servant à désigner sur une forme abrégée des aires de représentations compliquées.

p. 182

Mais j’ai le sentiment que, face à ce type de malade au langage perturbé, un linguiste saurait encore faire différentes observations importantes pour les changements linguistiques historiques normaux.

Quand on peut aussi exclusivement et aussi obstinément dans une direction bien précise et limitée, on ne peut que refouler tout qui va en sens contraire. Nous savons que, chez les sujets normaux, c’est-à-dire du moins un peu près normaux, chez les sensitifs, le même niveau d’humeur peut être certes maintenu très longtemps mais ensuite interrompu avec une violence presque élémentaire, le plus souvent de façon soudaine, par l’irruption d’autres préoccupations. Nous observons cela au plus haut point chez les hystériques présentant des dissociations de la conscience, chez qui il n’est pas rare qu’à un état succède brusquement l’état inverse. L’état inverse s’annonce souvent par des hallucinations ou d’autres automatismes, à la manière dont tout complexe devenu autonome a coutume de perturber l’activité d’un autre complexe qui se trouve justement dans la conscience, un processus comparable à celui d’une planète invisible qui provoque des perturbations dans la trajectoire d’une planète visible.