Affaire Dreyfus (Dictionnaire de Drouin, L’Ile des Pingouins d’Anatole France, Grandes plaidoiries et grand procès du 19e et 20e siècles).

Il existe sur ce thème, le dictionnaire de Michel Drouin, paru en 2006, que j’ai lu.

Drouin

Dont voici des extraits :

DreyfusDrouin (1)
Remarques terribles de justesse …
DreyfusDrouin (2)
 

Répertoire.

 

DreyfusDrouin (3)
 

Groupes.

 

DreyfusDrouin (4)
 

Legs.

 

DreyfusDrouin (5)DreyfusDrouin (6)DreyfusDrouin (7)DreyfusDrouin (8)

DreyfusDrouin (9)
 

Nationalisme antisémite.

 

DreyfusDrouin (10)DreyfusDrouin (11)DreyfusDrouin (12)DreyfusDrouin (13)

DreyfusDrouin (13)

DreyfusDrouin (14)
 

La dégradation du capitaine Dreyfus, accusé de trahison en intelligence avec l’étranger.

 

DreyfusDrouin (15)

DreyfusDrouin (16)
 

L’île au Diable où Dreyfus est interné, devenant fou.

 

DreyfusDrouin (17)
 

Dreyfus relate ses 5 ans d’internement.

 

DreyfusDrouin (18)

DreyfusDrouin (19)
 

J’Accuse de Zola, lettre ouverte au Président Félix Faure.

 

DreyfusDrouin (20)
 

Esterhazy le faussaire ayant produit le faux d’espionnage condamnant Dreyfus.

 

DreyfusDrouin (21)
 

Le Faux en écriture.

 

DreyfusDrouin (22)
 

Dreyfus revient de l’ïle du Diable.

 

DreyfusDrouin (23)

DreyfusDrouin (24)
 

Jean Jaurès, Dreyfusard.

 

DreyfusDrouin (25)
 

Réhabilitation de Dreyfus qui reçoit la Légion d’honneur.

 

DreyfusDrouin (26)
 

Réhabilitation de Dreyfus au grade de commandant.

 

DreyfusDrouin (27)

DreyfusDrouin (28)
 

Dreyfus ne fut pas rancunier contre l’Armée qui l’a dégradée : Il participe à la Première Guerre Mondiale.

 

J’avais lu aussi à 20 ans sur les conseils d’un copain l’Ile des Pingouins (1908) d’Anatole France (Prix Nobel de Littérature 1921).

IleDesPingouins

 

AnatoleFrance (1)
 

L’ïle des Pingouins d’Anatole France (1906), Le Dictionnaire des oeuvres (Bouquins).

 

AnatoleFrance (2)

AnatoleFrance (3)
 

Bio d’Anatole France, Prix Nobel de Littérature en 1921, 3 ans avant sa mort.

 

 

A venir le 20 novembre 2019, le film J’accuse de Roman Polanski avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner.

 

Les citations suivantes sont issues du livre Grandes Plaidoiries, Grand Procès au 19e et 20e siècles, aux éditions Prat, en collaboration avec le barreau des Avocats de Paris.

GrandesPlaidoiriesGrandsProces

 

GrandProcesDreyfus (3)GrandProcesDreyfus (4)GrandProcesDreyfus (5)

GrandProcesDreyfus (6)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (7)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (8)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (10)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (11)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (12)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (13)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (14)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (15)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (16)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (17)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (18)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (19)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (20)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (21)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (22)

GrandProcesDreyfus (23)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (24)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (25)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (26)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (27)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (28)

GrandProcesDreyfus (29)

Zola diffamant l’Armée française, ce qui lui vaudra l’exil en Angleterre.

 

GrandProcesDreyfus (30)GrandProcesDreyfus (31)GrandProcesDreyfus (32)

GrandProcesDreyfus (33)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (34)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (35)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (36)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (37)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (38)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (39)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (40)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (41)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (42)

Labori défendant Dreyfus. Sublime !

 

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Ma bibliothèque sur le nazisme.

Le fascisme, le nazisme, l’extrême-droite.

  • L’opinion allemande sous le nazisme. Bavière 1933-1945 de lan Kershaw, grand spécialiste britannique du nazisme. Pas lu … touffu.
  • Histoire de la Gestapo par Jacques Delarue. ancien commissaire de Police français, 623 pages. Il y avait d’intenses écoutes téléphoniques sous les nazis. Les policiers français sont à l’aune de ces pratiques nazies.
  • La crise dans la culture de Hannah Arendt, la théoricienne des totalitarismes. 380 pages. (1968). Qu’est-ce que l’autorité ?
  • Du mensonge à la violence de Hannah Arendt. 250 pages. (1972). La désobéissance civile.
  • Qu’est-ce que la politique ? de Hannah Arendt. 306 pages. (2005).
  • Philosophie, hors-série : Hannah Arendt. Février – avril 2016. Très bon !
  • Auriez-vous crié « Heil Hitler » ? de François Roux, livre très dense, très intéressant, de première main, d’une lecture un peu difficile parfois, probablement l’un des meilleurs aujourd’hui sur le sujet du nazisme.
FrancoisRoux
 

François Roux.

 

François Roux, après avoir étudié la psychologie cognitive en France et en Israël, s’est spécialisé dans le conseil en relations humaines. Passionné par l’histoire, il explore les mécanismes de la soumission et de la résistance en reliant les travaux des historiens à ceux des psychosociologues ainsi qu’à sa propre expérience professionnelle.

Intéressant chapitre intitulé Des individus face à l’autorité : Comment les jeunes d’aujourd’hui se seraient comportés entre 1933 et 1945. p. 841-862.

 

748 – 749 : Les nazis de Bohn alleint faire comprendre aux « compères de conviction de l’espèce d’une Mme Kahle (…) les dures exigences du salut de l’Allemagne », concluait le Westdeutscher Beobachter. Du jour où fut publié l’article, les militants bruns entreprirent le harcèlement des Kahle. Le téléphone crachait des injures. La maison était surveillée sans relâche. Paul Kahle fut chassé de l’université et de son club sans qu’aucun de ses collègues ose le défendre. Le fils aîné fut interdit de reprendre les cours tandis que le plus jeune était battu par des garçons des Hitlerjugend. Marie finit par conseiller aux amis qui persistaient à la fréquenter d’y renoncer pour ne pas attirer le danger sur eux. Elle reçut la visite d’agents provocateurs qui lui proposèrent d’entrer dans un parti d’opposition. Une partie de la famille rompit avec elle, par conviction ou par peur. Une autre la soutenait. Les commerçants lui firent savoir que les nazis exigeaient qu’ils la boycottent. « Quoi qu’il en soit, précise Marie, j’arrivais à me procurer tout ce dont j’avais besoin. Les magasins nous faisaient directement parvenir tout ce qu’ils pensaient nous être utile. Ils nous apportaient les produits tôt le matin et tard le soir et évitaient d’envoyer une bicyclette avec le nom du magasin. Mais ils nous livraient ». Marie trouvait un appui moral auprès des prêtres et des religieuses. « Jamais je n’ai regretté mon acte, confie-t-elle, mais, à cette époque, parfois l’un de mes fils ou mon mari me demandait : « Pourquoi est-ce que tu as fait cela ? Est-ce que ça en valait vraiment la peine ? »

Elle se rendit à l’évidence : leur vie en Allemagne était fichue. On lui conseilla : « Partez tant que c’est encore possible, même si vous devez tout perdre ! » Un « ami », professeur de médecine et membre du NSDAP, lui affirma que jamais le Reich ne laisserait partir les garçons. Il expliqua à Marie comment les choses allaient se passer. Les militants bruns augmenteraient progressivement la pression sur elle, en recourant si besoin à la torture, jusqu’à ce qu’elle se suicide ou devienne folle et puisse être internée. Ensuite, tout rentrerait dans l’ordre : Paul Kahle retrouverait sa chaire à l’université et ses fils seraient admis dans les organisations hitlériennes. Avant de partir, le professeur nazi fit à Marie une ordonnance de Véronal suffisante pour qu’elle se tue.

Le fascisme en action de Paxton, le grand spécialiste américain de la WWII, 448 pages.

La loi du sang, Penser et agir en nazi de Johann Chapoutot (2014), historien français, spécialiste du nazisme. Passages intéressants ssur la limite vie privée/vie publique. Où l’on voit comment les nazis étaient adversaires des idéaux de la Révolution française, des Droits de l’Homme … Chapoutot intitule l’un de ses chapitres : « Effacer 1789 de l’histoire allemande« . D’ailleurs, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 sera rédigée en réaction à la Shoah …

La révolution culturelle nazie de Johann Chapoutot (2017).

Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt (1966).

Le Dernier Civil de Ernst Glaeser. L’Allemand nazi n’a plus de vie privée et passe sa vie à haïr …

La disparition de Joseph Mengele de Olivier Guez (2017). J’ai admiré comment les Israëliens ont enlevé Eichmann en Amérique du Sud pour le juger et le pendre en Israël.

Hippocrate aux enfers de Michel Cymes (2015-2017). Les atrocités des médecins nazis expérimentant sur des humains. Une historienne a dit à la télé qu’on ne pouvait tirer aucun enseignement des expériences médicales réalisées sur des personnes déjà très persécutées.

Hitler et les juifs, génèse d’un génocide par Philippe Burrin (1989).

Je me souviens … par Boris Cyrulnik (2010). Ou comment Boris Cyrulnik, enfant, a échappé à des arrestations de nazis, protégé par des Justes, quand sa famille a été décimée.

La nuit de Elie Wiesel (1958), Prix Nobel de la Paix 1986. Livre incontournable.

Le journal d’Anne Frank (1942-1944). Journal intime intelligent d’une ado en avance pour son âge, arrêtée et déportée avec sa famille aux Pays-Bas, peu avant la fin de la WWII.

Moi qui vous parle, l’ultime entretien avec Primo Levi (2017). Primo Levi raconte sa vie avant sa déportation, après sa libération, les lois antisémites, es profs qu’il a eus.

Sonderkommando, dans l’enfer des chambres à gaz par Shlomo Venezia, survivant d’Auschwitz (2009). Sonderkommando ou commandos du ciel, détenus chargés de procéder à la crémation des personnes gazées. Terrible !

La mort est mon métier par Robert Merle (1972). Histoire romancée du commandant d’Auschwitz Rudolf Hoess. Récit de l’Organisation scientifique de l’assassinat ou comment le meurtre de masse fut progressivement mis au point dans les chambres à gaz. Hoess avait grandi avec l’image du Juif comme étant le Diable. Le problème de l’obéissance, de la responsabilité. Psychologie d’un officier SS. Livre culte, incontournable.

Votre fumée montera vers le ciel par Joseph Bialot, survivant d’Auschwitz (2016). Il me semble me souvenir que c’est Bialot qui raconte que ce sont les communistes qui résistaient le mieux dans les camps nazis. Il montre aussi que le tabac était un des rares plaisirs dans les camps. Il parle aussi de la rare sexualité des détenus … Bialot a vu bien plus tard dans un hosto psy des choses similaires à ce qu’il a vécu dans les camps … Le même état d’hébétude.

L’avènement d’Hitler par Jacques Prévert (1932).

Une connaissance inutile de Charlotte Delbo.
Mesure de nos jours de Charlotte Delbo.
J’ai noté cette réflexion merveilleuse de Delbo, militante communiste :
« Si nous avons lutté comme nous l’avons fait, si nous avons tenu, c’était bien pour que les hommes n’aient plus que de petits soucis, des soucis à leur mesure, pour qu’ils ne soient plus entraînés dans la tornade de l’histoire, broyés ou portés au-dessus d’eux mêmes, pour qu’ils n’aient plus à choisir entre l’héroïsme et la lâcheté, entre le martyre et l’abandon, pour qu’ils retrouvent la vie avec ses petites et grandes joies, sans tragique. »
Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo. Charlotte Delbo parle de son expérience des camps, mais aussi du devenir des rescapés après la libération.

Entre les murs du ghetto de Wilno 1941-1943 par Yitskhok Rudashevski. Résistance des militants ouvriers dans un Ghetto face aux nazis.

L’extermination des Juifs de Varsovie par Victor Serge, grand militant révolutionnaire, intello. Livre très intéressant sur le rôle des militants ouvriers, révolutionnaires dans la lutte contre l’antisémitisme. Evocation de l’épisode du Protocole des Sages de Sion. Victor Serge affirme que l’antisémitisme nazi a encouragé l’expression d’un antisémitisme plus tardif …

Hitler mon voisin, souvenirs d’un enfant juif par Edgar Feuchwanger. La grande histoire vue à travers un roman amusant d’un enfant juif qui habitait à Munich juste à côté de Hitler, dont il observait les allées et venues. Chaque chapitre s’ouvre sur une citation de Mein Kampf, livre d’un horrible antisémitisme.

Et tu n’es pas revenu (2016) par Marceline Loridan-Ivens, qui évoque la disparition de son père dans les camps, avec qui elle a été arrêtée et déportée.

Un bon allemand par Horst Krüger (1968). Le problème de l’apolitisme dans l’Allemagne nazie.

  • A lire en 2020.

    • Les disparus de Daniel Mendelsohn.
    • La débacle par César Fauxbras.
    • Une petite ville nazie par William S. Allen.
    • ***** Les nazis en fuite par Gerald Steinacher (2018).
    • L’Etat hitlérien par Martin Brossat, grand spécialiste du nazisme.
    • Heydrich et la solution finale par Edouard Husson.
    • Adolf Eichmann de David Cesarini (2014). Biographie de Eichmann.
    • L’opinion allemande sous le nazisme. Bavière 1933-1945 de lan Kershaw.
    • Qu’est-ce que le nazisme ? de Ian Kershaw, grand spécialiste britannique du nazisme (1997).
    • Les bienveillantes de Jonathan Littell (2007).

Ceux qu’on prenait pour des musulmans.

Le « musulman » dans les camps de concentration nazis est celui qui tombe d’épuisement, infiniment résigné, prêt à mourir … La plupart des rescapés juifs de la Shoah parlent de ceux qui étaient appelés les « musulmans », qui vivaient le summum de la souffrance dans les camps. Ils ont été appelés comme ça à cause de leur prostration qui faisait penser à la prosternation des musulmans lors de la prière. On peut penser qu’il s’agissait de souffrances physiques & psychiques intenses (dépressions sévères, psychoses) accompagnées de maltraitances des nazis (dont Elie Wiesel a parlé dans La nuit). Des musulmans qui étaient en fait des juifs …

Les Allemands avaient appelés ces juifs déportés les « musulmans », parce qu’ils étaient infiniment résignés face au fardeau de la vie en ce bas-monde qu’ils leur imposaient. Un Musulman, c’est un croyant qui a conscience que la vie dans ce bas-monde est un fardeau … et j’ai bien saisi le fardeau quotidien que m’imposent les flics françaises …

J’ai commencé la lecture de ce livre très intéressant : Les « musulmans » souffraient de cachexie (syndrome de maigreur). Ils mourraient pour des causes psychiques, sans aucune cause physique trouvée. Germaine Tillion, rescapée de Ravensbrück, a forgé un néologisme pour désigner ce « surmenage psychique » propre au camp, celui de mort par « anxiocution », due au climat de terreur instauré par les nazis.

Il y avait effectivement maltraitance des nazis (Je n’ai pas vécu la maltraitance physique, mais la violence maniaque des flic qui me harcèlent me fait penser au texte suivant : ) :

Des femmes-kapos bien en chair, bien nourries, obscènes de santé, le fouet à la main, les chassaient vers nous, hurlant, menaçant, frappant tandis que des femmes SS supervisaietn la scène accompagnées de leurs bergers allemands.

Des gardiens obscènes de santé instaurant une terreur sur des détenus au bout du rouleau au point de vue physique et psychique … Quel contraste !

Musulmans

Ceux qu’on prenait pour des musulmans dans les camps de concentration (Primo Levi : Si c’est un homme).

            « Mais au Lager il en va tout autrement : ici, la lutte pour la vie est implacable car chacun est désespérément et férocement seul. Si un quelconque Null Achtzehn vacille, il ne trouvera personne pour lui tendre la main, mais bien quelqu’un qui lui donnera le coup de grâce, parce que ici personne n’a intérêt à ce qu’un « musulman » de plus se traîne chaque jour au travail ; et si quelqu’un, par un miracle de patience et d’astuce, trouve une nouvelle combine pour échapper aux travaux les plus durs, un nouveau système qui lui rapporte quelques grammes de pain supplémentaires, il gardera jalousement son secret, ce qui lui vaudra la considération et le respect général, et lui rapportera un avantage strictement personnel ; il deviendra plus puissant, on le craindra, et celui qui se fait craindre est du même coup un candidat à la survie.

            On a parfois l’impression qu’il émane de l’histoire et de la vie une loi féroce que l’on pourrait énoncer ainsi : « Il sera donné à celui qui possède, il sera pris à celui qui n’a rien » Au Lager, où l’homme est seul et où la lutte pour la vie se réduit à son mécanisme primordial, la loi inique est ouvertement en vigueur et unanimement reconnue. Avec ceux qui ont su s’adapter, avec les individus forts et rusés, les chefs eux-mêmes entretiennent volontiers des rapports, parfois presque amicaux, dans l’espoir qu’ils pourront peut-être plus tard en tirer parti. Mais « les musulmans », les hommes en voie de désintégration, ceux-là ne valent même pas la peine qu’on leur adresse la parole, puisqu’on sait d’avance qu’ils commenceraient à se plaindre et à parler de ce qu’ils mangeaient quand ils étaient chez eux. Inutile, à plus forte raison, de s’en faire des amis : Ils ne connaissent personne d’important au camp, ils ne mangent rien en dehors de leur ration, ne travaillent pas dans des Kommandos intéressants et n’ont aucun moyen secret de s’organiser. Enfin, on sait qu’ils sont là de passage, et que d’ici quelques semaines il ne restera d’eux qu’une poignée de cendres dans un des champs voisins, et un numéro matricule coché dans un registre. Bien qu’ils soient ballottés et confondus sans répit dans l’immense foule de leurs semblables, ils souffrent et avancent dans une solitude intérieure absolue, et c’est encore en solitaires qu’ils meurent ou disparaissent, sans laisser de trace dans la mémoire de personne. »

Il y a une très bonne page Wikipedia sur ce qu’on appelait dans les camps les « Musulmänner » :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Muselmann

Il y a même une thèse de Paul-Bernard Nouraud (que je n’ai pas lue – On ne peut pas tout lire … mais il faudra bien la lire !) financée par la Fondation pour la mémoire de la Shoah :

http://www.fondationshoah.org/recherche/figurer-lautre-essai-sur-la-figure-du-musulman-dans-les-camps-de-concentration-nazis-paul

figuremusulman