Psychotrauma.

J’examine ici 3 publications sur le psychotrauma.

Un des meilleures notions pour traiter du trauma causée par les harcèlements policiers est la névrose d’angoisse, définie par Freud et si bien décrite par Henri Ey (Voir à la fin de cet article).

PierreJanet
Pierre Janet, psychologue français …

Les travaux les plus intéressants sont ceux du psychologue français Pierre Janet (1859 – 1947, Paris) sur la dissociation péri-traumatique et post-traumatique …

C’est l’anti-dépresseur qui s’impose dans ces situations … et voir un psychothérapeute spécialiste en psychotrauma, victimologie …

 

 

 

 

 

Quand traiter le psychotraumatisme ?

Guillaume Vaiva, François Ducrocq.

  1. Pôle de Psychiatrie & Pôle des urgences, CHU de Lille, Hôpital Michel Fontan, F-59037 Lille, France

Philippe Lestavel.

  1. Service des Urgences, Centre hospitalier d’Hénin Beaumont, F-62251 Hénin Beaumont, France.

Presse Med. 2008; 37: 894–901. 2008 Elsevier Masson SAS.

Traiter quand le psychotraumatisme s’est installé durablement.

Quand le psychotraumatisme se trouve constitué (chronique après 3 mois disent les Anglo-Saxons), les symptômes deviennent plus difficiles à traiter. Là encore, intervenir pendant la première année post-trauma apporte de bien meilleurs résultats qu’intervenir sur des symptomatologies plus anciennes. D’autre part, plus le psychotrauma est ancien, plus il est comorbide avec d’autres troubles psychopathologiques ou psychosomatiques :

  • dépression de l’humeur,
  • conduites addictives (en particulier alcooliques),
  • phobies multiples,
  • atteintes dermatologiques, intestinales ou endocriniennes.

Le traitement de première intention est alors psychothérapique (en ce qui concerne le trauma lui-même), associé à une prise en charge pharmacologique pour les troubles comorbides.

(…)

Dans ce travail, 2 techniques se distinguaient ; les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) centrées sur le trauma et l’EMDR (Eyes Movement Desensitisation and Reprocessing) se montraient supérieures aux techniques de stress management, aux techniques d’hypnose ou aux thérapies cognitivo-comportementales de groupe (elles aussi intéressantes).

Stratégie médicamenteuse : pourquoi et comment ?

Les buts de la chimiothérapie de l’ESPT sont multiples :

  • réduction des symptômes clefs (symptômes intrusifs, évitement, hyperréactivité neurovégétative),
  • amélioration du contrôle de l’impulsivité et des manifestations dissociatives,
  • réduction de la comorbidité,
  • amélioration de la qualité de vie par réduction du handicap.

Après une multitude d’études contrôlées et d’essais ouverts depuis près de 20 ans, un consensus se dégage. À côté des antidépresseurs tricycliques, des IMAO (inhibiteur de la monoamine-oxydase), des antagonistes 5-HT2 et des anticonvulsivants, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) s’imposent comme des traitements de choix à utiliser en première intention dans le trouble constitué.

Ses représentations pourront également l’amener à se demander si ses plaintes sont fondées, au point d’encombrer la démarche psychothérapique et la nécessaire dimension ab-réactive du récit du trauma, mais à l’opposé nous rencontrons également des patients dans une position d’attente magique de « gommage » d’une trace traumatique honteuse et encombrante.

Conclusion

Dans l’évolution des tableaux psychotraumatiques, les sujets vont vivre des éléments de retentissement fonctionnels, sociaux, professionnels ou affectifs souvent majeurs (perte d’emploi, séparations, incommunicabilité de l’expérience vécue, etc.). Les comorbidités sont la règle : tableaux psychosomatiques, conduites addictives et surtout tableaux de dépression post-traumatique. Le pronostic de cet ensemble d’aspects est grevé par les conduites suicidaires : 15 fois plus de tentatives de suicide que la population générale, 7 fois plus de décès par suicide dans les 3 ans qui suivent.

Le psychotrauma. II. La réaction immédiate et la période post-immédiate.

The psychotrauma, the immediate reaction and the postimmediate period.

  1. Chidiac,

a Service du Professeur F. Rouillon, clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME), université Paris-V, Cochin – Port Royal – Sainte-Anne, 100, rue de la Santé, 75674 Paris cedex 14, France

  1. Crocq

b Cellule d’urgence médicopsychologique, samu de Paris, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 168, Issue 8, October 2010, Pages 639-644

1. LES SYNDROMES PSYCHOTRAUMATIQUES IMMÉDIATS

Lorsqu’un individu est exposé à une agression ou une menace soudaine, il présente immédiatement, de façon quasi réflexe, une réaction d’alarme pour faire face à cette agression. Cette réaction est désignée aujourd’hui, en emprunt au vocabulaire anglo-saxon, par le vocable réaction de stress. La Classification Internationale des Maladies Mentales, dans sa 10ème révision dite CIM-10, la dénomme « réaction aiguë à un facteur de stress » (répertoriée F43.0). La nosographie américaine du DSM n’a rien prévu pour la désigner, ce qui est une lacune notable.

Cette réaction qui suit immédiatement l’agression ne dure en principe que quelques heures (d’une à six heures mais, dans certains cas de figure, une journée). Elle est le plus souvent normale, adaptative ; mais elle peut s’avérer parfois pathologique et inadaptative. Adaptative, elle est le fait du stress normal. Inadaptative, elle est le fait du stress dépassé, ou traumatique.

Un même événement, « potentiellement traumatogène », peut donner lieu à un stress adapté pour un sujet, mais à un stress dépassé pour un autre, en fonction des différences de personnalité, de disponibilité des défenses psychiques, de résonance personnelle et du soutien apporté par l’entourage.

 

1.1. La réaction immédiate adaptative

 

La réaction immédiate adaptative, dénommée « stress adapté », double l’alarme et la mobilisation biophysiologiques du stress d’une alerte et d’une mobilisation psychologiques. Sur le plan biophysiologique, les effecteurs sont mobilisés : accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, élévation du taux de sucre sanguin, fuite de la masse sanguine de la périphérie vers les organes. Sur le plan psychologique, l’alerte et la mobilisation se manifestent dans les quatre sphères – cognitive, affective, volitionnelle et comportementale –, ayant pour effets notables d’élever le niveau de vigilance, de focaliser l’attention, d’activer les capacités d’évaluation, de mémorisation et de raisonnement, de faciliter le contrôle émotionnel et d’inciter à l’action, le tout aboutissant à l’élaboration d’une décision et à l’adoption d’attitudes et de gestes adaptés (attitude d’alerte et de préparation à la défense, gestes de défense et de combat, ou gestes de retrait ou de fuite raisonnée).

Mais c’est une réaction d’exception, grevée de symptômes gênants et coûteuse en énergie. Les symptômes gênants sont principalement neurovégétatifs, attenant à l’activation du système nerveux sympathique et à la décharge d’adrénaline : accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, élévation de la tension artérielle, frissons, pâleur et parfois sensation de faiblesse (lipothymie) ; sensations pénibles de « boule dans la gorge », de striction thoracique et spasmes viscéraux divers (« noeud sur l’estomac », douleurs abdominales et envie impérieuse d’uriner). La réaction immédiate de stress est coûteuse en énergie ; en énergie physique, car elle épuise les réserves de glucides de l’organisme, et en énergie psychique, car elle épuise les capacités cognitives, affectives (maîtrise émotionnelle) et de contrôle moteur. D’ailleurs, dès qu’elle se termine, elle débouche sur un état psychique ambigu qui mêle un vécu de soulagement euphorique « quitte pour la peur » avec une sensation d’épuisement physique et psychique (impression d’être « vidé »).

1.2. La réaction inadaptée, de stress dépassé.

La réaction immédiate de « stress dépassé » est le fait de sujets psychologiquement vulnérables, Mais elle peut être aussi observée chez les sujets normaux dans les agressions exceptionnellement violentes, ou trop prolongées ou répétées à de courts intervalles de temps, surtout s’il y a eu impréparation et surprise, et conjoncture d’absence de soutien social. Cette réaction immédiate inadaptée peut se présenter sous quatre formes, qui sont la sidération, l’agitation, la fuite panique, et l’activité d’automate.

La « sidération » saisit le sujet d’un coup, dans toutes ses facultés. Sur le plan cognitif, il est stupéfait, incapable de percevoir, de s’orienter, de comprendre, de penser et d’exprimer ce qu’il ressent. Sur le plan affectif, il est stuporeux, au-delà de la peur, flottant dans un état second. Sur le plan volitionnel, le sujet est sidéré, frappé d’une inhibition de la volonté, d’une suspension de sa faculté de décider, de prendre une initiative. Il n’écoute pas les exhortations données par les autres, il semble transporté dans un autre monde. Sur le plan comportemental, il est comme paralysé, pétrifié ; il demeure immobile dans le danger, sans chercher à s’abriter. Cette sidération peut durer une minute comme plusieurs heures.

L’« agitation » est la réaction inverse. C’est un état d’excitation psychique, de désordre affectif et d’anarchie volitionnelle. Le sujet agressé et stressé a envie d’agir, mais son stress est trop intense pour lui permettre de bien comprendre la situation et d’élaborer une décision. Alors, il libère sa tension anxieuse dans une décharge motrice sauvage et désordonnée : Il gesticule, crie, s’agite en tous sens et profère des propos incohérents. La terreur et l’affolement se lisent sur son visage, et sa relation à autrui est très perturbée : il sait qu’il est parmi les autres, mais il ne les reconnaît pas toujours, ne les écoute pas et n’obéit pas. Cette agitation peut être éphémère (quelques minutes) ou prolongée (plusieurs heures).

La « fuite panique » est une réaction de course affolée et éperdue. C’est une fuite impulsive, qui pousse le sujet droit devant, sans même savoir où il va, se heurtant aux obstacles, bousculant, renversant et piétinant autrui. Si quelqu’un arrête le fuyard et tente de le raisonner, ce fuyard montre un faciès hagard, un regard vide et une expression d’incompréhension totale. Dès qu’on le relâche, il reprend sa course et ne s’arrêtera que quand il sera épuisé. Et il ne conservera qu’un souvenir confus de sa fuite. Il arrive que cette fuite panique pousse le fuyard affolé droit dans le danger (fuite en avant). La fuite panique éperdue peut durer quelques minutes, aussi bien qu’une demi-heure de course à pied.

Le « comportement d’automate » est le quatrième mode de réaction immédiate inadaptée. De prime abord, il n’attire pas l’attention, car les sujets qui adoptent cette réaction semblent avoir un comportement normal : ils évacuent dans l’ordre, sans bousculade ni panique, ou ils obéissent aux ordres, ou encore ils aident autrui, sur ordre ou en imitant l’exemple donné par un autre. Mais un observateur exercé remarquera que leurs gestes sont répétitifs et inutiles (comme le fait de tripoter sans cesse un objet), ou dérisoires, peu adaptés à la situation. L’expression de leur visage est « absente », comme s’ils ne se rendaient pas compte de la réalité tragique de l’événement. Si on leur parle, ils semblent écouter mais ils n’enregistrent pas ce qui vient d’être dit. Eux-mêmes demeurent silencieux et une fois l’action terminée, ils sont incapables de se souvenir de ce qu’ils ont fait, ou encore ils n’en n’ont conservé qu’un souvenir flou et lacunaire. Là aussi, cet état peut durer aussi bien quelques minutes que plusieurs heures, au sortir desquelles le sujet aura l’impression d’émerger d’un rêve.

1.3. Réactions immédiates franchement pathologiques, névropathiques et psychotiques.

Au-delà du stress dépassé, on peut observer des réactions franchement pathologiques, névrotiques ou psychotiques. Ces réactions sont souvent le fait de sujets prédisposés ou déjà porteurs de leur propre pathologie. Parmi les réactions névrotiques, la « réaction anxieuse » survient surtout en conjoncture de menace ou d’attente ; le sujet en attente anxieuse est pâle, en proie à des symptômes d’angoisse psychique et somatique, subagité, quémandant des  réassurances autour de lui, ne tenant pas en place et capable de se jeter inconsidérément vers le danger. Mais, une fois l’agression perpétrée ou la catastrophe survenue, l’anxieux se comporte généralement bien, en exécutant docile. La « réaction hystérique » – état second ou symptômes conversifs – est rarement observée lors de la phase immédiate, et plus souvent pendant les phases post-immédiate et différée chronique. Toutefois, on a observé des crises excitomotrices hystériques ou des états seconds installés d’emblée, parfois avec errance, ou des conversions immédiates : fausses cécités, fausses surdités, fausses paralysies et surtout aphonie ou mutisme post-émotionnels.

Parmi les réactions psychotiques, la « réaction confusionnelle », post-émotionnelle ou post-commotionnelle, montre un sujet désorienté dans le temps et dans l’espace, obnubilé, bradypsychique, stuporeux et incapable même de dire son nom.

Cette réaction, qui s’installe d’emblée, peut être éphémère (une dizaine de minutes), ou prolongée (plusieurs heures, voire plusieurs jours). Dans la « réaction délirante », ou bouffée délirante (durée : un à trois jours), le sujet réagit – d’emblée ou après une brève méditation perplexe – par l’extériorisation d’un délire qui se dissipera spontanément en quelques jours. La « réaction maniaque », avec excitation psychomotrice, gesticulation, mimique agitée de tics, émission de propos volubiles entrecoupés d’exclamations et surtout euphorie joyeuse hors de propos avec la gravité de la situation, attire généralement l’attention. Mais, parfois, cette agitation, dépensée dans une participation infatigable aux secours, peut passer inaperçue jusqu’à ce qu’on remarque ce sauveteur bénévole indiscipliné et agité, importunant victimes et sauveteurs par ses propos joyeux. La « réaction mélancolique » peut se manifester dès la phase immédiate : mimique dépressive, inhibition psychomotrice, douleur morale, exagération pessimiste des conséquences de l’événement, et surtout extériorisation de propos immotivés de culpabilité et d’autoaccusation. Enfin, la « réaction schizophréniforme » a été décrite chez des sujets jeunes (adolescents ou jeunes adultes) réagissant à l’agression par un état dissociatif, et plus souvent chez des sujets dont l’autisme, la dissociation et le délire intérieur couvaient parfois depuis plusieurs mois ou années. On dit, pour les tremblements de terre en particulier, qu’un séisme intérieur a fait écho au séisme extérieur de l’événement, faisant éclore une schizophrénie jusqu’alors latente.

1.4. Critères de vécu traumatique de la réaction immédiate.

On admet que, dans une catastrophe, 75 % des sujets ont une réaction immédiate adaptée et 25 % une réaction inadaptée. Mais cette répartition doit être revue en fonction du nombre réel des réactions d’activité automatique dont le comportement n’attire pas l’attention et qui sont considérées à tort comme des réactions normales. Leur proportion réelle, à des degrés divers d’automatisme, serait à elle seule de 15 % à 25 % selon l’importance et la violence de la catastrophe, pouvant porter jusqu’à 50 % la proportion totale des réactions inadaptées.

Le plus souvent, la réaction immédiate adaptée n’est pas vécue sur le mode du trauma, tandis que la réaction immédiate inadaptée est vécue comme un trauma. Mais ce parallélisme n’est pas absolu, et il arrive que des réactions manifestement inadaptées, avec un comportement spectaculaire, se résolvent rapidement sans aucune séquelle traumatique, tandis que des réactions parfaitement adaptatives donnent lieu, après une période de « rumination », aux pires névroses traumatiques, parce que le sujet aura été impressionné, à son insu, par un détail horrifiant (par exemple, la vue d’un cadavre d’enfant). Finalement, c’est l’avenir qui dira si oui ou non l’événement potentiellement traumatisant a été vécu comme un trauma.

Toutefois, certains indices dans le tableau clinique initial seraient révélateurs d’un vécu traumatique et annonciateurs de séquelles psycho-traumatiques. Se référant au concept de dissociation selon Pierre Janet, des cliniciens nord-américains comme Marmar et Brunet ont recherché de tels critères prédictifs, qu’ils ont dénommés signes de « dissociation péri-traumatique » et de « détresse péri-traumatique ». En fait, il s’agit des symptômes que nous avons décrits plus haut dans les tableaux cliniques des quatre modalités de réaction inadaptée. Pour notre part, nous utilisons un auto-questionnaire de 20 questions, explorant les cinq volets cognitifs, affectifs, neurovégétatifs, volitionnels et d’état psychique juste après l’événement, sans laisser de lacunes importantes. Nous préférons l’utiliser en cours d’entretien, juste après que le patient aura parlé de son vécu de l’immédiat, à titre de complément ou de précision de ses dires. Nous avons réalisé deux formes de ce questionnaire : une forme simple, avec autoévaluation en degrés de gravité (de 0 à 5) ; et une forme analogique, sur des axes horizontaux entre deux extrêmes (symptôme absent et symptôme très intense).

2. CLINIQUE DE LA PÉRIODE POSTIMMÉDIATE.

La période post-immédiate qui s’étend en principe du deuxième au 30ème jour (mais il existe des variantes de durée, de quelques jours à plus d’un mois) requiert une surveillance psychologique attentive et soutenue. En effet, deux éventualités peuvent se présenter : ou bien les symptômes (neurovégétatifs et de déréalisation) de la période immédiate s’éteignent progressivement et le sujet n’est plus obnubilé par le souvenir de l’événement ; ou bien ces symptômes persistent, tandis que le sujet est toujours obsédé par le souvenir de l’événement, et en outre, il commence à souffrir de nouveaux symptômes, psychotraumatiques, tels que reviviscences, troubles du sommeil et anxiété phobique, augurant de l’installation d’une pathologie psychotraumatique durable. Par ailleurs, il arrive que certaines victimes, qui dans l’immédiat ne ressentaient aucune souffrance dans l’euphorie de s’en être tirées « quittes pour la peur », commencent à présenter au bout de quelques jours des signes d’une pathologie psychotraumatique. Pendant longtemps, dans les nosographies, la période postimmédiate ne fut pas identifiée, car on la considérait comme début ou « phase de latence » de la névrose traumatique. C’est l’observation clinique qui a imposé la distinction et l’autonomie.

Le DSM américain l’identifie sous le vocable d’« état de stress aigu » (Acute stress disorder), avec des critères cliniques combinant la persistance de symptômes dissociatifs apparus dans l’immédiat et l’éclosion de symptômes d’état de stress post-traumatique, et des critères temporels d’apparition des symptômes dans les quatre semaines suivant l’événement et de persistance pendant un créneau d’une durée de deux jours à quatre semaines.

2.1. Description clinique.

2.1.1. Première éventualité : le retour à la normale.

On assiste en quelques jours à la sédation des symptômes neurovégétatifs gênants du stress : le rythme respiratoire, le rythme cardiaque et la tension artérielle redescendent à des valeurs normales, les spasmes viscéraux s’estompent, la sensation d’oppression thoracique disparaît ainsi que les phénomènes de pâleur, de sueur, de bouche sèche, etc. Sur le plan psychologique, le rescapé ne ressent plus la sensation désagréable de tension psychique et sa pensée n’est plus monopolisée par la souvenance brute (images, odeurs, sensations tactiles, sursauts) de l’événement récent ; il est capable de reprendre ses activités habituelles. Enfin, on ne constate aucun trouble du sommeil : ni retard de l’endormissement, ni réveil nocturne angoissé, ni cauchemar.

Il arrive toutefois que ce retour progressif à la normale soit émaillé de « décharges émotionnelles différées », qui ont pour but de libérer la tension émotionnelle contenue pendant l’action. En effet, pendant les instants critiques d’exposition au danger, le sujet, totalement occupé par la mise en oeuvre de gestes et conduites de sauvegarde, doit négliger, voire réprimer toutes les réactions spontanées qui compromettraient ces conduites : tremblement, agitation, cris, envie de pleurer, etc. Mais, une fois que l’action est terminée et que le sujet est à l’abri du danger, il peut alors liquider ces arriérés émotionnels et laisser libre cours à toutes les impulsions qu’il a dû réprimer pendant l’action. Il peut s’agir aussi de débâcles neurovégétatives, telles qu’accès de sudation intense, nausée et vomissement, perte d’urine. En général, de telles « abréactions » (ou réactions différées) ne se produisent qu’une fois et procurent un soulagement, au moins transitoire, et ne sont suivies ni de récidives ni de séquelles. Mais elles peuvent aussi bien se répéter et amorcer un syndrome de répétition, s’intégrant alors dans la période de latence d’une névrose traumatique, version pathologique de la phase post-immédiate, et que nous allons examiner maintenant.

2.1.2. Deuxième éventualité : la phase de latence d’une névrose traumatique.

La variante morbide de la phase post-immédiate était bien connue des auteurs anciens qui la dénommaient des vocables imagés de « période de préparation, d’incubation, de méditation, de contemplation ou de rumination », et qui l’incluaient dans la névrose traumatique dont elle constituait la phase préalable silencieuse, marquée par le travail torpide de « l’émotion retardante » (Janet, 1889). On la retrouve plus tard dans les travaux des cliniciens des deux guerres mondiales et des guerres de l’après-guerre, sous le nom de « phase de latence ». Comme sa symptomatologie est en partie différente de celle de la névrose traumatique, on préfère aujourd’hui la différencier de cette affection et lui accorder un statut nosologique à part. Cette symptomatologie a longtemps été considérée comme latente, c’est-à-dire non extériorisée, cliniquement silencieuse. Il s’agissait toutefois le plus souvent de sujets qui demeuraient isolés, repliés sur eux-mêmes, peu expansifs, voire mutiques (en contraste avec l’épanchement post-émotionnel et le besoin de contact social des autres rescapés en état de soulagement euphorique). Une observation attentive pouvait déceler leur mimique préoccupée, leur expression perplexe, leur regard vide et leur propension à demeurer figés. Des entretiens cliniques rétrospectifs ont permis d’explorer le vécu de tels sujets, dont on peut dire, selon le mot de Ferenczi (1916), « qu’ils n’étaient pas revenus de leur effroi ». Sur le plan social, ils n’avaient pas envie de se mêler aux autres ni de parler ; ou plutôt, ne sachant trouver les mots pour formuler l’indicible, ils y renonçaient.

Et, sur ce fond de persistance de l’état de déréalisation qui avait marqué leur expérience vécue immédiate de l’événement, apparaissaient, au bout de quelques jours ou de quelques semaines, des symptômes nouveaux : de la fatigue, de la nervosité, de l’irritabilité, et des troubles du sommeil tels que difficultés d’endormissement à cause du surgissement d’images de l’événement et réveils angoissés provoqués par les premiers cauchemars de répétition. D’autres reviviscences se manifestaient aussi dans la journée : vision hallucinatoire de la scène de l’événement (avec toute la véracité du réel, d’où sa puissance anxiogène), brèves hallucinations auditives ou olfactives restituant les bruits, les cris et les odeurs de l’événement, impression subite que l’événement allait se reproduire (provoquant parfois des sursauts et l’impulsion à se recroqueviller) et réactions d’angoisse phobique à la vue de tout ce qui pouvait rappeler l’événement. Bref, on voyait s’installer progressivement, en quelques jours ou quelques semaines, une névrose traumatique (ou état de stress post-traumatique) avec ses éléments caractéristiques : le syndrome de répétition, le repli de la personnalité et les symptômes dits « non spécifiques » tels qu’asthénie, anxiété, phobies, somatisations diverses et troubles des conduites (irritabilité, tabagisme, recours à l’alcool).

2.3. Statut du diagnostic de stress aigu du DSM-IV

Les cliniciens américains auteurs du DSM ont introduit, dans la dernière révision de 1994 (DSM-IV), le diagnostic d’« état de stress aigu » (acute stress disorder) pour désigner cette période post-immédiate qu’ils reconnaissaient enfin. Ce diagnostic comporte huit catégories de critères (de A à H).

  • Les critères A sont les mêmes que ceux de l’état de stress post-traumatique (chronique), à savoir : (A1) avoir été exposé à un événement potentiellement traumatisant, et (A2) l’avoir vécu dans les sentiments de peur, d’impuissance ou d’horreur.
  • Les critères B se rapportent à la persistance des symptômes dits « dissociatifs » manifestés pendant l’événement, tels que torpeur, impression de brouillard, déréalisation, dépersonnalisation et amnésie d’un aspect de l’événement.
  • Les critères C désignent les manifestations de reviviscence telles qu’images, illusions, pensées intrusives, rêves de répétition et « états dissociatifs » vécus comme si l’événement allait se reproduire.
  • Les critères D concernent l’évitement des stimuli évocateurs.
  • Les critères E concernent la persistance de symptômes anxieux ou de manifestations dites d’activation neurovégétative, telles que difficultés de sommeil, irritabilité, hypervigilance, sursauts, etc.
  • Les critères F mentionnent une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social.
  • Les critères G exigent la survenue du trouble dans les quatre semaines suivant l’événement et une durée minimum de deux jours et maximum de quatre semaines.
  • Enfin, les critères H éliminent les états psychiques dus à des toxiques, à une affection médicale générale, à une psychose, ou à une exagération d’un trouble mental préexistant.

3. CONCLUSION.

Le clinicien ne peut ignorer ni négliger l’existence des premiers tableaux cliniques qui suivent immédiatement l’exposition à un événement potentiellement traumatisant. Il s’agit d’abord de la réaction immédiate (premières heures, et au maximum premier jour) ; puis de la période post-immédiate (du deuxième au 30ème jour). L’examen attentif des symptômes de la réaction immédiate permet de discerner si le sujet a su faire face à l’événement, au prix d’un simple stress neurovégétatif, ou si en revanche, il l’a vécu sur le mode du trauma, dans le débordement et l’effraction de ses défenses : effroi, horreur, confrontation inopinée avec le réel de la mort, sentiment d’impuissance et impression d’absence de secours. Cet examen clinique dictera l’attitude et les gestes de l’intervention psychologique d’urgence. Et l’existence de caractères « traumatiques » de l’expérience vécue de l’immédiat (en particulier, les signes de dissociation et de détresse péritraumatiques) devra alerter le clinicien sur l’éventualité d’une évolution défavorable, vers le post traumatic stress disorder (PTSD) ou la névrose traumatique. La surveillance clinique devra être maintenue pendant les semaines de la période post-immédiate : s’assurer que tous les symptômes de l’immédiat s’éteignent, rapidement ou progressivement, et que le sujet reprend sans difficulté son existence familiale et sociale. Mais, si ces symptômes persistent et s’ils se doublent de symptômes de reviviscence, d’état d’alerte et de phobies, on devra craindre l’installation d’une névrose traumatique (ou d’un PTSD), et prendre des mesures en conséquence, parmi lesquelles, à cette période précoce, le debriefing psychodynamique individuel, dénommé aussi intervention psychothérapique post-immédiate (ou IPPI).

Annales Médico-Psychologiques 168 (2010) 311–319

Le psychotrauma. Stress et trauma. Considérations historiques

Stress and psychotrauma. History of trauma.

Chidiac

a Service du Professeur F.-Rouillon, clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME), université Paris V, Cochin–Port-Royal–Sainte-Anne, 100, rue de la Santé, 75674 Paris cedex 14, France

L. Crocq

b Cellule d’urgence médicopsychologique, SAMU de Paris, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France

I. CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES.

1.1. Les précurseurs : récits légendaires, rêves de bataille et vent du boulet.

1.2. Les fondateurs. Découverte de l’inconscient traumatique : Oppenheim, Charcot, Janet, Freud et quelques autres.

(…)

L’année 1889 fut le pivot de ces découvertes, avec la thèse de doctorat ès lettres de Pierre Janet et le Congrès de Paris sur l’hypnotisme. Dans sa thèse L’Automatisme psychologique, Janet présente 20 cas d’hystérie et de neurasthénie, montre que sous hypnose on peut découvrir leur origine traumatique oubliée de la conscience et induire la cessation des symptômes. Il attribue leur pathogénèse à la « dissociation de la conscience », la partie de la conscience liée à la souvenance brute de l’expérience traumatique faisant bande à part dans un recoin de la conscience, tel un corps étranger, et suscitant des actes « automatiques » inadaptés, sans liaison avec le reste de la conscience qui continue d’inspirer des pensées et des actes circonstanciés et adaptés.

1.3. Les continuateurs. La psychiatrie de guerre prend le relais.

(…)

Fenichel, reprenant les conceptions de Freud, déterminera clairement le tableau clinique de la névrose traumatique, selon trois axes : les symptômes de répétition ; les « complications psychonévrotiques » anxio-phobiques, hystériques, ou obsessionnelles ; le blocage des fonctions du moi (fonctions de filtration des stimuli de l’environnement, fonction de présence et fonctions libidinales de sexualité et de relation affective à autrui).

(…)

La Seconde Guerre mondiale s’est achevée par la découverte horrifiée des camps d’extermination nazis, et par les deux bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Un « syndrome des déportés », avec asthénie et hypermnésie émotionnelle (équivalent du syndrome de répétition), a été très tôt identifié par le Français Targowla.

(…)

1.4. La période des novateurs. Post-Vietnam syndrome et Post-Traumatic Stress Disorder. Au-delà du PTSD.

(…)

Les critères diagnostiques du PTSD comprenaient :

  • A le fait d’avoir subi un événement qui provoquerait de la détresse chez quiconque ;
  • B des reviviscences intrusives de cet événement ;
  • C de l’émoussement psychique avec restriction des affects ;
  • D un ensemble disparate de symptômes tels que l’état d’alerte, les troubles du sommeil, la culpabilité du survivant et les troubles de la mémoire et de la concentration.

(…)

LouisCrocq
Louis Crocq, psychiatre français des Armées (91 ans).

De 1965 à 1986, Crocq et al. publièrent une série d’articles sur les névroses de guerre et le traumatisme. Puis, Claude Barrois fit paraître en 1988 le premier ouvrage de référence sur ces troubles, dans ses aspects historiques, cliniques et une optique alliant psychanalyse et phénoménologie, optique reprise par L. Crocq dans son ouvrage de référence, Les traumatismes psychiques de guerre. Par ailleurs, plusieurs cliniciens (Briole, Lebigot) ont proposé une relance de la psychanalyse des névroses traumatiques, en reprenant la métaphore freudienne de la vésicule vivante ou en y transposant la pensée lacanienne.

 

2. STRESS ET TRAUMA.

L’introduction du mot anglais stress dans la pathologie psychique n’est pas anodine et reflète une prise de position résolument biologique, au détriment du mot névrose, qui est récusé par les auteurs du DSM à cause de sa connotation psychanalytique. Quoi qu’il en soit, dans la nosographie européenne classique, le concept de névrose traumatique désignait une affection névrotique développée après une expérience de traumatisme psychique ou trauma. Dans la nosographie du DSM et dans celle de la CIM-10, le concept d’état de stress post-traumatique désigne une perturbation mentale, supposée être de nature biologique (c’est-à-dire un stress), consécutive elle aussi à une expérience de traumatisme psychique. Aussi convient-il d’expliciter le sens de chacun des deux mots stress et trauma.

2.1. Le stress.

2.1.1. Origine du mot stress.

Le mot anglais stress est emprunté au vocabulaire des métallurgistes, qui désignaient ainsi le comportement d’un métal soumis à des forces de pression, d’étirement ou de torsion. En 1914, le physiologiste américain Cannon l’a transposé à la régulation hormonale des émotions chez l’animal. En 1945, les deux psychiatres militaires américains R. Grinker et J. Spiegel  l’appliquent à la pathologie psychiatrique de guerre, dans leur ouvrage intitulé Men under stress, pour désigner l’état psychique des soldats soumis aux émotions du combat et développant en conséquence des troubles mentaux aigus ou chroniques. En 1950, le physiologiste H. Selye (Hongrois émigré au Canada) adopte le terme de stress pour désigner ce qu’il appelait depuis 1936 le « syndrome général d’adaptation » ou réaction physiologique standard de l’organisme soumis à une agression, quelle que soit la nature de cette agression.

2.1.2. Nature bio-neuro-physiologique du stress.

Dans la conception de Selye, le stress était un phénomène essentiellement physiologique ou neuro-physiologique réflexe mettant immédiatement l’organisme agressé en état d’alerte et de défense. La réaction de stress se déroulait selon le circuit suivant : transmission des informations nociceptives des organes des sens au cerveau cortical par les voies nerveuses afférentes, puis transmission de ces informations du cortex vers le mésencéphale par des connexions intracérébrales, puis émission par ce mésencéphale de deux sortes de messages vers les organes effecteurs : des messages neurovégétatifs utilisant la voie des nerfs ; des messages hormonaux (délivrés par la posthypophyse) utilisant la voie sanguine. Ces messages avaient pour effet de mobiliser certains effecteurs dans la vie neurovégétative et la vie de relation, et de mettre ainsi l’organisme en état de répondre dans l’urgence : attitude d’alerte, mobilisation de l’énergie, gestes de défense ou conduites de retrait et de fuite.

La réaction de stress en réponse à une agression ponctuelle ne dépasse pas quelques heures. Toutefois, si les stresseurs maintiennent leur action, il va de soi qu’elle se prolongera d’autant. Son inconvénient est qu’elle est grevée de symptômes gênants (pâleur, sueur, tachycardie, spasmes viscéraux) et qu’elle est coûteuse en énergie. Elle est tellement dépensière en énergie qu’elle épuise les réserves hormonales et glucidiques et que, si la situation d’agression se perpétue ou se renouvelle à de trop brefs intervalles, l’organisme s’effondre et peut même mourir. Dans les expériences de Selye, des stress violents et prolongés pouvaient aboutir à la mort de l’animal par épuisement.

2.1.3. Psychologie du stress.

Selye insistait surtout sur la nature physiologique et éventuellement psychophysiologique du stress, sans chercher à en explorer le vécu psychique, ce qu’ont fait des recherches ultérieures. De nature réflexe, le stress se déclenche et se déroule sans intervention de la volonté, même si le sujet est conscient de la menace ou de l’agression et conscient ensuite de sa propre réaction et des modifications physiologiques et psychiques qu’elle entraîne. Mais il arrive que si le stress est trop intense, trop prolongé ou répété à de trop courts intervalles, il se mue en réaction de stress dépassé, inadaptative. On distingue quatre sortes de stress dépassé : l’inhibition stuporeuse, l’agitation désordonnée, la fuite panique et l’action automatique.

2.1.4. Avatars du mot stress.

Au cours de l’évolution de sa pensée, Selye fut amené à préciser que le mot stress désigne la réaction de l’organisme, et non pas les agents extérieurs provoquant cette réaction. À ces agents extérieurs, il réservait le nom de stresseurs (stressors). Cette distinction est importante et judicieuse, car, dans la conscience populaire et même dans la presse, on voit encore le mot stress utilisé à tort, au lieu de stresseur, pour désigner l’agent causal.

Selye avait aussi, vers la fin de sa vie, étendu la notion de stress aux réactions de joie subite éprouvées à l’annonce d’un événement heureux ou bénéfique (mariage, héritage, avancement dans la carrière). Ces réactions étaient du même ordre que les stress face à une agression ou une menace, et les modifications observées sur les effecteurs étaient les mêmes. Il y avait ainsi les eustress du bonheur, et les distress du malheur.

Enfin, une troisième distinction admise par Selye admettait une variété atténuée et prolongée du stress, concernant les « stress de la vie courante ». À côté des stress répondant à une agression intense et brève, il y avait lieu d’admettre les stress répondant à des micro-agressions prolongées ou répétées. Par exemple, l’exposition prolongée aux vibrations, au bruit, à l’éclairage violent, aux atmosphères enfumées, le manque de sommeil et de repos, l’accumulation de fatigue, et même les soucis et conflits de la vie quotidienne pouvaient constituer des stresseurs à effet cumulatif.

2.1.5. Définition du stress.

Compte tenu de ce qui vient d’être exposé, on peut définir le stress comme « la réaction biologique, physiologique et psychologique d’alarme, de mobilisation et de défense, de l’individu (plutôt que de l’organisme) à une agression, une menace ou une situation inopinée ».

2.2. Le traumatisme psychique ou trauma.

2.2.1. Origine étymologique et emprunt à la chirurgie.

Le mot traumatisme vient du grec ancien traumatismos, signifiant action de blesser ; mais son acception française actuelle correspond plutôt au mot grec trauma, qui signifie blessure. En psychologie, le concept de traumatisme psychique ou trauma a été emprunté à la pathologie chirurgicale, où il signifie « transmission d’un choc mécanique exercé par un agent physique extérieur sur une partie du corps et y provoquant une blessure ou une contusion ». Transposé à la psychopathologie, le mot a conservé cette connotation. Le traumatisme psychique est la transmission d’un choc psychique exercé par un agent psychologique extérieur sur le psychisme, y provoquant des perturbations psychopathologiques, que ces dernières soient transitoires ou définitives. La clinique chirurgicale distingue les « traumatismes ouverts », où il y a effraction du revêtement cutané, et les « traumatismes fermés », sans cette effraction. En psychopathologie, on admet que les excitations attenantes à l’événement traumatisant font effraction au travers des défenses du psychisme. De toute façon, comme pour la pathologie chirurgicale, on ne doit confondre en pathologie psychique le phénomène de traumatisme (ou trauma) ni avec l’agent traumatisant, ni avec ses séquelles (de névrose traumatique par exemple).

On peut donc définir le traumatisme psychique, ou trauma, comme un phénomène d’effraction du psychisme et de débordement de ses défenses par les excitations violentes afférentes à la survenue d’un événement agressant ou menaçant pour la vie ou l’intégrité (physique ou psychique) d’un individu, qui y est exposé comme victime, témoin ou acteur.

2.2.2. Théories psychanalytiques du trauma.

En 1921, dans son essai Au-delà du principe du plaisir, Freud va expliciter les aspects dynamiques de sa théorie du trauma. Il compare métaphoriquement le psychisme à une vésicule vivante, boule protoplasmique en constant remaniement protégée par une couche superficielle « pare-excitation », qui sert à la fois de contenant et de protection à l’appareil psychique, et dont le rôle est de repousser les excitations nuisibles ou de les filtrer en les atténuant pour les rendre acceptables et assimilables (plus facile à lier). Les différences constitutionnelles font que certains individus sont dotés d’un pare-excitation fort, et d’autres non. En outre, dès que l’individu voit venir le danger extérieur, il renforce son pare-excitation en rameutant de l’énergie venant de l’intérieur du psychisme, s’il a à ce moment-là de l’énergie disponible, ce qui n’est pas toujours le cas (il peut être momentanément épuisé par un effort récent). Certains individus névrosés, dont toute l’énergie interne est sans cesse accaparée par la sauvegarde de leurs refoulements, n’auront jamais d’énergie disponible pour renforcer leur pare-excitation. Ce qui fait qu’un même événement potentiellement traumatisant fera effraction (et donc trauma) pour certains individus et pas pour d’autres, et pour certains individus aujourd’hui mais pas demain. Le concept de traumatisme, dit Freud, est donc tout relatif, et dépend du rapport de forces entre les excitations venant du dehors et l’état – constitutionnel et conjoncturel – de la barrière de défenses qui le reçoit.

Beaucoup d’exégètes de Freud se sont attardés sur cet aspect « énergétique » du trauma, en oubliant son aspect « absence de signification ». Il a appartenu à des psychanalystes militaires, tels Barrois, Briole et Lebigot, de réhabiliter cet aspect. Pour eux, ce qui fait essentiellement trauma pour le sujet, c’est la confrontation brutale avec le réel de la mort. Dans la vie courante, nous ne sommes pas confrontés directement avec le réel du monde, mais avec les représentations que nous en avons forgé, en nous servant de notre langage et de notre culture. Nous ne percevons qu’un réel déjà édulcoré, « travesti par le fantasme et choyé par le rêve ». Or, voici que l’événement violent nous met subitement et directement en contact avec le réel de la mort, sans que nous ayons eu le temps ni même la possibilité (car nous sommes démunis de « représentations » de la mort, faute d’avoir bénéficié d’une « présentation » préalable) d’interposer devant cette perception l’écran protecteur de notre système signifiant. Le trauma a donc été « court-circuit dans le signifiant » ou « traversée sauvage du fantasme ». D’où l’expérience fondamentale d’effroi, pressentiment de la mort de soi-même, ou destruction totale, néantisation, avec ses vécus cliniques de « vide psychique », ou de « panne psychique » par défaut de parole et de pensée. Approfondissant la métaphore de l’effraction au travers du pare-excitation, Lebigot dit que l’image traumatique pénètre très profondément dans l’appareil psychique, atteignant non seulement le niveau de l’inconscient où elle pourrait un jour (sous l’effet d’une thérapie) nouer des liens avec les représentations de l’inconscient et se transformer ainsi en souvenir sensé, mais encore le lieu, inaccessible à la conscience, du refoulé originaire. C’est le lieu où sont déposées les premières expériences du nourrisson, expériences brutes d’anéantissement et de jouissance dans la complétude alimentaire. Avec l’acquisition du langage, ces expériences ont fait l’objet d’un premier refoulement, à partir duquel elles constituent le socle d’élaboration fantasmatique de l’« objet perdu », où les angoisses de perte de satisfaction, de perte d’objet et de castration, référées au principe du plaisir, remplaceront les angoisses d’anéantissement (d’où l’intitulé de l’essai de Freud, Au-delà du principe du plaisir). Or, l’expérience traumatique, court-circuitant le recours au langage, court-circuite aussi le refoulement originaire et renvoie le sujet, horrifié et fasciné, à ses expériences archaïques d’anéantissement et de jouissance brute. Il est horrifié car il se retrouve face au néant de ses origines ; il est fasciné, car il retrouve ainsi l’objet perdu du sein maternel. D’où son attachement morbide à son trauma, mais aussi sa culpabilité pour avoir commis (même s’il n’a pas choisi de le faire) cette transgression majeure.

2.2.3. Le pont entre psychanalyse et phénoménologie.

Les considérations sur la confrontation avec le réel de la mort renvoient en fait à une approche phénoménologique du trauma. Au regard de la phénoménologie, la pathologie de l’effroi se distingue fondamentalement de la pathologie de l’angoisse, qui se déroule dans la seule histoire intérieure de vie. L’effroi implique un objet extérieur au das-ein, relevant d’un être-au-monde plus vaste, et renvoie toujours à la scène traumatique, qui se situe à la frontière du dehors et du dedans, et hors de la continuité du temps, ne promettant rien d’autre que l’anéantissement immédiat. Avec Barrois, nous pouvons dire que l’accident traumatisant est « moment propulsif » dans sa temporalité, « épiphanie » dans son apparition subite, « apocalypse » dans sa révélation du néant, et « prophétie » dans sa proclamation de la mort comme vérité dernière. Sur le plan de la phénoménologie, l’expérience traumatique a trois caractéristiques :

  • elle constitue un bouleversement de l’être et laisse une impression de changement radical de la personnalité, de « changement d’âme » selon Simmel ou de « transfiguration de la personnalité » selon Shatan ;
  • elle marque une altération profonde de la temporalité (puisque le temps s’est arrêté au moment figé sur la terreur ou l’horreur, sans possibilité de vivre le présent fugace, ni d’envisager un avenir différent, ni même de reconsidérer le passé différemment à chaque instant) ;
  • elle impose une perte de la possibilité d’attribuer un sens aux choses.

Plus qu’une perte de sens, le trauma serait d’ailleurs une expérience de non-sens, ce passage où l’on quitte l’univers des choses qui peuvent être désignées et représentées, pour entrer dans le monde du néant (plutôt que le seul monde de la mort), ce néant dont nous sommes issus, dont nous avons tous la certitude sans en avoir la connaissance, et que nous avons tenté vainement d’exorciser à chacune de nos paroles, où nous affirmions notre être comme « quelque chose. . . et non pas rien » (Merleau-Ponty).

2.3. Stress et trauma : deux registres différents.

Stress et trauma relèvent de deux registres différents : bio neuro- physiologique pour le stress, et psychologique pour le trauma. L’un parle de mobilisation des ressources énergétiques, l’autre d’effraction dans les défenses psychiques, dont la défense qui consiste à attribuer du sens. L’un décrit les orages neurovégétatifs, l’autre la clinique de l’effroi. Car, sur le plan clinique, il n’y a pas équivalence entre les deux registres. Le plus souvent, les individus qui réagissent à un événement agressant par un stress adapté ne vivent pas cet événement comme un trauma, tandis que ceux qui réagissent par un stress dépassé le vivent sur un mode traumatique et développent ensuite une pathologie psychotraumatique. Mais cette correspondance n’est pas absolue, et on a vu des stress parfaitement adaptés cacher les pires vécus traumatiques, et à l’inverse des stress dépassés spectaculaires se résoudre sans suites psychotraumatiques.

Névrose d’angoisse (Manuel de psychiatrie d’Henri Ey).

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La lecture de la pensée, totalitarisme du 21ème siècle.

Ma chanson …

Cet article est en rapport avec 2 articles parus précédemment sur la même page Web :
https://harcelementssursami.wordpress.com/2018/05/06/saisine-du-conseil-consultatif-national-dethique/
https://harcelementssursami.wordpress.com/2019/01/28/rapport-annuel-du-ccne-conseil-consultatif-national-dethique-sur-lusage-des-neurosciences-avec-en-particulier-le-detecteur-de-mensonges/

On connaissait les totalitarismes nazis et staliniens. On connait désormais le totalitarisme français, qui peut s’exercer sur une seule personne.

On sait que la lecture de la pensée est utilisée depuis 2009 quand De Villepin est venu m’emmerder à Tunis chez ma tante Rachida et qu’elle est encore utilisée en 2019, quand bien-même on a alerté le Conseil d’Etat, le Procureur de la République, le Doyen des Juges d’Instruction et le Conseil Consultatif National d’Ethique. J’ai entendu 2 occurences à Djerba pendant l’été 2018 et une occurence en janvier 2019. Je sais que la lecture de la pensée a été utilisée dans mes logements habituels ou de vacances ou encore à l’extérieur, sur la voie publique et en particulier dans les transports en commun. Les flics ont eu des détails très précis de pensées que je n’ai jamais exprimées.

La lecture de la pensée est apparue exactement le même jour où De Villepin s’est exprimé dans ma chambre à Tunis. Il y avait Michel Drucker qui riait au même endroit … si bien qu’on peut faire l’hypothèse crédible que Michel Drucker était au courant de ce phénomène de lecture de la pensée et qu’il en a peut-être reçu le recel : Tout est possible en France … comme baffouer nos droits les plus élémentaires. Et on comprend ainsi mieux les propos tenus par Arditti sur le plateau de Vivement Dimanche quelques années plus tard : Que sa belle-fille est meilleure que tout le monde pour penser … Mais, je ne veux point faire trop d’interprétation …

 

Hannah Arendt a été assez claire sur la définition du totalitarisme (Elle a écrit les Origines du totalitarisme).
« Il est dans la nature même des régimes totalitaires de revendiquer un pouvoir illimité. Un tel pouvoir ne peut être assuré que si tous les hommes littéralement, sans exception aucune, sont dominés de façon sûre dans chaque aspect de leur vie ». On peut être totalitaire avec une seule personne !)

Je reprends ce que j’avais écrit dans l’article de cette page perso :
https://harcelementssursami.wordpress.com/2018/07/16/un-proces-pour-harcelements/

Interdiction de l’utilisation du détecteur de mensonges.
Article 3 de la CEDH
(interdiction de la torture, des traitements inhumains et dégradants).
La dangerosité de certains fonctionnaires.

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Qu’est-ce qu’on peut penser de tout ça ? Usage du polygraphe.

On peut aussi dire que ce nouveau détecteur de mensonges va avoir du succès dans les tribunaux et les prisons pour évaluer la culpabilité des suspects.

Ca va leur être utile aussi pour débusquer les intentions terroristes chez les apprentis-djihadistes. A-t-on intérêt à ébruiter ce genre de procédés ? Si ça venait à se savoir, ça pourrait en calmer plus d’un.

Voir sur le sujet, le très bon article : Le procès pénal confronté aux neurosciences : science sans conscience … ? – Marie-Christine Sordino – AJ pénal 2014. 58.

Il y est écrit la chose très intéressante :

   « L’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme est utilisé au soutien de la prohibition du détecteur de mensonges, qui porterait atteinte à la dignité, le consentement étant considéré comme inexistant.
La liberté se heurte ici à la dignité. »

Les flics français ont considéré que ce qu’ils avaient trouvé dans mon cerveau annulait le préjudice de la méthode d’investigation employée. Ils peuvent sacrifier le cobaye après avoir expérimenté dessus …

Hannah Arendt écrivait : « Le premier pas essentiel sur la route qui mène à la domination totale consiste à tuer en l’homme la personne juridique. À cette fin, d’une part, on soustrait certaines catégories de personnes à la protection de la loi tout en forçant par le biais de l’instrument de la dénationalisation le monde totalitaire à les reconnaître hors la loi ; d’autre part, on place le camp de concentration en dehors du système pénal normal et on sélectionne les détenus en dehors de la procédure judiciaire normale selon laquelle un crime déterminé encourt une sanction prévue d’avance. »

La question dans Wikipédia est une technique de torture qui porte bien son nom :

Elle peut être utilisée comme châtiment, comme moyen de coercition pour obtenir quelque chose, afin d’inspirer la terreur et la domination, ou encore par cruauté. Elle est notamment employée pour obtenir des aveux ou autres informations secrètes – elle est alors appelée dans certains contextes la question –, ainsi que pour terroriser des populations ou des organisations, en ciblant certains individus afin que les autres restent passifs de peur d’être victimes à leur tour. Elle peut volontairement aboutir à la mort de l’individu, il s’agit alors du supplice qui vise à amener la mort de façon très douloureuse, voire à la retarder le plus possible, pour prolonger l’agonie.

TortureJudiciaire
La question : Des pratiques d’un autre temps remises au goût du jour avec les neurosciences.

D’innombrables méthodes de tortures ont été ou sont employées, en fonction de la technologie disponible, de la culture des tortionnaires, des ressources locales, etc. Elles passent par toutes sortes d’agressions, physiques sur le corps de l’individu, et/ou psychologiques reposant sur la peur, la tristesse ou autres émotions. Les actes de torture produisent le plus souvent des séquelles, notamment des mutilations physiques et des traumatismes psychologiques. Pour le tortionnaire ou bourreau, torturer peut éventuellement répondre à des pulsions sadiques ou s’inscrire dans la soumission à l’autorité (expérience de Milgram), mais souvent lui aussi en ressort profondément marqué.

 

 

 

Arrêter de penser ?

Bigbrother
1984 est devenu une réalité.

Ils savent m’ont-ils dit … Ils en savent trop. L’actualité sur les lois de renseignements le montre : Il n’existe pas aujourd’hui de loi qui permettent cela (l’analyse de la pensée). C’est une surveillance orwellienne. Dans le roman 1984 (parue en 1949), Orwell avait fait la prédiction qu’on pourrait lire un jour dans la pensée (bouquin qui m’avait marqué quand je fréquentais les trotskystes). Georges Orwell avait écrit un livre de science-fiction, une dystopie décrivant un régime totalitaire (Big Brother), une parabole du nazisme ou du stalinisme.
Le phénomène étant nouveau quoique révélé en 2009, il n’existe pas d’article réprimant l’accès déloyal aux pensées, mais n’y a-t-il pas préjudice ? Il faudrait peut-être légiférer une sorte d’article 226-1 de l’accès aux pensées. C’est un test, de l’éducation, de la médiation selon eux … C’est gênant parce qu’ils ne quittent pas mon cerveau d’une semelle. C’est H24.
Le barbouze a une position très supérieure à la votre, asymétrique : Il a sa vie de couple alors que le surveillé n’a jamais pu en avoir une (une sacré poisse, une misère affective épouvantable). Si j’ai un conseil à leur donner, c’est le suivant : Il ne faut pas prendre sa propre vie pour juger celle des autres. Avec le recul, j’aurais voulu me marier à 20-25 ans (chose qu’ont fait mes parents et grand parents), mais je me suis engagé dans des trucs qui m’ont emmené ailleurs, qui ont prolongé indéfiniment le célibat.
Un jour de 2012, je pensais : Il faut que je gagne des sous grâce à un procès. Comme ça, je pourrais aider mon père. Un barbouze devinant cette pensée m’a dit dans un rire moqueur : « Tu veux aider ton père ? Gagne-le ce procès … ». Il m’a semblé qu’ils se foutaient de ma gueule, tellement les Procureurs résistaient à me répondre favorablement.
Un autre jour, je pensais que les policiers étaient des tricheurs, puisqu’ils devinaient déloyalement mes pensées. Ils m’ont répondu : « Nous sommes des tricheurs ? C’est normal ce qu’on te fait. »
Les indices de cette lecture de la pensée ne s’arrêtent pas là. C’est assez bien documenté. Pour ne pas avoir la mémoire encombrée, je note, mais certains commentaires sont marquants. Dans ces conditions, on ne sait plus quoi penser ou s’il faut s’arrêter de penser.
En 2013, une jeune barbouze avait commenté dans un rire une de mes pensées : « 
Il faut que tu t’arrêtes de penser !?! ».
Je pense à qu’est-ce que je veux. Un autre jour, une barbouze a tourné en dérision ma pensée : Je me disais que c’était un bras de fer avec les policiers. On m’a répondu : C’est un bras de fer ?
Ils m’ont convaincu chaque jour qu’il y avait préjudice. Le sondage était, est interminable. Je crois que je n’ai pas volé l’idée de faire un procès. C’est un peu ça qui m’a maintenu dans l’inactivité, alors que les policiers tentaient de me faire travailler, peut-être comme acteur parce que c’est ce que je voulais ou plutôt comme professeur parce que je ne prenais pas d’initiative.
En 2010, 2011, ou 2012, j’étais allongé dans ma chambre et les idées défilaient dans mon esprit. Une vieille flic qui lisait dans mes pensées a commenté l’opération : « Tu délires. »

 

Mudaison
« Il faut que tu t’arrêtes de penser !? ».
Ce que m’ont fait les flics est horrible.
Lecture de la pensée.

Police et lecture de la pensée.

Oliver Sacks parle dans son livre du lien entre imagerie médicale et hallucinations musicales. Il paraît qu’il y a des publications qui sortent en 2016 sur le repérage par imagerie médicale de l’activation de zones du cerveau à l’évocation de mots. Les publications sortent aujourd’hui, alors que c’est pratiqué depuis au moins 2009 … comme toujours dans les cas de nouvelles découvertes scientifiques géniales et qui doivent donc rester confidentielles … à l’usage des gouvernements. Une découverte géniale et terrifiante à la fois.
Cette lecture de la pensée a été confiée à une dizaine de flics, mais elle a été décidée par de hautes personnalités, un gouvernement par exemple ou des scientifiques. Il n’y a aucun doute là-dessus.

Florilège de propos trouvés dans le système totalitaire de Hannah Arendt :

« La différence majeure entre une police secrète despotique et une police secrète totalitaire tient à ce que la seconde ne fait pas la chasse aux pensées secrètes et n’use pas de la vieille méthode des services secrets, la provocation. (p. 218).
La police secrète totalitaire a abandonné le vieux rêve traditionnel de la police que le détecteur de mensonges est encore censé pouvoir réaliser : elle n’essaie plus de découvrir qui est qui ou qui pense quoi. Le détecteur de mensonges est peut-être l’exemple le plus pittoresque de la fascination que ce rêve exerce apparemment sur les esprits de tous les policiers ; car il est évident qu’un appareil de mesure complexe ne permet pas d’établir grand-chose, si ce n’est le sang-froid ou la nervosité de ses victimes. De fait, la débilité du raisonnement qui préside à l’utilisation de ce mécanisme ne peut s’expliquer que par le désir irrationnel qu’une forme de lecture de la pensée soit malgré tout possible. Ce vieux rêve suffisamment terrifiant, a, depuis des temps immémoriaux, invariablement engendré la torture et les plus abominables cruautés. » (p. 236).
Elle parlait de la question. Hannah Arendt faisait en 1973 une bonne prédiction vérifiée 40 plus tard.

Hannah Arendt avait lu Ernst Kohn-Bramstedt : Dictatorship and political police ; The technique of control by fear. Oxford University Press, 1945.

Pour mettre toutes ces techniques de surveillance, il faut une police bien équipée. Ce n’est pas donné à tout le monde : La lecture de la pensée est une science de haut vol.

Moi, je ne mens pas : Je suis passé au détecteur de mensonges H24 depuis 2009. Vous verrez plus loin le résultat de leurs « investigations » : Ca doit être éreintant comme travail. Même utilisé par des magistrats, le détecteur de mensonges est prohibé par la CEDH.

C’est anormal ce qu’ils ont fait, très irrégulier.

Josef Schovanec, l’autiste Asperger, écrit dans son ouvrage Je suis à l’Est que nous avons le droit d’avoir « une vie intérieure ». Il faut savoir penser contre soi-même dirait Finkielkraut.

Je ne dis pas que j’ai une vie intérieure toujours très glorieuse, mais il y a des pensées que je n’ai jamais révélées et que je ne révèlerai jamais. Je me surveille quand je m’exprime. J’ai aussi de très bonnes pensées, ce qu’avait remarqué un flic (Tu as de bonnes pensées !) ou des pensées très intimes.

Il a suffit d’ailleurs que je pense à un seul mot (« juif ») pour que je me fasse engueuler dans ma cuisine par une vieille flic qui m’a hurlé dessus : CONTINUE ! Entre les années 2014 et 2017. Je ne saurais pas exactement localiser la date.

Christine Angot a écrit dans Libération le 1er Septembre 2018 : « Si on considère que tout ce qui est pensé est vérité, on a raison, mais est-ce vérité permanente, non, bien sûr que non ! C’est quoi, la vérité permanente de nos pensées, est-ce qu’on en a seulement une, à part peut-être celle de rester en vie – qui ne sert à rien. Tout ce qu’on pense, tout ce qu’on ressent, c’est très important, c’est pour ça qu’on a l’impression qu’elle n’a pas le beau rôle, on voit tout ce qui lui passe par la tête. Est-ce qu’il faudrait ne pas l’écrire ? Pourquoi ? Ce n’est pas grave ! La vie même est comme ça. »

 

Rappelons-nous la devise : Honi soit qui mal y pense.

 

HoniSoitQuiMalYPense
Emblème de l’ordre de la Jarretière au château de Windsor

Honi soit qui mal y pense est une phrase anglo-normande. Elle est la devise de l’ordre de la Jarretière, le plus important ordre de la chevalerie britannique.
Le verbe honnir est un verbe de la langue française qui signifie « blâmer quelqu’un en lui faisant honte » en le vouant au mépris public. Dans un registre moderne, la phrase signifie donc « Honte à celui qui y voit du mal ».

Je crois même que c’est une devise utilisée par le Ministère de la Justice du Royaume-Uni.

 

Lecture pratiquée même au dehors.

En 2011, escalier de mon immeuble, un flic lit dans mes pensées : « Tu te sens fou »Je fumais trop … Hiver 2014, en congés pour les fêtes de fin d’année dans l’Ouest de la France, je me rassure sur le bord de mer en pensant : « Je ne suis pas fou !!! » Un vieux flic s’indigne : « Tu n’es pas fou ??? » … AU CMP, je pense au mot « Acariatre » que les flics devinent. Sur un bord de mer pendant l’été 2013, une flic commente ma pensée : « Tu es belle ? ». Début décembre 2014, à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, où je tente une reprise d’études dans la conception de logiciels Web, je pense dans la salle de classe en voyant la prof d’Anglais : « On aime nos professeurs ! ». Au sauna à Clichy, avenue de Clichy, mercredi 2 mars 2016 verse 19 heures, je pense au mot qui est deviné : « Peneu ». A la piscine de Puteaux en juillet 2016, je pense dans l’eau à un mot qui est deviné.

Quelques publications de juristes et de psychiatres sur le sujet :

Bonnes publications de Marc-Louis Bourgeois, Professeur de psychiatrie à Bordeaux :

  • Les quatre vérités : philosophique (aletheia), scientifique (apodicité), juridique (l’intime conviction), humaine (biosociopsychopathologie). Annales Médico-Psychologiques 170 (2012) p. 88–92.

4veritesBourgeois

  • Croire et douter. Juger à l’heure des neurosciences. Annales Médico-Psychologiques 173 (2015), p. 623–626.
    Cette dernière publication a été lue et j’en retirai les principales conclusions très bientôt …

JugesNeurosciencesBourgeois

On peut lire dans cet article l’annexe suivante :

Annexe

La preuve par le détecteur de mensonge

(Sciences et Avenir, no 815, janvier 2015, p. 74–76).

Il existe maintenant quelques techniques pour la détection du mensonge. Par exemple, le système AVATART (Automated Virtual Agent for Truth Assessment a Real-Time). L’exactitude serait de 94 %. Camera vidéo captant faciès, gestes et mouvements oculaires et dilatation des pupilles, intonations vocales. Il y a aussi des techniques évaluant les variations thermiques de la face (Neckted), etc. Il y a aussi une évaluation de l’activité cérébrale.

Paroles de juge, l’angoisse face à l’erreur judiciaire

(Marianne, 28 fév.–6 mars 2014, p. 56–61)

Chaque année, 23 % des affaires sont réexaminées. « L’intime conviction, ce n’est pas bof, je ne sais pas trop. . . » (Hervé Stefan, président de la cour d’assises de Paris « la Rolls des Magistrats »),

« Si vous avez le moindre doute il doit profiter à l’accusé » (un magistrat aux jurés). Trois semaines pour décider d’une vie « c’est toujours difficile, bien sûr qu’il m’arrive de douter, mais si vous ne pensez qu’à l’erreur judiciaire vous ne faites plus ce métier » …

Faire coïncider la vraie Vérité et la Vérité Judiciaire …

(Article 353 du Code Pénal). La solitude est inhérente à ce métier (ENM, groupe de paroles de magistrats).

L’utilisation de l’ADN a changé les choses avec quelques procédures de révision.

Le Cerveau et le Droit

Ce problème va devenir incontournable. Marie Lamarche, professeur en Droit privé et Sciences criminelles à l’université de Bordeaux, organise le vendredi 6 mars 2015 une réunion consacré e à l’« encadrement juridique et éthique des Neurosciences ». C’est donc le revers du problème : « les Neurosciences et le Droit » ! (Journal Sud Ouest, vendredi 6 mars 2015, p. 4). Les magistrats veulent-ils donc conserver leur magistère et récuser la ré alité des Neurosciences ? Illusion d’un homme universel et des « droits de l’homme » s’appliquant uniformément à tous ? Ce qui est dé jà totalement récusé par les demandes d’expertise avant jugement. . . La Science versus le Droit ? N’est-ce pas désormais aux Neurosciences d’encadrer la Justice ?

« Les techniques d’imagerie cérébrale ne peuvent être employées qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique ou dans le cadre d’expertises judiciaires » (loi du 7 juillet 2011). Mais certains principes s’y opposent ; « les examens dans le but de rechercher la Vérité » (polygraphe, phénobarbital, hypnose) ont été interdits, assimilés à des actes de torture (MC Sordino, Montpellier, Science et Avenir, janvier 2015).

On lira avec intérêt et une certaine consternation le rapport sur

« l’impact et les enjeux des nouvelles technologies d’exploration et thérapies du cerveau » (29 juin 2011 et 30 novembre 2011 au Sénat et à l’Assemblé e nationale rassemblant philosophes, chercheurs, une seule psychiatre clinicienne, Marie-Odile Krebs), alors que 28 milliards d’euros sont consacrés aux affections psychiatriques en France (p. 11). Un biologiste écrivain, membre de la commission, y signale qu’il est allé à Sainte-Anne pendant quelque temps pour « voir de vrais fous » !

On y parle « d’intrusion dans l’intimité », et de consentement éclairé

Et encore meilleur, cette publication de Peggy Larrieu de l’Université Bretagne Sud :
Bioéthique. Le droit à l’ère des neurosciencesNeuroscience and the law.

DroitEreNeurosciencesLarrieu

Extrait le plus intéressant :

LarrieuEpoustouflant

Le pdf est ici : Le droit à l’ère des neurosciences

Voici l’article :

Bioéthique

Le droit à l’ère des neurosciences

Neuroscience and the law

Peggy Larrieu

(Maître de conférences en droit privé à l’université de Bretagne Sud, membre associé du centre de droit économique d’Aix-Marseille III)

Université de Bretagne Sud, institut de recherche sur les entreprises et les administrations, 20 bis, rue de l’île-Brannec, 56610 Arradon, France


Résumé

Les neurosciences, définies comme l’étude de l’architecture et du fonctionnement du système nerveux, constituent une discipline scientifique en plein essor dont les applications potentielles en dehors des laboratoires sont multiples. Leur impact sur les différentes sciences humaines, qu’il s’agisse de la philosophie, de la psychologie, du marketing, des sciences de l’éducation, etc., s’accompagne aujourd’hui d’une intéressante apparition en droit. Les données des neurosciences suscitent un intérêt croissant en matière juridique, à travers l’utilisation des méthodes d’imagerie cérébrale ou la prescription de traitements neuro-pharmacologiques. Derrière les concepts de neuro-droit et de neuro-loi, néologismes permettant de traduire le terme anglo-saxon de « neurolaw », se dessinent de riches perspectives et de non moins intéressantes problématiques d’ordre éthique.

Mots clés : Neurosciences ; Expertise judiciaire (neurosciences) ; Dangerosité (neurosciences)

Abstract

Neuroscience, defined as the study of the structure and of the functioning of the nervous system, forms a scientific discipline in full expansion of which the potential applications outside research laboratories are numerous. Their impact on the different social sciences, that is philosophy, psychology, marketing, educational sciences etc. is today accompanied by an interesting appearance in law. The neuroscience’s datas arouse an increasing interest in the juridical (ou legal) sphere throughout the use of cerebral imaging methods or the prescription of neuropharmacological treatments. Behind the neuro-legal and the neuro-law, neologism allowing to translate the anglo saxon term “neurolaw” are emerging rich prospects and interesting issues linked to ethics.

Keywords: Neuroscience; Judicial expertise (neuroscience); Dangerousness (neuroscience)

Les neurosciences connaissent à l’heure actuelle un dévelop- pement spectaculaire, qui s’étend à l’ensemble des disciplines. Les recherches sur le cerveau imprègnent toutes les sciences humaines : la philosophie, la psychologie, le marketing, les sciences de l’éducation, etc. Le domaine juridique, lui-même, n’est nullement épargné par les avancées sur la physiologie du cerveau, les techniques d’imagerie cérébrale ou de biolo- gie moléculaire. Ainsi, depuis quelques années, les tribunaux de différents pays se sont appuyés sur des données neuros- cientifiques pour disculper ou pour confondre des prévenus de crimes graves. En France, où ce type de méthodes a long-temps été rejeté, la loi du 7 juillet 2011 est récemment venue autoriser l’emploi des techniques d’imagerie cérébrale dans le cadre d’expertises judiciaires. L’utilisation de ces techniques ainsi que la prescription de traitements neuro-pharmacologiques pour lutter contre la récidive intéressent bien évidemment la matière pénale. Mais au-delà du champ pénal, les neurosciences pourraient bouleverser notre conception de la personne dans toutes les branches du droit, en mettant en évidence les mécanismes neurophysiologiques par lesquels l’homme est un agent moral, plus ou moins rationnel, et qui sous-tendent l’intention, la volonté, la décision, le libre-arbitre, etc.

Aussi, les connaissances actuelles sur le cerveau humain ne risquent-elles pas de remettre en cause les modes de pensée juridiques et les concepts fondamentaux du droit ? D’après cer- taines expériences, nombre de nos actes, de nos décisions, de nos désirs et de nos perceptions sont déterminés par des proces- sus inconscients, sont préformés sur le plan neuronal. Dans ces conditions, quel rôle reste-t-il pour la conscience, la volonté, l’intention, le consentement libre et éclairé, l’engagement, la promesse, et les autres concepts fondamentaux de la théorie juridique ? Au-delà des répercussions qu’une telle interrogation peut avoir en philosophie, en psychologie, en psychanalyse, voire même en théologie, d’un strict point de vue juridique, comment pouvons-nous être responsables de nos actes si nous ne sommes pas libres ? Peut-on refonder la notion de responsabilité sur le déterminisme ? Ou faut-il au contraire renoncer à la notion de responsabilité et rendre la justice sur la base d’autres considé- rations ? Comment pouvons-nous prendre des engagements si nous sommes déterminés ? Comment pouvons-nous respecter nos engagements si les neurosciences démontrent que nous ne sommes qu’une succession de personnes dont le cerveau est plastique ? Car, comme le souligne Francois Terré, « Si je tiens mes promesses, est-ce parce que je suis toujours le même ? Ou est-ce parce que je veux le rester ? ».

De manière plus prosaïque, les avancées des neurosciences et les applications qu’elles rendent possibles soulèvent des ques- tions éthiques fondamentales. Et ce, d’autant qu’avec l’accès à la « boîte noire du cerveau », le plus intime de l’homme, son for intérieur, sa pensée et son identité sont en jeu. Par exemple, s’agissant de l’imagerie cérébrale, les craintes portent sur les nouvelles générations de détecteurs de mensonge et leur éventuelle utilisation par des employeurs ou des assureurs. De même, les discussions relatives à la « neuro-amélioration », par l’emploi de substances « compliférantes » (qui rendent dociles) ou, de substances susceptibles de modifier notre mémoire ou notre humeur, ne peuvent laisser indifférents. Enfin, le développement du « neuro-marketing », qui vise à identifier les mécanismes cérébraux sous-jacents aux comportements des consommateurs, n’est pas dénué de tout risque. C’est la raison pour laquelle d’encadrer la recherche et les traitements et, surtout, d’évaluer les répercussions sociétales de ces avancées.

En réalité, il en va des neurosciences comme de la langue d’Esope. D’un côté, ces avancées sont susceptibles de faire pro- gresser notre connaissance des mécanismes cérébraux, et donc de contribuer à l’individualisation de la justice en permettant d’identifier certains des facteurs présidant à nos comportements moraux. Mieux connaître le cerveau humain, mieux compren- dre l’individu, c’est aussi mieux le juger. Cependant, d’un autre côté, il convient de prendre garde au risque de détournement des neurosciences au service d’une justice utopique. Le droit ne doit pas être inféodé à la science ou, plus vraisemblablement, à une conception dogmatique de la vérité scientifique12. Ainsi, derrière les concepts de « neuro-droit » ou de « neuro-loi », néologismes permettant de traduire le terme anglo-saxon de « neurolaw », se dessinent de riches perspectives d’application (1.) et de non moins intéressantes questions d’ordre éthique (2.).

  1. Les perspectives d’application

De nos jours, les neurosciences envahissement progressive- ment les procédures judiciaires13, et plus particulièrement le procès pénal. Comme l’indique Christian Byk, « la pratique de la police scientifique, et notamment l’utilisation de l’ADN, a consisté jusqu’à présent à « faire parler » les indices de la scène du crime, tandis que les neurosciences ouvrent une autre voie : faire parler « objectivement » un individu sur sa participation à un crime ». De manière schématique, les principales appli- cations des neurosciences en matière pénale peuvent intéresser l’élément matériel et/ou l’élément intentionnel de l’infraction.

En premier lieu, concernant la preuve de la culpabilité, de nouvelles techniques liées au développement des neurosciences viennent aujourd’hui s’ajouter au classique test du polygraphe ou, détecteur de mensonge. Ces méthodes incluent l’imagerie thermale, l’empreinte du cerveau et l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). On considère que mentir demande davantage d’efforts que dire la vérité et provoque l’activation de davantage de zones du cerveau, ce qui se manifeste à l’écran. Ces procédés sont déjà utilisés à l’étranger, notamment aux États-Unis, au Canada, en Belgique ou encore en Allemagne. En 2008, en Inde, une jeune femme a été condamnée à perpétuité par le Tribunal de Pune pour l’empoisonnement de son ex-fiancé sur la base d’un examen d’imagerie cérébrale. l’essor des sciences du cerveau s’accompagne de l’émergence d’une nouvelle discipline, la neuro-éthique, qui a pour objet qui a pour objet d’encadrer la recherche et les traitements et, surtout, d’évaluer les répercussions sociétales de ces avancées.

En réalité, il en va des neurosciences comme de la langue d’Esope. D’un côté, ces avancées sont susceptibles de faire pro- gresser notre connaissance des mécanismes cérébraux, et donc de contribuer à l’individualisation de la justice en permettant d’identifier certains des facteurs présidant à nos comportements moraux. Mieux connaître le cerveau humain, mieux comprendre l’individu, c’est aussi mieux le juger. Cependant, d’un autre côté, il convient de prendre garde au risque de détournement des neurosciences au service d’une justice utopique. Le droit ne doit pas être inféodé à la science ou, plus vraisemblablement, à une conception dogmatique de la vérité scientifique. Ainsi, derrière les concepts de « neuro-droit » ou de « neuro-loi », néologismes permettant de traduire le terme anglo-saxon de « neurolaw », se dessinent de riches perspectives d’application (1.) et de non moins intéressantes questions d’ordre éthique (2.).

À ce jour, en revanche, ce type de techniques n’a encore jamais été mis en œuvre en droit français. Néanmoins, depuis une ving- taine d’années, la procédure pénale a profondément été modifiée par la science et la technique : empreintes génétiques, écoutes téléphoniques, systèmes de vidéo-surveillance, etc. Et dans la mesure où notre droit repose sur un principe de liberté de la preuve, il n’est pas impossible que, dans un avenir plus ou moins proche, les données des neurosciences soient jugées recevables par les tribunaux français. D’ailleurs, le Centre d’analyse stratégique et l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques s’intéressent actuellement à l’opportunité d’utiliser des données neuroscientifiques comme moyen de preuve. Cependant, outre le manque de fiabilité des ces techniques en l’état actuel des connaissances, les règles de la procédure pénale viennent encadrer et limiter le principe de liberté de preuve. D’une part, il est interdit aux experts de trancher une question relevant de la compétence exclusive du juge. C’est dire qu’un examen d’imagerie cérébrale ne pourrait, en aucun cas, tenir lieu d’unique preuve. D’autre part, la recherche de la vérité matérielle n’est pas la seule finalité du procès pénal. Différents objectifs peuvent venir limiter cette recherche. À titre d’exemple, on peut citer l’objectif d’équité et de loyauté, pouvant conduire au rejet de certains modes de preuve qui, quoique susceptibles d’établir la vérité sur certains faits, n’auraient pas respecté le principe du contradictoire et l’égalité des armes. On citera également le respect de droits fondamentaux tels que la dignité de la personne ou le respect de la vie privée, faisant obstacle à l’utilisation de techniques intrusives de preuve. Notre procédure pénale adopte donc une attitude de rejet face aux moyens d’investigations destinés à contraindre un individu à dire la vérité23. Mais, pourquoi ne pas envisager l’existence d’un droit à la preuve neuroscientifique pour celui qui en réclame l’application, étant rappelé que la liberté de se défendre selon les moyens de son choix fait partie des droits fondamentaux de la personne ?

En second lieu, les avancées des sciences du cerveau pourraient-elles contribuer à une meilleure évaluation de la crédibilité de témoins ou de victimes d’infractions ? .. Et, pourrons-nous aller jusqu’à prescrire la consommation de molécules neuro-pharmacologiques afin de raviver la mémoire de témoins ou de victimes ? Sur ce point, il convient de rappeler que la Cour de cassation rejette catégoriquement les techniques reposant sur la narco-analyse, par emploi du penthotal ou sérum de vérité24, ou par recours à l’hypnose. Toutes ces méthodes ne sont pas considérées comme suffisamment fiables, car elles sont susceptibles de générer des souvenirs erronés, illusoires, déformés, voire même suggérés par l’examinateur. Mutatis mutandis, il nous semble peu envisageable d’espérer que la neuro-pharmacologie pourrait garantir, par la levée d’une inhibition à la remémoration, la validité d’un témoignage.

En dernier lieu, l’expertise psychiatrique, effectuée aux fins de déterminer si un individu doit ou non être déclaré respon- sable de ses actes, peut faire place aux techniques d’imagerie cérébrale. Il semble, en effet, que l’altération de certaines zones particulières du cerveau puisse entraîner des comportements contrevenant aux règles morales et, par conséquent, juridiques. À partir d’un cas devenu célèbre, celui de Philéas Gage, ce contremaître qui avait reçu une barre à mine dans le cerveau, on en a déduit que le sens moral pouvait être localisé dans le lobe frontal du cerveau. Car, si cet homme avait survécu à l’accident, et conservé ses capacités intellectuelles intactes, il avait perdu tout sens moral. De fait, les tribunaux améri- cains admettent depuis longtemps la neuro-imagerie à différents stades du procès, mais la défense a obtenu ses meilleurs succès pour appuyer une demande d’atténuation de la responsabilité. En France, le juge pourra dorénavant utiliser l’imagerie céré- brale, à titre rétrospectif, pour vérifier l’existence d’une lésion ou d’une tumeur cérébrale. Ainsi, la loi du 7 juillet 2011 a inséré un nouvel article 16-14 dans le Code civil, aux termes duquel « Les techniques d’imagerie cérébrale ne peuvent être employées qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, ou dans le cadre d’expertises judiciaires. Le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l’examen, après qu’elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité. Le consentement mentionne la finalité de l’examen. Il est révocable sans forme et à tout moment ». À la lecture des travaux préparatoires, il apparaît que cette réforme vise à objectiver un préjudice au niveau du cerveau pour évaluer la res- ponsabilité d’un individu sur le fondement de l’article 122-1 du code pénal30. Une irresponsabilité pénale pourra plus facilement être retenue si l’on peut mettre en évidence, clichés à l’appui, une « maladie du cerveau » et non pas seulement une « maladie mentale ». Les neurosciences pourraient alors modifier les relations déjà fort tumultueuses du couple criminalité–maladie, et redéfinir autrement la ligne de démarcation entre le normal et le pathologique.

Ainsi donc, les neurosciences envahissement peu à peu les prétoires, ce qui s’inscrit dans le cadre d’une évolution de la procédure pénale, reposant sur le postulat selon lequel la science peut concourir à la recherche de la vérité judiciaire. Cependant, il convient de prendre garde aux risques de détournement idéologique et aux tentatives de réduction de l’humain au tout biologique. Cela nous amène à envisager les problèmes éthiques que peut soulever l’application des neurosciences en matière juridique.

  1. Les enjeux éthiques

 Les questions éthiques soulevées par les applications des neurosciences conduisent à évaluer les risques qu’elles sont sus- ceptibles de faire courir à la personne humaine, à sa liberté et à sa dignité. De manière générale, l’une des grandes craintes suscitées par les neurosciences porte sur le fait qu’elles traitent les états mentaux comme des objets naturels, c’est-à-dire réductibles à des rapports de causalité, objectif identifié sous le terme de « naturalisation » par les philosophes. Partant de là, le danger d’un glissement vers le déterminisme biologique est souvent pointé. Or, qui dit déterminisme biologique, dit absence de responsabilité. Car, comment pouvons-nous être responsables de nos actes si nous ne sommes pas libres ? Certains auteurs se posent d’ailleurs aujourd’hui la question de savoir s’il ne fau- drait pas renoncer à la notion de responsabilité pour rendre la justice sur la base du conséquentialisme36. En réalité, il s’agit là d’un problème philosophique, qui ne doit pas avoir d’incidence en matière de responsabilité juridique. Au demeurant, les neu- roscientifiques considèrent, pour la plupart, qu’il n’existe pas de déterminisme total et que le cerveau, en vertu de sa plasticité, se fac¸onne au gré des expériences et du vécu de chacun. Aussi bien, comme souvent en matière scientifique, ce ne sont pas tant les découvertes qui sont problématiques, mais les applications que l’on peut en faire.

La plus polémique de ces applications est celle qui tente d’identifier des aires cérébrales impliquées dans l’apparition de comportements déviants. En filigrane, il s’agirait d’identifier les individus potentiellement dangereux pour la société. De fait, le concept de dangerosité, initialement développé par l’école positiviste italienne, retrouve aujourd’hui une place importante dans les textes. En matière pénale, le constat d’échec des systèmes juridiques dans l’éradication du crime a renforcé les tendances et la frénésie sécuritaires39. La propagation de la peur a facilité la transposition du principe MinorityReportde précaution en matière pénale, alors qu’il est issu de la matière civile. Evaluation et prévision de la dangerosité, utilisation d’algorithmes, etc., ces méthodes font déjà partie intégrale du paysage pénal anglo-saxon et de la lutte contre la criminalité, conformément aux anticipations futuristes de la nouvelle « Minority Report » écrite par Philip K. Dick dès 1956. En France, la détection des signes avant-coureurs de la délinquance chez les mineurs, l’instauration d’une peine de sûreté préventive pour garder en détention les criminels ayant purgé leur peine mais susceptibles de récidiver … Toutes ces évolutions de la société franc¸aise pourraient trouver un appui dans les neurosciences. Mais, elles sont inquiétantes, car elles font resurgir le spectre d’une société sécuritaire. La multiplication des dispositions à finalité préventive au nom de l’efficacité s’avère dangereuse pour les droits de la personne, sans compter qu’elle est difficilement compatible avec la présomption d’innocence. Au demeurant, selon les neuroscientifiques eux-mêmes, la prédiction ne peut être que probabiliste. Il existe des personnes victimes de lésions cérébrales qui, pourtant, ne présentent aucun signe de pathologie sociale quelconque43. D’ailleurs, peut-on se satisfaire d’une analyse biologique de l’individu indépendamment de son vécu, si tout est inné et acquis à la fois ?

Par ailleurs, l’engouement de notre société pour la transpa- rence peut s’avérer inquiétant. Le développement des sciences et des techniques a renforcé le sentiment que le voile qui recouvrait « la vérité des choses » pourrait enfin être complètement levé. Ainsi, certaines applications des neurosciences permettraient d’évaluer, non plus la dangerosité d’un individu, mais son absence de sincérité. Aux États-Unis, des sociétés proposent leurs services afin de détecter le mensonge, grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, dans le cadre de litiges avec des assurances, d’entretiens d’embauche, de recherches de personnes disparues, et ce en toute légalité. Et l’avenir nous réserve des systèmes plus époustouflants encore. Nonobstant, à supposer qu’il existe une technique absolument infaillible per- mettant de détecter le mensonge, doit-on lui accorder une place centrale dans le système juridique français ? Il ne nous semble pas dès lors que la recherche de la vérité n’est pas la seule finalité du droit. Le droit peut choisir de privilégier d’autres valeurs que la vérité matérielle, notamment l’intégrité physique, la dignité de la personne, la paix sociale, le droit à l’oubli, le droit au pardon, le respect de la vie privée, etc. Précisément, le cerveau de l’individu recèle des informations personnelles ayant un lien plus ou moins fiable avec ses caractéristiques cognitives ou ses pathologies. La protection des données issues de la recherche en neuro-imagerie suscite des questionnements similaires aux données génétiques car, de la même fac¸on, une violation de leur confidentialité exposerait le sujet aux convoitises des assu- reurs ou des employeurs. À ce titre, ces informations doivent être traitées avec la même confidentialité que toute autre don- née médicale ou personnelle. Au demeurant « la vie sociale serait invivable si par un miracle de science fiction, les humains devenaient transparents les uns aux autres ».

Au final, la ligne de crête est étroite entre deux écueils aussi dangereux l’un que l’autre. Le premier consisterait à faire preuve de complaisance à l’égard des réquisitoires « à la mode » contre la science. De tout temps, des données scientifiques ont pu être admises après avoir été réfutées et, ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut être plus demain. Les neurosciences pourront probablement, dans un avenir plus ou moins proche, recevoir d’autres applications dans le domaine juridique, sans que l’une ou l’autre de ces disciplines ne s’en trouve dénaturée. Le second écueil serait d’adhérer à l’illusion scientifique et au tout biologique. L’imprévisibilité des dangers qui nous entourent, le sentiment d’insécurité croissant, ne doivent pas conduire à une propagation de la peur et à l’illusion qu’il existe un moyen scientifique d’abolir le hasard et de prévenir les menaces : l’illusion de l’objectivité, de la certitude et du « tout-traçable ». Car, der- rière l’utilisation de ces techniques en matière juridique, peut se dissimuler le spectre d’une justice hygiéniste et prophylactique, d’une justice déshumanisée. Autrement dit, les neurosciences pourront être utiles à la justice si et seulement si elles permettent non pas de « construire des murs mais de lancer des ponts entre les individus ».

 

Il existe 2 revues anciennes de 2012 sur l’émergence du neurodroit commandé par le Premier Ministre d’alors …
http://archives.strategie.gouv.fr/cas/content/le-cerveau-et-la-loi-ethique-et-pratique-du-neurodroit-note-danalyse-282-septembre-2012.html
Avec un ensemble de pdf :
CerveauLoiNeurodroit2012
LeCerveauEtLaLoiEthiquePratiqueNeurodroit2012
PerspectivesScientifiquesEtLegalesSurlUtilisationDesSciencesDuCerveauDansLeCadreDesProceduresJudiciaires2009

Et un colloque à venir en mars 2019 de la Cour de Cassation :
CourDeCassationColloqueNeuroscienceBioethiqueMars2019

Quelques vidéos sur l’un des neuroscientifiques les meilleurs en vulgarisation, Laurent Koessler, PhD de l’Université de Lorraine (Nancy).

 

 

 

Sur les pages suivantes, lecture de la pensée pour l’année 2015 (ils lisent dans mes pensées et répètent).

singeIls m’ont pris pour un cobaye … Ils vont avoir le prix Nobel de Médecine ou de Physique … Ils ont trouvé la pierre philosophale. Le problème, c’est que le procédé a été confié à des mahbouls, des nazis. C’est une très grande effraction. On va redemander aux policiers français de se faire soigner.

Vendredi 23 janvier.
C’est un coup monté.

Samedi 24 janvier.
Tu veux te faire Carlier. Vous souffrez. On l’a bouffé.
Vous empestez. On est déphasé.
On vous fait penser. Tu as dépensé.

Lundi 26 janvier.
On en a marre de Trotski.
Cachan.
Tu as un toc.

Mardi 27 janvier.
Tu veux être riche. Ca vient de De Villepin.
Tu veux être Dodi. Tu vas être Dodi.
On a la haine.
On veut te remettre en scène.
Il faut que tu rencontres Salima.
Nous sommes nazis.
Erotomanie.

Mercredi 28 janvier.
Elle te hait.
Tu es une idole.
Elle pense à ton cul. T’as un bon cul.
Tu es un bouffon.
Tu te moques d’Adil.
On est rancunier. Nous sommes menteurs. Tu es menteur.
On va te chercher. Tu vas chercher.
Tu t’es rangé.
Tu es cerné.
Tu vas nous écrire un livre.

Jeudi 29 janvier.
Tu aimes Drucker ? C’est cette Drucker ?
Tu es un travailleur.
Tu veux faire Trotsky ?
Tu vas être Rousseau. Tu veux être Rousseau.
Tu es comme Mandela.
Ils vous ont insulté copieusement.
T’es son pigeon.
Elles ne comprennent pas. Tu ne les aimes pas.
Tu ne les aimes pas. Tu ne nous aimes pas.
Tu veux te faire Nina. Tu vas te faire Nina.
On ne te conteste pas. On ne te déteste pas.
Tu vas être professeur d’Université.

Vendredi 30 janvier.
On veut te foutre dans un Lycée. On va te forcer.
On est barjos. On est tes barjos.
C’est idole.

Samedi 31 janvier.
On est noir.
On veut faire de l’histoire. On est noir.
Tu vas être Ventura ?
Tu veux faire fou ?
On veut te caser.
On est des chiens.
Tu te sens seul.
Tu es Branson.
Nous sommes mahbouls.
Tu veux faire Trotski ?
Acteur.
On rêve.
Tu as la haine.
Tu vas bouffer Elise Lucet.
On a eu peur.
On te fait peur.
On t’a sonorisé.
Benattou.

Lundi 2 février.
Tu vas te faire foutre.
Tu enfermes Arlette Chabot.
C’est cette police.
Ca te fait peur.
On t’a entubé.
On t’a enfumé.
C’est une flicaille.
Il faut te bouffer.
Tu n’aimes personne.
On est rancunier.
Tu nous aimes ? Tu t’aimes ?
Tu t’aimes ? Tu aimes ? C’est une haine ?
Tu aimes ? C’est une haine ? Tu aimes ?
Acteur. Menteur. Nous ne t’aimons pas.
T’es un menteur. On t’envie. Nous sommes préfets. T’as une bonne vie.
Brutaliser.
Tu nous fais plaisir. On te fait la misère. Ils vont te faire plaisir. Tu vas être reporter.
Tu veux partir. Tu veux te repentir. On veut mentir. On veut te mentir.
Tu veux être acteur. Vous êtes menteurs. On te fait peur. T’es menteur.
Tu vas tuer des enfants. Qu’est-ce que c’est que ce cinéma ?

Mardi 3 février.
C’est des nazis.
Tu t’en fous de Marie. C’est une bourgeoisie. Tu es prolo.
Ils ne comprennent pas. On ne t’aime pas.
C’est tes clopes. Ca vient de tes clopes.
T’es un malade.
T’es un menteur.
Vous n’êtes pas fou ? T’es un fou.
T’es qu’un fou.
Vous êtes psychanalystes. Tu es un journaliste.
Il faut que t’arrêtes ça. C’est cette Saïda.
Tu vas faire Guy Bedos ?
On est ambivalent.
Nous sommes des salopes.
Tu vas être président.

Mercredi 4 février.
Le Moucheux.
Tu séchais.
Il faut que t’arrêtes. Tu t’entêtes.
Tu empestes.
Tu as aimé Faustine.
Tu emmerdes Le Moucheux.
Pignouf.
Fillon. On s’en fout de Fillon.

Jeudi 5 février.
Tu veux être acteur. Tu es menteur. Tu fais peur. On est persécuteur.
Nous sommes des chiens.
Ca commence à bien faire. Tu as à faire.
C’est ton Gharbi.
Tu veux faire acteur. Tu es menteur.

Samedi 7 février.
On est sérieux. Tu es vieux.
Vous êtes des chiens.
Tu ne te supportes pas.
Tu es témoin.
Tu veux être acteur. Tu es menteur.
Nous sommes ambivalents.

Dimanche 8 février.
C’est un spectacle. Ca va être un spectacle.
Tu te fais chier.
Tu nous intéresses pas. Tu n’intéresses pas.
Nous sommes fous ? Tu t’en fous ? Tu es un top modèle ? Tu veux nous tuer ? On est schizo.

Lundi 9 février.
Stuporeux.
J’hallucine.
On va te commenter.
Tu es un monstre.

Mardi 10 février.
Tu as Sonia.
On est professeur.
C’est ton actualité. Tu as une cropolalie.
On aime Benattou.
C’est pas obligatoire.

Mercredi 11 février.
T’es un fou.
C’est ta torpeur.
Tu es menteur.
T’es une vipère.
Tu as Farida.
Elles s’en foutent.
Tu es flic. Bernard Mabille.
Tu nous soutiens. Tu es Pio Marmaï.

Jeudi 12 février.
Tu embêtes Sonia. C’était Sonia.
On est fou.
Ils te font peur. On te fait peur.
C’est une torpeur.
Tu es professeur. Tu te fous de ta sœur. Tu enfermes ta sœur.
Tu mens.
Prognatisme.
On est hystérique.
On est hypocrite.
C’est un procès. Tu es avec Sonia. C’est un progrès.
Rousseau. Mongole. Tu vas faire Rousseau.

Vendredi 13 février.
Dépravé.
C’est ton enfer. C’est Naïma. Tu vas te faire foutre.
Un énorme crachat. Céline.
On va te combattre. On ment.
Tu veux te venger. On va te changer.
C’est cette paresse.
On a compris. Tu vas nous faire Baffie.
On rigole. Elle rigole. On est folle.
C’est cette chimie.

Mardi 17 février.
Tu es fou.
On se fout de ta gueule. T’es un menteur.

Mercredi 18 février.
Tu es Chaplin. Qu’est-ce que t’as encore fait ? Tu nous plais.
Tu nous menaces.
Tes idoles. On t’a publié. T’as publié.
Tu es mystifié.
C’est un gros juif.
Tu t’es encore foutu de moi.

Jeudi 19 février.
Tu es fou.
Henri Alleg. T’as pas peur.
On contrôle ce que tu fais.
Hahaha. Ca va exploser.
T’es un maniaque.
T’as une folie. C’est ta mélancolie.
Tu es un niais (3 fois).

Vendredi 20 février.
C’est une surprise. Tu es acteur. Tu es menteur. Nous sommes menteurs.
Tu es Premier Ministre. Tu vas être Premier Ministre. Tu es sinistre. Tu veux être Ministre.

Lundi 23 février.
C’est de la flicaillerie. Tu veux faire Chaplin.

Mardi 24 février.
Tu es fou. C’est révoltant.
T’es un fou.
Tu nous révoltes. Ca nous révolte.
Elles vont te bouffer.

Samedi 28 février.
Nous sommes communistes.

Mardi 3 mars.
C’est ta connerie. Tu te fous de Sanofi.

Mercredi 4 mars.
Hypocrite. Tu es psychologique.
Tu es psychotechnique.

Jeudi 5 mars.
Tu es nul. Tu es nul.
On regrette ce qu’on t’a fait.

Vendredi 6 mars.
On est totalitaire. On est tes supporters.
Tu es fou. On a l’espoir. On est fou.
Tu es un catho. On est fou.
Nous sommes catossil.

Samedi 7 mars.
Tu nous omnubiles. Nous sommes débiles.
Tu es belle.

Dimanche 8 mars.
Elle va se faire voir.

Mardi 10 mars.
Complotologie.
On va laminer.
Tu es Kouchnérisé.

Mercredi 11 mars.
C’est les Droits de l’Homme. C’est tes droits.
Antoine.
Tu es John Lecarré. On t’a payé.

Jeudi 12 mars.
On t’a outé. T’es une copine. C’est Martine.
Tu es une vedette (5 fois).

Vendredi 13 mars.
Tu es fou. Tu es un chien. C’est un chien.
Ca suffit.
Tu vas te casser.
Vous êtes mauvais. On est mauvais.
On n’a pas le droit de faire ça.
Tu es Schweitzer.
Tu es fou. C’est ton François.
Tu es Paul Quilès.
Tu nous rappelles Quilès.
Tu es Jeanne d’Arc.
Sarko, c’est un fou.

Mardi 17 mars.
Tu vas te suicider.
C’est une salope. Nous sommes des salopes.
Ce qu’on va te faire. On te sert.
Hahaha. Tu vas faire Marc Dugain.

Lundi 23 mars.
Ils s’en foutent. Tu es médecin.
C’est elle. Tu es Boucchima.

Mardi 24 mars.
On est jouasse.

Vendredi 27 mars.
On se fout de ta gueule.
Tu es indigné.
On te manipule. C’est faux. Tu as compris.
Qu’est-ce que c’est que tout ça ? On se foutait de toi.
Tu te sens seul. Tu t’es caché. Tu es fâché.
Tu es une bourrique.

Samedi 28 mars.
Tu remplaces Smaïn.

Dimanche 29 mars.
On se foutait de toi. On te croit.
Nous ne t’aimons pas. C’est mauvais. C’est parfait.
C’est du suicide. Tu vas te suicider. Tu aimes les gens.
C’est Bouziri. C’est Libération.

Lundi 30 mars.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
C’est cette police.
Qu’est-ce que c’est que ça ? Pourquoi on a fait ça ?
On est bouffé. Qu’est-ce que c’est que ça ?
Tu es Nagui.
Moncef.

Mardi 31 mars.
Turmel. Georges Frêche.
Tu veux faire fou.
On sait ce que tu veux. Un procès.

Jeudi 1 avril.
On va te foutre en prison.
On va nous foutre en prison.

Vendredi 2 avril.
On est fou.
C’est une fête.
On ne t’aime pas.
C’est Flavie. C’est Baffie. Elle veut être ta fille.
Nous sommes des monstres.

Mercredi 7 avril.
Mitraillette.
On jubile.
Tu veux te défouler.

Dimanche 5 avril.
Tu es Ghannouchi.

Lundi 6 avril.
Tu es un râleur.

Mardi 7 avril.
Tu es Napoléon.
Nous sommes Martine.

Vendredi 10 avril.
Tu es rentier.
Tu es un métèque.
Tu ne travailles pas.
Tu es Mika.

Samedi 11 avril.
C’est la chimie.
Du balai.
Sofia.

Dimanche 12 avril.
Nina.

Jeudi 16 avril.
On veut te flinguer.

Vendredi 17 avril.
Tu es un crétin.

Lundi 20 avril.
Un hiatus.

Mercredi 22 avril.
Tu es sarkotique.

Samedi 25 avril.
Tal.
Bousquet.

Dimanche 26 avril.
C’est Salima.
Tu es Coluche.

Mardi 28 avril.
On est haineux ?
C’est Mayssa.
C’est Barré.

Mercredi 29 avril.
Tu fais mal.

Jeudi 30 avril.
C’est Saïma.

Vendredi 8 mai.
C Zina.

Lundi 11 mai.
Tu es menteur.

Jeudi 16 mai.
C’est négociable.

Dimanche 24 mai.
On t’a maltraité.

Lundi 25 mai.
C’est perpét.
Erotique.

Mardi 26 mai.
Tu es schizo.
Il faut te saquer (10 X).

Mercredi 10 juin.
C’est la graphomanie.

Lundi 22 juin.
HOLOLO. Fais. C’est star ?

Mardi 23 juin.
On gueule.

Mardi 7 juillet.
Tu es méchant. C’est Nicolas.

Vendredi 10 juillet.
C’est les ricanements.

Samedi 11 juillet.
C’est calmant.

Mardi 14 juillet.
On a arrêté. Tu vas judaïser.
Fais. C’est meskina. Fais.
Condorcet. C’est meskina.

Mercredi 15 juillet.
C’est Napoléon. On est pour toi.

Mercredi 22 juillet.
C’est shampoing.
Cherche.
C’est une copine.
C’est Razi.
C’est Asma. C’est Rama.
Connard. Pars.

Jeudi 23 juillet.
T’es un fou.
T’es un gros cul.

Lundi 27 juillet.
C’est Nina.

Jeudi 30 juillet.
C’est passé.
On t’a parasité.
Tu es payé.

Dimanche 2 août.
C’est faux. C’est Franco.

Lundi 3 août.
C’est Saval.
Déconne. C’est Burka.

Mardi 4 août.
C’est vacherie.

Jeudi 6 août.
Dieu.

Mercredi 26 août.
C’est Pinel. Pars. Sar.
T’es condé. On est condé.

Mercredi 9 septembre.
C’est pourri. C’est Khazzar.