Schizophrénies de ces FLICS UMP. Psychogénèse des maladies mentales de Carl Jung (1959).

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Ces expériences ont donné des résultats intéressants : les séries de mots et de phrases rappelèrent aussitôt les paroles (et aussi les écrits) de la démence précoce !

Les éléments de liaison superficiels ressortaient avec une force étonnante (à quoi correspond la désagrégation des rapports logiques), des persévérations massives apparaissaient (ou bien des répétitions du mot précédent, ce qui correspond à peu près à la répétitions du mot inducteur de nos expériences), de plus on trouve de nombreuses contaminations et, en lien étroit avec celles-ci, des néologismes, des formations de mots nouveaux.

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Le grand nombre de persévérations et de répétitions saute immédiatement aux yeux (Sommer : « Stéréotypies »).

Un fait revêt une importance particulière, c’est que, dans les expériences normales de Stransky, on voit apparaître des conglomérats de mots ou de phrases que l’on peut qualifier de contaminations.

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A mon avis, la cause principale doit être recherchée dans le « forçage », l’excès de sollicitation. Les sujets de l’expérience sont invités à débiter sans contrôle ce qui leur vient à l’esprit – ils le faisaient pour une part avec une importante accélération, ce que prouve bien le fait qu’en moyenne ils produisaient de 100 à 250 mots par minute, alors que dans le discours normal la moyenne est de 130 à 140 mots. Or, lorsqu’on parle plus vite et que peut-être aussi on pense plus vite qu’à l’ordinaire sur des sujets indifférents, on n’est plus en mesure d’accorder suffisamment d’attention à l’association.
Un second point également d’importance déterminante, c’est la situation inhabituelle pour la très grande majorité des sujets et l’influence de celle-ci sur l’état de leur humeur. Il faut rapprocher cette situation de celle d’un orateur énervé qui se voit soudain frappé de « stupidité émotionnelle ». Dans cet état, j’ai trouvé des chiffres extraordinairement élevés de persévération et de répétition.