Le régime le plus raciste qui ait existé dans l’Histoire de l’humanité, le nazisme, a débuté ses meurtres de masse en exterminant les malades mentaux, jugés poids-mort pour l’Allemagne (Eugénisme), sur des critères parfois expéditifs. Incitation au suicide, stigmatisation à ougrance qui n’est qu’un autre racisme, maltraitances, traitements inhumains & dégradants, les flics français(es) sont les héritiers de ce passé, jugeant de ma pathologie supposée. Ou quand les Droits de l’Homme entrent en sommeil … La mentalité de petits nazis des flics français a largement été démontrée.

Aktion T4

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SeptièmeCroix.jpg

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FascismeUnEncombrantRetour

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FigureMusulman

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CoeurConscient

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La parole et l’action, ultime autobiographie de Maître Henri Leclerc. Passionnant. Un coup de coeur pour ce grand ténor du Droit français.

La-parole-et-l-action

Sommaire.

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MaxTheret

Affaire Dreyfus (Dictionnaire de Drouin, L’Ile des Pingouins d’Anatole France, Grandes plaidoiries et grand procès du 19e et 20e siècles).

Il existe sur ce thème, le dictionnaire de Michel Drouin, paru en 2006, que j’ai lu.

Drouin

Dont voici des extraits :

DreyfusDrouin (1)
Remarques terribles de justesse …
DreyfusDrouin (2)
 

Répertoire.

 

DreyfusDrouin (3)
 

Groupes.

 

DreyfusDrouin (4)
 

Legs.

 

DreyfusDrouin (5)DreyfusDrouin (6)DreyfusDrouin (7)DreyfusDrouin (8)

DreyfusDrouin (9)
 

Nationalisme antisémite.

 

DreyfusDrouin (10)DreyfusDrouin (11)DreyfusDrouin (12)DreyfusDrouin (13)

DreyfusDrouin (13)

DreyfusDrouin (14)
 

La dégradation du capitaine Dreyfus, accusé de trahison en intelligence avec l’étranger.

 

DreyfusDrouin (15)

DreyfusDrouin (16)
 

L’île au Diable où Dreyfus est interné, devenant fou.

 

DreyfusDrouin (17)
 

Dreyfus relate ses 5 ans d’internement.

 

DreyfusDrouin (18)

DreyfusDrouin (19)
 

J’Accuse de Zola, lettre ouverte au Président Félix Faure.

 

DreyfusDrouin (20)
 

Esterhazy le faussaire ayant produit le faux d’espionnage condamnant Dreyfus.

 

DreyfusDrouin (21)
 

Le Faux en écriture.

 

DreyfusDrouin (22)
 

Dreyfus revient de l’ïle du Diable.

 

DreyfusDrouin (23)

DreyfusDrouin (24)
 

Jean Jaurès, Dreyfusard.

 

DreyfusDrouin (25)
 

Réhabilitation de Dreyfus qui reçoit la Légion d’honneur.

 

DreyfusDrouin (26)
 

Réhabilitation de Dreyfus au grade de commandant.

 

DreyfusDrouin (27)

DreyfusDrouin (28)
 

Dreyfus ne fut pas rancunier contre l’Armée qui l’a dégradée : Il participe à la Première Guerre Mondiale.

 

J’avais lu aussi à 20 ans sur les conseils d’un copain l’Ile des Pingouins (1908) d’Anatole France (Prix Nobel de Littérature 1921).

IleDesPingouins

 

AnatoleFrance (1)
 

L’ïle des Pingouins d’Anatole France (1906), Le Dictionnaire des oeuvres (Bouquins).

 

AnatoleFrance (2)

AnatoleFrance (3)
 

Bio d’Anatole France, Prix Nobel de Littérature en 1921, 3 ans avant sa mort.

 

 

A venir le 20 novembre 2019, le film J’accuse de Roman Polanski avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner.

 

Les citations suivantes sont issues du livre Grandes Plaidoiries, Grand Procès au 19e et 20e siècles, aux éditions Prat, en collaboration avec le barreau des Avocats de Paris.

GrandesPlaidoiriesGrandsProces

 

GrandProcesDreyfus (3)GrandProcesDreyfus (4)GrandProcesDreyfus (5)

GrandProcesDreyfus (6)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (7)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (8)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (10)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (11)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (12)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (13)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (14)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (15)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (16)

Propos de Zola.

 

GrandProcesDreyfus (17)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (18)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (19)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (20)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (21)

Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (22)

GrandProcesDreyfus (23)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (24)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (25)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (26)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (27)

Plaidoirie de Labori défendant Zola.

 

GrandProcesDreyfus (28)

GrandProcesDreyfus (29)

Zola diffamant l’Armée française, ce qui lui vaudra l’exil en Angleterre.

 

GrandProcesDreyfus (30)GrandProcesDreyfus (31)GrandProcesDreyfus (32)

GrandProcesDreyfus (33)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (34)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (35)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (36)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (37)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (38)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (39)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (40)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (41)

Labori défendant Dreyfus.

 

GrandProcesDreyfus (42)

Labori défendant Dreyfus. Sublime !

 

Un objet juridiquement insaisissable : le droit de résistance à l’oppression (MATTHIAS MALBLANC, thésard, Université Lumière – Lyon II).

L’article en pdf est disponible sur le Net. Il est ici : DroitResistanceOppression

ChartResistanceOppression

 

Un objet juridiquement insaisissable : le droit de résistance à l’oppression.

 

MATTHIAS MALBLANC

Doctorant à l’Université Lumière – Lyon II

Accès rapide. Sommaire.

I  – UNE NATURE JURIDIQUE CONTESTEE

1) Une existence juridique intenable

  1. a) La positivité contradictoire du droit de résistance

L’affirmation rétroactive de la légitimité du pouvoir. L’acceptation prospective de la faillibilité du pouvoir.

  1. b) La positivité accessoire du droit de résistance

               Une autolimitation superflue du pouvoir.

               Une autolimitation  illusoire du pouvoir.

  2) Un exercice juridique improbable

  1. a) Le sujet indéterminé du droit de résistance

Les ambiguïtés de la résistance collective.

La subjectivité de la résistance individuelle

  1. b) L’objet incertain du droit de résistance

L’incertitude quant à la source de l’oppression.

                 L’incertitude quant au degré de l’oppression.

II – UNE PORTEE JURIDIQUE NEUTRALISEE

1)  La dénaturation du droit de résistance : la désobéissance du fonctionnaire

  1. a) L’intégration du droit de résistance au droit positif

La consécration du devoir de désobéissance du fonctionnaire.

La modernisation du devoir de désobéissance du  fonctionnaire.

  1. b) L’altération du droit de résistance par le droit positif

L’instrumentalisation du devoir de désobéissance du fonctionnaire. L’instrumentalisation du droit d’alerte du fonctionnaire.

2) La dissolution du droit de résistance : la désobéissance du citoyen

  1. a)   Une forme contemporaine de résistance

        Une forme renouvelée de résistance.

Une forme modérée de résistance.

  1. b)   Une forme controversée de résistance

L’hostilité du droit envers la  désobéissance civile.

La flexibilité du droit envers la désobéissance civile.

 

RESUME :

Le droit de résistance à l’oppression ne cesse de poser la question de sa valeur juridique. Sa proclamation porte en France les stigmates des événements révolutionnaires de 1789, et la consécration de sa « pleine valeur constitutionnelle » par le Conseil constitutionnel ne permet guère de surmonter son absence patente de juridicité. Il semble en effet impossible de se saisir juridiquement du droit de résistance. Même si l’on acceptait de dépasser les contradictions que soulève sa reconnaissance juridique, on se heurterait à l’impossibilité d’en organiser juridiquement l’exercice.

Devant l’embarras que représente sa positivité, il est parfois considéré que la résistance à l’oppression a été intégrée au droit sous d’autres formes susceptibles de lui faire produire des effets de manière indirecte. On retiendra principalement le devoir de désobéissance du fonctionnaire et la désobéissance civile. Toutefois, loin de lui conférer une quelconque effectivité, ces aménagements traduisent plutôt une dénaturation du droit de résistance. Il s’agit finalement d’adapter celui-ci à un ordre juridique pacifié et in fine d’en neutraliser la portée juridique.

 

Glorifiée dans La Liberté guidant le peuple de Delacroix ou exaltée par le jeune Frédéric dans L’éducation sentimentale de Flaubert1, la résistance à l’oppression fait bien souvent l’objet d’élans passionnés. Doit-elle pour autant se cantonner à rester dans le « ciel des idées » 2 ou peut-elle être appréhendée comme un véritable droit ? Elle porte indubitablement la marque d’un certain romantisme révolutionnaire, et le XVIIIème siècle s’attachera à transfigurer cet idéal en un droit.

Proclamé par la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 24 août 1789, le droit de résistance est élevé au rang de « droit naturel et imprescriptible de l’homme ». Les textes qui suivent cette période confortent l’importance alors accordée au droit de résistance. Ainsi, le projet de Constitution girondine3 affirme que « les hommes réunis en société doivent avoir un moyen légal de résister à l’oppression » (article 31), et que « dans tout gouvernement libre, le mode de résistance à ces différents actes d’oppression doit être réglé par la constitution » (article 32). Dans le même esprit, la Déclaration du 24 juin 1793 fait de la résistance à l’oppression « la conséquence des autres droits de l’homme » (article 33), et en déduit que « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple (…) le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » (article 35).

Cette exaltation n’aura pourtant d’égal que le déclin d’intérêt que connut par la suite le droit de résistance, délitant le prestige dont l’avait auréolé la Révolution française. Victime de ses stigmates révolutionnaires, le droit de résistance à l’oppression semble avoir « subi l’excès d’indignité qui s’attache à tout ce qui

 

1 G. FLAUBERT, L’éducation sentimentale, Paris, LGF, coll. Livre de poche, 2013, p. 363.

2 D. GROS, « Qu’est-ce que le droit de résistance à l’oppression ? », dans D. GROS et O. CAMY (dir.), Le droit de résistance à l’oppression, Paris, Le Seuil, coll. Le genre humain, 2005, n°44, p. 12.

3 Projet de Constitution girondine des 15 et 16 février 1793.

 

apparaît peu ou prou lié à la période de la Terreur », si bien que « sa mention dans la Déclaration de 1789 a subi un véritablement refoulement »4. Ce rejet d’une quelconque juridicité du droit de résistance a pendant un temps été fondé sur la portée philosophique attribuée à la Déclaration de 1789. La valeur constitutionnelle acquise depuis par celle-ci, dont a indirectement profité le droit de résistance5, aurait pu faire croire à une réhabilitation de ce dernier. Mais positivité ne rime pas nécessairement avec juridicité, et le droit de résistance, davantage perçu comme une

« exigence morale »6 ou une « pétition de principe »7, demeure encore « difficilement accepté sur le plan juridique »8.

Ces réticences à penser juridiquement le droit de résistance à l’oppression s’expliquent en premier lieu par la signification traditionnellement donnée à celui- ci9. On entend généralement le droit de résistance comme la possibilité pour le peuple de contester, de manière passive ou active, la légitimité du pouvoir lorsque celui-ci s’avère source d’oppression10. Cette définition révèle alors la toile de fond épistémologique derrière laquelle se jouent les tentatives de légitimation du droit de résistance. En ce qu’il interroge les liens entre gouvernants et gouvernés et permet aux seconds de se libérer de l’autorité des premiers, le droit de résistance renvoie à l’idée classique que le peuple préexiste au prince. C’est donc bien « au nom de l’existence ou de l’inexistence d’un droit supérieur au droit posé que le droit de résistance est admis ou rejeté »11.

 

4 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », Droits, 1988, n°8, p. 90.

5 DC, 16 juillet 1971, Loi complétant les dispositions des articles 5 et 7 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association, n° 71-44, JORF du 18 juillet 1971, p. 7114 ; DC, 27 décembre 1973, Loi de finances pour 1974, n° 73-51, JORF du 28 décembre 1973, p. 14004 ; DC, 16 janvier 1982, Loi de nationalisation, n° 81-132, JORF du 17 janvier 1982, p. 299.

6 Y. MADIOT, Droits de l’homme, Paris, Masson, 2ème édition, coll. Droit, sciences économiques, 1991, p. 163.

7 A. BOYEAU-JENECOURT, La désobéissance politique, Paris, L’Harmattan, coll. Logiques juridiques, 2010, p. 124.

8 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne. Contribution à une théorie du droit positif, Paris, LGDJ, coll. Bibliothèque de droit public, 1999, p.7.

9 Certaines constitutions étrangères peuvent parfois conférer un sens différent au droit de résistance à l’oppression, mais leur étude sera ici écartée. Sur ce point, voir notamment S. KARAGIANNIS, « Qu’est-il, en droit international, le droit à la résistance devenu ? », RTDH, 2008, n°76, pp. 993-996.

10 G. CORNU (dir.), Vocabulaire juridique, Paris, PUF, 9ème édition, coll. « Quadrige », 2011, p. 906 : « Droit individuel reconnu, dans une certaine doctrine politique, aux gouvernés de s’opposer aux actes manifestement injustes des gouvernants, soit par non-exécution (résistance passive), soit par la force (résistance active), soit même par un soulèvement destiné à obtenir le retrait de l’acte et le départ des gouvernants (résistance agressive) ».

11 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 4.

 

Dès lors, on ne s’étonnera guère que les doctrines du droit naturel n’éprouvent aucune difficulté à penser juridiquement le droit de résistance, et cela pour au moins deux raisons. La première tient au postulat d’une antériorité du droit sur le pouvoir politique. L’idée d’une règle « supérieure à la puissance publique qui vient la limiter et lui imposer des devoirs »12 permet de légitimer le droit de résistance13. Celui-ci peut ainsi trouver son fondement dans la loi divine, comme chez Saint Thomas14, ou découler d’une rupture du contrat social ainsi que le suggère Locke15. La seconde raison se trouve dans l’attachement du jusnaturalisme au contenu du droit et à sa finalité : la justice. Or, le droit de résistance repose sur l’idée que « le pouvoir politique est institué pour la promotion de la justice »16. Il est justifié par l’injustice et tend à sa disparition. C’est donc en considération de cet « étalon de Justice admis par tous et qui s’impose à tous »17 que les doctrines du droit naturel justifient le droit de résistance.

Au contraire, la démarche positiviste18 que cette étude se propose d’adopter ne permet pas de saisir juridiquement le droit de résistance à l’oppression. Si une telle approche ne se démarque guère par son originalité, elle est justifiée par la volonté d’échapper aux critiques parfois adressées à un droit naturel par trop « axiologique »19, voire « indémontrable »20. D’abord, d’un point de vue scientifique, la méthode positiviste suppose une rupture entre droit et morale. Elle permet ainsi de se défaire de considérations extra-juridiques, qui pourraient conduire à justifier

 

12 L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, t. III, Paris, Éd. de Boccard, 3ème édition, 1930, p. 590.

13 J.-F. SPITZ, « Droit de résistance », dans P. RAYNAUD et S. RIALS (dir.), Dictionnaire de philosophie politique, Paris, PUF, 3ème édition, coll. Quadrige, 2003, p. 169 : « là où ceux qui sont chargés du gouvernement (…) utilisent le pouvoir qui leur est confié pour opprimer le peuple, celui-ci tient de la nature le droit de s’opposer à ses gouvernants ».

14 Sur ce point, voir G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 470. Le droit naturel des Anciens, redécouvert par la doctrine thomiste, envisageait déjà un droit de résistance. Que l’on songe notamment au célèbre mythe d’Antigone, qui objectait à Créon « les lois non écrites, celles-là, intangibles des dieux ». (Sophocle, « Antigone », dans Théâtre complet, Paris, Flammarion, coll. GF, 1999, p. 79).

15 J. LOCKE, Traité du gouvernement civil, Paris, Flammarion, 2ème édition, coll. GF, 1992, chapitre XVIII,

  1. 292 : « Quiconque, investi d’une d’autorité qui excède le pouvoir que la loi lui donne, se sert de la force soumise à son commandement pour accomplir au dépens des sujets des actes illicites, cesse par la même d’être un magistrat, et puisqu’il agit sans autorité, on a le droit de lui résister comme à n’importe quel homme qui porte atteinte au droit d’un autre par la force ».

16 J.-F. SPITZ, « Droit de résistance », op. cit., p. 170.

17 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 11.

18 Voir C. GRZEGORCZYK, F. MICHAUT et M. TROPER (dir.), Le positivisme juridique, Paris, LGDJ, coll. La pensée juridique moderne, 1993, 535 p.

19 A. VIALA, Philosophie du droit, Paris, Ellipses, coll. Cours magistral, 2010, p. 61.

20 M. LEVINET, Théorie générale des droits et libertés, Bruxelles, Némésis, coll. Droit et justice, 4ème édition, 2012, p. 447.

 

un droit de résistance au nom d’une idéologie particulière. Ensuite, dans une perspective volontariste, cette méthode permet d’envisager le droit comme un produit de la volonté humaine émanant d’un pouvoir souverain consenti et assorti de la menace d’une sanction. Elle rend ainsi difficilement concevable la justification du droit de résistance au nom d’un « droit supérieur ».

Si cette conception positiviste renvoie dès lors le droit de résistance aux confins du droit, elle ne le relègue pas nécessairement au rang de « verbosité inutile »21. Il est certain que la proclamation d’un droit de résistance peut avoir des « effets pratiques et symboliques (…) sur les consciences et les actions des individus »22. Celui-ci représente à ce titre un « appel à la vigilance et à la mobilisation des citoyens »23. Toutefois, la résistance à l’oppression quitte ici le terrain du droit pour rejoindre celui du politique.

Dans une telle perspective, il semble que l’ordre juridique soit hermétique de tout point de vue à la reconnaissance juridique d’un droit de résistance à l’oppression, et ce en dépit de son inscription dans le droit positif. L’approche purement positiviste pourrait alors être nuancée par une approche plus réaliste n’envisageant de véritable droit que ce qui est réellement appliqué et non seulement ce qui est contenu dans les textes juridiques. Dès lors, quand bien même l’on dépasserait les apories sur lesquelles débouche l’existence juridique du droit de résistance, on se heurterait à l’impossibilité d’organiser juridiquement son exercice. La nature juridique du droit de résistance paraît donc pour le moins contestable (I). L’idée que le droit de résistance s’exprime aujourd’hui à travers d’autres manifestations ne suffit pas à démontrer sa réhabilitation. En effet, si celui-ci connaît une traduction juridique dans le devoir de désobéissance du fonctionnaire, c’est uniquement au prix de sa profonde dénaturation. À l’inverse, la désobéissance civile, en ce qu’elle incarne fidèlement le droit de résistance, ne semble guère susceptible d’être appréhendée juridiquement. Ces aménagements, qui neutralisent la portée juridique du droit de résistance, confirment finalement l’incapacité pour le droit de se saisir de la résistance à l’oppression (II).

 

21 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 455.

22 S. GROSBON, « La justiciabilité problématique du droit de résistance à l’oppression : antilogie juridique et oxymore politique », dans V. CHAMPEIL-DESPLATS et D. LOCHAK (dir.), À la recherche de l’effectivité des droits de l’homme, Nanterre, Presses universitaires de Paris, 2008, p. 163.

23 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « Le droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 99.

 

  1. – UNE NATURE JURIDIQUE CONTESTEE

  2. Le droit de résistance est généralement renvoyé aux confins du droit au prétexte qu’il relève d’une « question politique, non juridique »24. En dépit de certaines tentatives pour en réhabiliter l’appréhension juridique25, il semble que sa positivité prête à controverse (1). Quand bien même l’on dépasserait cette difficulté, on se heurterait aux incertitudes pesant sur la signification du droit de résistance à l’oppression, qui rendent son exercice juridique pour le moins improbable (2).
    1. Une existence juridique intenable
    2. L’inscription en droit positif d’un droit de résistance ne va pas de soi. Elle se heurte d’abord à la contradiction majeure d’un pouvoir qui tout en cherchant à légitimer son institution prévoit sa propre destitution (a). On peut dès lors douter de l’intérêt du droit de résistance, dont la positivité parait finalement bien accessoire (b).
      1. La positivité contradictoire du droit de résistance
      2. L’affirmation rétroactive de la légitimité du pouvoir. On admet généralement la distinction entre trois types de résistance à l’oppression, selon l’intensité de leur mise en œuvre : la résistance passive, la résistance défensive et la résistance agressive26. Cette dernière, qui peut consister en un « soulèvement destiné à obtenir (…) le départ des gouvernants »27, peut ainsi avoir pour corollaire le droit à l’insurrection28. Or, comme le relève Patrick Wachsmann, « la révolte des sujets contre leur souverain aboutit (…) à la consécration par le droit positif des limites du pouvoir »29, parmi lesquelles le droit de résistance à l’oppression. Dès lors que la
      3. 24 G. JEZE, Les principes généraux du droit administratif, t. I, Paris, Dalloz, 3ème édition, coll. Bibliothèque Dalloz, 2005, p. 345 ; P. DUEZ et J. BARTHELEMY, Traité de droit constitutionnel, Paris, Éd. Panthéon-Assas, coll. Les introuvables, 2004, p. 248.
      4. 25 En ce sens, voir notamment G. KOUBI, « Penser le droit de résistance à l’oppression dans les sociétés démocratiques contemporaines » dans P-A. PERROUTY (dir.), Obéir et désobéir : le citoyen face à la loi, Bruxelles, Éd. de l’Université de Bruxelles, coll. Philosophie politique et juridique, 2000, pp. 121-146.
      5. 26 L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, op. cit., t. III, p. 801 ; G. CORNU (dir.), Vocabulaire juridique, op. cit., p. 906.
      6. 27 G. CORNU (dir.), Vocabulaire juridique, op. cit, p. 906.
      7. 28 L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, op. cit., t. III, p. 805 ; F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN,
      8. « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit., p. 98. Selon J. FREUND, « la justification du droit de résistance va de pair avec la légitimation du principe révolutionnaire ». (L’essence du politique, Paris, Dalloz, 3ème édition, 2004, p. 181). De même, pour A. ESMEIN la résistance à l’oppression s’apparente à une « théorie curieuse de la légitimité de l’émeute et de la révolution ». (Eléments de droit constitutionnel français et comparé, Paris, Larose & Forcel, 3ème édition, 1903, p. 1107).
      9. 29 P. WACHSMANN, « Un sujet de droit peut-il se révolter ? », APD, 1989, t. 34, p. 94.
      10. résistance apparaît comme un moyen de fonder un ordre juridique nouveau, sa reconnaissance juridique par le pouvoir nouvellement institué vise à justifier ce processus révolutionnaire fondateur. L’inscription du droit de résistance en droit positif a pour finalité essentielle de légitimer le mouvement qui a donné naissance à ce même droit positif30. Le droit de résistance s’épuise dans sa propre justification en ce que sa seule proclamation suffit à en fonder la légitimité passée. Il s’apparente ainsi moins à un véritable droit qu’à un adjuvant constitutionnel cherchant à rétablir la confiance dans des institutions momentanément suspendues. Sa proclamation met en place une « fiction juridique »31 dans laquelle la négation de l’ordre juridique destitué conduit à insérer « la révolution triomphante »32dans la légalité de l’ordre juridique nouvellement institué.
      11. Le droit de résistance paraît remplir une fonction d’autolégitimation du pouvoir. Pourtant, sa proclamation participe dans le même temps à une reconnaissance de la faillibilité de ce même pouvoir, et partant à l’organisation juridique de sa propre destitution.
      12. L’acceptation prospective de la faillibilité du pouvoir. Il découle de la corrélation entre mouvement insurrectionnel et droit de résistance un certain paradoxe quant à la positivité de ce dernier. La reconnaissance juridique de la résistance paraît en effet susceptible de saper les fondements du pouvoir qui l’a proclamée. Ce faisant, celui-ci reconnaît comme potentiellement oppressif le régime qu’il met en place, et instaure la possibilité pour le peuple de lui résister. Le droit de résistance met ainsi dos à dos deux souverainetés concurrentes, et implique que « la législation suprême comprenne en soi une détermination d’après laquelle elle ne serait pas suprême »33, faisant du peuple « le souverain de celui auquel il est soumis »34. De la même façon que l’on « ne saurait ranger l’insurrection au nombre des institutions »35, il semblerait que « l’essence de l’État et de son ordre juridique s’oppose à la possibilité d’un droit de résistance »36. L’instauration d’un nouvel ordre
      13. 30 S. GROSBON, « La justiciabilité problématique du droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 143 :
      14. « L’exercice du droit de résistance peut alors servir de fait justificatif à une action illégale commise sous le régime oppressif ».
      15. 31 Ibidem.
      16. 32 P. WACHSMANN, « Un sujet de droit peut-il se révolter ? », op. cit., p. 94.
      17. 33 E. KANT, Métaphysique des mœurs. Première partie, Doctrine du droit, Paris, Vrin, 1971, p. 203 (cité par
      18. O. CAMY, « Droit naturel ou droit positif ? », dans D. GROS et O. CAMY, Le droit de résistance à l’oppression, op. cit., p. 274).
      19. 34 Ibidem.
      20. 35 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 508.
      21. 36 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit., p. 98.
      22. juridique s’accompagne dans le même temps de la négation de son bien-fondé37, en inscrivant dans le cœur du droit l’acceptation de sa propre faillibilité38. Véritable
      23. « suicide politique »39, la reconnaissance juridique du droit de résistance déboucherait alors « sur l’aporie (…) d’une constitution qui prétend régir le mouvement même qui la nie »40. Le paradoxe de la positivité du droit de résistance est ici particulièrement tangible, au point que le droit de résistance ait pu être envisagé comme un « droit contre le droit »41, certains de ses contempteurs estimant même « difficile de concevoir une maxime plus dissolvante de la société politique »42.
      24. La proclamation du droit de résistance intègre dans un même mouvement une tentative de légitimation du nouveau régime et une acceptation de sa destitution. Les doutes que cette contradiction fait peser sur l’opportunité de consacrer juridiquement un droit de résistance se trouvent en outre confortés par le caractère accessoire de celui-ci.
      25. La positivité accessoire du droit de résistance
      26. Une autolimitation superflue du pouvoir. Le droit de résistance semble d’autant plus sujet à contestation qu’il s’avère relativement anachronique. Son potentiel insurrectionnel, déjà relevé, le situe en effet dans un contexte particulier, marqué par l’absence de sanction organisée du statut du pouvoir43. Sa fonction d’« ultime recours (…) contre une violation extrême d’une liberté fondamentale »44 ne paraît guère adaptée à un système juridique aujourd’hui gagné par l’État de droit. La soumission de l’administration au respect de la légalité place l’idée d’un contrôle
      27. 37 J. FREUND, L’essence du politique, op. cit., p. 190 : « Même si l’on arrivait à juridifier ce soi-disant droit, le commandement politique ne saurait l’institutionnaliser sans se nier ». Selon G. BURDEAU, le faible écho que rencontre la théorie de la résistance à l’oppression dans le droit positif « s’explique aisément car les gouvernements ne peuvent inscrire de gaieté de cœur dans les textes qu’ils édictent la reconnaissance d’un droit dont l’exercice conduit à la négation de leur autorité ». (Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 504).
      28. 38 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit.,
      29. p. 99. Ainsi, selon P. WACHSMANN, « la résistance à l’oppression serait cette limite que le droit ne pourrait franchir sans s’annuler lui-même ». (« Un sujet de droit peut-il se révolter ? », op. cit., p. 90).
      30. 39 P. WACHSMANN, Libertés publiques, Paris, Dalloz, 6ème édition, coll. Précis 2009, p. 239.
      31. 40 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit., p. 98.
      32. 41 D. GROS, « Qu’est-ce que le droit de résistance à l’oppression ? », dans D. GROS et O. CAMY (dir.), Le droit de résistance à l’oppression, op. cit., p. 20.
      33. 42 A. ESMEIN, Eléments de droit constitutionnel français et comparé, op. cit, p. 1107.
      34. 43 Nous reprenons l’expression de G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 275.
      35. 44 H. OBERDORFF, Droits de l’homme et libertés fondamentales, Paris, LGDJ, 3ème édition, coll. Manuel, 2011, p. 222.
      36. des gouvernants sur un terrain juridique45. Plus encore, le contrôle de constitutionnalité, qui permet de sanctionner la loi « oppressive », semble ôter tout fondement au droit de résistance46. On comprend dès lors que celui-ci ait pu être envisagé comme un « concept de transition »47 qui marque l’acceptation de l’idée selon laquelle l’acte constitutionnel a vocation à encadrer les modalités de la mission dévolue aux gouvernants. Or, comme le souligne Jean-Fabien Spitz, « le jour où (…) la pensée politique a conquis cette idée, le droit de résistance lui est devenu inutile, car il n’avait de sens que comme procédure informelle de surveillance des actes d’un pouvoir trop librement concédé »48.
      37. Dès lors que prospèrent d’autres mécanismes permettant aux gouvernés de contrôler l’action des gouvernants, on peut douter de l’intérêt de reconnaître juridiquement un droit de résistance. D’autant que conférer la qualité de droit à un acte spontané peut paraître relativement illusoire.
      38. Une autolimitation illusoire du pouvoir. En ce qu’il relève de l’« intuition », du « réflexe »49, l’acte de résistance semble indépendant de son inscription dans le droit positif. Lorsqu’elle devient un fait nécessaire ou inévitable, peu importe que la résistance à l’oppression ait été un droit consacré50. Reconnaître un droit de résistance, c’est l’obliger à légitimer son action devant un tribunal. Or, sur ce point, on peut convenir que son « admission par un texte juridique (…) s’apparente fort à une hypocrisie »51, tant « il est clair que la question de la légitimité d’une insurrection ne pourra jamais se poser en droit positif devant un tribunal »52. Si l’insurrection triomphe, il est douteux qu’aucun tribunal exigera du nouveau
      39. 45 Sur ce point, voir M.-J. REDOR, De l’État légal à l’État de droit. L’évolution des conceptions de la doctrine publiciste française (1879-1919), Paris, Economica, PUAM, coll. Droit public positif, 1992, 389 p.
      40. 46 S. GROSBON, « La justiciabilité problématique du droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 142.
      41. 47 J.-F. SPITZ, « Droit de résistance », op. cit., p. 173.
      42. 48 Ibidem, p. 174 ; C. STARCK, La Constitution. Cadre et mesure du droit, Paris, Economica, 1994, p. 19 : « Le droit à la résistance, dans l’État constitutionnel des nations ouest-européennes, a été remplacé par le contrôle du pouvoir prévu par la Constitution ».
      43. 49 J. RIVERO et H. MOUTOUH, Libertés publiques, t. I, Paris, PUF, 9ème édition, coll. Thémis, 2003, p. 266.
      44. 50 A. ESMEIN, Eléments de droit constitutionnel français et comparé, op. cit., p. 1108 : « Lorsqu’on en arrive aux émeutes triomphantes (…), on sort du domaine juridique pour entrer dans celui des faits ». De même, pour F. LUCHAIRE, « l’insurrection n’est pas une procédure juridique, c’est un fait ». (La protection constitutionnelle des droits et libertés, Paris, Economica, 1987, p. 466). Déjà, Robespierre considérait que « la réformation d’une loi oppressive n’a pas le temps d’attendre un moyen légal pour la faire tomber ». (cité par M. MORABITO, « La résistance à l’oppression en 1793 », Revue historique de droit français et étranger, avril- juin 1994, p. 241).
      45. 51 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit., p. 98.
      46. 52 L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, op. cit., t. III, p. 805.
      47. gouvernement qu’il prouve sa légitimité ; et si elle échoue, quel tribunal osera ne pas la condamner, arguant du danger qu’elle représente pour la sûreté de l’État ?53 Ainsi François-Antoine de Boissy d’Anglas s’exclamait-il : « il est une vérité constante, c’est que, lorsque l’insurrection est générale, elle n’a plus besoin d’apologie, et que, lorsqu’elle est partielle, elle est toujours coupable »54. Dès lors, la formule de Georges Burdeau selon laquelle « ce n’est pas la consécration du droit par une formule constitutionnelle qui fait son efficacité, c’est la seule puissance de ceux qui tenteront de l’exercer »55paraît s’appliquer au droit de résistance à l’oppression.
      48. Bien que l’intérêt d’une existence juridique du droit de résistance paraisse discutable, celui-ci n’en demeure pas moins élevé au rang de droit positif. Mais cette consécration a en réalité emporté « bien peu de conséquences »56, tant il paraît improbable d’en organiser juridiquement l’exercice.
    3. Un exercice juridique improbable
    4. On conçoit mal l’intérêt d’un droit dont on ne pourrait organiser juridiquement l’exercice. À cet égard, la seule positivité du droit de résistance ne convainc pas. L’indétermination de son titulaire (a) et les incertitudes quant à son objet (b) rendent son exercice juridique peu réaliste et contribuent à en nier la juridicité.
      1. Le sujet indéterminé du droit de résistance
      2. Les ambiguïtés de la résistance collective. La résistance à l’oppression a d’abord été envisagée comme un droit collectif, venant sanctionner l’arbitraire d’un pouvoir dévoyé en accordant au peuple la possibilité de s’opposer à ses gouvernants. C’est ce qu’il ressort en particulier de l’article 34 de la Déclaration du 24 juin 1793 selon lequel « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ». Toutefois, cette conception du droit de résistance se heurte rapidement à la question de son titulaire, et force est de constater que ses partisans ne s’accordent guère sur ce point.

      3. 53 Ibidem, p. 806 ; F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit., p. 98 : « L’insurrection triomphante n’aura nul besoin de prouver sa légitimité devant un tribunal, l’insurrection vaincue arguera vainement de la noblesse de ses mobiles ».
      4. 54 BOISSY D’ANGLAS, Mon. Réimpr. XXV, p. 109 (cité par M. MORABITO, « La résistance à l’oppression en 1793 », op. cit., p. 248).
      5. 55 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 505.
      6. 56 F. BENOIT-ROHMER et P. WACHSMANN, « La résistance à l’oppression dans la Déclaration », op. cit., p. 98.
      7. Ainsi, pour Théodore De Bèze, seuls « les magistrats, image fidèle de la souveraineté du peuple, ont le devoir de résister au prince »57. Selon Burlamaqui,
      8. « on ne doit pas entendre par le peuple la vile populace ou la canaille du pays, ni une cabale d’un petit nombre de séditieux, mais bien la plus grande et la plus sainte partie des sujets de tous les ordres du Royaume »58. De même, Languet et Duplessis- Mornay ne voient pas dans le peuple « toute une populace, cette bête qui porte un million de têtes », mais « ceux qui ont en main l’autorité déléguée du peuple, c’est-à- dire les magistrats qui sont les surveillants du roi et qui représentent le corps du peuple »59. Qui plus est, toutes les doctrines ne font pas du peuple le détenteur de ce qui est juste, et d’aucun ont pu s’inquiéter d’un usage aléatoire60 ou abusif61 par celui-ci du droit de résistance.
      9. L’exercice juridique du droit de résistance collective, en faisant appel à un peuple pour le moins « introuvable »62, ne paraît guère concevable. Pas plus que son exercice individuel, qui érige l’individu en juge de la règle de droit posée par l’autorité publique.
      10. La subjectivité de la résistance individuelle. Dans une volonté de lui conférer une portée pratique, on a parfois envisagé le droit de résistance dans une perspective individuelle. Certains auteurs, prenant appui sur l’article 2 de la Déclaration de 1789, ont défendu l’existence d’un droit de résistance individuelle63. Mais cette tentative d’organiser juridiquement un droit de résistance est rendue impraticable par un postulat majeur de la doctrine positiviste64. En effet, la
      11. 57 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 481.
      12. 58 J.-J. BURLAMAQUI, Principes du droit politique, réed. 1984, t. I, p. 171 (cité par P. WACHSMANN, « Un sujet de droit peut-il se révolter ? », op. cit., p. 101).
      13. 59 H. LANGUET et P. DUPLESSIS-MORNAY, Vindiciae contra tyrannos, trad. Estienne, 1581 (cité par
      14. G. BURDEAU, Traité de science politique, t. IV, op. cit., p. 485).
      15. 60 J.-B. BOSSUET, Cinquième Avertissement aux Protestants sur les Lettres du ministre Jurieu, Paris, 1699, p. 440 :
      16. « Qui donc dira au peuple qu’il n’a pas raison ? ». (cité par P. WACHSMANN, « Un sujet de droit peut-il se révolter ? », op. cit., p. 100).
      17. 61 F. GUIZOT, Philosophie politique : de la souveraineté, Paris, Hachette, coll. Pluriel, 1985, p. 354 :
      18. « L’infaillibilité, que nul ne possède en fait de gouvernement, n’appartient pas non plus au peuple en fait d’insurrection ». (cité par P. WACHSMANN, « Un sujet de droit peut-il se révolter ? », op. cit., p. 101).
      19. 62 Nous reprenons l’expression de P. ROSANVALLON, Le peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, Paris, Gallimard, coll. Folio histoire, 1998, 491 p.
      20. 63 G. BONNOT DE MABLY, Des droits et des devoirs du citoyen, Œuvres, an III, t. X, p. 341 ; G. CORNU (dir.), Vocabulaire juridique, op. cit., p. 906 : « Droit individuel reconnu, dans une certaine doctrine politique, aux gouvernés de s’opposer aux actes manifestement injustes des gouvernants ».
      21. 64 E. DESMONS, « Droit de résistance », dans D. ALLAND et S. RIALS, Dictionnaire de la culture juridique, Paris, PUF, coll. Quadrige, 2003, p. 460 : « Le positivisme, en ne reconnaissant d’interprète du droit qu’authentique – sous la figure du juge – a rendu soit illégitime, soit impraticable toute traduction
      22. théorie kelsénienne de l’interprétation opère une distinction entre « l’interprétation du droit par des organes d’application du droit » et « l’interprétation du droit donnée par des personnes privées »65. Seule la première, dite « interprétation authentique », est juridiquement pertinente66 et susceptible de produire du droit67.
      23. Or, un droit de résistance individuelle, dont l’exercice serait nécessairement porté « par un discours qui exprime la conviction de son auteur de détenir la vraie et la seule interprétation du droit »68, s’opposerait à cette interprétation authentique. Erigeant l’individu au rang de « seul juge de savoir si ses droits ont été violés »69, la reconnaissance d’un droit de résistance individuelle participerait d’une « véritable décentralisation de l’interprétation du droit »70 au profit d’une « multitude d’interprètes »71. En admettant la possibilité pour le citoyen de connaître avec certitude la loi, le droit de résistance individuelle revient à « transformer chacun des adressataires de la norme en son interprète autorisé et donc à remettre en cause (…) la médiation des interprètes traditionnels du droit, c’est-à-dire les juges »72.
      24. L’indétermination du sujet du droit de résistance – que celui-ci s’exerce de manière collective ou individuelle – ne plaide guère en faveur d’une reconnaissance juridique de la résistance à l’oppression. Un constat que confirment les incertitudes quant à l’objet du droit de résistance.
      25. L’objet incertain du droit de résistance
      26. L’incertitude quant à la source de l’oppression. La notion d’oppression ne se prête pas à une définition objective. Elle « ne se mesure pas, et ce qui peut

      27. juridique de la résistance : dans un système où seule l’autorité – et non la vérité – fait le droit, la reconnaissance juridique de la résistance est impensable ».
      28. 65 H. KELSEN, Théorie pure du droit, 2ème éd., trad. Charles EISENMANN, 1960, rééd. Paris, LGDJ, 1999, p. 336.
      29. 66 P. WACHSMANN, « La volonté de l’interprète », Droits, 1998, n°28, p. 31.
      30. 67 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 74 : « L’interprétation retenue n’aura de réelle force juridique que si au contenu de l’interprétation s’ajoute la qualité de son auteur : celle d’autorité, ou d’interprète authentique ».
      31. 68 Ibidem, p. 75.
      32. 69 A. ESMEIN, Eléments de droit constitutionnel français et comparé, op. cit., p. 1108.
      33. 70 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 203.
      34. 71 Ibidem, p. 2.
      35. 72 O. BEAUD, La puissance de l’État, Paris, PUF, coll. Léviathan, 1994, p. 93 ; S. GROSBON, « La justiciabilité problématique du droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 142 : « Accepter un droit de résistance par-delà l’interprétation du juge, c’est autoriser chacun à interpréter les conflits de normes et à écarter de manière purement subjective la loi jugée oppressive. C’est accepter que la force d’une loi dépende de l’interprétation qu’en fait chaque individu, c’est donc remettre en cause les fondements mêmes du droit et de l’État ».
      36. paraître oppressif à une minorité n’est pas ressenti comme tel par l’ensemble de l’opinion nationale »73. Les incertitudes qui entourent cette notion apparaissent tout d’abord en ce qui concerne la source de l’oppression. Pensée à l’origine dans un contexte d’absolutisme, c’est d’abord contre l’oppression du prince despotique ou du tyran que la résistance a été envisagée. À ce titre, l’absence de définition de l’oppression dans la Déclaration de 1789 laisse supposer que la résistance ne saurait s’exercer à l’encontre de la loi74, mais plutôt à l’encontre des ordres illégaux. Cette conception sera toutefois contredite par la Déclaration de 1793, qui fait de la loi une source éventuelle d’oppression75. Ce changement de perspective traduit l’acceptation de la faillibilité de la loi, et permet d’envisager l’oppression dans un régime démocratique76. Dans la mesure où la souveraineté est confiée au peuple, il devient lui-même source potentielle d’oppression. Celle-ci trouve alors son origine soit dans la propre inertie du peuple, comme le supposait La Boétie, pour qui le peuple n’est pas tant victime d’une oppression de la part de ses gouvernants que de sa propre passivité77, soit par le biais de ses représentants78, car ainsi que le rappelle Julien Freund, « la tendance à l’oppression est enracinée dans tout pouvoir et (…) le régime d’assemblée lui-même peut devenir tyrannique »79.
      37. La multiplicité des sources d’oppression participe donc de l’indétermination de l’objet du droit de résistance, rendant bien aléatoire son exercice juridique.
      38. 73 J. RIVERO et H. MOUTOUH, Libertés publiques, op. cit., t. I, p. 266.
      39. 74 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 62. Le droit de résistance à l’oppression,
      40. « ultime rempart de la légalité » (P. WACHSMANN, « Un sujet de droit peut-il se révolter ? », op. cit., p. 97), devait alors viser un « Exécutif toujours soupçonné et non un Législateur intrinsèquement libérateur ». (S. RIALS, La déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Paris, Hachette, coll. Pluriel, 1988, p. 400).
      41. 75 Article 32 de la Déclaration des droits naturels, civils et politique de l’homme (annexée au projet de Constitution girondine du 15 février 1793) : « Il y a oppression lorsqu’une Loi viole les droits naturels, civils et politiques qu’elle doit garantir. – Il y a oppression lorsque la Loi est violée par les Fonctionnaires publics, dans son application à des faits individuels. – Il y a oppression lorsque des actes arbitraires violent les droits des citoyens contre l’expression de la Loi. »
      42. 76 G. KOUBI, « Réflexions à propos du droit de résistance à l’oppression », LPA, 2 janvier 1989, n°1,
      43. p. 12 ; D. LOCHAK, « Désobéir à la loi », Pouvoir et Liberté. Etudes offertes à Jacques Mourgeon, Bruxelles, Bruylant, 1998, p. 202.
      44. 77 E. de LA BOETIE, Discours de la servitude volontaire, Paris, Flammarion, coll. GF, 1983, p. 132 : « Je ne voudrais sinon entendre comme il se peut faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire, sinon qu’ils ont pouvoir de l’endurer, qui ne saurait leur faire mal aucun, sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que lui contredire ».
      45. 78 E. DESMONS, « L’insurrection et le despotisme représentatif », Cités, 2004, n°17, pp. 73-86 ;
      46. L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, t. III, op. cit., p. 791 : « Il y a oppression même quand ces violations de la règle de droit supérieur émanent d’un parlement élu au suffrage direct et universel ou même du corps du peuple directement consulté ».
      47. 79 J. FREUND, L’essence du politique, op. cit., p. 185.
      48. L’identification de l’oppression est d’autant plus malaisée que celle-ci peut revêtir une intensité variable.
      49. L’incertitude quant au degré de l’oppression. Les incertitudes soulevées par la notion d’oppression tiennent également aux différents degrés que celle-ci est susceptible de revêtir. La justification d’un droit de résistance dépend alors du seuil à partir duquel un acte est considéré comme oppressif. Ici encore, l’appréciation laisse place à la subjectivité. Certaines conceptions se montrent relativement prudentes, en estimant que le caractère injuste d’un acte ne suffit pas à le rendre oppressif80. Selon une acception plus souple, « l’injustice du souverain délie le sujet de l’obéissance qu’il lui doit normalement » 81. Plus radical, Léon Duguit va jusqu’à admettre un cas d’oppression par abstention dès lors que « l’État législateur ne fait pas les lois qu’il est juridiquement obligé de faire »82.
      50. Certains auteurs estiment qu’il serait préférable de voir « dans la violation des droits de l’homme le critère de l’oppression »83. Cela rendrait moins changeante la conception de l’oppression. Ainsi, Geneviève Koubi considère-t-elle que
      51. « l’oppression se caractérise essentiellement par l’atteinte à un droit essentiel, fondamental, intangible »84. Bien que séduisante et juridiquement fondée85, cette définition se heurte à l’ambiguïté de la notion de « droit fondamental »86. Faut-il entendre par là un droit d’une importance particulière, quitte dans ce cas à ouvrir la porte aux considérations extrajuridiques ? La fondamentalité s’épuise-t-elle dans sa constitutionnalité87 ? Se confond-elle avec son intangibilité88 ? On le voit, faire de la
      52. 80 R. LETTERON, Libertés publiques, Dalloz, 9ème édition, coll. Précis, 2012, p. 182 : « La non-conformité d’une loi positive à certaines données morales ou éthiques ne suffit pas à constituer une oppression ».
      53. 81 J. RIVERO et H. MOUTOUH, Libertés publiques, op. cit., t. I, p. 266.
      54. 82 L. DUGUIT, Traité de droit constitutionnel, op. cit., t. III, p. 791.
      55. 83 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 459.
      56. 84 G. KOUBI, « Penser le droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 135.
      57. 85 L’article 33 de la Déclaration du 24 juin 1793 faisant de la résistance à l’oppression « la conséquence des autres droits de l’homme ».
      58. 86 Voir notamment V. CHAMPEIL-DESPLATS, « Les droits et libertés fondamentaux en France. Genèse d’une qualification », dans A. LYON-CAEN et P. LOKIEC, Droits fondamentaux et droit social, Paris, Dalloz, coll. Thèmes et commentaires, 2005, pp. 11-37 ; L. BURGORGUE-LARSEN, « Les concepts de liberté publique et de droit fondamental », dans J.-B. AUBY (dir.), L’influence du droit européen sur les catégories juridiques du droit public, Paris, Mission de recherche Droit et justice, 2009, pp. 389-407.
      59. 87 En ce sens, voir R. BADINTER et B. GENEVOIS, « Normes de valeur constitutionnelle et degré de protection des droits fondamentaux », Rapport présenté par la délégation française à la VIIIè conférence des Cours constitutionnelles européennes (Ankara, 7-10 mai 1990), RFDA, 1990, p. 317. Pour une critique de la conception formelle, voir E. PICARD, « L’émergence des droits fondamentaux en France », AJDA, 1998, pp. 6-42.
      60. 88 J. FAVRE et B. TARDIVEL, « Recherches sur la catégorie jurisprudentielle de libertés et droits fondamentaux de valeur constitutionnelle », RDP, 2002, p. 1425 ; W. SABETE, Pouvoir de révision
      61. violation des droits de l’homme la condition de l’oppression ne résout pas l’incertitude qui entoure sa signification. Cette difficulté de qualifier juridiquement l’oppression participe nécessairement de l’indétermination de l’objet du droit de résistance.
      62. La contestation de la juridicité du droit de résistance à l’oppression conduit parfois à l’idée que celui-ci a intégré l’ordre juridique. Il s’exprimerait désormais sous différentes formes qui en garantiraient l’effectivité. Il semble cependant que ces aménagements traduisent en réalité une profonde dénaturation du droit de résistance, dont la portée juridique paraît moins sauvegardée que neutralisée.
  3. – UNE PORTEE JURIDIQUE NEUTRALISEE

  4. L’impossibilité pour l’ordre juridique d’appréhender le droit de résistance se trouve confirmée par l’étude des deux procédés qui semblent aujourd’hui lui faire indirectement écho : le devoir de désobéissance du fonctionnaire et l’acte de désobéissance civile. En effet, alors que l’encadrement juridique dont bénéficie le premier traduit une dénaturation du droit de résistance (1), les controverses qui entourent l’expression juridique du second résultent de sa filiation avec le droit de résistance (2).
    1. La dénaturation du droit de résistance : la désobéissance du fonctionnaire
    2. Le constat de l’intenable juridicité du droit de résistance ne permet pas de conclure à l’impossibilité pour celui-ci de produire, même indirectement, des effets juridiques. On peut en effet supposer que sa « substance »89 a été partiellement intégrée au droit positif, à travers la reconnaissance d’un devoir de désobéissance ou plus récemment d’un droit d’alerte du fonctionnaire (a). Ces aménagements juridiques du droit de résistance font toutefois l’objet d’un encadrement strict qui en altère nécessairement la portée (b).
      1. L’intégration du droit de résistance au droit positif
      2. La consécration du devoir de désobéissance du fonctionnaire. La fin de la seconde guerre mondiale a révélé les risques de « la soumission aveugle des appareils administratifs aux règles de l’obéissance passive »90. Il est apparu nécessaire
      3. constitutionnelle et droits fondamentaux, Presses universitaires de Rennes, coll. L’univers des normes, 2005, p. 181.
      4. 89 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 508.
      5. 90 B. CHERIGNY, « Ordre illégal et devoir de désobéissance dans le contentieux de la fonction publique civile », RDP, 1975, p. 870.
      6. de repenser les doctrines relatives au devoir de désobéissance du fonctionnaire, et notamment l’opposition classique entre le principe de légalité et le principe hiérarchique. Le premier postule que l’action administrative ne peut s’exercer que dans le cadre de la loi, indiquant que tout ordre illégal doit être ignoré par le fonctionnaire. Le second suppose l’obéissance stricte du fonctionnaire en raison de son lien de subordination, et interdit à l’agent toute faculté d’interprétation de l’ordre reçu91. La radicalité de ces doctrines92 a cependant conduit le juge administratif à inscrire la reconnaissance d’un devoir de désobéissance du fonctionnaire dans un compromis.
      7. C’est ce dont témoigne l’arrêt Langneur93 du Conseil d’État, dans lequel un employé de mairie avait, sous ordres du maire, fait profiter d’allocations chômage des personnes qui n’en avaient pas droit. Concluant à la faute du fonctionnaire, le juge a estimé que « les actes dont s’agit présentaient de toute évidence un caractère illégal et que le requérant n’a pu ignorer qu’ils compromettaient gravement le fonctionnement du service public »94. Cette « brèche importante dans l’autorité jusqu’alors absolue du principe hiérarchique »95 révèle un changement de perspective quant au rôle du fonctionnaire, qui devient un intermédiaire actif entre l’ordre et l’exécution, capable d’apprécier la légitimité de l’injonction de son supérieur. Il se voit attribuer une « morale » qui lui permet d’agir en conscience, de
      8. « désobéir à bon escient »96 afin de ne pas devenir « fonctionnaire oppresseur »97. Dès lors, « l’essence du lien hiérarchique n’est pas la soumission de la raison sur un mode coercitif, mais l’emploi de la raison comme instance critique »98.
      9. Pour innovant qu’il soit, ce devoir de désobéissance n’a pas accédé à la postérité, et l’on n’en trouve guère plus d’illustration dans la jurisprudence
      10. 91 Pour un aperçu exhaustif de ces thèses : E. DESMONS Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., pp. 898 et s. ; B. CHERIGNY, « Ordre illégal et devoir de désobéissance », op. cit., pp. 871 et s.
      11. 92 R. LINDON y voit ainsi l’opposition de deux théories, « celle de l’obéissance aveugle [et] celle des baïonnettes intelligentes ». (« L’obéissance hiérarchique comporte-t-elle des limites et lesquelles ? », Revue administrative, 1954, p. 160).
      12. 93 CE, 10 novembre 1944, Sieur Langneur, Rec. p. 248.
      13. 94 Article 28 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, JORF du 14 juillet 1983, p. 2174 : « Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ».
      14. 95 B. CHERIGNY, « Ordre illégal et devoir de désobéissance », op. cit., p. 869.
      15. 96 J. MEKHANTAR, « Le devoir de résistance du fonctionnaire depuis 1946 », AJDA, 2004, n°31, p. 1681.
      16. 97 Ibidem.
      17. 98 E. DESMONS, « Le droit de résistance du fonctionnaire », Droits, 1992, n°15, p. 104.
      18. administrative. Peut-être faut-il alors en chercher les traces dans le droit d’alerte récemment reconnu aux fonctionnaires.
      19. La modernisation du devoir de désobéissance du fonctionnaire. Le droit d’alerte a fait ces dernières années une irruption remarquée sur la scène française. Le statut de lanceur d’alerte désigne « toute personne qui fait des signalements ou révèle des informations concernant des menaces ou un préjudice pour l’intérêt général dans le contexte de sa relation de travail, qu’elle soit dans le secteur public ou dans le secteur privé »99. Ce statut a été adapté aux fonctionnaires qui bénéficient depuis la loi du 6 décembre 2013100 d’une protection contre toute mesure de rétorsion ou de discrimination qui pourrait leur être infligée en raison de leur signalement. Si le lien avec le droit de résistance peut toutefois sembler ténu, cela n’a pas empêché certains auteurs de suggérer qu’un éventuel « principe général de protection du fonctionnaire lanceur d’alerte » trouverait dans le droit de résistance à l’oppression un fondement approprié101.
      20. En ce qu’elle « fait appel, dans certains cas, à une capacité de désobéissance raisonnée »102, l’alerte éthique semble faire écho au devoir de désobéissance du fonctionnaire. Ainsi, lorsqu’il décide d’exercer son droit d’alerte, le fonctionnaire se trouve en effet confronté à un choix entre la soumission de principe à l’ordre reçu et ce que lui dicte sa conscience. Il ne suivra cette dernière qu’à l’issue d’une « pesée attentive de l’exactitude et de la gravité de l’information qu’il détient, d’une part, et de la nécessité de sa divulgation, d’autre part »103. C’est parce qu’elle « témoigne chez l’agent d’une démarche raisonnée et approfondie »104 que l’alerte est dite éthique. On retrouve ici le postulat du devoir de désobéissance selon lequel le fonctionnaire doit adopter un « raisonnement téléologique et prudentiel »105 en se
      21. 99 Recommandation CM/Rec(2014)7 du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe sur la protection des lanceurs d’alerte, adoptée le 30 avril 2014. Si le champ couvert par la notion de lanceur d’alerte est entendu largement (on parle d’ailleurs d’ « alerte professionnelle »), seul le cas du fonctionnaire lanceur d’alerte sera ici envisagé.
      22. 100 Loi n°2013-1117 du 6 décembre 2013 relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière, JORF du 7 décembre 2013, p. 19941.
      23. 101 En ce sens, J.-P. FOEGLE, « Une première application paradoxale mais ambitieuse du régime de protection des fonctionnaires lanceurs d’alerte », La Revue des droits de l’homme [En ligne], Actualités Droits- Libertés, 20 août 2014.
      24. 102 J.-M. SAUVE, « Lanceurs d’alerte : la sécurisation des canaux et des procédures », Intervention au colloque organisé par la Fondation Sciences Citoyennes et Transparency International France, 4 février 2015, disponible en ligne sur : http://www.conseil-etat.fr/Actualites/Discours-Interventions/Lanceurs-d-alerte-la-securisation-des- canaux-et-des-procedures
      25. 103 Ibidem.
      26. 104 J.-M. SAUVE, « La prévention des conflits d’intérêts et l’alerte éthique », AJDA, 2014, n°39, p. 2250.
      27. 105 E. DESMONS, « Le droit de résistance du fonctionnaire », op. cit., p. 104.
      28. servant de son « entendement [et de] sa propre raison »106. Dès lors, il ne paraît pas déraisonnable de voir dans le droit d’alerte un « corollaire »107 du droit de résistance à l’oppression.
      29. Il faut cependant se garder de présenter le devoir de désobéissance et le droit d’alerte comme une régénération du droit de résistance à l’oppression. Ils n’en sont guère que des avatars et les encadrements dont ils font l’objet neutralisent plus qu’ils ne garantissent une quelconque portée juridique du droit de résistance.
      30. L’altération du droit de résistance par le droit positif
      31. L’instrumentalisation du devoir de désobéissance du fonction- naire. Le devoir de résistance du fonctionnaire a été conditionné dès sa consécration par la réunion de deux critères108 : l’illégalité manifeste de l’ordre et l’atteinte grave au fonctionnement du service public. Dans un premier temps, le critère de l’illégalité manifeste a fondé la justification de la résistance du fonctionnaire, et le Conseil d’État considérait depuis l’arrêt Langneur que toute illégalité manifeste portait une atteinte grave à un intérêt public109. Une solution de courte durée cependant, puisque l’arrêt Charlet110 fut l’occasion pour le Conseil d’État d’ériger l’intérêt public en critère déterminant de la résistance justifiée, en considérant qu’« à supposer même que l’ordre eût été manifestement illégal, un tel ordre n’est pas de nature à compromettre gravement un intérêt public ». La résistance du fonctionnaire n’est donc pas justifiée si elle n’est exercée qu’en raison de l’illégalité de l’ordre : elle doit avant tout être mise en œuvre en vue de préserver l’intérêt public.
      32. Le devoir de désobéissance se trouve ici instrumentalisé, puisque c’est davantage afin de préserver le « discours de l’intérêt général »111 que de consacrer sa
      33. « morale d’administrateur »112 que le fonctionnaire est autorisé à désobéir. Il s’agit ici de permettre à l’administration d’assurer la continuité de son action113, en réduisant les possibilités pour le fonctionnaire de désobéir légitimement114. L’agent n’est donc plus seulement amené à s’assurer de la légalité des ordres qu’il reçoit, mais
      34. 106 Ibidem.
      35. 107 S. SLAMA, « Le lanceur d’alerte, une nouvelle figure du droit public ? », AJDA, 2014, n°39, p. 2231.
      36. 108 CE, 27 mai 1949, Arass, Rec. p. 249 ; CE, 11 février 1949, Hubert, Rec. p. 73.
      37. 109 CE, 3 mai 1961, Sieur Pouzelgues, Rec. p. 280.
      38. 110 CE, 4 janvier 1964, Charlet, Rec. p. 1.
      39. 111 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 203.
      40. 112 J. MEKHANTAR, « Le devoir de résistance du fonctionnaire depuis 1946 », op. cit., p. 1681.
      41. 113 E. DESMONS, Droits et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 166.
      42. 114 Ibidem, p. 100 : « Discuter systématiquement avant d’obéir peut ruiner les fondements de l’État, qui doit être en mesure d’imposer sa volonté unilatérale ».
      43. également à apprécier leurs conséquences sur l’intérêt public. La désobéissance du fonctionnaire apparaît singulièrement bridée. En effet, l’agent semble enserré entre la difficulté d’identifier cet « intérêt public » (et donc de désobéir à bon escient115), et le risque encouru de sanction pénale116. Ainsi adapté au besoin de continuité de l’administration, le devoir de désobéissance du fonctionnaire ne représente finalement qu’un « simple succédané »117 du droit de résistance118.
      44. Cet encadrement du devoir de désobéissance du fonctionnaire atteste d’une dénaturation du droit de résistance, et de son adaptation à un ordre juridique pacifié. On retrouve cet effort de « domestication »119 du droit de résistance dans le droit d’alerte du fonctionnaire.
      45. L’instrumentalisation du droit d’alerte du fonctionnaire. Le droit d’alerte du fonctionnaire fait l’objet d’un encadrement similaire à celui du devoir de désobéissance, en ce qu’il a lui aussi vocation principale à assurer le bon fonctionnement du service. Il doit donc moins être envisagé comme une protection du for intérieur de l’agent que comme un moyen de préserver « la continuité de l’État et l’autorité du droit »120. L’alerte éthique doit en effet viser la protection d’un intérêt public. On retrouve ici l’idée maîtresse selon laquelle un refus d’obéissance hiérarchique n’est justifié que si l’ordre est manifestement illégal et de nature à porter gravement atteinte à un service public ou à un intérêt public. Bien que le champ recouvert par la notion d’« intérêt public » ait été progressivement élargi121, cette caractéristique, comme pour le devoir de désobéissance, réduit nécessairement la portée du droit d’alerte.
      46. L’exercice de ce dernier implique également pour le fonctionnaire de déterminer le canal de diffusion le plus opportun. La divulgation au public « ne doit donc être envisagée qu’en dernier ressort »122. L’alerte endogène doit être privilégiée,
      47. 115 E. DESMONS, « Le droit de résistance du fonctionnaire, », op. cit., p. 108 : « L’indétermination de l’intérêt public est un obstacle principiel à l’exercice du devoir de désobéissance ». Pour l’auteur, l’appréciation de l’intérêt public se situe en effet « hors du savoir du profane ».
      48. 116 B. CHERIGNY, « Ordre illégal et devoir de désobéissance », op. cit., 1975, p. 933 : « Car, entre le Charybde de la désobéissance injustifiée et le Scylla de l’obéissance fautive, la marge d’action est réduite où le subordonné pourra finalement désobéir sans risquer d’être sanctionné ».
      49. 117 O. CAMY, « Droit naturel ou droit positif ? », dans D. GROS et O. CAMY (dir.), Le droit de résistance à l’oppression, op. cit., p. 264.
      50. 118 On ne s’étonnera donc pas que « la jurisprudence administrative sur le devoir de désobéissance aux ordres illégaux semble être la seule traduction juridique actuelle du droit de résistance admise comme telle par la doctrine ». (E. DESMONS, Droits et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 8).
      51. 119 E. DESMONS, « L’insurrection et le despotisme représentatif », op. cit., p. 86.
      52. 120 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 10.
      53. 121 Voir J.-M. SAUVE, « Lanceurs d’alerte : la sécurisation des canaux et des procédures », op. cit.
      54. 122 CEDH (GC), 12 février 2008, Guja c. Moldova, req. n° 14277/04, § 73.
      55. notamment auprès des supérieurs hiérarchiques. La mise en œuvre du droit d’alerte a ainsi davantage pour objet de permettre la correction des failles du service que de déstabiliser son fonctionnement. L’esprit de l’alerte éthique n’est pas de protéger la sphère privée du fonctionnaire en lui permettant de désobéir, mais de servir la continuité de l’action de l’administration. Le droit d’alerte, comme le devoir de désobéissance du fonctionnaire, semble moins relever de l’adaptation que de la neutralisation juridique du droit de résistance à l’oppression. Loin d’en permettre une effectivité indirecte, ces aménagements conduisent plutôt à sa dénaturation.
      56. Cette neutralisation de la portée juridique du droit de résistance confirme l’idée que celui-ci ne saurait s’intégrer au droit sans perdre sa substance. On comprend mieux dès lors que son adaptation la plus fidèle réside dans une pratique dont le droit peine à se saisir : la désobéissance civile.
    3. La dissolution du droit de résistance : la désobéissance du citoyen
    4. Si le corollaire insurrectionnel du droit de résistance suscite la méfiance, la désobéissance civile, au contraire, rencontre un certain succès, tant dans la doctrine que dans les faits123. Ces deux formes de contestation présentent certaines similitudes qui amènent à considérer la désobéissance civile comme une forme contemporaine du droit de résistance (a). Il découle de cette ascendance une réelle difficulté pour le droit de se saisir de la désobéissance civile (b).
      1. Une forme contemporaine de résistance
      2. Une forme renouvelée de résistance. Le droit de résistance et la désobéissance civile doivent être pensés dans des contextes différents. Alors que la première renvoie à une période d’absolutisme et envisage la possibilité de destituer le souverain dévoyé, la seconde prend corps dans un cadre démocratique et représente un moyen de dénonciation d’une loi injuste. Plus précisément, la désobéissance civile peut être définie comme « un acte public non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener à un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement »124. Si ces deux formes de contestation diffèrent de par leur radicalité, elles n’en présentent pas
      3. 123 Comme le note E. DESMONS, « la valeur sociale de la désobéissance civile fait (…) l’objet d’une quasi- unanimité ». (« Résistance à l’oppression », dans J. ANDRIANTSIMBAZOVINA, H. GAUDIN, J.-P. MARGUENAUD, S. RIALS et F. SUDRE (dir.), Dictionnaire des droits de l’homme, Paris, PUF, coll. Quadrige, 2008, p. 856.
      4. 124 J. RAWLS, Théorie de la justice, op. cit., p. 405.
      5. moins certains traits communs, si bien que la désobéissance civile peut apparaître comme un « avatar »125 ou un « genre spécifique »126 de résistance127.
      6. Cela se trouve confirmé par l’aspect politique dont se réclame la désobéissance civile. En ce qu’elle s’exerce publiquement et semble « guidée et justifiée par des principes politiques »128, celle-ci exerce une fonction de « vigilance démocrati- que »129. Elle rejoint ainsi le droit de résistance à l’oppression dans sa vocation à ériger le citoyen en « acteur attentif au monde qui l’entoure, scrutant les situations d’injustices avérées »130. Toutes deux donnent lieu à un « jeu subtil du gouvernement avec les réactions de l’opinion » au travers duquel s’expriment « les corrections dont peut s’accommoder l’idée de droit »131. Cette fonction n’a par ailleurs rien de suranné. On sait que la démocratie n’est pas immunisée contre toute forme d’oppression. Que celle-ci prenne davantage la forme d’injustices que de despotisme ne rend pas moins nécessaire le maintien les consciences en éveil132 afin de
      7. « rappeler le droit à ses propres promesses »133.
      8. 125 S. TURENNE, Le juge face à la désobéissance civile en droits américain et français comparés, Paris, LGDJ, coll. Bibliothèque de droit privé, 2007, p. 32.
      9. 126 A. BOYEAU-JENECOURT, La désobéissance politique, op. cit., p. 387.
      10. 127 L’émergence de la notion même de désobéissance civile révèle son imbrication avec l’idée de résistance. On a en effet coutume d’attribuer cette notion à l’américain Henry-David THOREAU, dont l’ouvrage On the Duty of Civil Disobedience (2ème éd., 1866) est généralement considéré comme la première référence en la matière. Il est pourtant édifiant de constater qu’il s’agit là de la reformulation d’une première édition publiée en 1949 sous le titre Resistance to civil gouvernment. Ironie dont seule l’Histoire a le secret, lorsque THOREAU meurt, en 1862, il n’a jamais été question de « désobéissance civile », et cette expression prend en réalité source dans ce qui fut d’abord un appel à la résistance au gouvernement. Sur ce point, voir C. MELLON, « Emergence de la question de la désobéissance civile », dans D. HIEZ et B. VILLALBA (dir.), La désobéissance civile, approches politique et juridique, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. Espaces politiques, 2008, p. 38.
      11. Cette imbrication entre droit de résistance et désobéissance civile apparaît également dans une relecture des doctrines du droit de résistance. Les imprécisions de ces dernières, déjà relevées, révèlent parfois des confusions entre les deux notions, témoignant de leur affiliation. Sur ce point, voir A. BOYEAU– JENECOURT, La désobéissance politique, op. cit., pp. 63 à 93.
      12. 128 J. RAWLS, Théorie de la justice, Paris, Seuil, coll. Points, 2009, p. 406.
      13. 129 P-A. PERROUTY, « Légitimité du droit de désobéissance », dans P-A. PERROUTY (dir.), Obéir et désobéir : le citoyen face à la loi, op. cit., p. 60.
      14. 130 M. PEDRETTI, La figure du désobéissant en politique. Etude de pratiques de désobéissance civile en démocratie, Paris, L’Harmattan, coll. Logiques politiques, 2001, p. 141.
      15. 131 G. BURDEAU, Traité de science politique, op. cit., t. IV, p. 532.
      16. 132 D. LOCHAK, « Désobéir à la loi », op. cit., p. 208 : « Ceux qui désobéissent réveillent la conscience endormie de leurs concitoyens, dérangent le consensus tranquille, mettent en garde l’opinion contre les fausses évidences ».
      17. 133 O. de SCHUTTER, « Désobéissance civile et cause significative en justice », dans P-A PERROUTY (dir.),
      18. Obéir et désobéir : le citoyen face à la loi, op. cit., p. 113
      19. Ces similitudes entre désobéissance civile et droit de résistance ne doivent cependant pas masquer leurs différences, sans lesquelles on ne saurait considérer la première comme une forme adaptée, c’est-à-dire modérée, de la seconde.
      20. Une forme modérée de résistance. La désobéissance civile ne répond pas à la même logique et ne vise pas les mêmes fins que le droit de résistance. Selon John Rawls, la théorie de la désobéissance est « conçue seulement pour le cas particulier d’une société presque juste, bien ordonnée dans sa plus grande partie, mais où néanmoins se produisent un certain nombre de violations graves de la justice »134. La désobéissance civile prend ainsi la forme de la violation d’une loi votée par la majorité législative selon une procédure démocratique135. Contrairement au droit de résistance, elle concerne des cas d’injustices ponctuelles, et non des situations d’oppression structurelle. Elle est donc le fait de « citoyens qui reconnaissent et admettent la légitimité de la constitution »136. La désobéissance civile vise davantage la correction de la loi que le bouleversement du droit137. Il en découle son caractère non-violent138, qui la distingue du droit de résistance.
      21. En outre, la désobéissance civile non seulement respecte, mais surtout dépend de l’ordre juridique afin de pouvoir déployer ses effets. En ce qu’elle représente un appel « au sens de la justice de la majorité »139, son exercice a vocation à être diffusé et porté à la connaissance d’autrui. La stratégie de la désobéissance civile se situe dans « une triangularisation du conflit »140 entre les désobéissants, les décideurs et l’opinion publique. Cette stratégie implique également que la revendication des désobéissants soit portée devant le juge141. Le procès, en tant qu’appel à l’opinion
      22. 134 J. RAWLS, Théorie de la justice, op. cit., p. 403.
      23. 135 S. CHASSAGNARD-PINET, « La désobéissance civile face à la normativité du droit », dans D. HIEZ et B. VILLALBA (dir.), La désobéissance civile, approches politique et juridique, op. cit., p. 52.
      24. 136 J. RAWLS, Théorie de la justice, op. cit., p. 404 ; D. LOCHAK, « Désobéir à la loi », op. cit., p. 195 : « [Les] désobéissants (…) acceptent la légitimité d’ensemble du gouvernement et de l’organisation sociale ». Selon
      25. G. KOUBI, « désobéir à la loi est encore accorder foi dans la loi ». (« Penser le droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 141). De même, H. ARENDT estime que la désobéissance civile s’inscrit dans
      26. « l’acceptation des cadres de l’autorité établie et de la validité d’ensemble du système juridique existant ». (Du mensonge à la violence, Calmann-Lévy, 1972, p. 78).
      27. 137 G. KOUBI, « Penser le droit de résistance à l’oppression », op. cit., p. 142 : « La résistance à l’oppression invite à une transformation du système, à une mutation des méthodes de production du droit tandis que la désobéissance demande des nuances, des corrections, des modifications de la loi contre laquelle elle se réalise ».
      28. 138 Ibidem, p. 405 ; voir également J.-M. MULLER, L’impératif de désobéissance. Fondements philosophiques et stratégiques de la désobéissance civile, Le passager clandestin, 2011, p. 201.
      29. 139 J. RAWLS, Théorie de la justice, op. cit., p. 405.
      30. 140 J.-M. MULLER, « Stratégie de la désobéissance civile », Alternatives non-violentes, n°142, 2007, p. 22.
      31. 141 L’acceptation par les désobéissants des conséquences judiciaires de leurs actes est en effet une caractéristique essentielle de la désobéissance civile. Selon J.-M. MULLER, « non seulement il faut
      32. publique, est ainsi un moment essentiel de la désobéissance civile, et permet d’en étendre la visibilité et d’en appuyer la légitimité. Le tribunal est ici renvoyé à sa vocation de tribune, si bien que « le simple litige dont l’issue n’intéresse d’abord que l’individu qui a désobéi, se transforme en affaire intéressant la généralité »142.
      33. La désobéissance civile peut ainsi être envisagée comme une forme contemporaine du droit de résistance. Mais son adaptation au cadre démocratique suppose-t-elle pour autant son acceptation par l’ordre juridique ? Héritée du droit de résistance, la désobéissance civile ne se vouerait-elle pas, elle aussi, aux « gémonies du non droit »143 ?
      34. Une forme controversée de résistance

L’hostilité du droit envers la désobéissance civile. Si l’accès au prétoire est profitable au désobéissant, il n’est pas certain que son traitement par le juge lui soit tout aussi favorable. L’obéissance à la loi est de principe. Dès lors qu’elle découle du peuple, la loi ne saurait être injuste « puisque nul n’est injuste envers soi- même »144. De même, en disposant que « tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant », l’article 7 de la Déclaration de 1789 ne laisse guère de place à une quelconque tolérance de la désobéissance civile. Suivant cet héritage145, le juge judiciaire n’a cessé de réaffirmer son attachement à l’obéissance préalable. À ce titre, l’arrêt Boissin146 demeure un cas d’école. En estimant que « le dépositaire de la force publique est toujours présumé, lorsqu’il agit au nom de la loi, ne faire que ce qu’elle lui prescrit ou permet [et] que ce n’est pas aux individus (…) à se rendre juges de cet exercice », la Cour de cassation « établit une présomption de légalité des actes des autorités publiques »147 que les particuliers ne sauraient remettre en cause148.

 

compter avec la répression, mais il faut compter sur la répression ». (L’impératif de désobéissance, op. cit., p. 208).

142 O. DE SCHUTTER, « Désobéissance civile et cause significative en justice », dans P-A. PERROUTY (dir.), Obéir et désobéir : le citoyen face à la loi, op. cit., p. 95.

143 X. BIOY, Droits fondamentaux et libertés publiques, Paris, Montchrestien-Lextenso, coll. Cours, 2013, p. 204.

144 J.-J. ROUSSEAU, Du contrat social, Paris, Flammarion, coll. GF, 2001, livre II, chapitre VII, p. 77. Comme le souligne D. LOCHAK, « si la légitimité des normes découle de l’assentiment des citoyens, comment contester la légitimité d’une loi qui a été adoptée dans les formes démocratiques et résulte d’un vote majoritaire sans se mettre en contradiction avec les principes démocratiques eux-mêmes ? ». (« Désobéir à la loi », op. cit., p. 201).

145 S. TURENNE, Le juge face à la désobéissance civile, op. cit., p 198 : « Le discours judiciaire de la Cour de cassation exprime la conception républicaine du gouvernement développée par Jean-Jacques Rousseau ». 146 Cass. crim., 13 mars 1817, Sirey, 1817, I, p. 188.

147 E. DESMONS, Droit et devoir de résistance en droit interne, op. cit., p. 92.

148 Une présomption de légalité que l’on retrouve à propos des actes administratifs unilatéraux, en vertu du privilège du préalable (CE, 2 juillet 1982, Huglo, Rec. p. 257).

 

En conséquence, la désobéissance civile est généralement assimilée à la rébellion149, et tombe systématiquement sous le coup d’une sanction pénale. Il n’existe toutefois pas d’incrimination autonome de la désobéissance civile. Cantonnée « à la lisière des catégories juridiques traditionnelles »150, celle-ci ne se laisse pas aisément saisir par le droit. Aussi la répression des désobéissants s’exprime- t-elle à travers la qualification juridique d’autres infractions en fonction de la nature de l’acte de désobéissance. Par exemple, les faucheurs d’OGM encourent des sanctions pour destructions volontaires de biens appartenant à autrui151, les squatteurs s’exposent à des condamnations pour occupation du domicile d’autrui152, les militants anti-nucléaires de Greenpeace se rendent coupables d’introduction dans des établissements publics153… Dès lors, on voit mal comment la désobéissance civile pourrait contribuer à une effectivité, même indirecte, du droit de résistance à l’oppression. Reconnaître qu’elle en est « l’expression la plus pertinente »154reviendrait finalement à admettre la neutralisation de toute portée juridique du droit de résistance.

Tout comme la résistance à l’oppression, la désobéissance civile paraît moins saisie que sanctionnée par le droit. Reste l’épineuse question de savoir si son adaptation au cadre démocratique ainsi que sa confiance en la loi et dans les institutions rendent possible certains fléchissements du droit à son égard.

La flexibilité du droit envers la désobéissance civile. En ce qu’elle représente « un moyen de dénonciation d’une loi injuste et une voie d’émergence d’une loi juste »155, il arrive que la désobéissance rencontre une certaine tolérance156.

149 Article 433-6 du Code pénal : « Constitue une rébellion le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public agissant, dans l’exercice de ses fonctions, pour l’exécution des lois, des ordres de l’autorité publique, des décisions ou mandats de justice ».

150 A. BOYEAU-JENECOURT, La désobéissance politique, op. cit., p. 219.

151 Article 322-1 du Code pénal : « La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende, sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger ».

152 Article 226-4 du Code pénal : « L’introduction ou le maintien dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hormis les cas où la loi le permet, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende ».

153 Article 413-5 du Code pénal : « Le fait, sans autorisation des autorités compétentes, de s’introduire frauduleusement sur un terrain, dans une construction ou dans un engin ou appareil quelconque affecté à l’autorité militaire ou placé sous son contrôle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende ».

154 E. DESMONS, « Résistance à l’oppression », op. cit., p. 856.

155 S. CHASSAGNARD-PINET, « La désobéissance civile face à la normativité du droit », op. cit., p. 53.

156 Comme le souligne F. OST, le juge peut pour cela s’appuyer sur l’état de nécessité, la légitime défense, l’erreur de droit, les circonstances atténuantes, ou l’interprétation restrictive de la règle. (« La

La théorie de l’état de nécessité, qui permet au désobéissant d’échapper à une condamnation et de faire valoir la légitimité de son action, constitue l’argument le plus souvent invoqué157. C’est par exemple sur ce fondement qu’a été prononcée en première instance la relaxe de plusieurs « faucheurs volontaires »158. Cependant, force est de constater qu’il s’agit là de cas exceptionnels interdisant toute généralisation. Plus timide que son homologue américain159, le juge français ne semble guère enclin à faire correspondre la légitimité d’un acte de désobéissance avec sa légalité. Il faut donc rechercher ailleurs les fondements d’une éventuelle appréhension juridique de la désobéissance civile.

La reconnaissance d’un statut protecteur du lanceur d’alerte constitue une piste de réflexion. Si le lanceur d’alerte, contrairement au désobéissant, agit dans le cadre de la loi, ces deux figures n’en partagent pas moins certains points communs160. Tous deux obéissent en effet à une logique d’insubordination dont ils assument les sanctions, et ce au nom de leur conscience individuelle et en prétendant agir en vue d’un idéal de société démocratique. Ce faisant, les lanceurs d’alerte mettent en scène

« une tension presque irréductible entre conscience personnelle de l’injustice et nécessité d’obéir aux lois et pouvoirs de la cité »161. Le soutien doctrinal162, législatif163 et jurisprudentiel164 dont bénéficie le droit d’alerte peut conduire à

désobéissance civile : jalons pour un débat », dans P-A. PERROUTY (dir.), Obéir et désobéir : le citoyen face à la loi, op. cit., p. 21).

157 En ce sens, D. LOCHAK, « Désobéir à la loi », op. cit., p. 197.

158 Trib. cor. Chartres, 5 juin 2008 (cité par J.-M. MULLER, L’impératif de désobéissance, op. cit., p. 258).

159 Sur ce point, voir S. TURENNE, Le juge face à la désobéissance civile, op. cit., pp. 171 et s.

160 En ce sens, voir D. LOCHAK, « L’alerte éthique, entre dénonciation et désobéissance », AJDA, 2014, n°39, pp. 2237-2238. Selon S. SLAMA, « l’alerte éthique a en commun avec la désobéissance civile d’être un acte conscient et intentionnel de transgression d’une norme ou d’une autorité au nom de la conscience accrue d’un danger et du souci de se conformer à un principe supérieur ». (« Le lanceur d’alerte, une nouvelle figure du droit public », op. cit., p. 2231).

161 J.-F. FOEGLE et S. SLAMA, « Refus de transmission d’une QPC sur la protection des fonctionnaires lanceurs d’alerte », La Revue des droits de l’homme [En ligne], Actualités Droits-Libertés, 14 mars 2014.

162 En ce sens, voir S. SLAMA (dir.), « Les lanceurs d’alerte en droit public », AJDA, 2014, n°39, pp. 2228- 2261 ; E. ALT, « Lanceurs d’alerte : un droit en tension », La semaine juridique, édition générale, 20 octobre 2014, n°43, doctr. 1092, pp. 1925-1932 ; A. BILLARD, M. DURANTON, J.-P. FOEGLE et T. MARTIN– TEODORCZYK, « Le milieu du gué de la protection législative des lanceurs d’alerte », La Revue des droits de l’homme [En ligne], Actualités Droits-Libertés, 20 mai 2014.

163 Par exemple : Loi n°2013-316 du 16 avril 2013 relative à l’indépendance de l’expertise en matière de santé et d’environnement et à la protection des lanceurs d’alerte, JORF du 17 avril 2013, p. 6465 ; Loi n°2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, JORF du 12 octobre 2013, p. 16829 ; Loi n°2013- 1117 du 6 décembre 2013 relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière, JORF du 7 décembre 2013, p. 19941.

164 CEDH (GC), 12 février 2008, Guja c. Moldova, op. cit., § 73 ; CEDH, 21 novembre 2011, Heinisch c. Allemagne, req. n° 28274/08, § 63 ; CEDH, 8 janvier 2013, Bucur et Toma c. Roumanie, req. n° 40238/02.

l’envisager comme un aménagement juridique du droit de résistance. Pour autant, ces deux procédés ne sont guère comparables. Une fois de plus, la dissolution du droit de résistance dans un mécanisme juridique semble davantage en neutraliser la portée qu’elle n’en permet une réelle effectivité.

*

Le droit de résistance apparaît juridiquement insaisissable. Ni sa positivité ni son aménagement dans des procédés divers ne semblent susceptibles de lui conférer une quelconque expression juridique. Dès lors, on comprend mieux que le Conseil constitutionnel, saisi récemment et pour la première fois d’un grief en ce sens, n’ait pas profité de l’occasion qui se présentait à lui pour se prononcer sur la justiciabilité du droit de résistance à l’oppression165. Toutefois, cet hermétisme juridique n’est pas nécessairement fâcheux pour peu que l’on considère, avec le Doyen Gény, que « la résistance à l’oppression demeure – sans qu’il soit nécessaire ni même opportun de la consacrer par un texte, du moment qu’elle pénètre la conscience des sujets – le palladium de la justice et du droit »166.

Sur ce point, V. JUNOD, « Liberté d’expression du whisletblower », RTDH, 2009, n°77, pp. 227-260 ;

« Lancer l’alerte : quoi de neuf depuis Guja ? » ; RTDH, 2014, n°98, pp. 459-482.

165 DC, 22 mars 2012, Loi relative à la protection de l’identité, n° 2012-652, JORF du 28 mars 2012, p. 5607. Voir H. LESAFFRE, « Protection des données personnelles : censure de l’hyper fichier biométrique » dans Lettre « Actualités Droits-Libertés » du CREDOF [En ligne], 20 avril 2012.

166 F. GENY, Science et technique en droit privé positif : nouvelle contribution à la critique de la méthode juridique, t. IV, Sirey, 1924, p. 133. Dans le même sens, J. FREUND estime que « c’est justement parce que l’insurrection et la résistance ne sont point juridifiables qu’elles nous apparaissent dans certaines circonstances comme un mouvement de libération, un affranchissement, parce qu’elles sont alors la seule issue possible et efficace, à une situation devenue intolérable ». (L’essence du politique, op. cit., p. 190).

RESUME :

Le droit de résistance à l’oppression ne cesse de poser la question de sa valeur juridique. Sa proclamation porte en France les stigmates des événements révolutionnaires de 1789, et la consécration de sa « pleine valeur constitutionnelle » par le Conseil constitutionnel ne permet guère de surmonter son absence patente de juridicité. Il semble en effet impossible de se saisir juridiquement du droit de résistance. Même si l’on acceptait de dépasser les contradictions que soulève sa reconnaissance juridique, on se heurterait à l’impossibilité d’en organiser juridiquement l’exercice.

Devant l’embarras que représente sa positivité, il est parfois considéré que la résistance à l’oppression a été intégrée au droit sous d’autres formes susceptibles de lui faire produire des effets de manière indirecte. On retiendra principalement le devoir de désobéissance du fonctionnaire et la désobéissance civile. Toutefois, loin de lui conférer une quelconque effectivité, ces aménagements traduisent plutôt une dénaturation du droit de résistance. Il s’agit finalement d’adapter celui-ci à un ordre juridique pacifié et in fine d’en neutraliser la portée juridique.

SUMMARY:

The right to resist oppression constantly raises questions as regards its legal force. In France, its recognition bears the stigma of the 1789 Revolution; and its consecration – by the French Conseil Constitutionnel – as “constitutional principe” is not enough to overcome its apparent lack of justiciability. Its legal consistence seems elusive, and overlooking the contradictions resulting from the circumstances of its recognition would not change this predicament: it is juridically impossible to exercise this right.

Considering the issues of its legal consistence, one sometimes admits that the right to resist oppression can be integrated into the law under other forms so that juridical effects be produced – even if in an indirect way. The most proving examples are civil disobedience and the duty for a civil servant to disobey. However, far from providing the right to resist oppresion with judicial effectiveness, these “legal adjustments” actually lead to its denaturation. In fact, they consist of adapting the right of resistance to a pacified legal order and in fine to counteract its legal effect.

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

Ouvrages spéciaux et thèses

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Ma bibliothèque Psy.

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AlexandreJollienEloge de la faiblesse de Frédéric Jolien, philosophe. 96 pages. Livre d’une grande ouverture d’esprit.

 

 

 

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* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La vulnérabilité de Roland Jouvent (année de parution : 2001, 168 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ Mécanismes de défense et coping de Henri Chabrol et Stacey Callahan (année de parution : 2004, 178 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Trois essais sur la théorie sexuelle de Sigmund Freud (1905). Propos intéressants sur l’homosexualité.

* ♥ ♥ ♥ ♥ Cinq leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud (1909).

* ♥ ♥ ♥ ♥ Introduction à la psychanalyse de Sigmund Freud (1922).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La vie sexuelle de Freud.

* ♥ ♥ ♥ ♥ Malaise dans la culture de Freud.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Névrose, psychose et perversion de Freud.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, thèse de médecine de Jacques Lacan (1932, le livre de poche).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Sous le signe du lien de Boris Cyrulnik (1989).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les nourritures affectives de Boris Cyrulnik (1990).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Neurobiologie de la personnalité de Joseph Ledoux (2002).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Le livre noir de la psychanalyse sous la direction de Catherine Meyer (2006).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La mémoire et la folie. La découverte des prions. Un nouveau paradigme biologique par Stanley B. Prusiner, Prix Nobel 1997. Magnifique travail … Prusiner est un américain dont les ancêtres juifs avaient pris pour patronyme le nom de la contrée où ils habitaient, ce qui arrive assez souvent chez les juifs d’Europe centrale.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La fatigue d’être soi, dépression et société par Alain Ehrenberg, sociologue du CNRS cherchant sur le thème Psychotropes, Politique, Société (année de parution : 1998, 318 pages). Ouvrage intéressant avec une vision globale, historique du concept de dépression. Livre d’une richesse incroyable de ce sociologue hyper-érudit  … Il y aurait des sur-diagnostics de schizophrénie et des sous-diagnostics de dépression. (…) On a le droit de choisir sa pathologie disait Henri Ey. Très peu de dépressifs se rétablissent définitivement d’une dépression.  La dépression est dépressogène. Ehreberg avait déjà écrit : Le culte de la performance en 1991 et L’individu incertain en 1995. Il avait fait sa thèse en 1978 sur un thème qui préoccupe les flics qui me harcèlent : Archanges, guerriers, militaires et sportifs. Essai sur l’éducation de l’homme fortThèse ayant insipirée un livre : Archanges, guerriers, sportifs et petits pervers en 1980. Ehrenberg est aujourd’hui président du Centre national de la santé mentale.

Webradio sur ou avec Ehrenberg :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhumain/lindividu-souffrant-et-lindividu-conquerant-narcissisme-et-ideal

Rythme de la vie moderne pèsant sur nos vies, nouveau malaise dans la civilisation, pathologisation de la vie sociale, dépressions, traumatismes, addictions, troubles des comportements, consommations massives de psychotropes et de thérapies. Dépression nouveau mal du siècle, réponse normale des individus à une société qui leur imposerait des performances indues et briserait le lien social, « pathologies de l’adaptation », avec les « souffrances au travail ». Alain Ehrenberg dépasse cette plainte, en tout cas la déplace. Il passe d’une sociologie individualiste, obsédée par la déliaison sociale, et le culte du moi, à une sociologie de l’individualisme, qui l’intègre dans une perspective plus large. Il entend mobiliser la société afin de mieux défendre les individus et les aider à prendre confiance en eux-mêmes. Quelle est donc cette société qui pourrait empêcher les hommes modernes de souffrir ? Comment rendre à chacun son pouvoir d’agir ? Ce seront, avec le sociologue Alain Ehrenberg, quelques-unes des questions du jour….

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Mon cerveau, ce héros, mythes et réalité par Elena Pasquinelli, philosophe s’intéressant aux sciences cognitives et aux neurosciences. (année de parution : 2015, 240 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Votre cerveau n’a pas fini de vous étonnertrès beau livre, synthèse des découvertes les plus récentes en neurosciences, par le collectif de scientifiques : Boris Cyrulnik, Pierre Bustany, Jean-Michel Oughourlian, Christophe André, Thierry Janssen, Patrice Van Eerrsel (année de parution : 2012, 228 pages, le Livre de Poche).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les sortilèges du cerveau (l’histoire inédite de ce qui se passe dans nos têtes) par Patrick Berche, ancien doyen de la faculté de médecine René Descartes (année de parution : 2005). Remarquable survol des pathologies du cerveau (maladies neurologiques, psypatrick, aphasies …).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥  Drogues et cerveaux, par Jean-Pierre Lentin et Stéphane Horel (année de parution : 2005).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Souffrance en France, la banalisation de l’injustice sociale par Christophe Dejours (année de parution : 1998, 219 pages), psychiatre, professeur au CNAM. Le concept de la banalité du mal de Hannah Arendt y est appliquée à la souffrance au travail.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien par Marie-France Hirigoyen, psychiatre, psychanalyste, à l’origine d’une loi sur le harcèlement (année de parution : 1998, 192 pages).

* ♥ ♥ La victimologie par Gérard Lopez.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les perversions narcissiques par Paul-Claude Racamier (année de parution : 1992, 124 pages).  Paul-Claude Racamier fut le créateur du concept de perversions narcissiques, relations anormales dans le couple surtout. Selon Cyrulnik, un pervers est dans l’arrêt de l’empathie.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les pervers narcissiques par Jean-Charles Bouchoux (année de parution : 2011).

Le pervers narcissique et son complice par Alberto Eiguer (année de parution : 2012, 240 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La stigmatisation en psychiatrie et en santé mentale sous la direction de Jean-Yves Giordanna (année de parution : 2010, 264 pages).

L’inconscient expliqué à mon petit-fils par Elisabeth Roudinesco (année de parution : 2015).

Comment faire rire un paranoïaque ? par François Roustang (année de parution : 2000, 220 pages). Livre qui n’a semble-t-il rien de comique …

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Survivre par Bruno Bettelheim (année de parution : 1976, 524 pages), psychanalyste juif américain ayant été déporté dans les camps de concentration.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Le cœur conscient par Bruno Bettelheim (année de parution : 1960, 383 pages).

Les folies raisonnantes de Sérieux et Capgras (psychiatres français du début de siècle) pour les délires d’interprétation et l’érotomanie. J’ai bien lu cet ouvrage pour comparer avec ce que j’ai vécu. Bouquin amusant, comique, avec plein de recettes pour rigoler, faire des blagues. Il était gratiné le malade Jean-Jacques Rousseau … Ca pourrait être le sujet d’un film et je crois qu’il a existé des tentatives de filmer des fictions sur Rousseau. Rousseau était en contact avec « ils », « elles », « eux ». Les poulets ont reproduit ce schéma. C’est sympa de laisser ça en accès libre sur Internet ! Les barbouzes ont du trouver de nombreuses recettes dans ce grimoire. Ce sont des spécialistes. 391 pages.

Exemple très instructif de la folie, le meilleur passage  sur les délires chroniques :

 » Très caractéristiques sont les expressions dont se servent les interprétateurs persécutés : Ils parlent des menaces, des machinations, des manœuvres de leurs ennemis. Rien ne leur est épargné :  » farces, provocations, excitations, allusions, insinuations, mauvaises plaisanteries pénibles ou ridicules, petites comédies, fumisteries, chantages, agaceries, petites misères, niaiseries, mystifications, bateaux » tels sont les mots qui reviennent le plus souvent dans leurs plaintes. « On m’ennuie, disent-ils, on m’embête, on me fait marcher, on m’asticote, on me talonne du matin au soir, on me lance des pointes, on me fait tourner en bourrique, on veut m’exciter, m’ahurir, m’abrutir, m’affoler, m’horripiler ; on me monte des scies, on m’esbroufe … Le mot d’ordre est donné, tout cela est commandé, c’est de la haute comédie, il y a une consigne admirablement exécutée  » …

Voilà donc le champ lexical de la folie qu’il faut éviter … Pas évident avec ce qu’ils m’ont fait. C’est un sujet curieux que celui des fous raisonnants : N’est-ce pas un cas très rare de folie ? Ca paraît tellement énorme, bizarre. Il faut être sacrément parano pour se sentir attaqué tout le temps dans la rue par des badauds ou ailleurs.

Démocrite rigolait de tout ce qui a trait à la folie, mais c’est très mal vu de faire ça.

 

Documentation personnelle (Publications scientifiques et articles du Web).

C:\Documentation_Psychiatrie\

AgirPassageActee

Alexithymia

AP_DosesElevees

AvenirPsychopathesLeveTot

BipolaireBorderlineAffectiviteImpulsivite

BipolairesMedicoLegal

Cannabis20emeSiecle

Cannabis20emeSiecle

Chapitre 5 – Interventions pour les symptômes psychotiques

CliniquePsychotraumatismeErreurDiagnostic

ComportementsAgressifs

ConduitesPsychopathiquesTroubleConduitesGOO

EtatsLimitesPerversPsychopathiques

FolieOuEsTuResponsabilisationPsychotique

Hikikomori

HyperactiviteSchizophrenie

InformationPersoBorderlin

InformationPersoBorderline

LangageAngoisse

MotsCles

MythomanieHistoirePsychiatri

ObsessionsCompulsionsSexuelles

PersonnaliteAntisocialePsychopathique

PersonnaliteNevrotiqueNarcissicoHedoniste

Psychiatrie adultes – Hôtel-Dieu _ Hôpitaux Cochin, Broca, Hôtel-Dieu

PsychiatrieInstrumentRepressionURSS_CombatPsychiatresEnFrance_CAIRN

PsychopathieTroublesPersonnaliteBorderlin

PsychopathologieTroublesExpressionComportementale

PsychopathoTroublesExpressionComport

PsychoseBupropion

PuerilismePsychos

ResponsabilisationPsychotiques

ScienceDirect_citations_1550758856330

TestSzondiPsychopathie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Addiction aux Jeux Video\

Les quatre moyens utilisés par les fabricants de jeux vidéo pour rendre nos enfants dépendants – Serge Tisseron

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Addictions\

Addictions et médecine

Addictions sans substances et comorbidites

Comportement addictif chez les patients souffrant de céphalée par abus médicamenteux

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Aktion T4\

Aktion T4 — Wikipédia

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Amok\

Amok • Les idées, Folie, Meurtre, Indonésie, Kriss • Philosophie magazine

 

C:\Documentation_Psychiatrie\AntiDépresseurs\

Interactions médicamenteuses avec les Anti-Dépresseurs

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Antipsychiatrie\

De l’antipsychiatre à la post-psychiatrie

Révolution psychiatrique italienne

 

C:\Documentation_Psychiatrie\AntiPsychotiques\

Améliorer le suivi de la prescription des antipsychotiques à l’adolescence

Antipsychotics and quality of life among stable schizophrenia patients

Atypical neuroleptics their contribution to the rehabilitation schizophrenic patients

Clinical-immunological predictors of prognosis of the efficiency of AP therapy with amisulpride in schizophrenia

Diagnostic étiologique dune hyperprolactinémie

Les interactions médicamenteuses conduisant à des torsades de pointe

Pour un essai de mesure des polythérapies neuroleptiques

Prolactinemie et m6dicaments psychotropes actuels

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Apragmatisme\

Apragmatisme_Slides

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Articles Généraux\

Éditorial

Epidémiologie des troubles psychiatriques

La douleur chronique en psychiatrie comorbidité et hypothèses

Le retour aux sources. Points de vue sur l’histoire sociale de la psychiatrie et de la maladie mentale

Les psychiatres historiens

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Autodestruction\

Libération_L’éthique minimale de Ruwen demeure vivante_Ruwen Ogien

Vivre, c’est avoir réussi pendant un temps à ne pas déclencer son autodestruction_Ameisen_France Culture (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Automatisme Mental\

Automatisme mental – Jean-Yves Flament psychologue clinicien

Automatisme mental

automatismemental

Automatismemental

Conference_EPHEP_22_January_2015_part3_Melman_AutomatismeMental

La notion d’automatisme mental, sa pertinence et sa velur doctrinale, Rémi Tevissen

Signification sémiologique de l’automatisme mental de Clérambault

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Automatisme Mental 2019\

France Culture_Automatisme Mental_Mai2012

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Bernard Lachaux, directeur de l’UMD de Paul Guiraud (Villejuif)\

6-colloque-psychiatrie-et-justice-2016_bernard-lachaux-part2

Contacts médicaux _ Groupe hospitalier Paul Guiraud (GHPG)

Courrier au Docteur Lachaux

Crédibilité et expertise psychiatrique_Bernard Lachaux_CAIRN

Etat critique à l’hôpital psychiatrique Paul-Guiraud – Infos – Vivre FM

Lachaux

Primum non nocere (En premier, ne pas nuire) — Wikipédia

Programme 2016_Colloque Psychiatrie & Justice_Troubles psychiques & jugement pénal_une double peine_du traitement pénal des malades psychiatriques délinquants

 

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C:\Documentation_Psychiatrie\Bioéthique\

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C:\Documentation_Psychiatrie\Bipolarité\

5 idées reçues sur la bipolarité _ Psychologies

Apport des thérapies comportementales cognitives dans les troubles bipolaires

Atteinte aux Moeurs

 »Bonheur et bipolarité peuvent fonctionner ensemble »

Cerveau&Psycho – Nous sommes tous des bipolaires

Impact de la psychoéducation sur la qualité de vie des patients bipolaires type I

Les troubles bipolaires _ 1.300.000 Français touchés – Sciencesetavenir

Santé physique et troubles bipolaires

Stratégies thérapeutiques des troubles de l’humeur

Thymorégulateurs, une famille en mouvement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Bipolarite Podcast 2019\

Michel Bourin – Trouble bipolaire un effet de mode ou une vraie maladieSept2017

Michel Bourin – Trouble bipolaire un effet de mode ou une vraie maladieSept2017

Neurosciences Traitements Recherche

Rene Frydman & Chantal Henry Bipolarité Janvier 2014

Suspicieux ou parano, taciturne ou bipolaire

Temoignage Bipolaire 4 minutes

Trouble bipolaire _ vraie maladie ou trouble cognitif surévalué

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Black Dogs de Chaplin & Churchill\

Le black dog de Churchill et de Charlot

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Boris Cyrulnik\

1984_Georges_Perec

Boris Cyrulnik — Wikipédia

Boris Cyrulnik _ _Les terroristes de Daech sont des soumis, pas des fous_ _ France info

Boris Cyrulnik _ « Le travail peut être beau et rendre heureux »

Boris Cyrulnik_Langage Totalitaire_12h30_17062016

Cyrulnik Assistanat

DSM, disease mongering et conflits d’intérêts en psychiatrie. Boris Cyrulnik sur les  fausses maladies    Pharmacritique

D’une expérience sur les effets du jet de tomates sur les cantatrices

Eloge de la peur avec Boris Cyrulnik – L’après, l’ici et maintenant

Hélène Romano et Boris Cyrulnik _ «Les cellules psy sont devenues un gadget politique» – Libération

Les racines du mal de Maurice G. Dantec

Nathan Cyrulnik 2

Nathan Cyrulnik

 

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20minutesblogs

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Bruno Bettelheim\

Bruno Bettelheim — Wikipédia

Le coeur conscient, Bruno Bettelheim – Blog de philosophie de Laurence Bouchet et d’élèves du lycée Xavier Marmier de Pontarlier

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Cannabis\

Le cannabis finit par affecter la mémoire _ Actualité _ LeFigaro

Le cannabis, facilitateur de bouffées délirantes aiguës   Dr. B

 

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C:\Documentation_Psychiatrie\Centre Primo Levi\

137000 victimes de torture en France

Clinique du trauma – comment soigner l’innommable _ Centre Primo Levi

Courrier Sironi 24122019

CPL-La pudeur en question

CPL-Quand la violence isole

Effraction de la Pudeur

Effraction de la pudeur… _ Centre Primo Levi

Françoise Sironi — Wikipédia

La pudeur en question _ Centre Primo Levi

Lettre à Françoise Sironi_ – Harcèlement ÉlectroMagnétique et Collectif

Quand la violence isole _ Centre Primo Levi

Université Paris 8

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Cinéma & Psychiatrie\

Family Life_Ken Loach

Films – http://www.infopsypourtous.fr

Fous à délier (Marco Bellocchio, Silvano Agosti, Sandro Petraglia, Stefano Rulli, 1975) – La Cinémathèque française

Je recherche FOUS A DELIER (Matti da slegare)

La folie lucide et la société déraisonnée_Marco Bellochio

Rainer Werner Fassbinder (1945–1982)_une caméra clinique et psychanalytique

Représentation cinématographique de l’érotomanie

Représentations des troubles psychiques sévères au cinéma

Rétrospective Marco Bellocchio – La Cinémathèque française

 

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C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\Chapitre 2\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\PHC_Automatisme\

Oeuvres de Clérambault (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\SurUnInternementConteste\

SurUnInternementConteste (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Complotisme\

Complotisme, un anathème commode (Le Monde diplomatique, juin 2015)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Crise des Opioïdes\

Opioid Epidemic –

Opioid Overdoses and Naloxone_ What Everyone Needs to Know _ Psychiatric Times

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Cyrulnik & Carré _janvier 2019\

Anna M. — Wikipédia

Paradoxe_sur_le_comédien Diderot

Transcription Entretien Cyrulnik & Carre 09012019

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Colère normale et colère pathologique\

Colère normale et pathologique _ la gestion de la colère – Psychothérapeute TCC, Sexologue TCC et Superviseur TCC (Paris)

Comment désentraver les agités – Peur et contrainte en psychiatrie

La colère chez les auteurs de violence une dimension fondamentale en psychiatrie légale

La violence en tant que mode de pensée. Violence pathologique, réflexions, prévention et prises en charge

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\

Comment mieux répondre aux problèmes cliniques et médicolégaux actuels pour préserver une psychiatrie ouverte de dynamique

Création de l’Institut psycho-judiciaire_développer et transmettre des connaissances sur la dangerosité

Dangerosité criminologique, psychopathologie et co-morbidité psychiatrique

Dangerosité psychiatrique et prédictivité_CAIRN

Dangerosité, délinquance et passage à l’acte _ psychopathologie et prédictivité

EPHEP-Alain Bellet_La place de la psychanalyse dans l’histoire de la psychopathologie_28012019

EPHEP-Pedro Valente_Psychopathologie droit et dontologie de la prise en charge_28012019

États dangereux et troubles mentaux _ quelle clinique_Revue_2

Expertise psychiatrique (L’)_ Face à la dangerosité et à la récidive des criminels_Jean-Claude Archambault_Notice de librairie

Individus Dangereux_France Culture_Avril2018

Inidividu dangereux et situations dangereuses_les représentations sociales de la dangerosité chez les citoyens, les magistrats et les surveillances de prison

Intérêts et limites de l’approche biologique pour l’étude des comportements agressifs

La capacité pénale

La prise en charge des états dangereux _ approche juridique et médicolégale_Revue_6

L’acte et son énigme. Entre l’indicible et l’innommable

Le concept de dangerosité dans le cadre de la privation de liberté à des fins d’assistance

Les malades mentaux sont-ils dangereux_ du 04 février 2010 – France Inter

Les violences sexuelles à l’adolescence

L’évaluation du risque de comportements violents_le point sur la question

Livre_ Isolement, contention et contrainte en psychiatrie, Jérôme Palazzolo, Bernard Lachaux, Jean Paul Chabannes, Medias flash, 9782951199217 – Leslibraires

Prise en charge des états dangereux des pathologies mentales graves _ stratégies thérapeutiques_Revue_5

Psychopathy in instrumental and reactive violent offenders

Quelle conduite tenir face à la violence émergente

Risque de violence et troubles mentaux graves

Se soucier de l’autre, le contraindre et le contenir

Trouble mental et criminalité_revue critique des recherches épidémiologiques

Une approche psychanalytique de la notion dangerosité. Violence et subjectivation_Le risque de la rencontre

Violences psychologiques

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\Haute Autorité de Santé\

HAS Dangerosité psychiatrique – Recommandations V9 – Relues

HAS_Dangerosite_Maniaques

HAS_Etude du sentiment de familiarité chez les patients atteints de schizophrénie, impact sur le risque de comportements violents

HAS_Evaluation de la dangerosité psychiatrique – Rapport d’orientation

HAS_Evaluation de la dangerosité psychiatrique – textes des experts

HAS_Evaluation de la dangerosité psychiatrique- Synthèse bibliographique

HAS_Méthode de l’audition publique

HAS_Représentations de la maladie mentale et recours à la contrainte

HAS_synthese

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\Hôpital Razi (Tunis)\

Pr Fakhreddine Haffani

Pr Fakhreddine Haffani_ PLACE DE L’INCARCERATION DANS LA PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DES PARANOÏAQUES

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\Schizophrénie & dangerosité\

Délires paranoïaques, dangerosités et homicides

Dissociation et passage à l’acte violent

Homicide et psychose_particularités criminologiques des schizophrènes, des paranoïaques et des mélancoliques_A propos de 27 expertises

Insight et comportements violents chez les patients souffrant d’une schizophrénie

Les « pousseurs de métro »

Les facteurs liés aux actse d’homicide chez les patients tunisiens atteints de schizophrénie

Schizophrénie et violence _ Comorbidités et typologies

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Psychiatrie sécuritaire\

Les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA)

Pour une sémiologie clinique de la violence le retour des « quartiers des agités »

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Quérulence & Processivité_Passages à l’acte justiciers\

Dangerosité délinquance et passage à l’acte psychopathologie et prédictivité

Délire paranoïaque de revendication et passages à l’acte justiciers

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Radicalisation & Terrorisme\

À la recherche d’une âme _ psychopathologie de la radicalisation et du terrorisme

 

C:\Documentation_Psychiatrie\De Clérambault\

Clerambault Loin de l’Oubli

Erotomanie

Heritage Psychiatrique de Clerambault

Othello un délire de jalousie

Représentation cinématographique de l’érotomanie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Décès par Abus de Psychiatrie\

Mort sous traitement arte

Mort sous traitement zinzinzine.net

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Délire de jalousie\

La dynamique jalouse_déséquilibre entre le désir et l’avoir_Psychiatrie & Violence

Quand la jalousie devient maladive

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dépression\

Comment se comporter avec un proche dépressif

Dépression _ les 4 périodes à risque – Sciencesetavenir

Dépression _ les sensations physiques de la maladie à travers des illustrations

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dépression Ehrenberg 2019\

Ehrenberg_La fatigue de Soi_CAIRN

Fiche de lecture _ Alain Ehrenberg _ La fatigue d’être soi _ dépression et société

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dépression_Origine inflammatoire_Intestins\

Dépression _ une inflammation cérébrale qui pourrait venir de l’intestin – Sciencesetavenir

 

C:\Documentation_Psychiatrie\DicoPsy_Lexique_Sigles\

Définitions _ stupeur – Dictionnaire de français Larousse

Définitions _ torpeur – Dictionnaire de français Larousse

Dictionnaire critique des termes de psychiatrie et de santé mentale – Simon-Daniel Kipman – Google Livres

La sémiologie psychiatrique éclairée par les neurosciences

Un dictionnaire. À propos de… « Dictionnaire de psychologie et de psychopathologie des religions » de Stéphane Gumpper et Franklin Rausky

 

C:\Documentation_Psychiatrie\DicoPsy_Lexique_Sigles\Dictionnaire critique des termes de psychiatrie et de santé mentale – Simon-Daniel Kipman – Google Livres_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Djihadisme\

Djihad _ comment bascule-t-on dans l’extrémisme _ _ France info

Le miroir de la haine_Prise en charge pénitentiaire de la radicalisation

Terroristes islamistes _ _C’est la même mécanique que pour les nazis_ – SudOuest

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dostoievski\

Crime et chatiment de Dostoievski une lecture comportementale du double homicide de Raskolnikow

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Drogues\

Acide gamma-hydroxy-butyrique (GHB) plus qu’un agent de soumission chimique, une véritable source d’addiction

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Electrosensibilité_WIFI\

Dossier_WIFI

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Emotions\

Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions

ENS

 

C:\Documentation_Psychiatrie\France Culture Depression 2019\

Comprendre les troubles psychiques

France Culture_Comment vivre avec des troubles psychiques

France Culture_La dépression encore taboue

France Culture_La méthode scientifique_Dépression _ une maladie encore taboue

France Culture_OuaisLeBec Semaines Lire Depression

La dépression – France Culture

Littérature et sérotonine _ quand la dépression vient aux écrivains

Un nouveau regard sur les troubles psychiques

 

C:\Documentation_Psychiatrie\France Télévisions Expérience de Milgram\

Expérience de Milgram — Wikipédia

LE JEU TV DE LA MORT Doc complet – YouTube

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Françoise Sironi 2019\

Conférence de Francoise Sironi_Comment devient-on tortionnaire_Lundi 5 février 2018

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\

Agitation, sentiment de  rage   haine  etc. – Psychiatrie – FORUM psychologie

Haine et misanthropie dans Timon d’Athènes de Shakespeare

Haine, envie et jalousie  psychanalyse et désastre

Histoire de la haine. Une passion funeste, 1830-1930 (Frédéric Chauvaud).   Criminocorpus

Histoire de la haine_Frédéric Chauvaud

La maladie de la haine

Le miroir de la haine_Prise en charge pénitentiaire de la radicalisation

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\Agitation, sentiment de  rage   haine  etc. – Psychiatrie – FORUM psychologie_files\

amour_remontee

analytics_doctissimo

Apprendre-le-pot_remontee_video

Booster-sa-memoire_remontee_video

doctissimo_autocompletion

souffrez-vous-de-troubles-du-comportement-alimentaire_wide-jpg_test_img_forum

Vaincre-sa-timidite_remontee_video

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C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\Haine, envie et jalousie  psychanalyse et désastre_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\Histoire de la haine. Une passion funeste, 1830-1930 (Frédéric Chauvaud).   Criminocorpus_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\

Cerveau&Psycho – Les voix intérieures de Virginia Woolf

Comment parler d’un patient sans savoir d’où viennent nos mots_Tyszler

Étude de l’évolution du concept d’hallucination dans la littérature psychiatrique classique

FENELON Gilles – Hallucinations, regards croisés _ Base SantéPsy

Hallucinogènes & psychiatrie au milieu du sièce dernier

J’entends des voix, pas vous_ – L’Express

Les hallucinations auditives verbales

Les Voix de Nicole Anquetil_ Pr. Jean Garrabé

Les Voix_Aimée F_Nicole Anquetil_Notice de librairie

Pourquoi entend-on des sons dans le silence _ _ Big Browser

Rêves et hallucinations_le modèle narcoleptique

Schizophrénie   un avatar numérique pour lutter contre les hallucinations auditives   – Actualités – Vidal.fr

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\Entendeurs de voix\

Administrateurs et membres d’honneur – RevFrance

Agnes Girard_Blog Libe_Entendeurs de Voix

France Culture_Francois Demassiet

France Culture_Les pieds sur Terre_Vincent, entendeur de voix

La nouvelle voie des «entendeurs» – Libération

La_REVerdie_0_Lettre du REV

Les 400 culs – Avez-vous entendu une voix _ – Libération.fr

Libération_Entente Voix_Agnès Girard

Peter Bullimore traduction  Yann Derobert

REV_p8_le_pavois-Vivre avec les voix

Sensorialités Multiples

Vincent

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\Entendeurs de voix\Critique des entendeurs de voix\

De l’utilité des groupes de pairs pour produire des savoir_Le groupe des entendeurs de voix

Psychopathologie et expériences exceptionnelles

Que changent les « entendeurs de voix » à l’écoute des hallucinations  I Génèse d’un mouvement

Que changent les « entendeurs de voix » à l’écoute des hallucinations_II. Recherche sur l’entente de voix

 

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C:\Documentation_Psychiatrie\Henri Ey\

Biographie Henri Ey

Günther Anders à l’école de la phénoménologie_CAIRN

La Psychiatrie et les Grands Mouvements de L’Anthropologie Contemporaine_ Chapitre II du Manuel de Psychiatrie d’Henri Ey

Le concept opératoire de conscience dans la psychopathologie d’Henri Ey

Les Névroses _ (La Personnalité Névrotique)_Chapitre Premier – Manuel Henri Ey

Manuel de psychiatrie de Henri Ey_Notice de librairie par Jean Garrabé

Pour un dialogue Henri Ey et Jacques Lacan

Sur la pathologie de la liberté_ Pr. Henri Ey

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Henri Laborit\

Henri Laborit — Wikipédia

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Histoire Sciences Henri Ey\

HenriEy

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Histoire Sciences Henri Ey\HenriEy_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Iatrogénie\

Analyse des prescriptions medicamenteuses

Complications cardiaques des médicaments

Iatrogénie des psychotropes chez l’adolescent

Iatrogénie en Psychiatrie

Iatrogénie médicamenteuse

Iatrogénie

Le syndrome sérotoninergique_une revue actualisée de la littérature

Les diagnostiques difficiles en iatrogénie

Les effets indésirables des psychotropes chez le sujet âgé_étude rétrospective de 35 cas

Mort subite cardiaque et iatrogénie médicamenteuse

Utilisation des antipsychotiques à doses élevées

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Imovane\

IMOVANE_-_Zopiclone_-_Posologie,_Effets_secondaires,_Grossesse_-_Doctissimo

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Insomnie\

Insomnie et dépression

Les troubles du sommeil dans l’addiction à Internet

Neurophysiologie clinique en psychiatrie 4 Réalisation et interprétation des explorations du sommeil pour les pathologies du sommeil comorbides des trboules mentaux

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Jacques Lacan\

lacan_THESE_de_medecine

Paranoïas et délires paranoïaques_Slides_par Mathieu LACAMBRE, Praticien Hospitalier

 

C:\Documentation_Psychiatrie\John Nash, Prix Nobel d’Economie 1994, schizophrène paranoïde\

A diagnostic bind_ movie mania and John Nash’s schizophrenia

Bio de John Nash par Sylvia Nasar

John Nash Three phasesin the career of a Beautiful Mind

John Nash, GameTheory, and the Schizophrenic Brain

John Nash_Suffering of those who loved Him

John Nash’s Delusional A case of Paranoid Schizophrenia

John Nash’s Postelusional Period_A case of Transformed Narcissism

John Nash’s renunciation

Psychoses et créativité _ une histoire de vulnérabilité

Représentations des troubles psychiques sévères au cinéma

Temperament & créativité

Un homme d’exception_Biographie de John Nash_Sylvia Nasar

Un homme d’exception_Biographie de John Nash_Sylvia Nasar_Notes personnelles

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Juge des Libertés et de la Détention\

Cour_de_cassation_civile_Chambre_civile_1_12_octobre_2017_17-18.040_Publié_au_bulletin

Des lois de soins sans consentement à l’évolution de la responsabilité en psychiatrie

 

Étude du vécu et de la compréhension par les patients hospitalisés sans consentement de l’audience devant le juge des libertés et de la détention

HAL-SHS – Sciences de l’Homme et de la Société – _Moderniser_ l’enfermement en psychiatrie _ Le cas des unités pour malades difficiles

Impact psychologique de l’audition devant le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) chez des patients hospitalisés suivant les conditions définies par la loi du 5 juillet 2011

Intime conviction _ conclusions

Jurisprudence_ Effectivité de l’audition du patient en soins psychiatriques sans consentement par le JLD_Des interrogations persistantes

Jurisprudence_Effectivité de l’auidtion du patient en soins psychiatriques sans consentement par le Juge des Libertés et de la Détention

L’intervention du juge judiciaire dans les soins psychiatriques sans consentement _ état des lieux après la loi du 5 juillet 2011

L’intime conviction du juge des libertés et de la détention dans les soins psychiatriques sans consentement

La notion d’intime conviction et le procès criminel

La place de l’autorité judiciaire dans les lois françaises de soins sans consentement

Le devenir des soins psychiatriques sans consentement _ suivi à deux mois de 510 cas

Le juge des libertés et de la détention _ un garant juridique et éthique en psychiatrie

Le juge des référés ne peut contraindre un établissement à pratiquer une intervention chirurgicale

Les outils pour la rédaction des certificats de soins sans consentement – European Psychiatry

Les soins sans consentement en psychiatrie _ rédaction du certificat initial

Liberté individuelle et soins sans consentement. Le contrôle systématique du juge instauré par la loi du 5 juillet 2011

Motifs de levées de 102 mesures de soins psychiatriques sans consentement – European Psychiatry

Qu’y a-t-il d’intime dans l’intime conviction

Séjours courts et longs en ASPPI _ comparaison des données cliniques et extracliniques issues de 250 certificats initiaux

Soins psychiatriques sans consentement _ étude des motifs de mainlevées de 117 mesures

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Juge des Libertés et de la Détention\Charges\

A propos de la loi du 5 juillet 20111 relatvie aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prisé en charge

Abréviations Psychiatrie

Actualités Droit Déontologie & Soin

Application de la loi du 5 juillet 2011 en Unité pour malades difficiles

Aspects Medico-Légaux des Troubles Bipolaires

Autonomie de la personne et consentement en droit européen

Chapitre 1 – Quelques principes généraux_Le système juridictionnel français

Chapitre 3 – Éthique et déontologie expertale_Le secret médical

Chapitre 27 – Aspects médicolégaux_Introduction

Chapitre 49 – Pourquoi les actions pénales suscitent-elles tant l’intérêt de nos patients

Chronique de Jurisprudence

Considérations sur l’expertise médico-légale psychiatrique devant la cour d’assises

D’une constatation psychopathologique vers une évaluation psychocriminologique _ réflexions autour d’une pratique de l’expertise pénale pré-sentencielle, une refonte nécessaire

Des lois de soins sans consentement à l’évolution de la responsabilité en psychiatrie

Discrimination et santé, le temps d’agir

Dossier_Régime des soins sous contrainte. Analayse des articles pertinents du Code de la Santé. Fnapsy

Droits des personnes hospitalisées sous contrainte

Evolution des attentes et des représentations en clinique dans les rapports entre psychiatrie et justice

Hospitalisation d’office, la France mauvais élève de l’Europe

Hospitalisation sans consentement _ fondements éthiques, contraintes et justice procédurale

Hospitalisation sous contrainte, les bonnes pratiques sont conformes à la Constitution

Hospitalisation sous contrainte, un difficile équilibre entre sécurité et libertés

Index des mots clés 2

Index des mots clés

L’intime conviction du juge des libertés et de la détention dans les soins psychiatriques sans consentement

La liberté de choix des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques

La loi du 5 juillet 2011. Place et questionnement de l’avocat dans l’application de la loi

La place de l’autorité judiciaire dans les lois françaises de soins sans consentement

La prison, entre acte et sujet

La protection de la personne.

La représentation et l’impossible (Fathi Benslama)

Le certificat circonstancié de la loi du 5 juillet 2011 pourquoi_comment

Le controle des hospitalisations sous contrainte se rationalise

Le devenir des soins psychiatriques sans consentement _ suivi à deux mois de 510 cas

Le statut des personnes hospitalisées

Les programmes de soins ambulatoires contraints dans le cadre de la loi de 2011, modifiée. Point de vue de la direction.

Les soins pénalement ordonnés, une pratique limite

Les soins sous contrainte des malades depuis la loi du 5 juillet 2011 relative au droit et à la protection des personnes faisatn l’objet de soins psychiatrique

L’esprit d’une loi_FNAPSY

L’expertise de fin d’hospitalisation d’office médicolégale

Lhospitalisation de personnes detenues atteintes de troubles mentaux

L’injonction thérapeutique de la loi du 17 juin 1998_une tentative pour articuler la peine et le soin

Loi de juin 1990 sur l’hospitalisation d’office et défense des libertés individuelles

Modalités et impact de la mise en œuvre de la loi du 5 juillet 2011 _ de l’impérieuse nécessité de placer le patient au centre de nos préoccupations

Note de jurisprudence_Le bénéfice d’une mesure de sortie d’essay n’exonère pas le juge de statuer à bref délait sur la levée de l’HO

Place de la jurisprudence dans la gestion et l’évolution de la législation relative aux soins sous contrainte

Protection de la personne. Droit des patiens en psychiatrie

Soins en milieu carcéral et éthique

Soins psychiatriques et juge des libertés et de la détention

Soins psychiatriques sans consentement_étude des motifs de mainlevées de 117 mesures

Vers un role de plus en plus croissant de la personne de confiance

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Juge des Libertés et de la Détention\Soins Sans Consentement\

Critères de soins psychiatriques sans consentement. Revue de littérature et synthèse des différentes recommandation

Des lois de soins sans consentement à l’évolution de la responsabilité

Introduction gouverner et soigner

L’hospitalisation sans consentement des malades mentaux décidément sous l’oeil du Conseil constitutionnel

La liberté de choix des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques

Les outils pour la rédaction des certificats de soins sans consentement

Les programmes de soins ambulatoires contraints dans le cadre de la loi de 2011

Soins pénalement ordonnés

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Justice & Psychiatrie. Expertises\

Crédibilité et expertise psychiatrique_Bernard Lachaux_CAIRN

Evolution des attentes et des représentations en clinique dans les rapports entre psychiatrie et justice

La fin du non-lieu judiciaire et son incidence sur le but des institutions psychiatriques médicolégales

La psychiatre à la Commission de l’application des peines

La recherche de la vérité en psychologie et psychiatrie judiciaires. La psychologie dans la décision judiciaire

Le droit à l’ère des neurosciences 2

Le droit à l’ère des neurosciences

Le droit à l’ère des neurosciences

Le médecin expert face au compromis d’arbitrage

Le psychiatre, le juge et la peine

Le simulateur face à l’expert

Les nouvelles missions de l’expert psychiatre

Les soins pénalement ordonnés, une pratique limite

Les usages des expertises psy au procès d’assises et les définitions pratiques de la responsabilité

Les usages des expertises psy aux procès d’assises

L’expertise psychiatrique pénale_audition publique de la Fédé Fra de Psychiatrie selon la méthode de la Haute Autorité de Santé

Programme 2016_Colloque Psychiatrie & Justice_Troubles psychiques & jugement pénal_une double peine_du traitement pénal des malades psychiatriques délinquants

Programme_Colloque_Juillet 2014_La folie entre administration et justice_L’institution psychiatrique au prisme du droit

Psychiatrie _ les députés veulent limiter l’isolement et la contention

Réflexion sur les fondements du débat et des critiques actuels sur l’expertise psychiatrique pénale

Sous l’emprise de la folie L’expertise judiciaire face à la maladie mentale_Notice de librairie

Vérité et mensonge_l’évaluation de la crédibilité en psychiatrie légale et en pratique judiciaire

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Le livre noir de la médecine\

Association d’aide aux victimes d’erreurs médicales, d’Hépatite C post-transfusionnelle, de complications suite à une vaccination, de complications médicaments, d’accidents de la vie

Biographie de Maître Philippe COURTOIS, avocat spécialisé en droit médical – Association d’aide aux victimes

Biographie du Docteur Dominique-Michel COURTOIS, président de l’AAVAC – Association d’aide aux victimes

Définition de l’erreur médicamenteuse

Dictionnaire français de l’erreur médicamenteuse_SFPC

Direction Générale de la Santé_Iatrogénie

Faute, accident ou risque iatrogène_Stalinon & Distilbène

Iatrogénie médicamenteuse _ ameli.fr

Indemnisation MEDIATOR – Association d’Aide aux Victimes du Mediator et de l’Isoméride (AVIM)

Le Livre noir de la médecine _ Patient aujourd’hui, Victime demain

 

C:\Documentation_Psychiatrie\L’Huma_Vol au desssus d’un nid de coucou\

L’Huma Violences au dessus dun nid de coucou_Aujourd’hui dans les HP français

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Livres numérique dispo sur Numilog (BSI de la Cité des Sciences)\

Apprendre à soigner les dépressions

Bouddha au temps des neurosciences

Comprendre et soigner les états-limites

Comprendre la dépression pour en guérir

Dans l’ombre du silence. Journal d’une adolescente victime d’intimidation

Du trouble mentale à l’incapacité au travail

J’ai envie de comprendre … la dépression

J’arrête les relations toxiques

La dépression masquée

La perversion_Renverser le monde

La thérapie neurocognitive et comportementale

L’amour au coin de l’écran_Du fantasme à la réalité_Peut-on s’aimer sans se voir (La réponse est non !)

Le geste suicidaire

Le harcèlement moral_Anne Bilheran

Le Malêtre

Les émotions. Du normal au pathologique

Les névroses

Manuel illustré à l’usage des adolescents qui ont des parents difficiles

Non, votre ado n’est pas feignant

Pourquoi votre tête soigne-t-elle votre corps

Profanes, soignants et santé mentale_quelle ingérence

Tout n’est pas (forcément) psy !

Travailler sans s’épuiser_Pierre-Eric Sutter

Une mémoire d’éléphant_Vrais trucs et fausses astuces

URLLink

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Lobotomie 2019\

Pratiquée jusque dans les années 80, la lobotomie visait surtout les femmes

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Logorrhée 2019\

LogghoreeTheatre

Logorrhée (Médecine) – Définition, signification – Encyclopédie en ligne

Logorrhée verbale – PARLER FRANÇAIS

Sémiologie Examen Psychiatrique Logorrhée

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Maladie neurologique de Ravel\

La maladie neurologique de Maurice Ravel par Erik Baeck

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Manie\

Episode Maniaque DSM

Etat maniaque et état d’agitation_une étude diachronique

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Michael Sacksx\

Mickael Sacks (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Michel Foucault\

Michel Foucault et la résistance au pouvoir

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Mickael Sacks\

Mickael Sacks (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Migraine\

INSERM_1998_La Migraine_Connaissances descriptives, traitements et prévention

Oliver Sacks_Extraits de l’ouvrage Migraine_CAIRN

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Mythomanie\

De la mythomanie au meurtre_un cas clinique inquiétant

Histoire de la Mythomanie. Mots-Cles

Histoire de la Mythomanie

L’évolution du concept de mythomanie dans l’histoire de la psychiatrie

Mentir pour dire vrai. Le mensonge, le déni et l’affabulation

Mythomanie et contagion délirante_une mise en pratique de la description historique de la mythomanie

Réflexions sur le statut de la mythomanie délirante

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Neuroleptiques\

Ambigus psychotropes

Les neuroleptiques_2008_Dominique Piettre

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Neuroleptiques à Action Prolongée\

Histoire des Neuroleptiques d’Action Prolongée

Thèse Patients traités par neuroleptiques retard

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Nicolas Bremaud, Psychologue Clinicien\

AmbiguiteNegativisme

DysphasiePsychose

Hamlet et la folie_une revue historique_Nicolas Brémaud

HamletFolieHistoire

HistoireDefinitionsDelirePsychotique

HistoireDelireActes

HistoireDelireSuppositionSerieuxCapgras

HistoireHallu

IlotCompetenceAutreSyntheseUnCasAutismeAsperger

IntroConceptRealiteLacan

IntroQuestionRevePsychose

IntuitionDelirantePhenomeneElementairePsychose

IronieMortSchizophrenieCasHerve

J.-J. Rousseau_paranoiaque génie

Jeanne d’Arc_Des voix à la mission_Nicolas Brémaud_CAIRN

La mégalomanie délirante_Une toute-puissance sur fond de vacuité existentielle_Nicolas Brémaud_CAIRN

Le délire paraphrénique de Philip K. Dick, l’homme reprogrammé_Nicolas Brémaud_CAIRN

MelancolieDeliranteParanoiaDiagDifferentiel

NegativismeSchizophrenie

Quelle volonté pour le sujet psychotique_Approche historico-critique

Richard III_du préjudice à la revendication

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Ondes cérébrales\

OndesCerebrales

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ONIAM\

Formulaire indemnisation AM

Indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales par la voie du règlement amiable_Fiche pratique AM

ONIAM_référentiel indicatif d’indemnisation_2018

Victimes d’effets indésirables graves de médicaments_Etats des lieux

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Personnalités DSM IV\

Alexithymie — Wikipédia

Groupe B des troubles de la personnalité

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Personnalités pathologiques\

Analyse d’un modèle théorique de la conception dimensionnelle du narcissisme pathologique _ incidences probables sur le leadership organisationnel

Aspects Médico-Légaux des troubles bipolaires

Aspects psychopathologiques et psychodynamiques_de l’état dépressif à l’état de triomphe du moi

Axe I, Axe II ou Troubles mentaux et Troubles de la personnalité

Chapter 2 – Approche cognitive de la personnalité _ applications aux personnalités pathologiques_Revue

Chapter 10 – La personnalité antisociale (ou psychopathique)_Revue

Considération critique sur l’extension de la bipolarité, psychopathologie des mouvements d’humeur et de l’euphorie morbide

Deux mesures de psychopathie chez les patients médicolégaux

Entre la personnalité antisociale et la psychopathie grave, un gradient de sévérité

Etude exploratoire d’un questionnaire sur les troubles de la personnalité

Evaluatin du trouble de la personnalité sadique en relation avec la psychopathie auprès de patients internés en hôpital psychiatrique sécuritaire

Faut-il traiter les troubles de la personnalité

La personnalité antisociale (dyssociale)_Notice de libraire

La personnalité antisociale, antithèse de la psychopathologie_CAIRN

La personnalité narcissique devient-elle plus fréquente _ Fait culturel ou fait clinique _

La Personnalité Narcissique_Revue

La psychopathie au risque de la clinique. Epistémologie et considération psychopathologiques sur la question des représentations et de l’acte dans la psychopathie dite grav

Le pervers narcissique_arlésienne du harcèlement moral_Pr. M. L. Bourgeois

Les deux dimensions de l’hypersensibilité narcissique _ l’anxiété paranoïde et l’égocentrisme

Neurocognitive models of aggression, the antisocial personality disorders, and psychopathy

Personnalité dépendantes et alexithymie

Personnalité et vulnérabilité aux dépressions sévères

Psychopathie et troubles de la personnalité associés_recherche d’un effet particulier au trouble borderline

PsychopathieTroublesPersonnaliteBorderline

PsychopathologieTroublesExpressionComportementale

Sexe, mensonge et personnalité _ les paroles et le regard des machiavéliques, des psychopathes et des narcissiques que vous côtoyez

Trouble de la personnalité antisociale_Notice de libraire

Troubles bipolaires et troubles de la personnalité borderline _ différences cliniques au niveau de l’affectivité et de l’impulsivité

Utilisation du modèle de personnalité à cinq facteurs dans l’évaluation des troubles de la personnalité du DSM-IV

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Peur\

Danger et dérive de l’utilisation des nouveaux mots de la peur

Peur sociale de la folie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Pr. Marc-Louis Bourgeois\

Croire et douter. Juger à l’heure des neurosciences

Croire et douter. Juger à l’heure des neurosciences_Pr M. L. Bourgeois

DetecteurDeMensonge

DSM-5 _ critiques et contempteurs. Réception en France_Pr M. L. Bourgeois

Écriture et Psychiatrie. Ce qui n’est pas écrit n’existe pas_Pr M. L. Bourgeois

Éditorial

La psychopharmacologie prélargactilienne de l’Antiquité à 1952 (Hommage à Thérèse Lempérière)_Pr. M. L. Bourgeois

Le deuil aujourdhui. Introduction_Pr M. L. Bourgeois

Le lithium depuis 1950_Pr M. L. Bourgeois

Les 80 observations de « folie à double forme, folie circulaire, délire à formes alternes » du mémoire (1880–1883) d’Antoine Ritti. Le premier traité en français sur les futurs troubles bipolaires

Les quatre vérités _ philosophique (aletheia), scientifique (apodicité), juridique (l’intime conviction), humaine (biosociopsychopathologie)

Les quatre vérités _ philosophique (aletheia), scientifique (apodicité), juridique (l’intime conviction), humaine (biosociopsychopathologie)_Pr M. L. Bourgeois

Punir est un crime_Pr M. L. Bourgeois

Robert L. Spitzer (1932–2015)_Nécrographie_Pr M. L. Bourgeois

Royautés folles. Psychopathologie des têtes couronnées_Pr M. L. Bourgeois

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Presse Protestation Psychiatrie 2019\

«L’hôpital psychiatrique est devenu uniquement un lieu de crise» – Libération

L’hôpital psy malade de  l’intérieur

L’hôpital psychiatrique est devenu uniquement un lieu de crise_Libération

Psychatrie Une manif à Paris

PsychiatrieMouvement

Stimagtisation pourquoi tant de fous

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Pretium Doloris\

Cour de cassation 2

Cour de cassation

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Procédure Pénale\

Chronique de Jurisprudence

Eléments pratiques de procédure pénale

Le juge d’instruction approches historiques_Notice de librairie

Repenser la place des victimes au procès pénal

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychatrie & Cinéma\

Du cinéma à l’hôpital_étude des représentations de la schizophrénie

La représentation cinématographique du harcèlement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychiatrie soviétique 2019\

Amnesty International publie un nouveau rapport sur les prisonniers d’opinion en U.R.S.S.

cchr-psychiatry-industry-of-death-06-soviet-psychiatry_640_fr

Crime psychiatrique contre l’Humanité_Cyrille Koupernik_Entretien au Monde

En Union Soviétique, la psychiatrie aux ordres – 02_04_2002 – ladepeche.fr

La «psychiatrie punitive», sujet tabou en Russie. Un médecin conteste l’usage de la psychiatrie à des fins politiques du temps de l’URSS__ au grand dam d’un ex-dissident. – Libération

La psychiatrie soviétique – Cyrille Koupernik_Michel Gourevitch_Persée

L’utilisation de la psychiatrie comme instrument de répression politique en URSS et le combat mené par les psychiatres en France_CAIRN

Politiser la médecine. La psychiatrie extrahospitalière en Russie Soviétique (années 1920 et début des années 1930)

Psychopathie et troubles de la personnalité associés_recherche d’un effet particulier au trouble borderline

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychiatrie_Sécuritaire\

Application de la loi du 5 juillet 2011 en UMD

La psychiatrie en milieu pénitentiaire

Le parricide psychotique UMD

Les unités de soins intensifs psychiatriques (USIP)

L’internement de défense sociale en Belgique_Entre soins, dangerosité et sécurité

Malades difficiles d’hier à aujourd’hui. UMD Henri Collin

Mediapart_Des malades difficiles que l’enfermement à vie menace

Mediapart_La psychiatrie organise la résistance à l’enfermemement des malades

Mesurer la sévérité des problèmes des patients et leur évolution dans un secteur psychiatrique HoNOS_F

Profil d’admission des patients hospitalisés UMD

Psychiatrie en milieu pénitentiaire une sémiologie à part

Psychiatrie en milieu pénitentiaire, entre nécessité et ambiguité

Psychiatrie et prison toujours dans le champ de l’actualité

Psychopathie et troubles mentaux graves chez des patients internés

Unité hospitalières spécialement aménagées (UHSA)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychopathie\

Echelle MMPI2RF

Evaluation psychométrique du questionnaire de la psychopathie de Hare auprès d’une population carcérale belge

HAS_Psychopathie-Rapport d’Orientation

La psychopathie et son évaluation

Les malades mentaux sont-ils dangereux_ du 04 février 2010 – France Inter

Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI) – Part 2

Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI)

mmpi2rf_tableau bd

Présentation comparative des outils d’évaluation du risque de violence

Psychopathie — Wikipédia

Psychopathie HAS

Psychopathie Wikipedia

Psychopathie

Rapport au Premier Ministre Dangerosité & Prise en charge Inidividus Dangereux PCL-R

Test MMPI-2-RF® INVENTAIRE MULTIPHASIQUE DE PERSONNALITÉ DU MINNESOTA-2- FORME RESTRUCTURÉE® – Psychologie clinique – ECPA

The Hare Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychopathologie\

La psychopathologie au regard de la culture (1990)

Psychopathologie et sport de haut niveau

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\

Richard III_du préjudice à la revendication_Nicolas Brémaud

Un bon article du Figaro sur le trouble de stress post traumatique

Violences psychologiques

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Justice\

La jurisprudence pénale en matière de harcèlement moral

Le soutien psychologique durant le parcours judiciaire de la victime. Deux exemples cliniques

Principes de la prise en charge psychologique des sujets traumatisés

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\

Harcelement moral_enquête au centre hospitalier universitaire de Fes au Maroc

La notion de harcèlement moral en droit_Pascal Etain

Le harcèlement moral dans la vie privée

Le harcèlement moral dans la vie privée_Notice de librairie

Le harcèlement moral_Rémy Fontier_2003_CAIRN

Le stalking de la « poursuite romantique » à la prédation sexuelle

liste de notices complètes 16_12_2018 18_43

Pervers narcissiques _ comment leur survivre après la rupture _ Le Figaro Madame

Soins médico-psychologiques ou simple soutien psychosocial. Distinction entre ces deux types d’intervention

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\Anne Bilheran, Psychologue Clinicienne\

Abus de faiblesse et autres manipulations _ JC Lattès, Le Masque

Ariane Bilheran — Wikipédia

Bilheran

BilheranAllegations

BilheranCalomnies

BilheranConspirationniste

BilheranExpat

BilheranHomosexualite

BilheranHuxley

BilheranHuxley2

BilheranKinsey

BilheranNazisme

BilheranParanoSchizo

BilheranPetition

BilheranSexualiteInfantile

BilheranSurmenageAccident

BilheranTravailEnorme

BilheranValerieChenard

BilheranVengeance

BilheranVergnes

BilheranVergnes2

Cabinet l’Étoile

De la soumission psychologique au travail_Comment un harceleur parvient à soumettre tout un groupe d’adultes pourtant bien constitués, et ce qui s’ensuit_Bilheran_2011

Des mécanismes de défense au sein d’un collectif de travail en situation de harcèlement

Du suicide_A qui la faute_Bilheran_2018

Harcèlement,Psychologie & Psychopathologie_Notice de librairie

Intention & harcèlement Bilheran 2010

Interview à ne pas rater sur la dérive du pouvoir en France __ Cabinet l’Étoile

La harcèlement – partie 1 – Rayures et Ratures

La paranoïa, une maladie très mal connue _ Psychologies.com_Bilheran

La Raison d’Etat est-elle raisonnable dans son principe _Sémiode_Bilheran_2015

Le poids de l’Histoire _ Sémiode_Bilheran_2015

Le pouvoir et le complot _Sémiode_Bilheran_2015

Le psy et le politique _ Cabinet l’Étoile_Bilheran_2015

Le temps de la mort dans la psychose_Bilheran_2006

L’hyperdatation et sa fonction défensive dans la psychose

Mails_perso_Bilheran

Remerciements _Sémiode_Départ_Bilheran

SommaireHarcelement

SommaireHarcelement2

Sur le sujet du harcèlement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\Marie-France Hirigoyen\

De la peur à la soumission_Hirigoyen_2009

DeLaPeurALaSoumission

Le harcèlement moral au travail en 2003

Loi visant à protéger les victimes de violences psychologiques_10 juillet 2010

Marie-France Hirigoyen — Wikipédia

Mediapart_Hirigoyen_Il y aura eu un avant et un après DSK

ParanoiaEtHarcelements

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\Site Perversion Narcissique_Philippe Vergnes\

AgressionsSexuelles

Biologie

Biologie2

CommunicationParadoxale

CommunicationParadoxale2

Complices

Complices2

Complot

Complot2

Decervelage

Decervelage2

DeuilOriginaire

DeuilOriginaire2

DeveloppementMoral

DeveloppementMoral2

Empathie, conscience morale et psychopathie – L’intelligence émotionnelle_ (partie 2_3) – Perversions narcissiques et psychopathies _ théories et concepts

ExpulsionPsychique

ExpulsionPsychique2

FascismeTotalitarismePerversion2

FreudRacamier

FreudRacamier2

Gaslighter

Gaslighter2

GenieOrigines

GenieOrigines2

InferioritePsychopathique

InferioritePsychopathique2

Influence & manipulation – Perversions narcissiques et psychopathies _ théories et concepts

Jouissance

Jouissance2

LeadersNarcissisme

LeadersNarcissisme2

LeadersPsychopathes

LeadersPsychopathes2

MacronPsychopathe

MacronPsychopathe2

MeurtrePsychique

MeurtrePsychique2

NarcissismeSain

NarcissismeSain2

Neoliberalisme

Neoliberalisme2

NovlanguePsychopathe

NovlanguePsychopathe2

Parol

Parole2

PetitPerversIllustre

PetitPerversIllustre2

PNPersonnesIntelligentes2

PouvoirParanoia

PouvoirParanoia2

PsychopathesOuPervers

PsychopathesOuPervers2

RÉAGIR FACE AU PERVERS NARCISSIQUE

SCHIZOPHRÉNIE ET PARADOXALITÉ

Sentretuer

Sentretuer2

ServitudeVolontaire

ServitudeVolontaire2

Vengeance

Vengeance2

ViolencesPsy

ViolencesPsy2

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlements de Rue & sexistes\

Des mesures pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports

Harcèlement dans les transports en commun _ aucune femme n’y échappe – Libération

HarcelementRue

HarcelementsTransports

Le harcèlement de rue et le féminisme bourgeois – Rue89 – L’Obs

Le harcèlement de rue, « c’est notre quotidien »

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Institut de Victimologie\

IMPACTS_Annuaire-Psychotraumatisme-Victimologie-IDF

InstitutVictimologie

L’emprise psychologique – Institut de Victimologie

Pascale Boistard _ «La drague n’a rien à voir avec le harcèlement de rue»

Troubles psychotraumatiques complexes – Institut de Victimologie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Nevrose d’Angoisse & autres névroses\

A l’origine de la névrose traumatique, l’effroi ou le stress. Discussion, approches thérapeutiques

Au-delà de la névrose traumatique … Vers une théorie unifiée du trauma

Clinique du syndrome psychotraumatique chronique. Névrose traumatique, état de stress post-traumatique et autres séquelles

Concepts et modèles de l’anxiété

De la thymie dépressive au risque d’effondrement psychotique, évaluation psychanalytique des effets morbides de l’idéal et de ses conséquences dans la conduite de cure

La névrose d’angoisse_Chapitre V du Manuel de Psychiatrie d’Henri Ey

La névrose phobique_Chapitre III du Manuel de Psychiatrie d’Henri Ey

Les différents structures cliniques_névrose, psychose, perversion et personnalités limites

L’évaluation du dommage psychique en droit commun_Revue

Névrose d’angoisse ou troubles anxieux_Revue

Névrose et psychose_quelles définitions pour la psychiatrie contemporaine

Sigmund Freud et Wilhelm Stekel_débats et confrontations sur le problème de l’angoisse

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Traumas_Dissociation_Pierre Janet\

Clinique du psychotraumatisme et erreur de diagnostic en situation transculturelle

Des états dissociatifs vers une clinique des troubles dissociatifs

Discussion autour du traumatisme complexe émergence du concept, étiologie et critères diagnostiques

Discussion autour du traumatisme complexe_émergence du concept, étiologie et critères diagnostiques

Dissociation et passage à l’acte violent une revue de littérature

Evénements à potentialité traumatique et changement de ou dans la personnalité

Introduction générale à la psychopathologie et à la psychothérapie de Pierre Janet

La deuxième vie du traumatisme psychique

La dissociation_un concept central dans la compréhension du traumatisme

La trauma et l’émotion_apports de la théorie janetienne et perspectives nouvelles

Le psychotrauma. II. La réaction immédiate et la période post-immédiate

Le psychotrauma. Stress et trauma. Considérations historiques

Le trauma entre neurosciences et psychanalyse

Le traumatisme du point de vue de la psychiatrie de la personne_Jean Garrabé_CAIRN

Les medecins civils face aux syndromes psychotraumatiques chroniques des soldats des guerres d’Empire

Liste des auteurs Louis Crocq, psychiatre militaire

LouisCrocq

Quand traiter le psychotraumatisme

Surveillance et défriefing en post-immédiat

Trauma et culture_influence des facteurs culturels dans la rencontre traumatique et perspectives psychothérapeutiques

Traumatisme sévère et psychose post-traumatique

Troubles anxieux_Revue

Vers une psychologie janétienne des psychoses

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Victimes & Indemnisation\

Détermination de l’incapacité totale de travail au sens du Code pénal _ mise en œuvre des recommandations de la Haute Autorité de santé en pratique clinique

L’indemnisation des victimes_Revue

La force contraignante de la nomenclature Dintilhac à l’épreuve du principe de réparation intégrale du préjudice

L’évaluation du dommage psychique en droit commun

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Victimologie & violences\

Violences, victime et sociétés_Revue

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Puérilisme\

Le puérilisme dans la psychose

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Quérulence Revendication 2019\

Avocat Sandon

Benjamin Levy _ Université Paris Diderot – Academia.edu

Délire de revendication et quérulence_une revue de littérature Benjamin Lévy

Delire Revendication Benjamin Levy 2014

Entre tribunaux et asiles – des « aliénés persécuteurs » aux « revendicateurs » 1888

France Culture 2016_Quel est l’impact psychologique d’un déni de justice_Ben Lévy

L’homme justicier _ paranoïa quérulente et passage à l’acte meurtrier _ Romuald Hamon_CAIRN

La quérulence processive_vacarme, silence ou parole_Ben Lévy_Les Cahiers de droit

theses.fr – Benjamin Levy, Quérulent processive et délires de revendication. Un autre paradigme de la paranoïa.

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Responsabilité médicale\

Autorité et responsabilités dans la prise en charge des patients hospitalisés d’office

Responsabilité médicale et psychiatrie_Olivia Henri

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Risperdal_Risperidone\

ARIPIPRAZOLE AND RISPERIDONE VERSUS PLACEBO IN SCHIZOPHRENIA AND SCHIZOAFFECTIVE DISORDER

Long-acting risperidone Microspheres For Treatment Schizophrenia

Synthèse à partir de cinq études sur lefficacité et la tolérance de la rispéridone à action prolongée

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Ruwen Ogien\

Décès Ruben Ogien_Par Robert Maggiori

Libération_Hommage à Ogien

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizo 2019 Podcast\

Dans la tête d’un schizo Oct 2018

France Culture 2019 La schizophrénie Une maladie qui ne va pas de soi

Schizophrénie dépassée

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\

6 – Lvaluation des Fonctions Attentionnelles et Exécutives

Améliorer le pronostic fonctionnel de la schizophrénie avec la remédiation cognitive

Aspects cognitifs des hallucinations auditives chez les patients schizophrènes

Blog de Psychopathe-Schizophrene – Confessions d’une Schizophrène Névrotique à tendances Psychopathes et Associales ; – Skyrock.com

Claustration à domicile de l’adolescent. Hikikomori

Cognition, schizophrénie et effet des antipsychotiques_le point de vue d’un laboratoire de recherche clinique

Confessions d’une schizophrène – Emma Derosey – Google Livres

Conventional Neuroleptics Rehabilitation Schizophrenic Patients

De l’hyperactivité à la schizophrénie_Discussion clinique, neurobiologique et thérapeutique, à propos d’un cas

Du délire-discours à l’hallucination ou de la clinique de la psychopathologie

Éducation thérapeutique et schizophrénie_Quel contexte

Effet de l’écoute de mots déjà hallucinés chez des sujets schizophrè_nes en rémission_étude de six cas par la résonance magnétique nucléaire fonctionnelle

En quoi consiste le traitement de la schizophrénie _ _ Allodocteurs

Épisode inaugural d’une schizophrénie 2

Épisode inaugural d’une schizophrénie un traumatisme majeur

Eugène Minkowski. Une oeuvre philosophique, psychiatrique et sociale

Evaluation de l’autonomie sociale et de ses facteurs associés chez des patients tunisiens suivis pour schizophrénie

Fonctions cognitives sous-jacentes aux déficits de fluence verbale dans la schizophrénie _ revue de la littérature

Fondation pour la Recherche Médicale_Schizo_Comprendre & accompagner les patients

Fondation pour la Recherche Médicale_Schizophrénie pdf

FRM Schizophrénie

L’appareil à influencer de Tausk et les concepts de la structure et de l’automatisme dans la psychiatrie et la psychanalyse de son temps

La notion de bouffée délirante aiguê

La rationalité de l’incohérence en conversation schizophrène (Analyse pragmatique conversationnelle et sémantique formelle)

La schizophrénie et sa thérapeutique antipsychotique

La schizophrénie, une psychose chronique

La vie quotidienne du patient schizophrène en rémission

Langage et schizophrénie_l’intention en question

Le rationalisme morbide_une étude clinique

Mécanismes d’indifférenciation entre l’imaginaire et le rationnel chez le schizophrène

Premières données françaises sur la santé des schizophrènes – http://www.frm.org

Presentateur schizo

Psychoses délirantes aiguës

Quelle est la différence entre bipolarité et schizophrénie _ _ Allodocteurs

Qu’est-ce que la schizophrénie – Société québécoise de la schizophrénie

Qu’est-ce qu’il y a de psychotique dans la (les) psychose(s)

Remédiation cognitive  pourquoi en a-t-on besoin et quelles sont ses applications en psychiatrie    Isabelle Amado, M.D., Ph.D.

Remédiation cognitive

Schizophrénie  deux psy sur trois ne le disent pas. Une étude souligne les réticences des médecins à délivrer le diagnostic aux malades mentaux. – Libération

Schizophrénie _ quels traitements _ _ Allodocteurs

Schizophrénie _ un nouvel éclairage sur la maladie _ Allodocteurs

Schizophrénie et cognition_perspective neurodéveloppementale

Schizophrénie et culture_réalités et perspectives à partir de l’expérience tunisienne

Schizophrenie et délire

Schizophrénie et immigration_influence des facteurs psychosociaux

Schizophrénie et violence_comorbidités et typologies

Schizophrénie   les bénéfices des antipsychotiques avérés   Actualité   LeFigaro.fr – Santé

Schizophrénie(s) – Santé mentale de A à Z – Espace Presse – Psycom

Schizophrénie, cognition et neuro-imagerie

Schizotypie

Sexualité de la femme schizophrène en Tunisie

Signe du miroir et adolescence_entre normal et pathologique

Sur l’ambiguïté du négativisme

Symptômes de la schizophrénie   Lilly France

Un déficit de mémoire de la source spécifique chez les patients schizophrènes comparés à des volontaires sains et des patietns présentant un épisode dépressif majeur

Une analyse qualitative du sentiment chronique de vide

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie France Culture\

Comment la grippe espagnole a tué entre 20 et 50 millions de personnes

Evolution du concept de schizophrénie_Kraepelin

Grippe de 1918_la plus grande pandémie de l’histoire de l’humanité

Impact du diagnostique de psychose

La schizophrénie, un concept qui a fait son temps

Schizophrénie _ 2019, l’année du changement de nom _

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Blog de Psychopathe-Schizophrene – Confessions d’une Schizophrène Névrotique à tendances Psychopathes et Associales ; – Skyrock.com_files\

 

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Confessions d’une schizophrène – Emma Derosey – Google Livres_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Premières données françaises sur la santé des schizophrènes – http://www.frm.org_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Qu’est-ce que la schizophrénie – Société québécoise de la schizophrénie_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Récepteurs à dopamine\

Molecular-cloning and characterization of a novel dopamine receptor (D3) As A Target For Neuroleptics

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Remédiation cognitive  pourquoi en a-t-on besoin et quelles sont ses applications en psychiatrie    Isabelle Amado, M.D., Ph.D._files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Schizophrénie   les bénéfices des antipsychotiques avérés   Actualité   LeFigaro.fr – Santé_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Schizophrénie(s) – Santé mentale de A à Z – Espace Presse – Psycom_files\

Manifestation pour le retrait de la loi sur les soins contraints du 9 Avril 2011

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Symptômes de la schizophrénie   Lilly France_files\

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Branch-of-nos-laboratoires-de-recherche

Branch-of-recherche-et-developpement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie_Origine Infectieuse\

Infection dans l’enfance et schizophrénie de l’adulte_Une méta-analyse d’études de cohortes

Traumatic Brain Injury and Psychosis_ Clinical Considerations

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Serge Tisseron\

Histoire de la psychiatrie Tisseron

Honte Tisseron

Résilience Tisseron

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Sérieux & Capgras\

Délire d’interprétation de Sérieux et Capgras — Wikipédia

Les fous raisonnants_à propos de l’oeuvre de Sérieux et Capgras_CAIRN

Paul Serieux_Délire Interprétation & Folie Systématisée

Serieux & Capgras

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Sérieux & Capgras\Délire d’interprétation de Sérieux et Capgras — Wikipédia_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Shakespeare\

Homicide et folie morale dans Richard III de Shakespeare_essai historique

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Shoah\

Approche intergénérationnelle de la mémoire de la Shoah

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Site britannique de psychologie_Narcissism\

3 Breakup Tactics of People With Narcissistic Behavior

3 Secrets to Outsmarting a Narcissist (By Not Trying to) _ Neuroscience and Relationships

4 Traits That Make Identifying Narcissism a Guessing Game _ Neuroscience and Relationships

5 Unhealthy Behaviors That Rob You of Happiness _ Reaching Life Goals

7 Insidious Goals of Gaslighting, 2 of 2 _ Neuroscience and Relationships

7 Toxic Behaviors You Should Never Tolerate _ Knotted_ The Mother-Daughter Relationship

8 Major Signs of Borderline Personality Disorder

9 Signs Of Psychological and Emotional Manipulation

10 Things People With Anxiety Need to Do Every Day _ Reaching Life Goals

10 Ways to Manage Unhealthy and Toxic People

11 Things NOT To Do With Narcissists _ Narcissism Decoded

12 Classic Propaganda Techniques Narcissists Use to Manipulate You _ Narcissism Decoded

14 Thought-Control Tactics Narcissists Use to Confuse and Dominate You _ Narcissism Decoded

15 Things Not To Do With Someone With Borderline Personality

21 Warning Signs of an Emotionally Abusive Relationship

Borderline Personality Disorder Symptoms

Discovering Your Opinions after Narcissistic Abuse _ Narcissism Meets Normalcy

Evicting Your Narcissist’s Voice From Your Head _ Narcissism Meets Normalcy

Healthy Ways to React to Common Toxic and Manipulative Words _ The Psychology of Self

How the Narcissist Hurts You Using Cognitive Empathy _ Liberation after Narcissistic Abuse

How to Declare Your Independence from Narcissists _ Narcissism Decoded

How to Translate Narcissist-Speak _ Narcissism Decoded

It Takes Just One Question to Identify Narcissism

Loving Someone with Borderline Personality Disorder

Narcissism_ Revisiting Five Basic Traits _ Narcissism Meets Normalcy

Narcissists Hate Seeing You Happy _ The Psychology of Self

Neuroscience and Relationships

Sex & the Narcissist_ Sadism (Pt 1) _ Narcissism Meets Normalcy

Sex & the Narcissist_ Sex Addict (Pt 2) _ Narcissism Meets Normalcy

Snowballing Thoughts_ How to Stop Creating Anxiety _ Reaching Life Goals

The 10 Most Toxic Forms of Control in Relationships _ Love Matters

The Curious Double Standards of Narcissists _ Narcissism Decoded

Things Abusers and Manipulators Say to Their Victims _ The Psychology of Self

We’re Always the Villain_ Narcissists Don’t Fight Fair _ Narcissism Meets Normalcy

What It Means When a Narcissist Says _I Love You_ _ Neuroscience and Relationships

What’s a Narcissist’s Punishment_ _ The Psychology of Self

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Socrate\

Folie de Socrate_CAIRN

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Solian_Amisulpride\

Amisulpride Pharmacokinetics

Amisulpride versus risperidone in chronic schizophrenia Functional outcome in a 6 mont double-bind study

Amisulpride

Dimensions Of Psychopathology In Schizophrenia A Factor Analysis Of The Amisulpride Database

Enantioselective analysis of amisulpride in pharmaceutical formulations by means of capillary electrophoresis

From Amisulpride To Rehabilitation

Intoxication à l’amisulpride. À propos d’un cas_ Amisulpride Poisoning. A Case Report – ScienceDirect

Low-dose amisulpride Some evidence for alertness-increasing properties in EEG studies

Safety of amisulpride

The Effect Of Amisulpride On Affective And Social Negative Syndromes In Schizophrenia

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Sommeil\

Sommeil_Biblio_oct2013

France Culture 2017 Pourquoi le sommeil est la moité de la santé

France Culture_A la recherche du sommeil perdu_Arnulf Gronfier

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Stade du miroir\

A propos de l’expérience du miroir dans la névrose et la psychose

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\

Cerveau&Psycho – Le suicide, pathologie de la décision _

Comment traiter la tentative de suicide_Une revue des traitements et de leur efficacité chez des patients borderline

Etats-Unis _ il menace de se suicider, la police le tue

Facebook teste un kit anti-suicide pour ses utilisateurs – Libération

Japon_ ils pactisent pour mourir – Libération

Les toxiques les plus courants et les plus dangereux

Où se suicide-t-on le plus dans le monde _

Suicide et responsabilité

Suicide, l’impensé français • Brèves, Mort, Suicide, Vie, Albert Camus, Camus • Philosophie magazine

Suicide_ 10 idées fausses _ Psychologies

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Andreas Lubitz\

Andreas Lubitz _ «Tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra» – Libération

Andreas Lubitz, pilote «amok»_ – Libération

Andreas Lubitz_ dépression, crises d’angoisse

Andreas Lubitz_2016_«Parfois, des suicides veulent marquer l’histoire» – Libération

Crash _  »probablement un suicide-homicide prémédité » _ Allodocteurs

Crash A320 _ le co-pilote a traversé _un épisode dépressif lourd_ – Sciencesetavenir

Crash dans les Alpes _ le copilote avait fait des recherches internet sur le suicide et les portes de cockpit

Crash de l’A320 _ suicide, dépression… attention aux amalgames ! _ Psychologies

Crash de l’A320 _ Andreas Lubitz _ un suicide _ C’est surtout un homicide sacrificiel – le Plus

Crash de l’A320_ _tout le monde connaîtra mon nom_, expliquait le copilote à son ex-petite amie

Crash de l’A320_ l’état de santé du copilote en question – Libération

Crash de l’Airbus A320 _ le suicide de pilote, un phénomène rare mais pas sans précédent

Depeche – Crash A320_ la dépression, _maladie honteuse_ dans le monde du travail – France 24

En Allemagne, la presse s’interroge sur Andreas Lubitz, le «pilote amok»

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Bipolarite_Suicide\

Conduites suicidaires et troubles bipolaires

Interrogations diagnostiques et thérapeutiques sur un cas de manie confuse d’évolution létale

La fuite des événements dans les suicides maniaco-dépressifs

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Dépression_Suicide\

Liens entre personnalité dépendante, épisode dépressif majeur et tentatives de suicide. Dans une population de 108 suicidants, étude des liens entre personnalité dépendante, dépression

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Publications sur le Suicide\

La sémiologie du suicide au XXIe siècle

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Suicide, l’impensé français • Brèves, Mort, Suicide, Vie, Albert Camus, Camus • Philosophie magazine_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Suicides à la SNCF\

Ces suicides à répétition que la SNCF ne veut pas voir

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Tabac\

Dépendance tabagique et troubles anxio-dépressifs chez le fumeur tunisien

Dépendance tabagique_troubles anxieux et dépressifs

e-Cigarettes _ Tobacco and e-Cigarettes _ JAMA _ The JAMA Network

Effets de la nicotine sur la neurotransmission cérébrale

France Culture 2018 Arrêter la cigarette est une conversion

Lettre College France Spéciale Tabac

Sélection de Livres sur le Tabac 2

Sélection de Livres sur le Tabac

StopTabacCh L’essentiel sur la cigarette électronique (et son système de vaporisation)

StopTabacCh Y a-t-il un lien entre les cigarettes et la dépression

Tabagisme et comorbidités psychiatriques

Tabagisme Handicap

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Troubles Anxieux_Benzodiazepines_Angoisse\

2016_Troubles_anxieux_et_phobiques_Brochure Web

Benzodiazepine

Benzodiazépines _ comment s’en passer _

Le thermalisme psychiatrique dans les troubles anxieux

Mise en place d’un traitement dans un contexte d’angoisse généralisée

Traitement des troubles anxieux généralisés

Usages et mésusages des benzodiazépines en population en France

Le scandale sonore de flics gravement anosognosiques.

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Dans mon immeuble, mon appartement au 3ème étage est truffé de micro-espions. Il est également équipé d’une dizaine de haut-parleurs en sources virtuelles. Une dizaine de flics peuvent me parler de l’extérieur de mon appartement, un peu au-dessus de la fenêtre, sons semblant venir de l’extérieur ou de chez la voisine du dessus. Le logement est scanné par une imagerie inconnue permettant la lecture de la pensée. Les flics m’adressent 1500 – 5000 mots par jour montrant une logorrhée maniaque incoercible. Une cinquantaine de flics se défoulent dans mon domicile depuis 12 ans entre 2007 et 2019. Une vision de l’enfer. La torture (torture blanche) n’a plus forcément lieu dans les commissariats.

Sur l’enfer, Hannah Arendt écrivait : « A ces gens (et ils sont plus nombreux dans n’importe quelle grande ville que nous ne sommes prêts à l’admettre) l’enfer totalitaire ne prouve qu’une chose : que le pouvoir de l’homme est plus grand qu’ils n’eussent jamais osé l’imaginer ; que l’homme peut réaliser des visions d’enfer sans que le ciel tombe ou que la terre s’ouvre ». (Le système totalitaire, p. 256).

 

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Un caisson sonore en guise de logement.

 

 

Mon logement est le lieu des phénomènes suivants :

  • Captations de données informatiques (accès non autorisé à un STAD), commentées de façon sonore en temps réel ou différé. (C’est la nouvelle mode dernier cri). Ouverture de fichiers personnels, de textes écrits sous format Word hors ligne, publiés nulle part, de mails, de publications Facebook et de Messageries instantanées, de consultations internet. Nos ordinateurs sont équipés depuis longtemps de chips (puces), véritables mouchardsce qui les rend visitables et contrôlables à merci. Les flics sont très réactives à des mails. Viol permanent …

Intensité du phénomène : *********°

Chip

  • Sonorisation des véhicules, domiciles (pose de micros) et voies publiques, transports publicscommentées de façon sonore en temps réel ou différé. En lien avec ces procédés, commentaires des émissions télé visionnées.

Intensité du phénomène : ********°°

  • Ecoutes téléphoniques, commentées de façon sonore en temps réel ou différé. Violation de SMS (ou textos de mobiles).

Intensité du phénomène : *****°°°°°

  • Lecture de la pensée (ou détecteur de mensonges) interdit même dans les milieux judiciaires par l’article 3 CEDH (torture, traitements inhumains et  dégradants), pratique contrevenant à la liberté de conscience, de pensée, de religion (article 9 CEDH), commentées de façon sonore en temps réel. Phénomène très spectaculaire pratiqué un peu partout, dans le domicile surtout, mais aussi dans des lieux publics. Exceptionnel scandale. Ce phénomène n’est pas du au fait d’une pathologie mentale (automatisme mental : Pensée devinée, écho de la pensée). C’est le propre des flics d’être paumés par une technologie qu’ils ne maîtrisent plus. La technique en question est tellement rapide qu’elle permet aux flics de savoir ce que je suis en train de lire, ce qui dépasse de loin les espérances de plusieurs scientifiques travaillant sur le sujet. Les commentaires sont sporadiques, mais ils indiquent que le phénomène est pratiqué en permanence, aussi bien le jour que la nuit, dedans et dehors. On me prend pour un cobaye sans mon consentement. C’est là que c’est devenu intéressant. Vu le caractère scandaleux et extrêmement grave de cette opération, la demande en dommages-intérêts au titre de la satisfaction équitable va être très élevé.

Intensité du phénomène : ******°° Forte. Permanente.

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Le Penseur de Rodin.
  • Harcèlements sonores surtout dans le domicile ce qui constitue une violation réitérée du domicile par des fonctionnaires de police … Les policiers ont décidé d’équiper de haut-parleurs le mobilier urbain et mon domicile (en sources virtuelles), le plus souvent à un niveau sonore assez faible (0 dB), mais aussi à un niveau sonore élevé (Cris = 80 – 105 dB). J’affirme avec force que je n’ai pour ainsi dire jamais été victime d’hallucinations auditives. Ce sont des sons que j’entends très distinctement. On a un vrai problème avec les psychiatres.

Intensité du phénomène : *************** Très forte. Permanente.

https://harcelementssursami.wordpress.com/2018/07/30/les-attaques-acoustiques/

Ce résumé décrit l’exacte vérité de ce qui s’est passé …

Ecoutes téléphoniques. D’actualité depuis 2007 dans mon domicile (par François-Bernard Huyghe). Le juge Jean-Paul Valat (2008).

EcoutesTelephoniquesHuyghe

Il a été réalisateur de télévision, puis fonctionnaire international au secteur « Culture Communication » à l’Unesco de 1984 à 19879.

Il enseigne notamment au Celsa Université Paris IV-Sorbonne. Il est directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) où il a créé l’Observatoire géostratégique de l’Information en ligne et où il enseigne. Il est membre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques. Aujourd’hui il intervient comme formateur et consultant pour Huyghe Infostratégie Sarl.

BernardHuyghe
L’auteur.

L’auteur a un page personnelle : https://www.huyghe.fr/
Et un twitter : @HuygheFB 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Bernard_Huyghe

Publication clé : Le procès des écoutes Mitterrandiennes, instruites par le juge Jean-Paul Valat (2008).

CassationEcoutesMitterrandiennes

Géolocalisation abusive et systématique, illégale. Couplage géolocalisation/harcèlements sonores. Pratiqué pendant 12 ans de 2007 à 2019, jour après jour. Atteinte au principe constitutionnel de liberté d’aller et venir (article 4 de la DDH). Avec quelques articles de Droit …

  • Géolocalisation et vidéosurveillance très abusives, systématiques, permanentes, commentées de façon sonore en temps réel. Phénomène extrêmement suprenant. Je ne sais pas comment je suis géolocalisé. J’avais tenté de sortir sans mon téléphone GSM (qui comporte une localisation GPS), ça n’avait rien changé. Je suppose qu’il a été instauré un système très évolué, miniaturisé de vidéosurveillance, ce que la technique peut permettre aujourd’hui. On aboutit ainsi à une violation de la vie privée sociale. Ce groupe sait en permanence où je me trouve, ce qui lui permet de me harceler. Curieuse notion de notre Liberté ! C’est une véritable « traque », qu’on peut désigner sous le terme « stalking ».

Intensité du phénomène : *************** Très forte. Permanente.

La vidéosurveillance a été bien plus loin que ce qui est raconté officiellement et ça nous pose un problème moral, puisque elle a été utilisée à d’autres fins que la sécurité publique. La thèse d’Isabelle Lolies raconte même que la déviation de la vidéosurveillance a été considérée aussi grave que la captation d’images dans des lieux privés … La vidéosurveillance est considérée, surtout lorsqu’elle est accompagnée de commentaires, comme une restriction de la liberté d’aller et venir. J’ai écrit aux services de police de logistique de la vidéosurveillance en Ile de France qui n’ont pas daigné me répondre.

 

CameraEspionMiniaturisee

Les caméras sont aujourd’hui miniaturisées … ce qu’ont constaté tous les utilisateurs de mobiles munis de lentilles miniatures.

 

 

Geolocalisation_20190228_VSG

Courses du matin le 28 février 2019.

 

 

Geolocalisation_20190304_DejeunerAdnane

Déjeuner avec mon ami Adnane le 4 mars 2019 au Flunch de Beaubourg.

 

 

Geolocalisation_20190306_CiteDesSciences

Exposition le Microbiote à la Cité des Sciences avec ma soeur Sonia le 6 mars 2019.

 

 

Geolocalisation_20190312_ConsulatTunis.jpg

Géolocalisé jusqu’au le 12 mars 2019 Consulat de Tunis pour refaire mon passeport tunisien arrivé à expiration …

 

 

Geolocalisation_20190311_Jussieu

Géolocalisé/harcelé le 11 mars 2019 jusqu’à Jussieu pour la conférence inaugurale de la semaine du Cerveau 2019 sur les Addictions. Conférence passionnante.

 

 

Geolocalisation_20190312bis_ESPCI

Géolocalisé/harcelé le 12 mars 2019 jusqu’à l’ESPCI (Ecole Supérieure de Physique & Chimie Industrielle de la Ville de Paris) pour une conférence passionnante sur le sujet : Le libre arbitre existe-t-il ? On ne peut avoir la paix lors de ces conférences : On est gravement harcelé par des flics qui crachent leur bile …

 

 

Geolocalisation_20190313_ENS

Géolocalisé/harcelé le 13 mars 2019 jusqu’à l’ENS-Ulm (Ecole Normale Supérieure) où j’écoutais une conférence passionnante de la philosophe franco-italienne Elena Pasquinelli sur le sujet : Esprit critique, es-tu là ? On a encore été gravement distrait … par des flics psychotiques.

 

 

 

Geolocalisation_20190315_FacMedecineDiderot

Géolocalisé/harcelé le 14 mars 2019 jusqu’à la Face de Médecine de Paris 7 Diderot. Harcelé y compris dans la salle de conférence où se tenait un entretien intéressant sur le thème Le cerveau, ce carrefour entre sciences et humanités.

 

 

Geolocalisation_20190315_Troca

Géolocalisé/harcelé jusqu’au Musée de l’Homme où je suis allé voir l’expo sur les Droits de l’Homme vus par le Street-Art.

 

Ces cartes ont été obtenues grâce à une montre connectée à mon mobile, tous deux de marque Xiaomi.

 

Quelques articles de Droit.

* L’illégalité des surveillances par géolocalisation autorisées par le ministère public, Dalloz 2014, p 115, par Haritini Matsopoulou.

 

IllegaliteSurveillancesGeolocalisation

 

* Géolocalisation et droit au respect de la vie privée par Sofian Anane, 2014.

 

GeolocalisationSofianAnane

 

* Géolocalisation de Convention Européenne des Droits de l’Homme (Article 8 : Respect de la vie privée).

 

GeolocalisationCEDH

Récréation.

La mouche du coche (Fable de la Fontaine). Ou la flic qui ne me quitte pas d’une semelle …

Mouche-Coche

Expression employée pour désigner un individu voulant faire l’empressé et se mêlant de tout sans se rendre vraiment utile.

Cette locution proverbiale s’applique à une foule de gens qui essaient de se donner de l’importance par une activité inintelligente et sans résultat, comme la mouche du coche dans la fable de La Fontaine (livre VII, fable IX), se croyant nécessaire, en bourdonnant aux oreilles de chevaux attelés à une lourde voiture et gravissant à grand’peine une côte.

En voici la morale, qu’on pourrait appliquer à bien des personnes qui s’attribuent des succès auxquels elles n’ont nullement contribué :

Ainsi, certaines gens, faisant les empressés,
S’introduisant dans les affaires,
Ils font partout les nécessaires,
Et partout importuns devraient être chassés.

Effectivement, les exemples sont nombreux dans le monde où l’on rencontre beaucoup de mouches (hommes ou femmes) de cette espèce, faisant beaucoup de bruit, se donnant beaucoup de mouvement, se mêlant de tout, et cela sans devenir réellement utiles. Les Romains connaissaient cette espèce de gens que l’on trouve parfaitement dépeints dans les quatre vers suivants du fabuliste Phèdre :

Est ardelionum quaedam Romae natio,
Trepide concursans, occupata in otio,
Gratis anhelans, multa agendo nibil agens,
Sibi molesta et aliis odiosissima.

(Il se trouve à Rome une espèce de faiseurs d’embarras qui s’agitent et se démènent, montrant beaucoup d’activité, quand il n’y a rien à faire, qui s’essoufflent sans résultat ; qui, toujours affairés, ne font rien. Ils sont incommodes à eux-mêmes et exécrée des autres.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Vie Privée, c’est comme les Droits de l’Homme, c’est Sacré ! (Robert Badinter).

Personnalité antisociale (psychopathe) des flics … A l’origine d’une dangerosité virulente, aboyeuse, ordurière, cynique. Narcissisme malin. Hyper-narcissisme (mépris). Un flic m’avait dit chez moi que j’étais un Mentalist …

Les personnalités pathologiques

Texte issu des éditions Elsevier-Masson.

Résumé. Accès rapide.

Personnalités narcissiques

  • Infatuation
  • Intolérance à la critique
  • Indifférence aux autres
  • Tendance à exploiter les autres
  • Individus apparemment très satisfaits d’eux-mêmes
  • Sentiment pénible d’avoir été exploitées puis rejetées après usage
  • Personnalités limites, histrioniques
  • Comportements d’exploitation d’autrui transgression nécessité impérieuse de tout contrôler intolérantes à la critique
  • Susceptibilité aux aguets
  • Toutes les nuances de l’autosatisfaction
  • Absence de modestie
  • Arrogance
  • Vantardise
  • Prétention
  • Suffisance
  • Morgue
  • Manque de scrupule
  • Elles préfèrent exploiter la faute, la susciter habilement plutôt qu’affronter directement l’adversaire
  • Contrôler les autres à leurs propres fins
  • Une certaine habileté dans la manipulation
  • Indifférentes aux sentiments d’autrui qu’elles sont dans l’incapacité de percevoir (absence d’empathie)
  • Affables jusqu’à l’obséquiosité avec les puissants, elles rudoient les petits et les faibles rejettent sans état d’âme
  • Tous ceux et celles qui ont cessé d’applaudir ou de leur servir de faire-valoir
  • Humeur habituelle enjouée
  • Des accès de colère, de rage froide, hautaine, font alors place à la bienveillance feinte
  • Une estime de soi particulièrement fragile
  • Fluctuations d’humeur rapides
  • Oscillations d’euphorie
  • Sentiment de triomphe et de maîtrise qui salue le succès de leurs manipulations : supériorité-infériorité singularité-banalité puissance-faiblesse richesse-pauvreté beauté-laideur
  • une incapacité à accéder à des critères d’évaluation plus complexes, notamment à percevoir chez les autres des sentiments plus délicats, des valeurs morales, spirituelles, culturelles, lesquelles sont méprisées avec cynisme.
  • Tendance à mentir de façon pathologique et ce par intérêt, plaisir ou habitude, au point de finir par croire en leurs propres mensonges
  • Sentiments envieux à l’encontre des figures professorales intensément enviées et dévalorisées
  • Elles s’attachent volontiers à des personnages tout-puissants et idéalisés qui peuvent s’avérer des prédateurs tout aussi coriaces sinon plus qu’elles-mêmes
  • Blessures d’amour-propre
  • Brusques dévaluations de l’estime de soi
  • À la différence des personnalités antisociales, ils ne considèrent pas que les lois soient forcément mauvaises et injustes, mais destinées aux autres et contournables à leur profit
  • La perception des autres est manichéenne : ils ne peuvent être qu’admirés ou admirateurs, méprisés ou contempteurs, utiles ou usagés
  • Narcissisme malin
  • une forme maligne de narcissisme avec attitude antisociale, associée à une organisation de type borderline
  • un noyau narcissique fondamental, associé à des tendances paranoïaques, antisociales et sadiques
  • Organisation ultérieure de la personnalité autour de rapports de supériorité-infériorité, domination-soumission
  • Intolérance à la frustration
  • La supériorité et l’infériorité varient sans cesse, selon les époques, les gens : il s’agit de simples jugements de valeur

 

Personnalités antisociales.

 

  • Familière, répandue, connue des littéraires et des cinéphiles, la personnalité antisociale a justifié plus de travaux que d’autres personnalités pathologiques
  • mal définie, mal comprise par le grand public
  • Une anomalie de la morale
  • Une transgression des lois et des usages
  • Manque de scrupules vis-à-vis des autres
  • Psychopathes hyperthymiques
  • Psychopathes instables
  • Narcissisme, égoïsme, orgueil, charme superficiel
  • Absence de remords et d’empathie
  • Comportement de délinquance, de l’agressivité et une intolérance à la frustration
  • Transgression des lois sociales : « J’agis, donc je suis. »
  • Toxicomanie comportementale
  • Obsession de s’affirmer de façon solitaire et téméraire, en méprisant la douleur, l’émotion, l’introspection, en laissant de côté les conseils des autres
  • Le psychopathe avance et ne s’écoute pas
  • Mépris des émotions tendres considérées comme des marques de faiblesse
  • Le psychopathe passe à l’acte : c’est un de ses comportements principaux
  • L’action est chez lui une habitude, une idéologie qui prend la place de la réflexion, de l’émotion, des projets. une décision impulsive qui est sensée tout résoudre, même si elle est absurde, hasardeuse ou violente.
  • Limité par l’horizon court du passage à l’acte, le psychopathe ne prend pas le temps de la réflexion, de l’imagination, de l’hypothèse. sans tenir compte des usages, des opinions des autres.
  • Ses comportements transgressent volontiers les lois, sans qu’il s’en soucie ou s’en rende compte
  • Cette méconnaissance donne à son impulsivité un caractère à la fois naïf et conformiste
  • Toxicomanie de l’agi
  • Instabilité
  • Inconséquence
  • Il est facilement violent et agressif, prêt à se battre à la moindre alerte
  • Morale personnelle de l’antisocial
  • Morale de jungle
  • Le psychopathe a une très bonne mémoire pour oublier
  • Le psychopathe développe un univers téméraire, peu intégré, peu rassemblé
  • Troubles sémantiques chez les psychopathes
  • Sa pensée personnelle ne comporte pas de légendes, de mythes ou de références. Elle n’est faite que de représentations d’actes et d’expériences brutes.
  • Les psychopathes se considèrent comme forts, autonomes, conquérants, dominateurs
  • Réalistes, durs, insensibles à la douleur, ce sont des personnages combattants, qui se vantent de leurs exploits et s’enorgueillissent d’écraser les autres.
  • Attitudes, qui recherchent peu un réel assentiment, souvent infantiles
  • Pour le psychopathe, les autres sont des outils dont il peut user à sa guise. Ils sont vulnérables, exploitables, « plumables »
  • Non-culpabilité
  • Le mépris n’est pas sous-tendu, comme chez le paranoïaque, par l’envie ou l’ambivalence ; il n’est fait que d’écrasement
  • Morale générale : « Nous sommes dans la jungle et ce sont les plus forts qui survivront »
  • Idées générales d’une grande brutalité
  • L’étiologie périphérique de la personnalité psychopathique date de près de 30 ans
  • Inhibition des réponses impulsives
  • Fluctuation de l’attention
  • Affirmation par l’acte, répétée de façon compulsive
  • Cette morale est renforcée par deux phénomènes qui vont raviver le mépris des autres « Le psychopathe méprise les autres, et les autres méprisent le psychopathe. »
  • Morale d’adversité et de rupture
  • Trouble de la personnalité sadique
  • Comportements de violence et de cruauté accomplis dans le but de dominer, d’humilier ou de dégrader les autres
  • Il aime tenir les autres sous son emprise et restreindre leur autonomie, cela par la terreur, l’intimidation et l’interdiction.
  • Une position plus forte par des moyens brutaux et amoraux
  • Deux types de troubles de la personnalité antisociale :
    • un type sadique agressif, avec tendance à la cruauté et au besoin impérieux de domination, et
    • un type hétérogène comportant des sujets moins violents, mais ayant tendance à agir dans leur strict intérêt.
  • Prévalences nettes de certaines personnalités parmi les personnalités sadiques : paranoïaque, narcissique, antisociale, borderline, passive-agressive, schizotypique.
  • Mise en cause de sa toute puissance
  • Irréalisme
  • Mauvaise foi
  • Déni des responsabilités
  • Naïveté et rapidité des projets
  • Les croyances de base faisant référence à la brutalité, à la ruse, à l’égoïsme primaire et à l’affirmation outrancière habituelle instabilité des psychopathes.

Texte de l’auteur :

Personnalité narcissique.

Les principales caractéristiques des personnalités narcissiques sont l’infatuation, le besoin constant d’admiration, l’intolérance à la critique, la certitude de mériter un statut privilégié, l’indifférence aux autres et la tendance à les exploiter. Comment de tels traits de caractère, aussi communément partagés que le bon sens, s’assemblent-ils pour constituer une personnalité pathologique et qu’est-ce qui peut bien conduire des individus apparemment très satisfaits d’eux-mêmes à rechercher une aide psychologique ?

La souffrance psychique des sujets narcissiques résulte des déconvenues répétées de l’existence imputables aux perturbations de leur personnalité : elle seule motive une demande d’aide psychiatrique à l’occasion d’accès dépressifs à dominante hypocondriaque, d’impuissance sexuelle, d’abus de toxiques ou d’une énième rupture sentimentale favorisant la prise de conscience douloureuse que la vision grandiose de soi-même est loin d’être partagée par les autres.

Après une phase d’ascension sociale, favorisée par leur bonne opinion d’eux-mêmes, l’indifférence à autrui et l’absence habituelle de scrupules, les personnalités narcissiques commettent des erreurs de jugement liées à la surestimation de leurs propres compétences et qualités. Elles connaissent des échecs cuisants qui les amènent à rabattre de leur superbe. Elles vieillissent mal. Le regard neuf des jeunes générations, aux valeurs esthétiques différentes, brille moins que celui de leur public habituel, lequel finit d’ailleurs par se lasser de n’être convié qu’à célébrer leurs mérites sans contrepartie. Elles s’alarment alors de leur santé physique dont l’altération supposée vient à point nommé pour expliquer leurs défaillances. C’est donc par le biais de la médecine interne ou de spécialité que les personnalités narcissiques sont le plus souvent conduites à consulter un psychiatre non sans quelques réticences et attitudes de prestance quelque peu condescendantes.

Les illusions de richesse et de succès des personnalités narcissiques contrastent en effet avec la pauvreté de leur vie affective, l’échec de leur vie privée. Narcisse traite le genre féminin avec un tel mépris qu’il finit par déclencher la juste colère de Némésis : elle le condamne à tomber amoureux de son propre reflet car il a réduit au désespoir la nymphe Écho condamnée à renvoyer éternellement les paroles des autres. Tel est le destin des personnes proches des individus narcissiques : initialement fascinées par les attributs majestueux qui stimulent leurs propres aspirations de grandeur ou de protection, elles sont bientôt réduites à l’état de spectatrices passives. Elles sont obligatoirement admiratives, comme interdites d’éprouver d’autres sentiments que ceux imposés par le tyran qu’elles ont élu. Tant qu’elles participent au concert de louanges, elles peuvent chérir l’illusion d’être elles-mêmes admirables d’admirer. Mais il n’en va plus de même quand l’inévitable concert de reproches ou de lamentations leur fait place. Elles éprouvent alors le sentiment pénible d’avoir été exploitées puis rejetées après usage.

Le concept de narcissisme, initialement utilisé par Freud de façon restrictive pour expliquer le choix d’objet homosexuel masculin, a été étendu à l’ontogenèse. Il a subi tant d’avatars qu’il est devenu passe-partout et dénué de toute spécificité. À mesure que les psychanalyses des pathologies de caractère hystérique, obsessionnel et phobique ne remplissaient plus leurs promesses thérapeutiques et conduisaient certains à renoncer à l’« idée incurable » de guérison (Pontalis, 1978), les personnalités narcissiques, initialement considérées comme inanalysables, car proches de la psychose, connaissaient un intérêt croissant, notamment dans les oeuvres de Kernberg (1975) et Kohut (1975), au point d’accéder au rang des meilleures indications de la psychanalyse. Le concept de narcissisme, en dépit de son flou, reste donc solidement ancré dans le langage psychiatrique et subsiste dans la classification DSM, malgré sa connotation étiologique.

Dans le groupe 2 de l’axe II du DSM-IV, les personnalités narcissiques côtoient les personnalités limites, les histrioniques et les antisociales avec lesquelles elles pourraient être confondues tant elles présentent de traits communs. Un meilleur contrôle émotionnel et attentionnel les en distingue principalement et contribue probablement à une meilleure réussite sociale.

Les Caractères abondent de portraits d’orgueilleux dont La Bruyère excelle à peindre l’allure grotesque pour l’opposer à la vraie grandeur : la noblesse du coeur et de l’esprit. De nos jours, les Narcisse ne sont pas moins nombreux qu’à la cour du Roi Soleil, mais tous peuvent désormais prétendre à la notoriété car la puissance des médias leur offre une audience quasi illimitée. Ces derniers célèbrent sans discontinuer le culte du succès, de la richesse et de la beauté qui tendent à s’imposer comme normes sociales dominantes. Comment différencier les personnalités narcissiques de cette toile de fond, de cette foire aux vanités, et faire la part de ce qui est pathologique et de ce qui appartient à l’« esprit des moeurs » ? Aucun La Bruyère, aucun Molière ne répondent aujourd’hui, et ils nous manquent cruellement.

La mission des psychiatres n’est certes pas de combler ce vide, mais de prendre en compte la souffrance ressentie ou infligée à leurs proches par les personnalités narcissiques et de leur apprendre les moyens pratiques et efficaces de les alléger. C’est l’objectif principal des thérapies cognitives : c’est pourquoi les personnalités narcissiques constituent une excellente indication aux thérapies cognitives à condition que les comportements d’exploitation d’autrui ou de transgression ne soient pas trop prépondérants.

Apparence comportementale

La recherche acharnée d’un statut spécial, la nécessité impérieuse de tout contrôler afin de parvenir à leurs fins, quels qu’en soient les moyens, résument le comportement habituel des personnalités narcissiques. Elles recherchent activement l’admiration d’autrui et sont intolérantes à la critique. Une susceptibilité aux aguets se dissimule derrière toutes les nuances de l’autosatisfaction, de l’absence de modestie jusqu’à l’arrogance en passant par la vantardise, la prétention, la suffisance, les airs pompeux, la morgue. Intarissables sur leurs qualités ou leurs prouesses, elles semblent exclusivement préoccupées par le spectacle d’elles-mêmes auquel elles convient les autres.

Leur apparence est recherchée, élégante sans être forcément tapageuse, ou encore nonchalante, soigneusement négligée, témoignant d’une désinvolture qui ne manque pas de s’exercer aux dépens de ceux qui succombent à leur charme.

Elles sont jalouses de leurs propres biens et envieuses de ceux des autres qu’elles affectent de mépriser. Seules leur propre richesse, leur beauté et leur renommée semblent les intéresser : elles recherchent la compagnie des célébrités du jour afin de se placer sous les projecteurs ou dans le champ de la caméra. Il n’est pas de personnage en vue qui ne devienne prétendument leur ami si ce n’est leur obligé. Elles affectionnent traitements de faveur, passe-droits, marques d’attention spéciales ou de servilité qui sont leur ordinaire. Exceptions vivantes aux règles qui assujettissent le commun des mortels, les personnalités narcissiques prétendent aux mêmes privilèges dans l’adversité. Promptes à s’alarmer au moindre souci de santé, elles consultent derechef les sommités du temps qui deviennent prétendument leurs amies.

Relations interpersonnelles

Les alternances d’admiration et de mépris rythment toutes les relations sociales des personnalités narcissiques. Les autres doivent être le reflet de leur propre grandeur : elles utilisent tous les registres de la flatterie à la flagornerie pour y parvenir. L’adversité ne les stimule pas à la différence des personnalités antisociales dont elles partagent le manque de scrupule. Elles préfèrent exploiter la faute, la susciter habilement plutôt qu’affronter directement l’adversaire.

Contrôler les autres à leurs propres fins constitue leur activité principale : elles font preuve à cet égard d’un talent particulier d’autant plus que les nombreux succès remportés auprès de ceux qui en ont été dupes leur confèrent une certaine habileté dans la manipulation et les renforcent dans leur conviction d’être dans leur bon droit. Au besoin, elles rémunèrent les marques d’admiration par des cadeaux somptuaires, des pourboires exorbitants destinés à épater la galerie, non sans mépriser simultanément la vénalité de leurs bénéficiaires.

Indifférentes aux sentiments d’autrui qu’elles sont dans l’incapacité de percevoir (absence d’empathie), elles exploitent sans vergogne leurs ressources et leurs qualités pour briller davantage. Affables jusqu’à l’obséquiosité avec les puissants, elles rudoient les petits et les faibles.

Aucune société humaine permanente ou temporaire n’est épargnée par ces prédateurs et ceci de tout temps : toutes peuvent offrir un cadre propice, une niche écologique où ils s’adaptent et se perpétuent, qu’il s’agisse des sociétés savantes ou sportives, d’organisations de travail ou de loisirs. Les lieux où l’on s’affiche, les milieux du spectacle, de la mode, des médias ont leur préférence mais ils ne dédaignent pas les compagnies plus humbles où ils peuvent briller sans péril de concurrence et faire des conquêtes à peu de frais. À la recherche constante d’un public admiratif, les personnalités narcissiques sélectionnent leurs relations sociales dans ce but unique et rejettent sans état d’âme tous ceux et celles qui ont cessé d’applaudir ou de leur servir de faire-valoir. C’est dire que leur cercle d’admirateurs s’amenuise au fil des ans, réduits à quelques familiers successivement flattés, stipendiés et méprisés. Les propos blessants et les humiliations finissent par faire le vide autour d’eux. La solitude et la dépression s’installent. Les plaintes hypocondriaques font place aux autocélébrations grandiloquentes : loin d’émouvoir et d’attirer les regards, elles finissent par user la patience de leurs derniers fidèles. La maladie organique ou le suicide peuvent conclure un parcours solitaire à force d’illusions.

Gestion des affects

Demeurer sous les projecteurs, rester le point de mire de regards admiratifs ou envieux constituent des sensations fortes dont la recherche motive de façon permanente les personnalités narcissiques. Leur humeur habituelle est donc enjouée, charmeuse mais contrôlée, comme sur le qui-vive, à l’affût des proies potentielles. La froideur et le calcul percent sous l’aménité de façade. La bonne humeur et la nonchalance affectées dissimulent l’angoisse de ne pas plaire, d’être critiquées, rejetées, ce qui advient inévitablement. Des accès de colère, de rage froide, hautaine, font alors place à la bienveillance feinte. L’impuissance sexuelle, la dépression, les angoisses hypocondriaques succèdent aux moments d’euphorie ou sanctionnent des conduites addictives ou à risque effectuées sous l’emprise du sentiment d’invulnérabilité et d’impunité. Elles témoignent d’une estime de soi particulièrement fragile, contrastant avec les forfanteries habituelles. Leur flegme apparent masque en fait des fluctuations d’humeur rapides, des oscillations d’euphorie et d’abattement : le sentiment de triomphe et de maîtrise qui salue le succès de leurs manipulations contraste avec l’accablement qui résulte d’échecs en apparence bénins. Les personnalités narcissiques encaissent mal les coups du sort et tout particulièrement du vieillissement et de la maladie : habituées à s’inspecter sans relâche, elles en guettent les signes avant-coureurs. Leur obsession de perfection en fait des malades surinformés. Après avoir usé de toutes les jouissances de l’existence, y compris des plus perverses, les personnalités narcissiques trouvent dans la manipulation gourmande du jargon médical propre à l’hypocondrie une compensation à leur vertu, désormais obligatoire.

Style cognitif

Toute l’activité psychique des personnalités narcissiques est accaparée par des thèmes de grandeur, envahie par des rêveries grandioses où elles s’octroient la meilleure place. Des fantaisies de richesse, puissance et beauté se succèdent et s’alimentent du spectacle des célébrités du temps. La dimension visuelle et l’importance accordée à l’apparence prédominent dans l’analyse de la réalité. Elles se comparent automatiquement aux autres en termes de supériorité-infériorité, singularité-banalité, puissance-faiblesse, richesse-pauvreté, beauté-laideur. Le traitement des informations est dichotomique. Il en résulte des distorsions perceptives, un appauvrissement du registre cognitif, une incapacité à accéder à des critères d’évaluation plus complexes, notamment à percevoir chez les autres des sentiments plus délicats, des valeurs morales, spirituelles, culturelles, lesquelles sont méprisées avec cynisme.

L’activation permanente des processus d’auto-attribution en termes de grandeur régit toute leur activité mentale et les conduit à enjoliver leurs récits, à mentir de façon pathologique et ce par intérêt, plaisir ou habitude, au point de finir par croire en leurs propres mensonges. Ces processus ressemblent aux pseudologies fantastiques des pathologies factices. Ils perturbent considérablement leur jugement et les conduisent à des erreurs par forfanterie.

Les processus attentionnels peuvent également être perturbés par l’invasion de fantasmes de grandeur qui gênent les apprentissages ou par des sentiments envieux à l’encontre des figures professorales intensément enviées et dévalorisées. Les études secondaires ou supérieures peuvent être brillantes si elles sont associées à un statut privilégié, à des marques d’admiration. Mais les critiques sont mal reçues ; les déceptions succèdent aux débuts prometteurs.

La confrontation de leurs propres qualités surévaluées à l’épreuve de la réalité inflige souvent aux personnalités narcissiques des démentis pénibles. En dépit de leur souci d’indépendance, elles s’attachent volontiers à des personnages tout-puissants et idéalisés qui peuvent s’avérer des prédateurs tout aussi coriaces sinon plus qu’elles-mêmes. Elles cèdent alors à des pensées catastrophiques, au doute sur leur propre valeur, à l’angoisse. Il leur est donc indispensable de se rassurer en recueillant sans délai ni relâche des témoignages d’admiration.

Les blessures d’amour-propre, les brusques dévaluations de l’estime de soi conduisent à la consommation solitaire ou conviviale de toxiques qui favorisent l’évasion dans un monde irréel. L’angoisse y est abolie et les conduites à risque, les passages à l’acte effectués avec un sentiment d’impunité (prodigalités, harcèlements sexuels, violences, conduite automobile imprudente ou en état d’ivresse).

La perception de soi des individus narcissiques est caractérisée par un sentiment d’unicité, d’exception. À la différence des personnalités antisociales, ils ne considèrent pas que les lois soient forcément mauvaises et injustes, mais destinées aux autres et contournables à leur profit. L’immunité narcissique se cumule volontiers avec d’autres. La devise, le schéma central des individus narcissiques, est : « Je suis spécial. » Toutes les croyances secondaires découlent de ce postulat fondamental d’exception :

« Puisque je suis spécial, j’ai le droit à des privilèges. »

« Je dois être admiré. »

« Ceux qui ne m’admirent pas doivent être punis. »

« Ceux qui me critiquent m’en veulent, sont jaloux. »

« Mes besoins passent avant ceux des autres. »

« Je suis au-dessus des lois. »

La perception des autres est manichéenne : ils ne peuvent être qu’admirés ou admirateurs, méprisés ou contempteurs, utiles ou usagés. Le sentiment d’être seul contre tous résulte d’une méfiance née des déconvenues antérieures, de la tendance à attribuer à autrui leurs propres traits de caractère.

Il est bien évident que l’objectif des thérapies cognitives n’est pas d’extirper des convictions aussi profondément enracinées mais d’en atténuer la tyrannie en restaurant une capacité de jugement plus nuancée et en leur apprenant à respecter davantage les sentiments d’autrui.

Le narcissisme malin

À côté d’une forme courante de trouble de la personnalité narcissique qui reste socialement adaptée et peut consulter en psychiatrie, Kernberg (1989, 2007) décrivit une forme maligne de narcissisme avec attitude antisociale, associée à une organisation de type borderline et résistant aux thérapeutiques. Reprenant ce concept dans le cadre d’une enquête sur les contes de fées, Goldner-Vukov et Moore (2010) isolent un noyau narcissique fondamental, associé à des tendances paranoïaques, antisociales et sadiques.

Épidémiologie

D’abord décrit par le psychanalyste Kernberg au sein d’une clientèle newyorkaise, le trouble de la personnalité narcissique n’a pas d’emblée donné lieu à des recherches en population générale. Dans leur synthèse établie en 2002, Charitat et Schmitt donnent une prévalence de 1 % dans la population générale. De façon contrastée, Stinson et coll. (2008) proposent une prévalence sur la vie beaucoup plus importante, 6,2 %, dans le cadre d’une vaste enquête épidémiologique pratiquée aux États-Unis. Plus fréquente chez l’homme que chez la femme (7 % versus 4 %), la personnalité narcissique se trouve particulièrement présente chez les Noirs, les Hispaniques et les célibataires. Elle est associée aux troubles de l’humeur, au stress post-traumatique et à une certaine marginalité. Le lien avec le stress posttraumatique est également noté par Pietrzak et coll. (2010). De façon plus médicale, Zimmerman et coll. (2005) ont pratiqué une enquête chez des patients consultant en psychiatrie. La fréquence du trouble de la personnalité narcissique est alors de 2 %. La personnalité narcissique est également signalée dans les populations criminelles, en particulier chez le pédophile hétérosexuel familier (Proulx et coll., 1999).

Étiopathogénie

L’étiopathogénie des personnalités narcissiques a fait couler beaucoup d’encre. Pour Kernberg (1970), il s’agit d’une pathologie située au « niveau inférieur d’organisation » de la pathologie du caractère dont la thérapeutique nécessite des ajustements techniques aussi directifs que pour les personnalités limites.

Kohut (1975) est plus indulgent et décèle dans certaines de leurs pulsions exhibitionnistes un « narcissisme sain » qu’il convient de distinguer du pathologique en aidant le « Soi » à se restaurer.

Millon (1981), dans une perspective radicalement comportementale, met l’accent sur les facteurs éducatifs et renforcements positifs inappropriés émis par les parents ou les proches au cours de la petite enfance : lorsque les parents répondent à leur enfant par une admiration exagérée, ils perturbent la perception de sa propre valeur en regard de la réalité. Il s’agit pour cet auteur d’une distorsion de l’image de soi, souvent accentuée par « modelage social » sur la propre infatuation des parents.

La pertinence clinique de la théorie proposée par Frances (1985) est plus satisfaisante : tous les enfants uniques ou gâtés ne deviennent pas forcément narcissiques, tant s’en faut. En revanche, certains enfants défavorisés ou « spéciaux », en raison d’un statut différent (ethnique, économique, handicap) le deviennent volontiers. Ils développent des sentiments d’infériorité et d’envie qu’ils compensent par des fantaisies grandioses et l’attachement à des personnalités outrecuidantes ou cyniques qui sont révérées et imitées. Certaines expériences d’humiliations précoces à l’occasion des premières expériences affectives ou scolaires peuvent avoir un rôle déterminant et focaliser toute l’organisation ultérieure de la personnalité autour de rapports de supériorité-infériorité, domination-soumission. Une pathologie psychotraumatique est d’ailleurs retrouvée par certains auteurs chez les sujets narcissiques (Bierer et coll., 2003 ; Grover, 2007).

Bien évidemment, toutes ces données résultent d’études de cas individuels peu nombreuses et ne sauraient être extrapolées à l’ensemble et à la diversité des personnalités narcissiques.

Thérapeutique cognitive

Les personnalités narcissiques constituent probablement une des meilleures indications des thérapies cognitives, après les histrioniques, à condition que les comportements d’exploitation et les conduites addictives ne soient pas prépondérants. Les patients narcissiques mettent au service de la thérapie leur goût de l’excellence mais s’avèrent fort sensibles aux expériences émotionnelles susceptibles d’amoindrir leur estime de soi. La relation thérapeutique est donc gratifiante au début mais devient rapidement difficile, car ces patients tolèrent mal la frustration ou transgressent volontiers les conventions thérapeutiques. Les thérapeutes doivent être particulièrement attentifs à leurs propres réactions émotionnelles et utiliser pour eux-mêmes de façon intensive les techniques cognitives en vue de maintenir leur estime de soi. Ces patients sont en effet prompts à les dévaloriser après les avoir flagornés. Les thérapeutes doivent garder à l’esprit que le style cognitif des patients narcissiques s’exprime en termes de supériorité-infériorité et que la relation thérapeutique ne saurait y échapper. Le maintien d’un cadre thérapeutique strict est donc indispensable et nécessite de faire face aux tentatives de séduction ou de transgression destinées à obtenir un statut privilégié (fumer pendant les séances, modifier sans cesse les horaires à sa guise). Les objectifs de la thérapie cognitive sont :

  • maintenir une bonne coopération thérapeutique, difficile chez ces patients susceptibles et exigeants ;
  • minimiser les affects pénibles liés aux jugements négatifs des autres, élargir le registre cognitif, prendre conscience des nuances dans les jugements ;
  • développer des capacités d’empathie et amoindrir des comportements d’exploitation d’autrui.

Les techniques cognitives consistent dans le repérage des situations problématiques. La succession des situations ® émotions  ® cognitions ® comportements doit être notée sur un carnet de bord afin d’établir une liste de problèmes concrets sur lesquels revenir souvent.

Le recadrage cognitif consiste à affaiblir les sentiments de supériorité en imaginant des croyances alternatives du type « Chacun est spécial à sa manière », « Les choses ordinaires peuvent avoir du bon », « L’esprit d’équipe peut avoir des avantages », « Je peux être heureux sans être perpétuellement admiré », « La supériorité et l’infériorité varient sans cesse, selon les époques, les gens : il s’agit de simples jugements de valeur », etc.

Sous leur trivialité apparente, ces croyances alternatives contribuent à rassurer les patients narcissiques sur leur estime de soi toujours en péril : ils en pèsent les avantages et les inconvénients, d’abord d’une façon théorique qui concorde avec leur penchant pour la rationalisation, puis d’une façon pratique grâce à des jeux de rôle et des épreuves de réalité. Le développement de la capacité de questionnement des autres passe par des épreuves de réalité telle que l’agréable pêche aux compliments puis la sollicitation des avis et critiques : par exemple, le thérapeute propose, à titre d’expérience d’exposition dans le cadre de la séance, d’émettre des commentaires, d’abord bienveillants, puis plus acerbes sur la personne du patient. Le renversement des rôles contribue à activer les mécanismes de compréhension des jugements des autres et à en améliorer progressivement la tolérance.

L’amoindrissement des comportements d’exploitation d’autrui (harcèlements sexuels), d’agressivité (conduite automobile imprudente) et d’abus toxiques (états d’ivresse) est une des ambitions du traitement : le patient est invité à établir un carnet de bord en forme d’argumentaire où noter quotidiennement les avantages et les inconvénients liés à ces pratiques. Grâce à l’évaluation répétée des gains qui résultent du renoncement aux activités à risque ou de la non-consommation de toxiques, l’adhésion des patients peut être obtenue progressivement. Les défaillances prévisibles sont anticipées, débattues, afin que le patient prenne conscience que l’attitude du thérapeute ne saurait être celle d’un censeur, même à son insu. Les techniques cognitives comportent donc de nombreuses interventions comportementales destinées à modifier les comportements problématiques de façon à alléger la souffrance des personnalités narcissiques ou de leur entourage. Ce dernier peut être également convié à participer au traitement soit par la participation à une thérapie cognitive de couple, soit en effectuant un travail cognitif concomitant.

 

Personnalité antisociale.

Définitions, épidémiologie

Familière, répandue, connue des littéraires et des cinéphiles, la personnalité antisociale a justifié plus de travaux que d’autres personnalités pathologiques. Malgré cela, elle reste mal définie, mal comprise par le grand public, justifiant des attitudes thérapeutiques qui demeurent boiteuses, discutées. L’antisocial, ou mieux le psychopathe, dupe nos classifications comme il dupe dans la vie le vulgaire pékin. Comment en sommes-nous arrivés là ? Une première raison ancestrale de cet égarement est que ce client particulier se voit traité par au moins trois institutions – la police, la justice et la médecine –, lesquelles adoptent à son endroit des attitudes disparates. Ce sont déjà plusieurs discours. Une autre raison, plus psychiatrique, est que trois traditions historiques, française, germanique et anglaise, en proposent des analyses notoirement diverses. Les Français d’autrefois, Magnan et Morel, faisaient du psychopathe un dégénéré constitutionnel portant dans son capital héréditaire son déséquilibre. Ce dernier terme désignait une prise de pouvoir flagrante, bestiale et inhumaine, des pulsions instinctives sur la raison. L’impulsivité, retrouvée çà et là dans les instruments modernes de diagnostic, est une trace ultime de cette conception. L’école anglaise, avec Pritchard (1835) et Maudsley (1879), définissait cette pathologie comme une anomalie de la morale : elle se réduisait à une transgression des lois et des usages, sans autre trouble adjacent de nature intellectuelle ou affective. Récemment, sous l’influence du comportementalisme, cette conception a été renforcée. L’expression de personnalité psychopathique a été remplacée par celle de personnalité antisociale et sa définition se réduisait, dans le DSM-III-R, à une énumération quasi policière de transgressions diverses : destruction de biens, exercice d’une activité illégale, chômage de longue durée, voyage d’un lieu à un autre sans projet précis, malnutrition d’un enfant, etc. Une telle description, extérieure et sociale, très fragile au gré des époques et des pays, apparaît comme frustrante et sommaire, niant toute psychologie. Dans la pratique, elle a eu l’inconvénient de laisser inclure dans la catégorie des personnalités antisociales des troubles, éventuellement circonstanciels, qui avaient une autre origine. Vivement critiquée par plusieurs auteurs, elle a été remaniée pour aboutir dans le DSM-IV à une définition plus large et plus psychologique (Widiger et Corbitt, 1993). Au comportement de délinquance, ce manuel ajoute l’inconséquence, avec incapacité à maintenir des engagements, le manque de scrupules vis-à-vis des autres, le mépris du danger – pour soi et pour les autres. L’impulsivité est une dernière caractéristique, bien classique.

L’école germanique, avec K. Schneider, est à l’origine du terme de personnalité psychopathique. Le trouble est ici conçu comme le dérèglement de certaines facultés psychologiques ; la transition est progressive par rapport à la personnalité normale. Schneider décrivit plusieurs types de personnalités psychopathiques en fonction de la dysrégulation concernée : psychopathes hyperthymiques, dépressifs, fanatiques, explosifs, etc. Les psychopathes instables correspondent à ceux qui nous intéressent dans ce chapitre. Ce sont les impulsifs, les vagabonds, les gaspilleurs, les incendiaires, les kleptomanes. Schneider s’interrogeait sur l’origine thymique ou épileptique de ces manifestations impulsives. Dans son évolution jusqu’à nos jours, le concept de personnalité psychopathique s’est enrichi diversement, en particulier dans la mouvance de la psychanalyse et du cognitivisme. Le terme est réutilisé aujourd’hui, en particulier par R.D. Hare qui a proposé une échelle graduée de psychopathie, la Hare’s Psychopathy Checklist, en vingt items (Hare, 1980, 1991). Cette échelle se décompose en deux facteurs. Le premier facteur rassemble les traits suivants : narcissisme, égoïsme, orgueil, charme superficiel, absence de remords et d’empathie. Le second facteur est plus antisocial, avec un comportement de délinquance, de l’agressivité et une intolérance à la frustration.

Sous ce terme de trouble psychopathique, le tableau se complète et prend une plus grande rondeur psychologique. Il a l’intérêt, déjà présent chez Schneider, de situer une compréhension du trouble qui se trouve ailleurs que dans les agissements du sujet, et de restaurer ainsi la position du psychiatre par rapport à celle, empirique, du policier, pour lequel l’antisocial n’est rien d’autre qu’un sujet qui manifeste un comportement antisocial – comme le toxicomane n’est rien d’autre qu’un sujet qui consomme de la drogue. Mais il faut alors trouver les clés qui ouvrent la boîte noire. Elles sont peu nombreuses malgré les recherches attentives des psychologues, des neurophysiologistes et des généticiens. Une fois de plus, les cognitivistes sont attendus avec impatience.

Avant d’aborder notre réflexion, posons d’emblée les axes de la perspective cognitive. Il n’est pas question ici de prendre comme dimension première de cette personnalité la transgression des lois sociales, caractéristique culturelle, acquise ou imprégnée par imitation et par conséquent non naturelle. Nous devons situer les dysfonctionnements en amont, la délinquance s’en proposant ensuite comme une suite logique. Trois traits de personnalité peuvent nous servir de repères. Le premier est la facilité à agir, quel que soit le domaine de cette action : « J’agis, donc je suis. » C’est un élément bien classique qu’il faut comprendre comme une toxicomanie comportementale, prenant la place de la réflexion, de l’imagination et de l’anticipation. Le deuxième est l’obsession de s’affirmer de façon solitaire et téméraire, en méprisant la douleur, l’émotion, l’introspection, en laissant de côté les conseils des autres. Le psychopathe avance et ne s’écoute pas. Cette particularité est mise en avant par des auteurs récents tels que Millon et Everly (1985), Kagan (1986) et Beck et Freeman (1990). Un troisième trait fondamental est le mépris des émotions tendres qui sont considérées comme des marques de faiblesse. Il en résulte une prédilection pour le mal et la douleur, plutôt infligés que subis, avec une attitude de triomphe dans la perversité que Kernberg qualifie de narcissisme malin (Kernberg, 1989, 2007).

L’épidémiologie a varié avec les époques, les contrées et les méthodes. La prévalence de 0,2 % estimée par Maier et coll. (1992) en Allemagne avec le SCID (cité par de Girolamo et Reich en 1993) contraste avec des prévalences sur la vie entière qui se stabilisent autour de 2 et 3 % pour des auteurs récents. Pour Grant et coll. (2004) qui ont mené une enquête épidémiologique aux États-Unis portant sur l’ensemble des troubles de la personnalité, la personnalité antisociale apparaît comme la plus fréquente, avec une prévalence à 3,6 %. La même équipe constate une comorbidité importante avec l’usage de drogues et d’alcool, observé dans 60 % des cas, particulièrement chez les hommes jeunes, vivant seuls, de bas niveau socio-économique (Compton et coll., 2005 ; Goldstein et coll., 2007). Dans une population de patients consultant en psychiatrie, la fréquence de ce trouble de la personnalité est de 3,6 % pour Zimmerman et coll. (2005). Pour Nestadt et coll. (2010), cette personnalité est stable sur une durée de douze à dix-huit ans. Plusieurs auteurs ont remarqué une comorbidité manifeste entre le trouble de la personnalité antisociale et le déficit de l’attention avec hyperactivité, corrélation également observée chez les délinquants et prisonniers de sexe masculin ou féminin (Semiz et coll., 2008 ; Goldstein et coll., 2010 ; Rösler et coll., 2009). Rappelons également la corrélation avec le trouble oppositionnel avec provocation observé chez l’enfant (Burke et coll., 2010).

Comportement et stratégie interpersonnelle.

Le psychopathe passe à l’acte : c’est un de ses comportements principaux. L’action est chez lui une habitude, une idéologie qui prend la place de la réflexion, de l’émotion, des projets. Devant toute anxiété qui s’ébauche, incertitude qui se profile, menace qui rôde, le psychopathe répond par une décision impulsive qui est sensée tout résoudre, même si elle est absurde, hasardeuse ou violente. L’acte réalisé n’a souvent une signification qu’après coup. Il se déclenche au hasard, sans direction particulière : c’est une fugue, un geste violent ou délictueux, la rupture rapide d’une relation, l’absence inopinée lors d’un engagement concerté à plusieurs.

Ce désir de trancher se renouvelle de façon compulsive, s’auto-alimentant de sa propre jouissance, sans considération particulière pour le résultat. Limité par l’horizon court du passage à l’acte, le psychopathe ne prend pas le temps de la réflexion, de l’imagination, de l’hypothèse. Il se déploie sans tenir compte des usages, des opinions des autres. Ses comportements transgressent volontiers les lois, sans qu’il s’en soucie ou s’en rende compte. Cette méconnaissance donne à son impulsivité un caractère à la fois naïf et conformiste. Pour inventer ou créer, il faut s’appuyer sur des fantasmes ou des rêveries que le psychopathe n’a guère le temps d’ébaucher ; ses improvisations ne dépendent que du hasard ou d’un modèle convenu.

Cette toxicomanie de l’agi explique aisément l’instabilité et l’inconséquence. Certes, le psychopathe bâtit, à la va-vite, des plans et des projets mais de façon peu cohérente, inadaptée, et qui seront bouleversés par des impulsions ultérieures. Ce qu’il ressent est aussi urgent et volatil que ce qu’il mobilise, d’où des inspirations et des engouements qui accentuent encore son impatience et son insatisfaction.

La méconnaissance des lois et l’absence de référence culturelle n’expliquent pas toutes les transgressions du psychopathe. Il est facilement violent et agressif, prêt à se battre à la moindre alerte. C’est qu’il tient à s’affirmer par les moyens les plus élémentaires, les plus physiques. Il croit en lui, il méprise les autres et ne leur fait pas confiance ; il y a là une morale simplissime, bâtie depuis longtemps et largement éprouvée, une morale de jungle, sans tendresse aucune. C’est une éthique solitaire, qui ne demande ni ne donne, qui se veut réaliste, pragmatique, débarrassée des subtilités ou des sentiments. Les lois, les engagements, les impôts, les limitations de vitesse : tout cela le gêne. De la même façon, il ne s’encombrera pas de souvenirs, de remords, de chichis ; il fonce, il veut bâtir ; telle est son unique loi.

Derrière elle tout s’efface, en particulier les autres, dont il n’imagine jamais la position ou la souffrance ; lui-même n’en éprouve guère. Le mensonge, dans lequel il se dupe lui-même, ne le dérange pas car, en permanence, la fin justifie les moyens. De même, il joue sans remords tel ou tel personnage qu’il n’est pas, s’improvise, se coule dans un mimétisme fascinateur qui contredit pour un temps son désir d’originalité. Sa morale, non indexée sur la culture, l’émotion ou l’altruisme, est égoïste, personnelle, irréelle. Pris la main dans le sac, le psychopathe invoque des raisonnements alambiqués, incompréhensibles pour le quidam : « Elle n’avait pas qu’à se trouver là, elle m’a provoqué, c’est elle qui le souhaitait, elle n’a rien senti, elle exagère, une fracture du maxillaire, c’est pas bien grave… » Derrière le rempart bétonné de cette justification unique, le psychopathe évacue sans cesse la culpabilité ; il ne veut pas la voir. Cela tient à sa fondamentale affirmation de lui-même, à son incapacité à imaginer la situation de l’autre.

Ce trouble de l’imaginaire et cette pauvreté culturelle peuvent être reliés au vécu temporel du psychopathe. Il vit dans l’instant, conçoit mal l’avenir et le passé. C’est une existence peu articulée, peu représentée, sensorimotrice qui ne fait guère appel aux antécédents et aux conséquents. Ce vécu fait de réflexes intuitifs va de pair avec une très classique naïveté qui tranche avec une protestation répétée de réalisme. Chacun, cependant, a sa conception du réalisme. Pour les bonnes gens, dont nous faisons partie, le réalisme implique une connaissance des usages et une prise en compte des conséquences émotionnelles de nos actes. Pour le psychopathe, le réalisme est un utilitarisme borné aux limites strictes de la personne.

Gestion des émotions

Les psychopathes se méfient des émotions, ils ont tendance à les refouler ou à les ignorer. D’une part, à travers le parti pris de courage et d’affirmation de soi qu’ils ont développé, ils ignorent la souffrance. Dans ce même mouvement, ils l’ignorent chez les autres, méprisant avec une morgue prosaïque leur désarroi ou leurs mésaventures. D’autre part, ils redoutent les sentiments tendres et chaleureux qui sont pour eux synonymes de faiblesse et qui risqueraient d’entraver leur progression sociale. Cette analgésie, loin d’être une force dans l’existence, apparaît bientôt comme un handicap, car la perception des émotions et des souffrances est un mode de connaissance des autres et de soi-même.

En contrepartie, les psychopathes expriment de façon urgente des besoins impérieux qu’ils consomment sans grand plaisir. Il a été dit que le psychopathe est guidé par le plaisir. Cela n’est pas exact. Le plaisir va de pair avec une appréciation polysensorielle, intégrée culturellement, prévue, goûtée puis revécue qui n’est pas le véritable mode de satisfaction du psychopathe. Celui-ci connaît mal le langage culturel du plaisir, souvent convivial et diffusé selon une vaste sémantique. La jouissance du psychopathe est étroite, serrée dans le temps, mais aussi dans le champ de ses associations. Ce manque de distillation des éprouvés pourrait conditionner une évidente insatisfaction, soif de sensations que signalent Hare et Millon.

Style cognitif

Le psychopathe pense comme il agit, à coup de formules outrancières et prosaïques dont la logique est peu démontrée. Il est tourné vers le dehors, appliqué à sa stratégie, guère occupé à s’analyser. Pensée concrète, utilitariste, elle comporte peu d’alternatives, de débats ou d’hésitations. L’autre n’est pas toléré, ni en dehors de soi, ni en soi dans le contexte d’un dialogue intérieur. D’où forcément une impression de prison, de chemin étroit et des dialogues assez pauvres. C’est dans ce contexte que se développe la morale personnelle de l’antisocial, morale de jungle, à la fois réaliste selon son point de vue parce qu’elle méprise les illusions, mais irréaliste pour le sens commun parce qu’elle ignore l’avis des autres. Le point de vue personnel est parfois tellement exacerbé que la confrontation avec les représentants de la loi se déroule comme un dialogue de sourds.

Cette sélection personnelle est aussi celle de la mémoire. Reprenant la formule d’un héros de Stevenson, le psychopathe a une très bonne mémoire pour oublier. Peu animé par le remords, il classe définitivement les dossiers fâcheux au point de les ignorer bien vite. Cette ardoise magique vaut pour le passé comme pour le futur où, là encore, tout est sélectionné, lissé, dans le mépris des difficultés et des entraves. Au bout du compte, le psychopathe développe un univers téméraire, peu intégré, peu rassemblé, où les hauts faits et les anecdotes personnelles prennent le pas sur les connaissances générales et sociales.

Confirmant ces impressions cliniques, plusieurs auteurs ont mis en évidence des troubles sémantiques chez les psychopathes. Ceux-ci se révèlent moins efficaces que des sujets normaux à des épreuves de classements de mots ou d’images. Le manque d’appréciation de certaines caractéristiques émotionnelles – par exemple « bon » ou « mauvais » – pénalise ce type d’épreuves. De la même façon, dans des épreuves de reconnaissance rapide, les mots à contenu plus émotionnel sont moins bien identifiés par rapport au groupe témoin (Williamson et coll., 1991). Pour Hare (1991), il existe chez les psychopathes un déficit d’indexation de l’information en termes d’abstractions et d’émotions. Chez ces sujets, les connotations gestuelles qui accompagnent l’expression linguistique sont pauvres et stéréotypées quand ils abordent des domaines abstraits ou chargés en émotions.

Le style cognitif du psychopathe peut se résumer à sa pauvreté législative. Certes, sociopathe, il intègre peu le monde social et culturel, ses lois, ses usages. Mais il ne cultive pas non plus, en lui-même, le sens des conséquences, les comparaisons et les résumés. Sa pensée personnelle ne comporte pas de légendes, de mythes ou de références. Elle n’est faite que de représentations d’actes et d’expériences brutes. Le vécu dans le présent et le peu d’indexations émotionnelles accentuent encore ce schématisme.

Perception de soi

Les psychopathes se considèrent comme forts, autonomes, conquérants, dominateurs. Réalistes, durs, insensibles à la douleur, ce sont des personnages combattants, qui se vantent de leurs exploits et s’enorgueillissent d’écraser les autres. Ces attitudes, qui recherchent peu un réel assentiment, sont souvent infantiles, basées sur des anecdotes et des exploits conjoncturels. Elles n’impressionnent pas vraiment le corps social, et c’est souvent d’ailleurs la rupture flagrante entre ce qui est prétendu et ce qui est entendu qui amène la décompensation et l’état dépressif. Mais celui-ci est souvent de courte durée, car le moindre petit succès, par exemple auprès d’un autre malade, suffit à relancer le système d’autovalorisation.

Perception des autres

Pour le psychopathe, les autres sont des outils dont il peut user à sa guise. Ils sont vulnérables, exploitables, « plumables ». Pour parler le langage adéquat, ce sont des « caves » ou des « pigeons ». Ce mépris et cette non-culpabilité pourraient être dus, dans la conception de Millon et Everly (1985), à des déceptions éprouvées par le sujet au cours de son enfance, de la part de ses parents, mais aussi de la part d’autres enfants. Il n’existe plus alors vis-à-vis des autres d’espoir, de représentations et de fantasmes. Le mépris n’est pas sous-tendu, comme chez le paranoïaque, par l’envie ou l’ambivalence ; il n’est fait que d’écrasement. C’est un mépris total. Nous savons cependant que malgré ces grands principes de base, le psychopathe peut tomber en prosternation devant un modèle idéal. Il existe alors une identification massive, plus fusionnelle que respectueuse. Elle est en général de courte durée. Le psychopathe peut aussi être charmeur, faire illusion, passer pour un histrionique. Mais il n’est pas alors dupe de son propre jeu ; la tendance profonde de domination est toujours présente et se révèle brutalement vis-à-vis du Petit Chaperon rouge : « C’est pour mieux te manger, mon enfant. »

Croyances

Les croyances de base proposées par Beck et Freeman (1990) se réfèrent à plusieurs domaines. Elles concernent d’abord l’affirmation de soi : « Je dois être sur mes gardes » ; « Si je ne pousse pas les autres, les autres me pousseront » ; « J’ai été traité de façon désagréable et j’obtiendrai ce qui me revient » ; « Si je veux quelque chose, je l’obtiendrai par n’importe quel moyen ». Elles concernent ensuite la morale générale : « Nous sommes dans la jungle et ce sont les plus forts qui survivront » ; « Il n’est pas important de tenir ses promesses et d’honorer ses dettes » ; « Il faut être astucieux, c’est la meilleure manière d’obtenir ce que l’on veut ». Enfin, les croyances concernent les autres : « Ce que les autres pensent de moi n’a guère d’importance » ; « Si les autres ne sont pas capables de se défendre, c’est leur problème ». Le caractère général de ces différents adages ne doit pas nous échapper. Le psychopathe ne se réfère pas beaucoup à lui-même, à son histoire ; il exprime des idées générales d’une grande brutalité. Beck insiste sur le caractère court et non justifié des croyances psychopathiques. Le psychopathe désire plus qu’il n’a un but, il pense plus qu’il ne croit, il sent plus qu’il n’observe. La thérapeutique tentera à partir de ces données brutes d’établir des raisonnements.

Psychopathologie et étiologie

Il existe une étiologie périphérique de la personnalité psychopathique qui date de près de 30 ans, qui n’est qu’à peine démontrée et qui a fait long feu. Il s’agirait d’un bas niveau de vigilance (Quay, 1965) et d’un besoin de stimulation (Petrie, 1967), termes que l’on retrouve encore dans les conceptions récentes de Millon. De la même mouvance, il faut citer la très classique basse réponse du système nerveux autonome à des stimuli anxiogènes (Ruilman et Gulo, 1950) (tous ces auteurs sont cités par Hare, 1970). Ces diverses approches ont pu être rafraîchies grâce à de nouveaux concepts, en particulier l’hyperactivité avec déficit de l’attention. On peut alors invoquer un trouble du système d’attention et de supervision (supervisory attentional system) défini par Norman et Shallice (1986). Pham et coll. (2003) ont dans cette perspective étudié l’attention sélective et les fonctions exécutives de sujets présentant une personnalité psychopathique diagnostiqués avec la PCL-R (Psychopathy CheckList-Revised) de Hare. Les résultats des tests montrent que les patients font plus d’erreurs que les sujets contrôles pour certaines épreuves (D-II cancellation test et labyrinthes de Porteus). On attribue au système d’attention et de supervision une responsabilité dans la planification des actions, la correction des erreurs, l’inhibition des réponses impulsives, la résistance aux stimuli attractifs. Sans aller jusqu’à réduire le trouble de la personnalité antisociale à cette impulsivité et à cette fluctuation de l’attention, la considération de ces difficultés peut être fort utile quant à l’approche thérapeutique.

Millon et Beck proposent chacun de leur côté des éléments psychopathologiques que nous allons synthétiser. Millon décrit un syndrome de rejet de la part des parents ou du corps social qui, chez l’enfant, déclenche un phénomène d’endurcissement avec mépris des autres, combat solitaire et rejet des émotions tendres et chaleureuses. L’affirmation par l’acte, répétée de façon compulsive, chasse l’angoisse et prend la place des réflexions et des représentations. L’existence est présentifiée, ne tenant plus compte des antécédents et des conséquences. Déculturisé, le plaisir se vide de ses contenus pour devenir un besoin mal satisfait. Le sujet, lancé, ivre de sa propre affirmation, perd de vue les références socioculturelles. Celles-ci deviennent floues parce qu’il ne les intériorise pas, mais aussi parce que personne ne les indique de façon claire. La morale de jungle s’installe dans cette dérive. Plusieurs publications signalent la présence de traumatismes survenus dans l’enfance des futurs psychopathes. L’agression sexuelle et l’agression physique chez l’enfant, garçon ou fille, augmentent les risques de voir survenir un trouble de la personnalité psychopathique à l’âge adulte (Bierer et coll., 2003 ; Bernstein et coll., 1998 ; Bergen et coll., 2004 ; Haller et Miles, 2004 ; Jonson-Reid et coll., 2010). Ces psychotraumatismes augmentent les risques ultérieurs de tentatives de suicide (Poythress et coll., 2006) et d’abus de substances (Bergen et coll., 2004).

Cette morale est renforcée par deux phénomènes qui vont raviver le mépris des autres. D’une part, le psychopathe est confirmé par un cortège d’admirateurs qui se glissent dans la brèche audacieuse de ses passages à l’acte. Ces comparses consensuels sont déjà d’idéales victimes. D’autre part, ceux qui résistent, se vengent ou lui indiquent durement les limites renforcent son mépris et son exclusion. Comme le dit bien Beck : « Le psychopathe méprise les autres, et les autres méprisent le psychopathe. » Cette morale d’adversité et de rupture qui s’installe alors fait rentrer la violence dans le système. Le psychopathe passe sur une orbite supérieure ; ce n’est plus seulement l’acte qui le mobilise, mais l’acte qui brise. Nous observons ainsi un renforcement de la destinée du psychopathe ; les thérapeutes devront savoir s’insérer à ces étapes cruciales.

Cette existence est vite stérilisante. Dans une ambiance d’urgence et de fuite, le sujet n’a plus de temps ni pour le fantasme, ni pour la réflexion. C’est sans fantaisie, sans art qu’il adopte des modèles conformistes quand la meute de ses poursuivants le laisse un instant en repos. Ce vide représentationnel accentue son insatisfaction qui le tourne à nouveau vers l’acte comme seule issue hédonique.

Le trouble de la personnalité sadique a été proposé dans l’annexe A « Propositions de catégories diagnostiques demandant des études supplémentaires » du DSM-III-R (1987). Ce diagnostic a ensuite été retiré des classifications psychiatriques car certains avocats risquaient d’en user pour disculper leurs clients, particulièrement dangereux. Ce trouble doit être évoqué ici parce qu’il avoisine la personnalité antisociale, dont il partage sans doute certains éléments psychopathologiques.

Les critères de la personnalité sadique se rapportent pour la plupart à des comportements de violence et de cruauté accomplis dans le but de dominer, d’humilier ou de dégrader les autres. Le sujet, par définition, prend plaisir aux souffrances physiques et psychologiques des êtres vivants, animaux et humains. Il aime tenir les autres sous son emprise et restreindre leur autonomie, cela par la terreur, l’intimidation et l’interdiction. Le sujet sadique ment facilement ; il est fasciné par la violence, les armes, les arts martiaux, la torture. La tendance générale du sujet à rechercher une position plus forte par des moyens brutaux et amoraux apparaît ainsi comme un point commun avec les personnalités antisociales. On peut concevoir que les deux troubles comportent des origines communes avec des maltraitances et des humiliations dans l’enfance. Delescluse et Pham (2005) ont recherché la personnalité sadique dans une population de sujets antisociaux incarcérés. Ce trouble a été retrouvé chez 25 % d’entre eux. Cette proportion était plus élevée, 75 %, dans l’étude de Spitzer et coll., en 1991. Pour Berger et coll. (1999) qui ont pratiqué une analyse factorielle des critères des deux personnalités, sadique et antisociale, dans une population de 70 agresseurs sexuels de type masculin, les résultats ne confirment pas que le trouble la personnalité sadique constitue une entité distincte du trouble de la personnalité antisociale. Cet auteur suggère de distinguer plutôt deux types de troubles de la personnalité antisociale : un type sadique agressif, avec tendance à la cruauté et au besoin impérieux de domination, et un type hétérogène comportant des sujets moins violents, mais ayant tendance à agir dans leur strict intérêt. Des corrélations ont été constatées par Delescluse et Pham entre certains items du PCL-R de Hare et certains critères du DSM-III-R de la personnalité sadique : entre mensonge et affectivité superficielle, entre cruauté et versatilité criminelle. Plusieurs travaux, cités par ces auteurs, signalent les prévalences nettes de certaines personnalités parmi les personnalités sadiques : paranoïaque, narcissique, antisociale, borderline, passive-agressive, schizotypique. L’affirmation de soi primaire, avec attitude virile, mégalomanie, narcissisme et sensibilité paranoïaque se trouve ainsi associée à ces personnalités violentes ou spectaculaires.

Thérapeutique

Les thérapeutiques et les mesures éducatives traditionnelles destinées aux sujets antisociaux consistent à contrecarrer leurs comportements impulsifs ou agressifs par divers moyens – la persuasion, l’encadrement ou la répression –, ce qui les prive de leur seul moyen d’expression et remet en question leur principale source de valorisation. Après un temps illusoire de soumission, ces recadrages aboutiront au résultat contraire, avec une trahison violente du thérapeute ou de l’éducateur. Il convient de respecter l’arrière-plan d’orgueil de ces patients. Et il faudra donc, d’emblée, valoriser ce qui est valorisable afin de conserver un climat d’ambition et d’affirmation de soi.

Cela dit, les thérapeutes souhaitent obtenir une meilleure planification de l’action et une réduction de l’impulsivité. Ils poursuivront ces buts par des moyens indirects en proposant à plusieurs niveaux des attitudes alternatives. Il s’agit ainsi d’amener le sujet à remplacer une émotion par une autre, puis une cognition par une autre, en suggérant que ces nouvelles positions sont plus exactes et plus efficaces. On parviendra ainsi à enrichir son répertoire émotionnel. Novaco, en 1997, a proposé une meilleure gestion de la colère. Il s’agit de faire prendre conscience au sujet des émotions qui avoisinent cette réaction : anxiété, échec, humiliation, frustration, déception, tristesse, lesquelles impliquent une mise en cause de sa toute puissance. Ces émotions seront reconnues, authentifiées, explicitées puis acceptées, et alors conçues comme tout aussi nobles que la colère. Toutefois, elles sont susceptibles d’amener des résultats à la fois plus efficaces et moins coûteux. Dans la même perspective, le sujet est amené à se familiariser avec d’autres sentiments qui lui sont étrangers : la confiance, la confidence, la sympathie, l’humour, l’ironie, l’autodérision, qui lui apparaîtront comme des moyens fort utiles pour faire évoluer son affirmation brutale vers une attitude plus fine et plus rentable. Le domaine sentimental, en général peu pratiqué aux dépens d’une séduction intuitive et rapide, avec un choix naïf de partenaires conquises sans avoir été appréciées à leur juste valeur, peut être travaillé dans un même esprit. Les projections sur l’objet d’amour sont volontiers caricaturales, l’engouement fantasmatique amenant bientôt des déceptions et des ruptures dont le sujet est aussi souvent l’auteur que la victime. Une appréciation attentive des sentiments éprouvés, de part et d’autre, fera l’objet d’entretiens avec le psychothérapeute.

Ross et Fabiano, en 1985, ont insisté sur le déficit de ces sujets dans le domaine des cognitions sociales. Il s’agit là d’un euphémisme. L’irréalisme et la mauvaise foi se côtoient sans cesse dans les propos du psychopathe. Le thérapeute devra dépister les distorsions cognitives qui émaillent les récits des exploits anciens et les projets irraisonnés. Dans une ambiance d’objectivité détendue, il faudra repérer le déni des responsabilités, leur attribution externe, le flou, la naïveté et la rapidité des projets, l’absence de stratégies multiples dans la résolution d’une difficulté, les généralisations abusives à l’égard de certaines catégories sociales. L’introduction de solutions alternatives, le travail sur l’enchaînement des événements, l’appréciation des conséquences devraient amener le sujet à une meilleure connaissance de la société. Une reconstitution de sa biographie, considérant certains événements cruciaux, certaines attitudes ponctuelles et certains drames familiaux réels, peut être utile. Puis l’on s’attachera à la résolution des problèmes interpersonnels, lesquels ne manquent pas, les psychopathes versant volontiers dans la revendication paranoïaque (Hollin, 1993).

Toute cette démarche vise en partie à nouer un contact avec le patient. Après une période de méfiance rétive, le psychopathe peut a contrario tomber dans une dépendance anormale vis-à-vis du thérapeute. Il faudra s’en méfier et l’amener à structurer des projets personnels et investis, une cohérence entre affects et pragmatisme apparaissant tôt ou tard. La valorisation narcissique ne sera jamais abandonnée, bien qu’elle soit amenée à changer de repères. Ultérieurement, une fois établie une position plus ferme et quelques succès ayant été obtenus, le thérapeute pourra aborder les schémas cognitifs de base et leurs liens avec des expériences anciennes dont on rediscutera les significations. Les croyances de base faisant référence à la brutalité, à la ruse, à l’égoïsme primaire et à l’affirmation outrancière seront rediscutées à la lumière des premières expériences déjà acquises. Compte tenu de l’habituelle instabilité des psychopathes, une telle thérapeutique peut donner une impression d’irréalité digne du savant Cosinus. Ce ne sera pas le cas si elle est proposée dans le cadre modeste de l’expérience et dans une ambiance de sympathie chaleureuse. La régularité, la patience, la compréhension validant des réactions impulsives souvent méprisées par le corps social rassurent le patient. L’habituation à la confiance est en effet un but implicite de la relation régulière avec le thérapeute. Celui-ci doit savoir contrôler ses réactions, le bon sens allant de pair avec la bonne humeur au long d’un parcours qui comporte souvent des incidents et des mises à l’épreuve. Mais peu à peu se tisse un lien qui sera le prototype d’autres relations.

Harcèlement, Répertoire de droit pénal et de procédure pénale, extraits … par Patrick Mistretta, 2013.

Harcèlement, Répertoire de droit pénal et de procédure pénale, extraits …

Par Patrick MISTRETTA, Professeur à l’Université de Picardie Jules Verne. Octobre 2013. Dalloz 2019.

Table des matières

Généralités 1 – 8

Sect. 1Harcèlement sexuel 9 – 40

Art. 1Modalités constitutives 14 – 34

  • 1Modalités matérielles 15 – 32
  • 2Modalités psychologiques 33 – 34

Art. 2Modalités répressives 35 – 40

  • 1Pénalités 36 – 37
  • 2Concours de qualifications 38 – 40

Sect. 2Harcèlement moral 41 – 80

Art. 1Modalités constitutives 45 – 73

  • 1Modalités matérielles 48 – 71
  • 2Modalités psychologiques 72 – 73

Art. 2Modalités répressives 74 – 80

  • 1Pénalités 75
  • 2Concours de qualifications 76 – 80

Section 2Harcèlement moral

  1. Reconnaissance du harcèlement moral. – Si l’on pense que le harcèlement moral a toujours existé, la prise de conscience de la nécessité de le consacrer au sein du code pénal est la conséquence de revendications récentes de plus en plus pressantes en termes de qualité des relations de travail. Il s’agissait surtout et avant tout de lutter contre les pratiques d’employeurs abusant de leurs prérogatives et d’un contexte économique difficile pour provoquer la démission de salariés. La doctrine distingue à cet égard le harcèlement institutionnel et le harcèlement stratégique (MONTEIRO, Le concept de harcèlement moral dans le code pénal et le code du travail, RSC 2003. 277 ). Mais l’objectif était aussi d’assurer une protection de la santé du travailleur, notamment en assurant une protection nouvelle de son intégrité mentale ou psychique. Avant le vote de la loi de modernisation sociale instituant le délit de harcèlement moral (V. supra, no5), il faut avouer que le code pénal éprouvait du mal à assurer cette protection. Il existait certes des incriminations telles que les conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité (C. pén., art. 225-13 s.) ou des infractions classiques (injures, diffamation), mais elles ne permettaient de sanctionner les harceleurs que de manière très lacunaire. Et si la jurisprudence sociale avait de sa propre initiative tenté d’appréhender le harcèlement moral sans rarement le dire expressément, c’était toujours dans le contentieux de la rupture du contrat de travail afin de condamner les employeurs ayant eu un comportement fautif ou abusif à réparer le préjudice ainsi causé au salarié (Grenoble, 3 mai 1999, RJS 8-9/1999, no 1034). Mais une telle pratique ne pouvait prospérer en matière pénale là où règne en maître le principe de la légalité. On doit donc à la loi du 17 janvier 2002 d’avoir, d’une part, donné un support légal aux juridictions prud’homales et surtout, d’autre part, créé une nouvelle incrimination réprimant le harcèlement moral.
  2. Harcèlement moral : manifestations cliniques. – La communauté médicale s’accorde à distinguer différentes formes de harcèlement moral au sein de l’entreprise. Outre le mobbing qui désigne la pression exercée par le groupe des travailleurs sur l’un de ses membres, on trouve le bullying (rudoiement) qui désigne une pratique de management consistant à placer les travailleurs sous pression constante. Une autre forme de harcèlement est le management par la peur qui a pour but d’augmenter la pression sur les travailleurs en utilisant des menaces (perte d’emploi, dégradation) tandis que le stalking (traquer) est une pratique qui consiste à surveiller constamment les travailleurs et à traquer toute perte de productivité.
  3. Problématique du harcèlement moral. – L’une des principales préoccupations du législateur en 2002 a été de dresser les contours juridiques de la notion. Deux écueils étaient à éviter. Le premier consistait à incriminer très largement le harcèlement permettant ainsi à toute forme de souffrance, notamment au travail, d’être pénalement sanctionnée avec ce que cela comporte comme insécurité juridique. Les débats parlementaires montrent même que l’on a redouté que le harcèlement moral puisse être utilisé par les employeurs pour s’opposer aux représentants du personnel (QE no13395, JO Sénat, 5 août 2004, p. 1761). L’autre écueil consistait, au contraire, à réduire l’incrimination au point de ne pas pouvoir embrasser la totalité des comportements susceptibles d’être adoptés par le harceleur. Face à ce dilemme, le Conseil économique et social, dans son avis rendu public en avril 2001 préconisa de retenir une définition du harcèlement moral qui permette « de la différencier d’autres agissements, notamment des conflits et des agressions qui sont d’une autre nature ; elle doit rendre compte aussi de situations diverses dans leur expression et dans leur finalité, individuelle ou collective » (Avis du Conseil économique et social sur le harcèlement moral au travail rendu le 10-11 avr. 2001, présenté par M. Dubout, JO no 7, 2001). C’était prendre position pour une conception ouverte du délit, et force est de constater que le législateur l’a entendu.

(…)

  • 1er Modalités matérielles
  1. Infraction complexe. – L’infraction complexe se caractérise par une pluralité d’actes de nature différente. L’analyse des modalités matérielles du harcèlement moral montre que celui-ci entre dans la catégorie des infractions complexes. Il existe, en effet, deux composantes distinctes pour remplir la matérialité du délit : l’agent doit avoir réalisé un acte de harcèlement moral, lequel doit produire les conséquences visées par la loi pour consommer matériellement l’infraction.

(…)

  1. Une victime aux visages multiples. – Là encore, la volonté d’ouverture totale de l’incrimination se ressent pleinement. L’article 222-33-2 du code pénal se contente d’évoquer la victime sous le terme vague « autrui ». C’est dire que les observations précédemment faites quant au harcèlement sexuel sont parfaitement transposables (V. supra, no27). Le harcèlement moral y compris du partenaire peut donc intervenir sans considération à l’égard du sexe de la victime, cette dernière pouvant indistinctement être du même sexe ou pas que l’auteur. La pratique semble à cet égard montrer que depuis la création de l’incrimination au sein du code pénal, ce sont beaucoup plus souvent les femmes que les hommes qui saisissent les tribunaux pour faire reconnaître leur statut de victime du harcèlement moral. Par ailleurs, ainsi qu’il vient d’être dit au sujet de l’auteur, le harceleur peut tout aussi bien choisir sa victime à l’intérieur ou à l’extérieur du cadre des relations de travail. Et l’article 222-33-2-1 du code pénal indique même que le harcèlement moral peut être commis par un ancien conjoint ou un ancien concubin de la victime, ou un ancien partenaire lié à cette dernière par un pacte civil de solidarité.

Agissements répétés

  1. Infraction d’habitude : principe. – Contrairement au harcèlement sexuel (V. supra, no18), le caractère répétitif du harcèlement moral ne saurait, a priori, être contesté car le texte des articles 222-33-2 et 222-33-2-1 du code pénal définit lui-même l’infraction comme le fait de harceler « par des agissements répétés ». Le droit pénal connaît cette référence à la répétition pour nourrir la catégorie des infractions d’habitude). Dans le langage courant, le verbe répéter est défini comme le fait d’exprimer de nouveau ce que l’on a déjà exprimé. Par cette référence expresse au mot répété dans le texte d’incrimination, le législateur s’est donc clairement situé sur la logique de l’infraction d’habitude. Sinon, il n’aurait pas employé ce terme précis ou il aurait indiqué expressément que le délit pouvait être constitué même en cas d’acte unique grave comme il l’a fait pour le harcèlement sexuel assimilé. Reste à savoir sur quoi doit porter la répétition car nul ne contestera que c’est à partir du deuxième acte que la répétition apparaît.

(…)

  1. Infraction d’habitude : objet. – La difficulté vient du fait que la lettre du code pénal évoque des agissements répétés et non un agissement répété. Une lecture littérale et restrictive du texte aboutirait, par conséquent, à exiger deux actes de harcèlement de nature différente, chacun devant être répété une fois. S’inspirant plutôt de l’esprit du texte, une partie de la doctrine réfute cette analyse pour considérer que le texte vise « plus largement des agissements insistants, provenant toujours du même auteur et toujours dirigés contre la même victime mais sans que ces agissements aient besoin d’être eux-mêmes identiques » tout en admettant que la répétition d’un même acte peut constituer la matérialité du délit (V. MALABAT, article préc., supra, no17). Dans cette logique, le harcèlement moral pourrait être constitué par l’adjonction d’un acte de nature différente à un autre. Cette interprétation présente l’inconvénient d’élargir le délit alors même que sa matérialité est conçue sur un mode très ouvert. Elle procède, par ailleurs, à une confusion entre l’idée de répétition, expressément employée par le législateur, et celle de conjonction d’actes qui est plus éloignée de la lettre du texte. Il faut donc considérer que le harcèlement moral est une infraction d’habitude qui exige au moins le renouvellement d’un acte identique au premier, à défaut de quoi il n’y a pas de répétition (MAYAUD, obs. sous Crim. 10 nov. 2004, préc. supra, no 18. – PRADEL et DANTI-JUAN, op. cit., supra, no 104. – SEUVIC, préc. supra, no 52).
  2. Infraction d’habitude : jurisprudence. – C’est au demeurant dans cette voie que s’est orientée la Cour de cassation dans une décision du 12 décembre 2006 (Crim. 12 déc. 2006, no05-87.658 ). L’arrêt d’appel ayant refusé de voir dans le fait de se moquer d’un collègue et de le qualifier de « petit nègre » un acte de harcèlement moral est cassé au motif que les juges du fond auraient dû « rechercher si la manière de parler du prévenu n’était pas constitutive, par son caractère habituel, d’agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail ». La référence expresse dans l’arrêt au caractère habituel ainsi qu’une autre décision de censure récemment prononcée (Crim. 2 oct. 2012, no 11-82.239 ) montrent clairement l’attachement de la Cour de cassation à la thèse de l’infraction d’habitude. Mais rien n’empêche en réalité qu’en plus de cette répétition, s’ajoute un acte de harcèlement de nature différente pouvant lui-même s’inscrire dans la continuité comme on l’observe d’ailleurs fréquemment en pratique. Ainsi de cette affaire dans laquelle il était possible de retenir à la charge du prévenu plus de six types différents d’agissements de harcèlement moral dont plusieurs s’inscrivaient dans la répétition (par exemple le fait d’avoir adressé devant témoins des reproches injustifiés quant à l’exécution de son travail, ou des réflexions désobligeantes, Crim. 21 juin 2005, no 04-86.936 , Bull. crim. no 187. – V. égal. Rennes, 31 mai 2007, préc. supra, no 50, qui fait état à l’encontre du prévenu de propos violents, de menaces, d’humiliations, de négations, de dévalorisations de la fonction de travail, de refus de communiquer, de processus d’isolement et de boycott, le tout s’inscrivant dans la répétition). Quant au délai imparti pour la répétition, dans la mesure où rien n’est indiqué dans l’article 222-33-2 du code pénal, la période de temps peut être courte (par exemple moins de deux mois : Crim. 21 juin 2005, no 04-87.767 ). La chambre sociale de la Cour de cassation l’a récemment réaffirmé en indiquant qu’il résulte de l’article L. 1152-1 du code du travail que les faits constitutifs de harcèlement moral peuvent se dérouler sur « une très brève période de temps » (Soc. 26 mai 2010, no 08-43.152 , D. 2010. 1988, obs. Dedessus-Le Moustier  ; AJ pénal 2010. 398, obs. Porteron  ; D. 2010. Pan. 2741, obs. Garé ). À l’inverse, ils peuvent s’inscrire sur plusieurs années dès lors que les actes participent du même dessein criminel (Dijon, 8 oct. 2003, Juris-Data no 2003-22-5724). En pratique, cette durée, nécessaire à la caractérisation d’un harcèlement moral, va dépendre des circonstances de fait, et principalement de la nature des actes accomplis, de leur fréquence, de leur virulence, du contexte dans lequel ils interviennent.
  1. Agissements répétés : illustrations. – Ce qui caractérise la matérialité du harcèlement moral, c’est bien la répétition et la systématisation d’attitudes, de paroles, de comportements, qui pris séparément peuvent paraître anodins, mais qui à la longue, sous l’effet de la réitération deviennent punissables. L’analyse des décisions de jurisprudence montre que très souvent c’est une succession d’actes répétés et enchevêtrés qui est reprochée au prévenu. C’est donc très rarement la répétition d’un seul acte qui nourrit le harcèlement moral, mais plutôt un enchaînement indivisible d’actes à la fois diversifiés et réitérés. Parmi les comportements prohibés qui sont fréquemment dénoncés par le juge pénal, on trouve tout d’abord toute une série d’agissements qui sont liés à la relation de travail et aux facilités qu’elle procure au harceleur. Ainsi, outre la sanction ou menace de sanction injustifiée (retenues sur salaire injustifiées : Crim. 6 févr. 2007, no06-82.601 , procédures de licenciement refusées par l’inspection du travail, Crim. 28 mai 2013, no 12-81.468 ) qui est l’apanage du droit du travail, on trouve l’utilisation abusive des horaires de travail. Les agissements illicites répétés visent alors, par exemple, à modifier unilatéralement les horaires de permanence pour imposer des horaires incompatibles avec d’autres occupations professionnelles (Crim. 21 juin 2005, no 04-86.936 , préc. supra, no 56) ou à imposer fréquemment des dépassements d’horaires de travail injustifiés ou des horaires de nuit (Crim. 6 sept. 2006, no 05-87.134 . – Crim. 14 mai 2013, no 11-88.663 ). Toujours liés à la relation de travail, nombreux sont les arrêts qui font état d’une surveillance tatillonne (Crim. 14 mars 2006, no 05-84.191 ) ou de reproches injustifiés (Crim. 19 juin 2012, no 11-87.963 ). Parfois, le comportement est plus sournois, mais tout aussi condamnable notamment lorsqu’il consiste à affecter le salarié à des tâches non adaptées à sa qualification professionnelle, qu’il s’agisse de sur-qualification ou plus fréquemment de sous-qualification (Crim. 14 mars 2006, no 05-84.191 . – Crim. 6 févr. 2007, no 06-82.601  : affectation d’un représentant du personnel à des tâches de nettoyage, des tâches humiliantes et dégradantes). Certaines décisions font même apparaître l’existence d’une stratégie de mise à l’écart du harceleur consistant à ne plus donner de travail à la victime et à la priver d’informations (Crim. 14 mai 2013, no 12-82.362 ). Mais il est une autre catégorie d’actes constitutifs de harcèlement moral qui vise à s’appuyer sur la relation de travail pour atteindre la victime sur un plan plus personnel. Cela peut consister, par exemple, à s’immiscer dans la vie privée et personnelle de la victime en lisant son courrier électronique personnel (Crim. 6 sept. 2006, préc.) ou à affirmer sur les lieux de travail l’appartenance de la victime à un prétendu mouvement sectaire (Crim. 14 mai 2013, no 12-81.743 ). Des comportements plus primaires sont également très fréquents tels que les insultes (« mère indigne » Crim. 6 sept. 2006, préc. ; « goulou – goulou » à propos d’une personne de couleur, Crim. 12 déc. 2006, préc. supra, no 56 ; l’emploi du surnom « conchita » Crim. 6 juin 2012, no 11-82.063 ) ou les menaces et réflexions désobligeantes (Crim. 21 juin 2005, no 04-86.936 , préc. supra, no 56). Enfin certaines décisions font état d’un ensemble de mesures vexatoires ou de propos blessants, dénigrants et injurieux (Crim. 28 mai 2013, no 12-84.281 ).
  1. Agissements répétés : exclusions. – La seule véritable limite à la qualification d’agissements répétés constitutifs de harcèlement moral tient à l’exercice par l’employeur de son pouvoir de direction et de contrôle. On sait, en effet, que le lien de subordination qui caractérise l’existence même d’une relation de travail implique que le salarié accepte de recevoir des ordres. L’employeur peut, en conséquence, contrôler l’activité des salariés et les sanctionner le cas échéant. Dès lors donc que les actes imputés au pseudo-harceleur restent dans les limites de ce pouvoir propre de l’employeur, le harcèlement moral ne peut être caractérisé. De nombreuses décisions de relaxe se réfèrent ainsi plus ou moins explicitement à la légitimité du pouvoir de direction et de contrôle (Crim. 30 janv. 2007, no06-83.107 . – Crim. 11 mai 2005, no 04-86.774  qui souligne notamment que les faits dénoncés par la plaignante « relèvent des fonctions d’un chef de service », Crim. 14 févr. 2012, no 11-84.697 ). À l’inverse, certains arrêts n’hésitent pas, avant d’entrer en condamnation pour harcèlement moral, à souligner le fait que le comportement du prévenu « a dépassé l’usage de l’autorité que lui conféraient ses fonctions » (Crim. 19 juin 2012, no 11-87.963 ) ou « dépasse le pouvoir reconnu au chef d’entreprise dans l’exercice de ses fonctions » (Crim. 14 mai 2013, no 12-81.743 ).

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BConséquences du harcèlement moral

  1. Dualité de conséquences. – L’acte de harcèlement moral doit être susceptible de produire les conséquences visées par la loi pour consommer matériellement l’infraction. Il y a là en fait une double exigence qui ne contribue pas à la simplicité et à la lisibilité de l’incrimination bien au contraire. L’article 222-33-2 du code pénal exige, en effet, tout d’abord, que les agissements répétés aient eu pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail. Et cette dégradation doit ensuite se doubler de conséquences plus personnelles à la victime puisqu’elle doit être susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. L’article 222-33-2-1 impose quant à lui que le harcèlement moral du partenaire ait pu entraîner une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale.

(…)

Conséquences d’ordre personnel

  1. Trilogie de préjudice éventuel. – Le harcèlement moral est une infraction de conséquences en cascade. Après avoir démontré l’existence d’une dégradation au moins potentielle des conditions de travail, il faut, en effet, prouver que cette dégradation est elle-même susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité de la victime, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Cette seconde vague de conséquences préjudiciables exigée par le texte présente des similitudes avec la première. Comme la dégradation des conditions de travail, il n’est pas nécessaire de montrer que les conséquences d’ordre personnel se soient effectivement réalisées pour que le délit soit matériellement consommé. L’incrimination de harcèlement moral est donc une infraction formelle renforcée puisque ces deux composantes causales se satisfont d’une simple éventualité. Un arrêt d’appel qui avait estimé que des agissements répétés ne constituaient pas un harcèlement moral car les actes n’avaient pas effectivement porté atteinte aux droits, à la dignité de la victime ou altéré sa santé physique ou mentale ou encore compromis son avenir professionnel fut récemment cassé, et il ne pouvait en être autrement, dès lors que le texte ne vise que « la dégradation des conditions de travail susceptible de » produire des conséquences et non celle qui a nécessairement produit ces conséquences. La Cour de cassation affirme très clairement dans cette espèce que pour consommer le délit de harcèlement moral, les conséquences de la dégradation des conditions de travail n’ont pas à être avérées, la simple possibilité de cette dégradation suffit (Crim. 6 déc. 2011, no10-82.266 , JCP 2012, no 410, note P. Mistretta). Mais s’agissant du harcèlement moral du partenaire visé à l’article 222-33-2-1 du code pénal, dans la mesure où le texte d’incrimination vise une dégradation des conditions de vie « se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale », il faut en déduire que cette modalité de harcèlement moral est une infraction matérielle qui exige une atteinte effective à l’intégrité de la victime. Là encore, on regrette que des infractions jumelles n’obéissent pas à la même logique quant à la finalité des agissements sanctionnés, ce qui n’est guère rationnel. Toujours est-il que dans l’appréciation des deux types de conséquences de l’article 222-33-2 du code pénal, la dégradation des conditions de travail joue un rôle plus important, car elle est chronologiquement première et conditionne les secondes. C’est dire que si l’on ne peut démontrer de dégradation des conditions de travail, il est inutile de chercher à caractériser l’une des conséquences préjudiciables à la victime. En outre, parce que ces dernières sont plus larges que la notion de dégradation des conditions de travail, les conséquences d’ordre personnel à la victime présentant la caractéristique d’être à la fois tricéphales et alternatives.

ACTUALISATION

  1. Caractérisation de l’atteinte à la santé physique ou mentale. – En matière de harcèlement moral, la preuve de l’existence d’un lien de causalité entre les agissements de l’auteur du harcèlement et de l’état de santé de la victime, c’est-à-dire la dégradation de ses conditions de vie par une atteinte à sa santé physique ou mentale, n’est pas aisée. Dès lors, si ce lien de causalité n’est pas suffisamment démontré, l’infraction de harcèlement moral ne peut être retenue. En l’espèce, la chambre criminelle s’est ralliée à la position de la cour d’appel qui estimait que, les propos ou comportements répétés adressés à des tiers pouvaient caractériser le délit de harcèlement moral, dès lors que le prévenu ne pouvait ignorer que ces propos ou comportements parviendraient à la connaissance de la personne qu’ils visaient (Crim. 9 mai 2018, no17-83.623 , Dalloz actualité, 6 juin 2018, obs. M. Recotillet).
  2. Notion d’atteinte aux droits et à la dignité. – Il s’agit de la première conséquence d’ordre personnel évoquée par le texte incriminateur, et elle n’est pas d’une aveuglante clarté. La seule certitude qui ressort de cette formulation légale est que l’atteinte doit être double pour affecter et les droits et la dignité de la victime. Il ne s’agit donc pas de propositions alternatives mais cumulatives, ainsi que l’atteste l’emploi de la conjonction « et » entre les deux termes. Pour le reste, on ne peut qu’être perplexe face à l’immense opacité des termes employés qui illustre à merveille le manque de lisibilité et de prévisibilité souvent reprochés à cette incrimination (V. supra, no45). Les parlementaires de l’opposition ne s’y sont pas trompés qui, considérant à juste titre notamment que le mot « droits » avait un contenu insuffisamment clair et précis, ont saisi le Conseil constitutionnel pour atteinte au principe de la légalité des délits et des peines. La Haute instance n’a pas censuré le texte, mais la déclaration de conformité est assortie d’une réserve d’interprétation qui indique que si le texte n’a pas précisé les droits du salarié auxquels les agissements incriminés sont susceptibles de porter atteinte, il doit être regardé comme ayant visé les droits de la personne au travail, tels qu’ils sont énoncés à l’article L. 120-2, devenu L. 1121-1, du code du travail (Cons. const. 12 janv. 2002, no 2001-455 DC, no 83, JO 18 janv.).
  3. Atteinte aux droits. – Si le travailliste sait que ce dernier article est un leurre, le pénaliste a toujours l’espoir de pouvoir saisir par ce renvoi la nature précise des droits visés par le harcèlement moral. La lecture du texte qui dispose que nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché est cependant d’une cruelle désillusion. À un terme opaque succède en réalité une tautologie qui n’éclaire en rien la teneur précise des droits visés par l’incrimination. L’analyse littérale de cette disposition du code du travail semble indiquer qu’il faut distinguer pour appréhender le mot « droits » les droits des personnes et les libertés individuelles. Outre que la distinction n’est pas aisée, il convient de remarquer qu’elle n’est pas rationnelle car l’article 222-33-2 du code pénal qui incrimine le harcèlement moral fait référence également à la dignité. Or, celle-ci n’est-elle pas un droit de la personne, une liberté individuelle, voire les deux ? On l’a compris, l’éclaircissement du Conseil constitutionnel est un coup d’épée dans l’eau. Il permet tout au plus, en se référant à la jurisprudence sociale construite autour de l’article L. 1121-1 du code du travail (WAQUET, Les libertés dans l’entreprise, RJS 2000. 35), d’affirmer que la liberté d’expression, le droit au respect de sa vie privée, le libre choix de son domicile, la liberté du travail, la liberté de se vêtir à sa guise, la liberté du mariage, la liberté des mœurs font, par exemple, partie des « droits » visés par le harcèlement moral. L’approche précise de cette notion est donc laissée à la libre appréciation du juge et nécessitera du temps afin qu’au fil des prises de position, se dessine un noyau dur.
  4. Atteinte à la dignité. – La compréhension de la notion de droits reste d’autant plus aléatoire que la victime, à supposer qu’elle soit sortie du « labyrinthe des droits », doit démontrer, en outre, une atteinte à sa dignité, de sorte qu’à une gageure en succède une autre. À moins que le juge pénal se contente, à l’instar de certains juges prud’homaux, de viser la seule atteinte à la dignité du salarié pour caractériser le harcèlement moral (Aix-en-Provence, 2 nov. 2004, RG no03/07143. – V.  Harcèlement moral [Trav.], no 108). En toute hypothèse, et même si l’on peut penser que le juge pénal entend bien distinguer les droits et la dignité de la victime comme semble le montrer certaines décisions (Crim. 6 sept. 2006, no 05-87.134 ), la démonstration d’une atteinte à la dignité demeure une nécessité qui suscite l’embarras. Car si la définition de cette notion s’avère déjà en elle-même quasiment impossible (MISTRETTA, La protection de la dignité de la personne et les vicissitudes du droit pénal, JCP 2005. I. 100. – SAINT-JAMES, Réflexions sur la dignité de l’être humain en tant que concept juridique du droit français, D. 1997. 61 ), on peut en outre s’interroger sur le bénéficiaire et l’objet de la protection. La lettre de l’article 222-33-2 du code pénal qui désigne « autrui », et surtout son positionnement au sein du titre 2 du code pénal relatif aux atteintes à la personne humaine, indiquent très clairement qu’il s’agit de la dignité de la personne humaine. La protection de cette dignité consiste alors à sanctionner toute forme d’asservissement ou de dégradation de la personne qui vise à nier son humanité. C’est dire que l’atteinte à la dignité est consommée lorsque la victime subit des pratiques qui tendent à la réifier, à la nier comme personne à part entière ou à la réduire à une personne de rang inférieur. Les exemples ne manquent pas malheureusement qui témoignent de cette volonté du harceleur de mépriser l’irréductible part d’humanité qui transcende chaque personne : nier l’existence de la victime (mise en quarantaine, interdiction de la saluer, ne pas répondre à ses sollicitations ou y répondre en prenant soin de ne jamais lui adresser la parole, etc.) ; violer le socle de son identité en la privant de travail et donc en lui renvoyant l’image de son inutilité (tel est le cas lorsqu’un employeur, pendant une durée de trois mois, ne fournit à un salarié aucun matériel, crayon, ordinateur, papier, téléphone : Crim. 5 févr. 2013, no 12-81.239 ) ; rabaisser la victime en imposant des actes humiliants (insultes, « pompes », déshabillages : Rouen, 11 sept. 2006, Juris-Data no 2006-31-2731 ; propos humiliants et insultants, voire injurieux, qui exposaient la victime lors des réunions de représentants, au mépris de sa personne et de son activité, et avaient ainsi pour objet de lui nuire, de la disqualifier, de la rabaisser, de la fragiliser et de porter atteinte à sa considération et à sa dignité : Crim. 11 déc. 2012, no 11-88.114 ), etc.
  5. Altération de la santé physique. – La seconde conséquence possible d’ordre personnel nécessaire à la constitution du harcèlement moral semble a priori plus limpide que la première puisqu’il s’agit de l’altération de la santé physique ou mentale de la victime. Or, ce sont là des données plus concrètes ne serait-ce que parce qu’elles peuvent faire l’objet d’une expertise médicale qui éclairera le juge pénal. L’article 222-33-2 du code pénal n’exige pas que le harceleur ait altéré en même temps la santé mentale et physique de sa victime. Il en est de même s’agissant du harcèlement moral du partenaire puisque la dégradation des conditions de vie visée par l’article 222-33-2-1 du code pénal doit se traduire par une altération de la santé physique ou mentale de la victime. Un seul type d’altération suffit donc, mais on observe que certains arrêts se contentent de décrire les faits de harcèlement moral et la dégradation des conditions de travail pour ensuite affirmer sans distinction et sans réelle motivation que « la santé tant physique que mentale [de la victime] en a été altérée puisqu’il est en arrêt de travail consécutivement à ces faits » (Crim. 6 févr. 2007, no06-82.601 ). Malgré ces largesses que s’autorise le juge, la pratique montre que les victimes invoquent peu l’atteinte à leur santé physique. Cela peut, néanmoins, être le cas lorsque des victimes développent des pathologies suite aux différents agissements du harceleur (V. not. Crim. 21 juin 2005, préc. supra, no 56 ; les juges parlent de pathologies développées sans s’expliquer davantage). Cette hypothèse ne peut cependant que rester très exceptionnelle dans la mesure où le corps médical est souvent très prudent sur l’origine et les causes d’une pathologie que les médecins ne maîtrisent jamais complètement. Comment affirmer, en effet, que tel cancer ou tel accident cardio-vasculaire est la conséquence du comportement du harceleur même si l’on sait aujourd’hui que le stress intervient plus ou moins directement dans ces pathologies ?
  6. Altération de la santé mentale. – C’est dire qu’en réalité les victimes se situent fréquemment sur l’axe de l’atteinte à la santé mentale tout simplement parce que c’est la logique même de l’infraction. La raison d’être du harcèlement moral est, en effet, de sanctionner un processus de déstabilisation psychologique, d’intrusion ou de violation de l’espace mental d’un individu. Ce processus aura le plus souvent eu des répercussions sur la santé mentale des victimes. Les signes cliniques qui alertent en général les médecins du travail ou les services de victimologie sont les suivants : anxiété, angoisse aux reprises de travail (psycho-terreur), manifestations végétatives, cauchemars, modifications de l’humeur (abattement, dépression, irritabilité…), troubles du comportement alimentaire, asthénie, troubles digestifs, dysménorrhées, arrêts de travail inhabituels et répétés etc. Immanquablement, le processus harcelant va donc entraîner une dégradation de la santé mentale de celui qui en est la victime, et c’est pourquoi une grande majorité d’arrêts qui se prononcent sur l’infraction font état d’une souffrance psychologique. Si les termes employés par les juges changent au gré des décisions pour refléter la diversité du discours médical (souffrance au travail, anxiété : Crim. 14 mai 2013, no12-81.743  ; dépression post-traumatique : Crim. 6 sept. 2006, préc. supra, no 57 ; syndrome anxio-dépressif ; état dépressif etc.), ils se rejoignent en réalité pour stigmatiser l’atteinte psychique des victimes.
  7. Altération de la santé mentale et difficultés du lien causal. – On peut au demeurant s’interroger sur la faible importance accordée dans l’incrimination de harcèlement moral à cette condition d’atteinte à la santé mentale, qui n’est en fait qu’une des trois conséquences éventuelles du délit ou l’une des deux conséquences possibles du harcèlement moral du partenaire, alors même qu’il s’agit là d’une donnée centrale puisqu’elle touche à la ratio legis, à savoir la protection de l’intégrité psychique de la personne. L’explication provient probablement du fait que la preuve de cette atteinte à la santé mentale est pour le moins délicate à apporter dans un domaine qui reste, y compris sur le plan médical, éminemment subjectif. Comment être certain, par exemple, que le syndrome dépressif de la victime résulte bien du comportement du harceleur ? La question est d’autant plus piquante que le code pénal n’exige pas pour le harcèlement moral de l’article 222-33-2 du code pénal, d’atteinte effective puisqu’il suffit que la dégradation des conditions de travail générée par le harceleur soit simplement susceptible d’altérer la santé mentale. On mesure ici toutes les difficultés d’une causalité qui peut être très distendue entre le comportement du harceleur et l’éventuelle atteinte à la santé psychique de la victime. Et cette difficulté paraît encore plus insoluble lorsque l’on sait que sur le plan déontologique et juridique le médecin ne peut attester que des éléments qu’il a constatés personnellement. N’ayant pas accès au milieu de travail et n’étant jamais un témoin direct du harcèlement, il ne saurait donc attester du lien causal entre l’altération ou le risque d’altération de la santé mentale et le harcèlement moral dénoncé.
  8. Altération de la santé et état antérieur de la victime. – Le médecin expert peut, néanmoins, jouer un rôle dans la détermination de l’état antérieur de la victime car il s’agit de faits vérifiables et objectivement constatables au besoin grâce au dossier médical. Reste à savoir si les prédispositions, et notamment les faiblesses psychologiques antérieures de la victime, peuvent interférer dans la caractérisation de l’atteinte à la santé exigée par l’incrimination. Un arrêt de la Cour de cassation a ainsi admis le harcèlement moral d’une victime ayant des « problèmes de santé » avant l’arrivée dans l’entreprise du prévenu au motif que le harceleur « connaissait la fragilité » de la victime et qu’il en avait donc abusé (Crim. 14 mars 2006, no05-84.191 . – V. égal. Crim. 27 sept. 2011, no 11-80.434 ). Il semble, par conséquent, que l’appréciation de l’état d’esprit avec lequel agit le harceleur soit déterminante dans la prise en compte de l’état antérieur.

(…)

CPreuve du harcèlement moral

  1. Faisceau d’indices. – La preuve du harcèlement moral obéit à la même logique que celle qui préside au harcèlement sexuel (V. supra, no24). On peut même penser à cet égard que le fardeau de la preuve est encore plus pesant en matière de harcèlement moral là où les comportements se situent davantage sur le terrain psychique des individus. Compte tenu de ces difficultés, le juge pénal établit un système de preuve qui repose sur les dépositions des victimes, sur des témoignages (V. not. Rennes, 31 mai 2007, préc. supra, no 50) sur des témoignages et surtout sur un faisceau de présomptions concordantes. Très révélateur de cette faveur probatoire est l’arrêt de la Cour de cassation du 14 mars 2006 dans lequel la preuve du harcèlement moral est tirée des diverses attestations de proches, des arrêts de travail ultérieurs, de l’inaptitude médicale définitive à l’emploi constatée par le médecin du travail, et de la plainte très circonstanciée adressée par la partie civile au procureur de la République (Crim. 14 mars 2006, préc. supra, no 57). L’analyse de la jurisprudence révèle cependant que c’est bien l’accumulation des indices concordants qui parvient à convaincre le juge. Les accusations de la partie civile, les déclarations convergentes du personnel, les certificats médicaux produits peuvent donc ne pas être suffisants s’il existe des doutes en faveur du prévenu (doutes qui accréditent la thèse d’un « règlement de compte » à l’encontre du prévenu, Crim. 23 mai 2006, no 05-86.646  ; « absence de témoins directs », Crim. 11 mai 2005, préc. supra, no 58. – Également, Crim. 27 avr. 2011, no 10-87.555 ). Parmi ce faisceau d’indices qui permet d’établir la matérialité du harcèlement moral, la jurisprudence semble particulièrement réceptive aux présomptions qui découlent de données factuelles. Et il faut convenir, par exemple, que le harceleur pourra difficilement nier l’évidence lorsqu’il aura été constaté à son égard que « sur un effectif de douze salariées, cinq, au moins, soit ont été licenciées, soit ont démissionné, soit ont été placées en arrêt de travail dans les mois suivant la prise de fonctions du prévenu » (Crim. 14 mars 2006, préc.). Autant de présomptions que le harceleur aura du mal à renverser et qui pourront, en outre, être utilisées pour établir sa culpabilité.

(…)

  • 2Modalités psychologiques
  1. Dol à double variante. – La détermination de l’élément moral du harcèlement moral est malaisée en raison de la rédaction ambivalente des incriminations de harcèlement moral du code pénal. Malgré la certitude apportée par l’article 121-3, alinéa 1, du code pénal qui présume les délits intentionnels à défaut d’indication contraire dans le texte incriminateur, ce qui est le cas en l’espèce, on peut éprouver des doutes quant à l’intensité du dol exigé. La rédaction de l’incrimination semble, en effet, imposer de distinguer deux situations. Dans une première hypothèse, le harceleur a effectivement dégradé les conditions de travail ou de vie de sa victime. Le dol se réduit alors à sa plus simple composante, et il suffit d’établir que l’agent a eu la conscience et la volonté de violer la loi pénale, c’est-à-dire de porter atteinte à l’intégrité physique ou psychique de sa victime. En pratique, la démonstration de ce dol général n’est guère rédhibitoire. Comme bien souvent en droit pénal, cette preuve découle des données factuelles de l’espèce. Et lorsque l’on sait que dans la majorité des cas les victimes ne déclenchent les poursuites pénales que si elles ont subi une dégradation des conditions de travail, on comprend que la caractérisation de l’intention coupable est loin de constituer un obstacle. Cela est d’autant plus vrai que, ainsi qu’il vient d’être souligné, la preuve de la matérialité de l’infraction est facilitée par la jurisprudence, de sorte que la démonstration de la réalité des actes de harcèlement moral et de leur effet néfaste sur les conditions de travail ou de vie suffit à établir la conscience coupable exigée par la loi. Car comme le souligne la doctrine, « celui qui s’acharne peut difficilement prétendre ne pas avoir eu l’intention de dégrader les conditions de travail de sa victime » (MALABAT, article préc. [supra, no17], p. 497. – V. égal. Rennes, 31 mai 2007, préc. supra, no 50, qui déduit de l’attitude de déni du prévenu la conscience du caractère illicite de son comportement). Dans la grande majorité des cas, l’effet redouté du harcèlement ayant été obtenu, la démonstration de l’intention coupable relève donc d’une simple formalité.
  2. Dol spécial. – Il est une autre hypothèse, certes moins fréquente mais tout aussi concevable, où le harceleur a simplement adopté un comportement ayant pour objet, et non pour effet, de dégrader les conditions de travail ou de vie. Alors, l’intention coupable se raffermit pour se doubler d’un dol spécial plus problématique pour la victime car il lui faut démontrer que les agissements répétés étaient animés d’une intention tendue vers un but particulier, celle de dégrader les conditions de travail ou de vie (DUVERT, article préc. [supra, no44], V. no 54. – V. WESTER-OUISSE, article préc. [supra, no 52], no 122). Cette exigence supplémentaire en termes de culpabilité vise logiquement à compenser une matérialité qui est ici simplement formelle et à justifier une condamnation pénale pour des faits qui se situent plus en amont de l’iter criminis. Et il faut convenir que cette exigence accrue n’est pas sans retombées salutaires pour les harceleurs comme le montrent certaines décisions de relaxe fondées sur le fait, par exemple, qu’il n’est pas démontré que les agissements du prévenu aient été accomplis « dans l’intention de nuire aux deux plaignantes ou de dégrader leurs conditions de travail » (Crim. 11 mai 2005, préc. supra, no 58. – V. égal. Crim. 30 janv. 2007, no 06-83.107 . – Crim. 12 mars 2013, no 12-82.161 ).

(…)

Art. 2Modalités répressives

  1. Parallélisme répressif. – La répression du délit de harcèlement moral obéit à la même logique que celle du harcèlement sexuel. L’échelle des peines prévue est donc très proche et le harcèlement moral pose, à l’instar de son jumeau, des conflits de qualifications qu’il conviendra également d’aborder.
  • 1er Pénalités
  1. Nomenclature des peines. – Depuis la loi no2012-954 du 6 août 2012, le harcèlement moral est puni comme le harcèlement sexuel à titre principal de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. L’incrimination n’est plus punie dans le code du travail, et l’on trouve s’agissant du harcèlement moral du partenaire une pénalité qui dépend du résultat dommageable de l’infraction. Ainsi, les peines sont fixées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail, et à cinq ans d’emprisonnement de 75 000 € d’amende lorsqu’ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours. De toutes les formes de harcèlement, c’est donc le harcèlement moral du partenaire ayant entrainé une incapacité de travail de plus de huit jours qui fait encourir au harceleur les plus fortes peines désormais fulminées par le code pénal. En outre, l’article 222-44 du code pénal envisage quatorze peines complémentaires applicables à toutes les personnes physiques qui ont porté atteinte à l’intégrité physique ou psychique des personnes, donc y compris à l’auteur d’un harcèlement moral (sur ces peines complémentaires également applicables en matière de harcèlement sexuel, V. supra, no 37). De même, l’article 222-50-1 du code pénal, issu de la loi no 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants, prévoit que la peine d’affichage ou de diffusion de la décision de l’article 131-35 du même code est encourue en cas de harcèlement moral de l’article 222-33-2 lorsque les faits ont été commis après l’entrée en vigueur de cette loi (Crim. 28 mai 2013, no 12-84.281 ). Parmi les différences notables au plan des peines entre les deux formes de harcèlement, l’article 222-45 du code pénal prévoyant cinq peines complémentaires supplémentaires n’est, en revanche, pas applicable en matière de harcèlement moral car il ne vise pas expressément la section 3 bis du code pénal qui contient cette incrimination. Enfin, les peines prévues pour la tentative ne sont pas applicables, la tentative de harcèlement moral n’étant pas incriminée.

Index alphabétique

Abus d’autorité 5, 17, 23, 25 s.
* Actes de harcèlement
harcèlement moral 49 s.
harcèlement sexuel 15 s.
* Actes de nature sexuelle 32
* Agissements répétés
V. Infraction d’habitude
* Agressions sexuelles 9, 38
* Amis 3 27, 52
* Angoisse 67
* Anxiété 67
* Arrêts de travail 67
* Asthénie 67
* Atteinte à la dignité 63, 65
V. Dignité
* Atteinte aux droits 63, 64
* Atteintes sexuelles 9, 38
* Attouchements 20, 21, 32
* Autrui
harcèlement moral 44, 51, 53, 65
harcèlement sexuel 4, 5, 10, 15, 22, 27, 29, 30
V. Personne (notion de)
* Avenir professionnel 44, 55, 59, 62, 70
* Brimades 57
* Bullying 42
* Cadeaux 23, 31
* Cauchemars 67
* Certificat médical 71
* Chantage 19, 34
* Cigarettes 60
* Client 51
* Code du travail (comparaison) 4, 39, 41, 46, 56, 63, 64, 70, 75
* Collègue 26
* Concours de qualifications
harcèlement moral 76 s.
harcèlement sexuel 38 s.
* Conjoint 52
ancien 53
* Copropriétaire 52
* Courrier électronique 20
* Définition 2
* Dégradation des conditions de travail 60 s.
potentielle 61
.* Dénigrement 57
* Dépression 67
* Déstabilisation psychologique 67 s.
* Dignité 10 s., 28, 30, 59, 62 s.
* Discriminations 9, 40
* Dol 33, 72 s.
* Domaine 3
* Droit anglo-saxon 1
* Durée 56
* e-mails 20
* Écrits 20
* Égalité de traitement entre hommes et femmes (Directive) 11
* Élément matériel
harcèlement moral 48 s.
harcèlement sexuel 15 s.
* Élément moral
harcèlement moral 72 s.
harcèlement sexuel 33 s.
* Enseignant 23, 25
* État antérieur de la victime 69
* Étymologie 2
* Exhibition sexuelle 9
* Famille 3 27, 51, 52
* Finalité
harcèlement sexuel 28
* Fournisseur 51
* Fragilité psychologique 69
V. Prédispositions de la victime
* Habitude
V. Infraction d’habitude
* Harcèlement horizontal 26, 50
* Harcèlement institutionnel 41
* Harcèlement moral 41 s.
actes 49 s.
conséquences 59 s.
* Harcèlement moral à connotation sexuelle 76 s.
* Harcèlement sexuel 2, 9 s., 10 s.
actes 15 s.
finalité 28
* Harcèlement sexuel par assimilation 22 s.
* Harcèlement stratégique 41
* Harcèlement vertical ascendant 50
* Harcèlement vertical descendant 26, 50
* Historique 7
* Indices
V. Preuve
* Infraction d’habitude 17 s., 49, 54 s.
* Injures 31, 57, 65
* Insultes 31, 57, 65
* Intention 33, 72 s.
* Irritabilité 67
* Isolement 56, 59
* Légalité 5, 14, 45 s., 63
* Lien de subordination
harcèlement sexuel 25s
* Management par la peur 42
* Médecin 18, 22
V. Certificat médical
* Menaces 31, 57
* Mobbing 1, 42
* Moyens 5
* Partenaire 52, 66
ancien 66
* Pauses 60
* Peines
harcèlement moral 75
harcèlement sexuel 36 s.
peines complémentaires 37
peines principales 36
* Personne (notion de) 27
V. Autrui
* Peur
V. Management par la peur
* Poèmes 32
* Pouvoir de direction et de contrôle 58
* Prédispositions de la victime
V. Déstabilisation psychologique, Santé mentale
* Présomptions
harcèlement moral 71
harcèlement sexuel 24, 34
* Preuve
harcèlement moral 71
harcèlement sexuel 24, 34
* Propos obscènes 20 s.
* Réflexions désobligeantes 57
* Réitération des actes
V. Infraction d’habitude
* Répression
harcèlement moral 74 s
harcèlement sexuel 35 s
* Reproches 57
* Résultat
harcèlement sexuel 29
* Sanction injustifiée 57
* Santé mentale 67 s.
* Santé physique 66
* Séduction 23, 32
* Sexual harassment 1
* SMS 20
* Souffrance psychologique
V. Santé mentale, Déstabilisation psychologique
* Stalking 42
* Subalterne 26
* Subordination
V. Lien de subordination
* Tâches humiliantes, dégradantes 57
* Téléphone 60, 65
* Témoignages 24
* Tentative 37, 75
* Troubles de l’humeur 67
* Troubles digestifs 67
* Vie privée (immixtion) 57, 64
* Viol 9
* Violences 79
* Voisin 3, 52, 57

Agenda. Organisation scientifique du harcèlement. Le harcèlement est leur métier (2019 – …)

Le harcèlement est leur métier pour paraphraser le titre du roman de Robert Merle (La mort est mon métier). On pourrait parler de l’organisation scientifique du harcèlement comme Robert Merle a parlé de l’organisation scientifique de l’assassinat.

Depuis le printemps 2018, les flics sont entrées dans un nouveau mode de paradoxalité : Elles ponctuent leur verbiage par Oh !  Ca peut même être Oooooohhhhhhh.
La paradoxalité (usage de propos contradictoires, discordants) est l’oeuvre de névrosées obsessionnelles vous dirait un psychanalyste. Il semble que cette notion soit l’oeuvre de l’Ecole de Palo Alto en Californie dans les années 60 (Il existe un Que sais-je ? sur le sujet que je n’ai pas lu).

Jeudi 3 janvier 2019. Pornichet. Mon grand-père Pierre me parle de son père détenu à Auschwitz.

J’ai revu avec plaisir mon grand-père Pierre (Pierre-Bernard) qui m’a raconté que son père Pierre (qui n’était pas juif) avait été interné à Auschwitz III comme prisonnier de guerre. Il fut trouvé très affaibli, amaigri, cachexique, méconnaissable, libéré et soigné par les russes soviétiques et revint en France en 1946 après … 8 ans d’absence.

Auchwitz

Lundi 7 janvier 2019. Paris.

Je vais faire quelques courses dans Paris (Kiabi à Voltaire, Stylos à Strasbourg-St-Denis) et je vais voir les affichages de la SNCF commémorant l’anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 à la gare Montparanasse. C’est de nouveau une journée assez violente sur le plan des harcèlements avec de nombreuses incitations au départ (PaArs …) et pas mal de propos blessants et discordants. Il est question encore des communistes et de la Droite. Je vis ça encore dans un état de terreur. Il me faudrait 4 heures de travail pour tout retranscrire ici (environ 5 000 mots).

 

Mardi 8 janvier 2019. Cité des sciences. Conférence de Boris Cyrulnik, pédopsychiatre et Isabelle Carré, comédienne. Sur le thème général : Intelligence et attachement.

Les thèmes abordés sont les suivants : Empathie, perversion  (au sens freudien et au sens lacanien), Paradoxe du comédien de Diderot, souffrance (manque) et création, les enfants délaissés, isolés affectivement, donc lésés cérébralement.

La conférence est visible ici :
http://www.cite-sciences.fr/fr/ressources/conferences-en-ligne/saison-2018-2019/carte-blanche-a-boris-cyrulnik/

Boris Cyrulnik, psychiatre renommé, populaire, pédopsychiatre est Président de l’Institut de la Petite Enfance. http://boris-cyrulnik-ipe.fr/

Isabelle Carré, comédienne, se souvient avoir été internée en psychiatrie à l’âge de 15 ans, ce qui ne l’a pas empêchée de faire une longue carrière de comédienne. Elle fut révélée par le film Se souvenir des belles choses (2003, premier film de Zabou Breitman réalisatrice), dans lequel elle joue le rôle d’une amnésique, dont la mère est décédée de la maladie d’Alzheimer. Je me souviens surtout du film, dans lequel elle a joué, Les émotifs anonymes (2010, encore avec Benoît Poelvoorde) du nom de ces groupes de paroles, de thérapie collective. Elle avait joué également dans le film Entre ses mains (2005, avec Benoît Poelvoorde), film dans lequel on voit un homme frapper une femme assez violemment, ce qui fait que j’étais sorti de la salle de projection.
https://www.telerama.fr/cinema/films/se-souvenir-des-belles-choses,56892.php
https://www.telerama.fr/cinema/films/les-emotifs-anonymes,424091.php
https://www.telerama.fr/cinema/films/entre-ses-mains,233128.php

Il y a une page Wikipedia sur le Paradoxe du Comédien de Diderot, qui renvoie vers une numérisation gratuite de l’ouvrage par Google :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_sur_le_com%C3%A9dien
https://books.google.be/books?id=gksHAAAAQAAJ&hl=fr&pg=PP5#v=onepage&q&f=false

Dimanche 13 janvier 2019. Après-midi Galette des Rois chez ma soeur Sonia. Cour de Physique à mon neveu Erwan en 3ème sur l’attraction Terre-Lune.

Les flics qui squattent la maison de ma soeur m’ordonnent encore de devenir : PROF. Il n’y a pas seulement des micros chez moi. Il y en a aussi chez ma soeur Sonia …

Jeudi 24 janvier 2019. Soirée vapoteuse à Paris dans le quartier du Marais.

Les flics sont entrées en surexcitation maniaque lors de mes courses à Paris et pendant toute la soirée. En début de nuit, les flics continuent leurs harcèlements que je ne peux noter faute d’énergie.

Vendredi 25 janvier 2019. Visite avec mon oncle Arnaud de l’exposition sur le peintre espagnol cubiste-surréaliste Miro au Grand-Palais. Magnifique.

Les flics vont entrer en surexcitation maniaque pendant l’expo et surtout pendant mon retour en transports.

Un certain nombre de Web-radios écoutées récemment.

Sur Einstein.

https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-einstein-doc/einstein-lepreuve-de-lhistoire
https://www.franceinter.fr/emissions/rendez-vous-avec-x/rendez-vous-avec-x-01-janvier-2011
https://www.franceinter.fr/emissions/rendez-vous-avec-x/rendez-vous-avec-x-25-juin-2005
https://www.franceinter.fr/emissions/rendez-vous-avec-x/rendez-vous-avec-x-01-janvier-2011
https://www.lepoint.fr/science/einstein-dans-le-collimateur-du-fbi-23-08-2016-2063187_25.php
On pourrait écouter aussi :
https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/science-et-politique-peuvent-elles-se-parler
https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-einstein-debat/einstein-est-il-un-homo-politicus
https://www.franceculture.fr/emissions/planete-terre/sans-einstein-pas-de-gps

Sur Hannah Arendt.

https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-hannah-arendt-la-passagere/le-chemin-de-lexil?fbclid=IwAR2YG9D7zwtyfwGa71Qj_90o3xOXehIxV68mpbXo5_fS0ttuI1KGr7_GMy8
Une émission en or, écoutée & réécoutée (sur la liberté, le totalitarisme, nos personnes juridiques, la banalité du mal, du mal radical) :
https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-hannah-arendt-la-passagere/le-sens-de-laction
https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-hannah-arendt-la-passagere/la-maison-sur-locean

Par Tobie Nathan et Boris Cyrulnik. Discussion.

http://www.akadem.org/magazine/2018-2019/boris-cyrulnik-sur-le-divan-de-tobie-nathan-17-09-2018-103924_4783.php

Parcours de Tobie Nathan. Ethnopsychiatrie.

http://www.rfi.fr/emission/20190103-tobie-nathan

Tobie Nathan au sujet de Sabina Spielrein, amante de Jung, soignée par Jung, devenue psychalayste elle-même, assasssinée par les Einsatzgruppen nazis.

http://www.akadem.org/magazine/2018-2019/la-vie-derobee-de-sabina-spielrein-de-violaine-gelly-07-01-2019-107024_4783.php?fbclid=IwAR0kzRucIk4IwIBpYqtk9S_obBpqUVdHsAV2ZUjc-K3KdE_ZzwZrPNX_0CU

Conférence de Françoise Sironi, cofondatrice du Centre Primo Levi (centre de soins, d’assistance aux victimes de torture, de violences politiques, principalement de réfugiés politiques en France), au sujet de la désempathie des tortionnaires :

https://www.canal-u.tv/video/universite_paris_8/comment_devient_on_tortionnaire_une_conference_de_francoise_sironi.45107

https://www.youtube.com/watch?v=U1oFXig-RV8£

https://www.primolevi.org/

Au sujet de la fragilité (le déni de fragilité) :

https://www.franceculture.fr/conferences/college-des-bernardins/pourquoi-faut-il-voir-la-fragilite-comme-une-force

Mardi 13 février 2019.

GT le 13 février 2019 à une conférence sur le pilotage d’un objet par la pensée. C’est fou le nombre d’équipes qui cherchent dans le monde sur ce sujet (La capitalisme peut rémunérer un grand nombre de scientifiques …). … On pose des plaques d’électrodes sur le scalp du cerveau pour commander par exemple un exosquelette pour redonner de la mobilité aux paraplégiques. Mais j’étais plus occupé à noter les harcèlements des flics qu’à être bien présent pour la conférence …

PiloteObjetPensee

 

Vendredi 15 février 2019.

Journée de courses à Paris. Hyperviolence de flics déchaînées. TRES HAUTE TENSION. Je reçois à peu près 5000 mots ce jour-là.

Nuit de vendredi 15 à samedi 16 février 2018. Réveillé entre 5 et 6 heures par des flics hurlantes, haineuses.

J’entends ceci :

C’est A. OI. OI. A (10 fois).
C’est M. Prends.
C’est haut.
C’est Ey.
C’est REF. Hais.
C’est Ey (5 fois).
Uif. A (5 fois).
Naïf.
Faire PRO.
Fais peur.
PRENDS ! PRENDS ! PRENDS ! AN. PRENDS !
PRENDS !
Une flic de voix assez mûre hurle : EVE. HAIS !
Te hais.
Compris. I.
VRAI FOU. OU ? Haut.
SIA (10 fois).
FAUT LE FAIRE.
FAIS. Faire ce procès.

Samedi 16 février 2019. Lever à 9 heures.

Journée de courses à Paris. Hyperviolence de flics déchaînées. TRES HAUTE TENSION. Je reçois à peu près 5000 mots ce jour-là.

Nuit de samedi 16 à dimanche 17 février 2019. Réveillé à 5 heures du matin.

J’entends ceci :

Drucker, c’est un fou.
PRENDS. AN.

Lundi 4 mars 2019.

Diverses courses à Paris. Déjeuner avec mon oncle Arnaud.
Encore géolocalisé/harcelé !
Geolocalisation_20190304

 

Mercredi 6 mars 2019. Cité des Sciences. Expo sur le Microbiote.

Comme tous les jours depuis 10 ans, je suis géolocalisé, avec un couplage géolocalisation/harcèlements sonores :

Geolocalisation_20190306
 

Géolocalisé/harcelé sur la journée à la Cité des Sciences …

 

Mardi 19 mars 2019.

Tard dans la soirée, les flics font marcher le flash et la Webcam de mon ordinateur personnel pour me prendre en photo.

 

 

 

 

 

 

La lecture de la pensée, totalitarisme du 21ème siècle.

Ma chanson …

Cet article est en rapport avec 2 articles parus précédemment sur la même page Web :
https://harcelementssursami.wordpress.com/2018/05/06/saisine-du-conseil-consultatif-national-dethique/
https://harcelementssursami.wordpress.com/2019/01/28/rapport-annuel-du-ccne-conseil-consultatif-national-dethique-sur-lusage-des-neurosciences-avec-en-particulier-le-detecteur-de-mensonges/

On connaissait les totalitarismes nazis et staliniens. On connait désormais le totalitarisme français, qui peut s’exercer sur une seule personne.

On sait que la lecture de la pensée est utilisée depuis 2009 quand De Villepin est venu m’emmerder à Tunis chez ma tante Rachida et qu’elle est encore utilisée en 2019, quand bien-même on a alerté le Conseil d’Etat, le Procureur de la République, le Doyen des Juges d’Instruction et le Conseil Consultatif National d’Ethique. J’ai entendu 2 occurences à Djerba pendant l’été 2018 et une occurence en janvier 2019. Je sais que la lecture de la pensée a été utilisée dans mes logements habituels ou de vacances ou encore à l’extérieur, sur la voie publique et en particulier dans les transports en commun. Les flics ont eu des détails très précis de pensées que je n’ai jamais exprimées.

La lecture de la pensée est apparue exactement le même jour où De Villepin s’est exprimé dans ma chambre à Tunis. Il y avait Michel Drucker qui riait au même endroit … si bien qu’on peut faire l’hypothèse crédible que Michel Drucker était au courant de ce phénomène de lecture de la pensée et qu’il en a peut-être reçu le recel : Tout est possible en France … comme baffouer nos droits les plus élémentaires. Et on comprend ainsi mieux les propos tenus par Arditti sur le plateau de Vivement Dimanche quelques années plus tard : Que sa belle-fille est meilleure que tout le monde pour penser … Mais, je ne veux point faire trop d’interprétation …

 

Hannah Arendt a été assez claire sur la définition du totalitarisme (Elle a écrit les Origines du totalitarisme).
« Il est dans la nature même des régimes totalitaires de revendiquer un pouvoir illimité. Un tel pouvoir ne peut être assuré que si tous les hommes littéralement, sans exception aucune, sont dominés de façon sûre dans chaque aspect de leur vie ». On peut être totalitaire avec une seule personne !)

Je reprends ce que j’avais écrit dans l’article de cette page perso :
https://harcelementssursami.wordpress.com/2018/07/16/un-proces-pour-harcelements/

Interdiction de l’utilisation du détecteur de mensonges.
Article 3 de la CEDH
(interdiction de la torture, des traitements inhumains et dégradants).
La dangerosité de certains fonctionnaires.

detecteurdemensonge
Qu’est-ce qu’on peut penser de tout ça ? Usage du polygraphe.

On peut aussi dire que ce nouveau détecteur de mensonges va avoir du succès dans les tribunaux et les prisons pour évaluer la culpabilité des suspects.

Ca va leur être utile aussi pour débusquer les intentions terroristes chez les apprentis-djihadistes. A-t-on intérêt à ébruiter ce genre de procédés ? Si ça venait à se savoir, ça pourrait en calmer plus d’un.

Voir sur le sujet, le très bon article : Le procès pénal confronté aux neurosciences : science sans conscience … ? – Marie-Christine Sordino – AJ pénal 2014. 58.

Il y est écrit la chose très intéressante :

   « L’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme est utilisé au soutien de la prohibition du détecteur de mensonges, qui porterait atteinte à la dignité, le consentement étant considéré comme inexistant.
La liberté se heurte ici à la dignité. »

Les flics français ont considéré que ce qu’ils avaient trouvé dans mon cerveau annulait le préjudice de la méthode d’investigation empl