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Au centre du harcèlement, la manie délirante (manie-chaos), ou psychose logorrhéïque. Euphorie morbide. Joie euphorique.

Pour décrire ça un peu rapidement, les maniaques n’arrêtent pas de parler, parfois de façon très rapide, fatiguant l’interlocuteur (le rendant malade, déprimé), qui n’a rien demandé sinon le droit d’être laissé tranquille … signe d’une « joie euphorique », d’une euphorie morbide.
On dit des SS qu’ils étaient obscènes de santé. La psychose maniaque n’est pas avec spectre autistique comme les psychoses schizophréniques.

Cette logorrhée très irrespectueuse suffit à écarter les Drucker qui pourtant insistent …

Il existe une publication dont je cite les extraits ici :
Etat maniaque et état d’agitation : Une étude diachronique. Par des psychiatres de Maison-Blanche. Elle aborde les notions suivantes :

  • Tachypsychie.
  • Ludisme.
  • Désinhibition.
  • Hypersyntonie.
  • Logorrhée d’intensité maniaque.
  • Psychopathie.
  • Impulsivité.
  • Chant, incohérence, Cris, Désordonné.
  • Rire.
  • Extravagance.
  • Loquacité.
  • Scandale.
  • Attroupement.
  • Quérulence obscène-ordurière.
  • Violence.
  • Hystérie.
  • Troubles du caractère.
  • Exubérance.
  • Grivoiserie.
  • Agitation.
  • Excitation.
  • Etats d’agitation.
  • Prodigalité.
  • Turbulence.
  • Désordre-désordonné.
  • Délire, délirant.
  • Plaisanterie.
  • Facéties.
  • JACASSERIE.
  • Opposition.
  • Hostilité.
  • Subexcitation.
  • Agressivité. Agressivité importante.
  • Atypique.
  • Psychose périodique.

Publication très éclairante :
La manie : apports historiques et réflexions psychanalytiques.
Mania: Historical contributions and psycho-analytics reflections.

par Nicolas Brémaud (Psychologue clinicien, docteur en psychopathologie, Membre associé du Laboratoire recherches en psychopathologie « Nouveaux symptômes et lien social » de l’Université de Rennes).

Résumé. Objectifs. –L’auteur vise à montrer en quoi la manie ne peut être considérée comme un simple « trouble de l’humeur » mais bien plutôt comme relevant du champ des psychoses. Méthode. – Une revue de la littérature aidera le lecteur à saisir le passage entre la manie-chaos, la manie-folie– décrite dans le menu de ses symptômes au cours du 19ème siècle – et la manie pensée, notamment avec Henri Ey, lecteur de L. Binswanger, puis avec J. Lacan. Résultats. – On découvre qu’un certain nombre de traits dits typiques de la manie (euphorie, excitation, fuite des idées, etc.) sont à considérer comme des phénomènes élémentaires psychotiques dus à l’absence de point de capiton dans la chaîne du langage. Le caractère de « fuite », présent dans toute la symptomatologie de la manie, met en relief la dimension de la pure métonymie, l’absence du caractère métaphorique du langage, la « non-fonction de l’objet a », selon l’expression de Lacan, signant ainsi la structure psychotique de la manie. Le sujet dérive dès lors sans frein dans la chaîne des signifiants. Discussion. – Est donc discutée l’appartenance de la manie au registre de la psychose, sur le caractère délirant de la manie, sur ce que l’on peut considérer comme délirant dans cette psychose qui semble pourtant se démarquer nettement d’autres formes de psychoses. Est discuté également le lieu de localisation de la jouissance au regard de la schizophrénie et de la paranoïa. Conclusion. –Manie et folie, manie et délire, étaient confondus au 19ème siècle. Aujourd’hui on l’évoque peu, ou alors on l’évoque comme « trouble de l’humeur ». Pourtant un certain nombre d’éléments (la dimension métonymique du langage, l’absence de « point de capiton », etc.) permettent de l’envisager comme une psychose.

1.     Introduction.

La manie, nous le verrons, est une psychose, qui ne doit pas être réduite à un « trouble de l’humeur » –, la manie semble avoir assez peu le vent en poupe.

Alors qu’à une époque (19ème siècle) la quasi-totalité des travaux portait sur la manie (raisonnante, délirante, sans délire, etc.) puisque manie et folie se confondaient, aujourd’hui elle a quasiment disparu des manuels de psychiatrie.

2.     Revue de la littérature : 19ème siècle.

Faire l’histoire de la manie serait faire l’histoire de la folie, les deux termes ayant été longtemps synonymes.

Pinel [3]. En 1809, celui-ci tente de préciser les contours de la manie : La manie, espèce d’aliénation la plus fréquente, se distingue par une excitation nerveuse, ou une agitation extrême portée quelquefois jusqu’à la fureur, et par un délire général plus ou moins marqué, quelquefois avec les jugements les plus extravagants, ou même un bouleversement entier de toutes les opérations de l’entendement.

Esquirol va serrer « de plus près le sens du terme “manie” sans toutefois le préciser complètement » [5].

« une affection cérébrale, chronique, ordinairement sans fièvre, caractérisée par la perturbation et l’exaltation de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté » [6].

Le tableau du maniaque est en effet pour Esquirol celui d’un malade « qui présente l’image du chaos, dont les éléments mis en mouvement se heurtent, se contrarient sans cesse pour augmenter la confusion, le désordre et l’erreur (…). Les sensations, les idées, les images se présentent à son esprit sans ordre et sans liaisons (…) ; il ne peut fixer son attention sur les objets extérieurs (…).

Avec Georget en 1820, la manie prendra très nettement un caractère délirant :

C’est un « délire général, s’étendant à tout ; sensations, idées rapides, confuses, incohérentes, avec exaltation, agitation, exprimées par des mouvements désordonnés, des cris, des chants, des menaces ou de la fureur. Le maniaque semble vivre dans un autre monde (…). L’exercice des facultés intellectuelles offre l’image du chaos » [7].

Chez un très grand nombre de maniaques, le délire est général, les idées sont sans fixité, mais sans qu’on puisse y remarquer la prédominance d’une pensée quelconque » [8].

Là encore, donc, comme chez Georget, le caractère délirant est mis en avant, et les symptômes communs à toutes les formes de manie restent essentiellement l’excitation, l’exaltation, la labilité des idées, etc.

Dans les années 1850–1851, J.-P. Falret [9] désignera lui aussi les maniaques comme des sujets « atteints d’aliénation générale avec excitation ».

Ici, « penchants, sentiments, intelligence, volonté, toutes les facultés bouleversées présentent l’image du chaos. Une agitation intérieure, source de l’agitation extérieure, produit un tourbillon d’idées, de sensations, d’impulsions, d’émotions, qui ne permet de se fixer nulle part, et qui enlève à l’esprit toute liberté de choix (…). C’est un état de suractivité de l’intelligence, dans lequel les idées surgissent si vives, si animées et si nombreuses, qu’elles échappent à toute règle et à toute combinaison ».

C’est encore la manie-chaos, la manie-folie, mais Falret – qui a su écouter les malades, la forme de leur discours – insistera judicieusement sur la question des associations d’idées, effectivement si spécifiques aux maniaques : « l’association des idées, qui joue un très grand rôle dans ce délire, est constamment en action ; mais il est digne de remarque que les idées se lient beaucoup plus par les rapports secondaires de mots et de sons que par les rapports logiques ; souvent même, il semble qu’aucun lien n’unisse entre elles les idées qui paraissent surgir spontanément ; mais cette incohérence est plus apparente que réelle, et tient à ce que le travail de la pensée est plus rapide que sa manifestation, et à ce que beaucoup de chaînons intermédiaires échappent à l’observateur ».

Foville (fils), en 1875, considère que la manie doit être absolument distinguée du délire maniaque. Pour l’auteur le délire maniaque est un « état général d’exaltation des idées, des sentiments, des actes » qui s’observe « dans plusieurs formes d’aliénation mentale » [12]. Aussi le délire maniaque n’est-il dans sa conception « qu’un symptôme accidentel, temporaire ou accessoire ». Il distingue donc le délire maniaque de l’entité « manie simple » (ou « essentielle ») qui est « le type de la folie générale avec excitation (…). L’exaltation maniaque en constitue le symptôme principal et spécifique ». Les symptômes les plus repérables de la manie demeurent l’agitation, l’incohérence, l’extrême rapidité des associations, et pour Foville contrairement à d’autres « les hallucinations et les illusions sont l’un des symptômes les plus fréquents ». Dans l’excitation maniaque les symptômes sont « beaucoup moins accusés », à l’état d’esquisse simplement : « Ce n’est pas l’état normal, et il est difficile cependant de dire que ce soit un état de maladie ». Quant à B. Ball (1880), il définit également la manie dans sa onzième Leçon comme un délire généralisé, avec surexcitation, besoin irrésistible de mouvement, de parler, mobilité des idées, etc. [13].

La pensée est envahie par un « déluge d’idées, un torrent d’images et de souvenirs », le sujet se montrant « incapable de fixer son esprit sur un objet quelconque ».

C’est ici l’un des critères majeurs de la manie : Le « défaut d’attention ». Toutefois, si la mobilité, la labilité de la pensée, le défaut d’attention caractérisent la manie, il ne faudrait pas en conclure selon Ballà une forme d’incohérence, car « les idées s’attirent suivant les lois normales de l’association des idées ». Par contre, « l’esprit fait des sauts, des bonds (…), les malades changent de sujet à chaque instant », ils sont d’une « loquacité intarissable », ce qui donne parfois à l’interlocuteur le sentiment d’une incohérence ou d’une forme de confusion mentale.

Déjà en 1865, W. Griesinger y avait consacré une cinquantaine de pages dans son Traité des maladies mentales [14] ; il y distinguait notamment la manie de la monomanie exaltée.

En 1888, H. Schüle [15], dans son Traité clinique des maladies mentales, séparait quant à lui la manie en deux groupes : dans un premier groupe (« manie douce ») « il y a conservation relative de la conscience ; les mouvements semblent intentionnels, et les idées s’enchaînent logiquement (…). Dans le deuxième groupe, la conscience est primitivement altérée, et ce trouble profond peut être comparé à un état de rêve ; la direction psychique se perd (…) ».

Krafft-Ebing [16], en 1897, répartit lui aussi la manie en deux formes cliniques, qui ne diffèrent que par leur degré : l’exaltation maniaque et la fureur maniaque. L’exaltation maniaque se présente comme « un phénomène d’état. Comme telle elle représente un stade prodromique ou de rémission de la folie furieuse, ou un stade de transition de la folie circulaire et hystérique ».

Quant à la folie furieuse, la « fureur » y apparaît comme un « simple symptôme ; la folie furieuse est un état morbide déterminé et appartenant au cadre de la manie (…). Le symptôme déterminant de la folie furieuse, c’est l’accélération des opérations psychiques qui peuvent devenir échevelées en même temps que le Moi du malade a perdu toute direction », et les phénomènes les plus importants « sont représentés par les symptômes de la sphère psychomotrice ». Il faut bien sûr lire également la belle leçon que donnera plus tard (1907) E. Kraepelin sur « L’excitation maniaque » (la manie y est conçue comme une « phase de la folie maniaque-dépressive ») [18].

3.     Du Traité de G. Ballet (1903) au Précis d’E. Régis (1923).

Pour poursuivre avec la littérature française sur ce sujet, venons-en maintenant au grand Traité de pathologie mentale [19] de G. Ballet (1903). D. Anglade y considère que « la manie est l’expression la plus saisissante de la désorganisation psychique ». Le remarquable, chez le maniaque, c’est que « rien n’est dissimulé. Un besoin immodéré de penser, de parler et d’agir se donne libre carrière », Anglade rappelant alors un mot de Magnan qui proposait, pour le maniaque, la formule : « tout au dehors ». Sur le plan du délire, l’auteur constate que les idées délirantes n’ont qu’une « place secondaire » dans le tableau clinique, et ne sont pas systématisées ; quant aux hallucinations, elles semblent « plus rares ».

Pour Anglade, le maniaque manque de frein. En effet, « ce qui caractérise l’état mental du maniaque, c’est l’irritabilité, l’impossibilité de fixer l’attention, l’incohérence de la pensée, qui résulte d’une trop grande rapidité dans la succession et l’association des idées ». La volonté, dans la manie, ne réfrène rien, elle paraît impuissante : l’« action frénatrice devient impossible et fait place à l’automatisme cérébral » (logorrhée, fuite des idées, etc.).

Travaux de Kraepelin (édition du Traité de 1904) : « le caractère symptomatique qu’il remet en valeur n’est pas compris de manière aussi superficielle que par les anciens auteurs. Son analyse est minutieuse, elle ne se borne pas à cette apparence toute extérieure qui suffisait à Pinel ; il dissèque les accès, et arrive ainsi à faire reconnaître que chaque forme de manie ou de mélancolie présente trois éléments : pour la manie ces éléments sont : 1) la rapidité des idées ; 2) l’élévation de l’humeur ; 3) le besoin d’activité ».

Binet et Simon se montrent ensuite critiques vis-à-vis des auteurs qui ont trop insisté sur l’excitation psychomotrice dans la manie :

« les auteurs, trop souvent, schématisent à outrance ; décrivant un accès de manie, ils insistent à l’excès sur l’excitation psychomotrice. C’est un des symptômes, ce n’est pas le seul. Le maniaque en présente fréquemment d’autres qui sont d’un caractère tout différent, des hallucinations par exemple, des conceptions délirantes, des idées de grandeur, des idées de persécution, des préoccupations hypocondriaques, toute une symptomatologie agitée et confuse (…) ».

Dans le fond, pour Binet et Simon, le « degré extrême d’excitation » si caractéristique dans la manie, « intéresse tous les appareils : intelligence, motilité, affectivité » (« l’excitation est l’état fondamental » de la manie). On note une abondance de paroles, de gestes, de cris. Du côté de la parole par exemple, c’est « un flux de paroles que vous ne pouvez interrompre », « c’est le hasard des associations d’idées, c’est le coq-à-l’âne le plus échevelé ».

L’un des points importants à relever, selon les auteurs, pour le diagnostic différentiel, est le suivant : « même au plus fort de son agitation, il reste encore en communication avec nous ». Mais c’est une « incohérence d’idées », c’est un sujet qui semble avoir perdu tout contrôle, qui a perdu « la direction » – ce qui peut amener à le confondre avec une confusion mentale –, un sujet qui laisse tomber à qui veut l’entendre « des idées détachées, fragmentaires, dont l’ensemble est dénué de sens ».

Séglas, dans une intervention faite à la Société médico-psychologique (27 juin 1910), expose ses idées sur la manie. Il reprend les symptômes typiques des différentes formes de manies : 1) petits accès d’excitation à forme raisonnante ; 2) type maniaque proprement dit ; 3) exclusivité des troubles du mouvement, ces symptômes étant : euphorie, gesticulations, désordres des actes, logorrhée incessante, fuite des idées, assonances, mobilité des impressions et des sentiments, succession d’actes incoordonnés, etc. Dans toute la symptomatologie de la manie (symptomatologie qui recouvre essentiellement l’agitation motrice, la fuite des idées, et l’euphorie), Séglas va s’arrêter plus spécialement sur un seul symptôme, celui qui concerne « l’état affectif », à savoir : « l’euphorie, l’exaltation du moi ». D’ailleurs il adhère à l’idée de Kraepelin, qu’il cite : « l’inconstance de caractère et la fréquente variabilité de l’humeur sont seules caractéristiques de la manie ».

Début de 20ème siècle, celle d’E. Régis [22] et de son célèbre Précis de psychiatrie (1923). Régis subdivise la manie en manie aiguë (typique, et subaiguë : excitation maniaque, hypomanie), et manie chronique (simple, et avec délire systématisé secondaire). Pour aller à l’essentiel, disons que pour Régis la forme typique de la manie (aiguë) consiste en une « psychose généralisée caractérisée par une surexcitation psychique violente et désordonnée ». Ici, c’est comme si le fonctionnement mental était « soustrait au contrôle de la volonté », lequel paraît « opérer au hasard et sans frein ». Il en résulte dès lors un « défaut d’enchaînement dans les idées (…), et une suractivité de l’association automatique des représentations mentales ». L’une des thèses qui est affirmée est qu’« il n’y a pas à proprement parler de délire chez les maniaques », le délire y est quasi impossible du fait de la « mobilité extrême des idées ».

4. Henri Ey (1954) : la production subdélirante dans la manie.

C’est donc à partir de la seconde moitié du 20ème siècle, que l’on va pouvoir lire, sous la plume d’Henri Ey, l’étude la plus complète sur la manie (en France du moins), à savoir l’Etude psychiatrique n◦21 [5]. La manie, en effet, y est là pensée. Elle n’est plus simple collection de symptômes, mais « forme d’existence tumultueuse », une « modalité de déstructuration de la conscience », Henri Ey s’attachant avant tout à caractériser l’« être maniaque », qui peut être résumé par ces deux termes : « jouer et jouir ». Tâchons ici de tirer les idées fortes de cette étude longue de soixante-dix pages. D’abord, Henri Ey part d’une définition : « on appelle classiquement “manie” un état d’excitation psychique caractérisé par l’exaltation de l’humeur et du ton affectif, l’agitation motrice et une extrême volatilité de la vie psychique ». À partir de là, il va détailler dans un premier temps l’aspect, l’attitude, la présentation du maniaque. Ensuite, il s’intéresse à l’excitation psychomotrice et au langage maniaque. Sur ce dernier point, qui nous intéresse particulièrement, Ey souligne que le langage comporte des symptômes très « frappants », très caractéristiques : « ellipses, jeux de mots, assonances, exclamations, onomatopées », etc. Le langage du maniaque y est décrit comme « flot de paroles, logorrhée, volubilité, bavardage oiseux, prolixe, qui se dévide sans fin en propos digressifs ». Cette agitation, cette précipitation sur le plan du langage, se retrouve aussi sur le plan moteur, dans la mimique, la gestuelle, une agitation qui « empêche l’accomplissement des actions ordonnées et régulières ». C’est ici qu’Henri Ey fait intervenir la dimension du « jeu » maniaque, car dans cette agitation, dans cette « activité stérile (…) le malade se dépense frénétiquement comme un enfant ; il “joue” des scènes, improvise des scénarios, des dialogues (…). Le maniaque se divertit d’éléments, d’objets et de situations empruntés au monde extérieur : il se plaît à manipuler la réalité, il s’amuse avec les personnes de son entourage (…). Il n’est pas rare de voir les maniaques jouer “comme un enfant”, prendre un langage puéril (…) ». Henri Ey n’évoque pas à proprement parler la manie chez l’enfant – sujet peu traité –, mais il souligne que « c’est à la pensée de l’enfant que nous renvoie la manie, à cette forme d’existence de jeu, d’entrain endiablé et d’insouciance qui fait du maniaque un petit enfant qui déploie son existence dans les espiègleries et l’exubérance d’une vie affective effrénée ». Il faut signaler ici que ce point avait été relevé en 1911 par K. Abraham dans son étude sur la « folie maniaco-dépressive » [25] : « l’absence d’inhibition [chez le maniaque], écrivait Abraham, donne accès à des sources de plaisir anciennes jusqu’alors réprimées : c’est par là que la manie nous découvre ses racines infantiles (…). Un certain nombre de traits authentifient la ressemblance de la manie avec la psyché enfantine » (absence de contrainte logique, jeux de mots, « intérêt pour le son des mots au détriment de leur sens », plaisanteries diverses permettant au sujet d’accéder à des « jouissances habituellement réprimées », gaîté insouciante, etc.).

Après le chapitre consacré à l’excitation psychomotrice du maniaque, Henri Ey traite de la tachypsychie, de la fuite des idées. Si la pensée et le débit verbal du maniaque sont rapides, cette pensée selon Henri Ey prend un caractère de superficialité : l’attention (« le malade va d’une idée à l’autre sans pouvoir se fixer sur aucune »), la concentration, la réflexion étant particulièrement altérées, la pensée semble rester en surface. La « fuite des idées » doit être conçue selon Ey comme « une forme d’existence tumultueuse » : c’est un « tourbillon sans fin, sans but et sans ordre, emportant dans son mouvement vertigineux les images qui foisonnent, les mots qui se pressent, les souvenirs qui affluent (…) ». Cette forme d’existence constitue « le fond même de l’état maniaque, c’est-à-dire les relations du maniaque avec son Monde ». Le quatrième point abordé par Henri Ey est relatif à « l’anarchie instinctivo-affective ». Le sujet maniaque se caractérise en effet par la « triomphante orgie que la vie émotionnelle prend comme une revanche ou une révolte contre les instances de contrôle et de contrainte ». Le cinquième point concerne la question de la « production subdélirante ». Si classiquement l’on n’évoque guère – ou pas du tout – le délire dans la manie (comme si elle n’était qu’un « trouble de l’humeur »), Ey quant à lui considère qu’il y a indubitablement délire, ou du moins production subdélirante, délire naissant. Ainsi : « même dans les manies les plus simples et les plus pures, la “fuite des idées”, l’exaltation imaginative, les propos narratifs et inventifs, la fabulation, et surtout la fantaisie ludique des rapports qui lient le Monde au Moi du maniaque sont déjà un délire naissant, c’est-à-dire valent déjà pour une certaine distorsion de la réalité vécue et pensée ». Là où, dans les autres formes de psychoses délirantes, les conceptions, les constructions délirantes paraissent sinon systématisées, du moins persistantes et « fixes », dans le délire maniaque, dans la « fabulation verbale » du maniaque, les constructions délirantes demeurent généralement fugaces, mobiles, et floues. Disons que si pour Henri Ey la manie est bien une production « subdélirante », tous les degrés peuvent s’y rencontrer. Sur le terme même de « délire », pour la manie, Ey se montre prudent. S’il fallait caractériser la dimension délirante dans la manie, qui se démarque, on l’a dit, très sensiblement des délires d’autres psychoses (paranoïa, mélancolie, schizophrénie), l’on pourrait dire au fond que « c’est plutôt l’apparence du délire que l’on rencontre dans les états maniaques. On pourrait en effet, en faisant toutes réserves sur le mot délire, que nous estimons ici être inexact, dire que le délire maniaque est un délire de rêverie et de jeu ». Ici, Ey va préciser ce qu’il entend par ce « jeu délirant idéo-verbal » du maniaque. L’expression est intéressante et pertinente cliniquement, mais est-elle suffisante pour établir un diagnostic différentiel ? Il semble que la dimension délirante du maniaque réside dans un « défaut de liaison conceptuelle des représentations », dans la « substitution aux liens logiques de relations de moindre valeur telles que réminiscences verbales », dans les « associations par assonances, inductions rythmiques ». Par ailleurs, du côté de ce que Ey nomme « structure positive de la manie », l’on retrouve aussi dans le comportement de jeu : gesticulation, mimique, grimaces, maniérisme, emphase, puérilité, etc. Toute cette symptomatologie ne peut-elle pas se retrouver également dans certains tableaux de schizophrénies ? De même, pour le maniaque « le monde n’est pas sérieux, ses fantaisies sont vécues comme une réalité sans réalité (…) », et au final la manie caractérise cette « impossibilité d’adhérer au vrai réel ». Autant d’expressions qui là encore peuvent faire songer à d’autres formes cliniques de psychoses. Mais laissons cette question en suspens pour l’instant. Ainsi la manie est-elle délirante au sens donné plus haut par Henri Ey, mais son degré de « déstructuration de la conscience » serait moindre que celui rencontré dans d’autres psychoses. Toutefois, bien que moindre, la manie fait valoir sans conteste pour Henri Ey une « modification structurale de la conscience d’un niveau de dissolution globale et non point (…) d’un trouble fonctionnel isolé (« attention » ou « humeur »). En réalité c’est la structure générale de l’esprit qui est bouleversée, la pensée (…) s’étale en surface ». Tout ceci, tout ce qui précède, concerne spécifiquement la manie dite « typique ».Dans un second temps Henri Ey va traiter des manies « atypiques » (délirantes et hallucinatoires, confuses et incohérentes, chroniques). Les symptômes classiques vus plus haut (fuite des idées, logorrhée, euphorie, etc.) sont « renforcés » dans la manie délirante et hallucinatoire. Mais l’essentiel pour Ey est de mettre surtout en relief ce que Séglas avait nommé « délire verbal », un délire « mobile fait de redondance verbale, de “clinquant” », dit Henri Ey, une « verbosité délirante qui ne suppose qu’un minimum d’organisation thématique ». En accord avec certains auteurs vus précédemment (entre autres Marcé, Foville), Henri Ey constate qu’il y a des cas de manies qui constituent de « véritables expériences délirantes et hallucinatoires ». Il cite alors le sentiment d’élation et de toute-puissance, le délire d’influence, l’idéation exaltée, ces sujets qui se sentent habités par un esprit divin, la présence de thèmes délirants prophétiques et mystiques, parfois d’idées de persécution, ou d’idées hypocondriaques. Il précise enfin le mécanisme d’édification de ces délires maniaques : Généralement, il est « verbal, fabulatoire, imaginatif, intuitif et interprétatif ». Il n’a jamais été évident, pour quiconque, de se prononcer précisément sur la question du délire dans la manie – sur sa « nature », son « contenu », sa « spécificité » –, de repérer ce qu’il pouvait y avoir de délirant dans la manie. L’on a vu que même pour Henri Ey cet exercice ne semblait pas aller de soi. Lorsqu’on évoque les possibles délires d’influence dans la manie, les idées délirantes prophétiques, hypocondriaques, leur « mécanisme » intuitif ou interprétatif, etc., on ne peut s’empêcher de penser que les frontières – si frontières véritables il y a – d’avec les autres formes de psychoses semblent bien minces. Le diagnostic différentiel avec la confusion mentale, de même, apparaît de plus en plus compliqué : « entre confusion et manie, écrit Henri Ey, il y a une différence de niveau (…). Il ne peut, bien entendu, s’agir de deux maladies distinctes (…). La clinique nous offre tous les jours des cas où le diagnostic entre manie et confusion est strictement impossible ».

À bien y réfléchir, de toute cette symptomatologie parfaitement décrite par les classiques, comme par Henri Ey, il ressort que l’excitation psychique, l’agitation motrice, l’exaltation de l’humeur, et même la labilité extrême de la pensée, la « fuite des idées », etc. se rencontrent aussi – plus ou moins durablement, de façon plus ou moins marquée – dans d’autres formes de psychoses. Alors sur quoi mettre l’accent ? Qu’est-ce qui, spécifiquement, nous permettrait de rendre compte de la manie comme relevant du registre de la psychose ? Car c’est là un point incontournable et une question éthique, utile et même nécessaire pour la pratique ; il est en effet très différent de considérer la manie comme un trouble de l’humeur ou de la considérer comme appartenant au champ des psychoses.

5. J. Lacan : la manie, retour mortel du langage dans le réel.

Un élément est à souligner. Il concerne la fameuse « fuite » (des idées). Au fond, la « fuite »n’est justement pas seulement celle des idées ; la « fuite » semble concerner la manie tout entière, si l’on peut dire ; elle signe même à notre sens la structure de la manie dans son ensemble ; une sorte de fuite en avant qui s’exprime autant dans le registre des idées (idéorrhée), de la parole (intempérance de langage, logorrhée, lallomanie), des diverses productions (graphiques ou autres) que dans le registre du comportement, des actes maniaques. Tout est fuite, tout semble fuir sans aucune retenue. J. Oury disait que « dans l’existence maniaque il y a trop d’ouvert » [30], et cela semble effectivement tellement « ouvert » que rien ne semble pouvoir venir colmater cette fuite. La question qui se pose alors est la suivante : Qu’est-ce que cette fuite ? Que nous indique-t-elle du sujet, et de sa structure ? Fuite de quoi et devant quoi ? La désinhibition, l’euphorie (la dite « joie »maniaque), l’excitation, l’exaltation, l’élation maniaques, sont les manifestations, les symptômes les plus visibles, et les plus typiques de la manie.

Mais interrogeons-nous sur ce que nous indique, et ce que nous enseigne cette « excitation » du point de vue de la structure. Lacan disait en 1970 : « Suivre la structure, c’est s’assurer de l’effet du langage » [31]. Eh bien en ce qui concerne la manie, en ce qu’il nomme plus précisément « l’excitation maniaque », Lacan considère que cette « psychose » (il emploie le terme) rend compte très spécifiquement du « retour dans le réel de ce qui est rejeté du langage », et que ce retour dans le réel se fait même « mortel » [32]. Le « retour dans le réel » chez Lacan, on le sait, renvoie à la psychose, dans la mesure où ce qui ne fut pas symbolisé (forclusion, et non refoulement ou déni) resurgit, revient tôt ou tard – pas toujours mais souvent – faire son apparition dans le « réel » (l’exemple princeps est celui des hallucinations). Ce « retour » dans le réel, qui peut être entendu comme un effort de localisation de la jouissance – qui, sans cela, se trouve débridée, dérégulée – connaît des variations selon la structuration du sujet, selon son rapport à l’Autre, au langage, au corps, etc. On peut dire, et constater cliniquement, que ce « retour », cette localisation de la jouissance, se fait principalement dans le corps du côté de la schizophrénie (phénomènes hypocondriaques, délire de corps, vécus de dissociations, « langage d’organes » selon les mots de Freud), et dans l’Autre du côté du paranoïaque (l’Autre omniprésent et omniscient le persécute, le regarde, l’observe, le commande, le menace, etc.). Nous allons voir où, dans la manie, se localise la jouissance. Prenons notre point de départ en amont de cette référence au texte « Télévision » qui date de 1973. Dans les années 1955–1956, dans son séminaire sur Les psychoses, Lacan posait la question : « comment un discours tient-il debout ? » [33]. Dans la psychose en effet, de manière générale l’auditeur peut rapidement se dire : « Ca ne tient pas debout ! ». Et dans la manie il est bien difficile de suivre les propos du sujet tant le rythme de la parole s’accélère, tant les idées passent subitement de l’une à l’autre. Lacan répond qu’un discours ne peut tenir debout sans le « point de capiton ». Sans ce point de capiton, ça ne tient pas debout, et alors « le sujet dépersonnalise son discours » [33]. Et précisément, le Nom-du-Père est le point de capiton essentiel, celui qui fait tenir l’ordre symbolique, qui lui donne un cadre, qui fait entrer le sujet dans un processus d’historisation, (« le Nom-du-Père a la fonction de signifier l’ensemble du système signifiant » [34]), c’est l’élément qui fait « point de capiton entre le signifiant et le signifié » [33], qui établit et maintient cet équilibre, arrêtant ainsi le glissement de la signification, laquelle sans cela peut fuir indéfiniment. Dans la psychose, cet élément, ce signifiant Père étant forclos, rejeté de l’univers symbolique du sujet, « le signifiant et le signifié se présentent sous une forme complètement divisée » [33] ; il y a séparation, non articulation, absence du ciment entre signifiant et signifié. Une référence connue de Lacan au sujet de la manie se trouve dans le séminaire X sur L’angoisse. Lacan y avance ceci : « dans la manie (…) c’est la non-fonction de a qui est en cause (…). Le sujet n’y est lesté par aucun a, ce qui le livre, quelquefois sans aucune possibilité de liberté, à la métonymie pure, infinie et ludique, de la chaîne signifiante » [35]. Cet « objet » petit a qui est un « reste » réel, n’entrant pas dans le registre du symbolique, est produit lorsque le sujet entre dans le « discours ». Si tout sujet entre nécessairement dans le langage – car le monde des signifiants, le langage comme tel, préexiste à tout sujet – tout sujet n’entre pas nécessairement dans le discours, au sens du « lien social » (c’est la même chose pour Lacan). Le psychotique, hors discours, n’a pas perdu cet objet (objet « cause du désir »), et il l’encombre parfois terriblement. En tant qu’excès de jouissance, il va chercher à s’en délester, à s’en débarrasser, ou à le réguler de diverses manières, selon que cette jouissance fait retour dans le corps (schizophrénie), ou dans l’Autre (paranoïa). Dans la névrose, cet « objet a » vient lester le sujet, au sens, pourrait-on dire, où il lui donne un certain équilibre, une certaine homéostasie, une assise dans la réalité commune ; on peut dire que le sujet a « les pieds sur terre ». Dans la manie ce « hors discours » se vérifie particulièrement dans le rapport du sujet au langage, sans frein, un sujet qui se trouve dispersé, comme lâché sans filet dans la chaîne signifiante. Se délester de l’« objet » qui le fait souffrir apparaît comme un moyen de lutter contre une tristesse et une douleur profondes, contre un noyau mélancolique peut-être : « la manie, disait Freud, n’a pas d’autre teneur que celle de la mélancolie ; les deux affections sont en proie au même “complexe”, qui écrase probablement le moi dans la mélancolie, alors que dans la manie le moi le surmonte ou l’écarte » [36]. C’est en ce sens que pour Freud on ne peut séparer en soi l’étude analytique de la manie de celle de la mélancolie (« il est exigé, écrit-il toujours dans Deuil et mélancolie, d’étendre à la manie une explication analytique de la mélancolie »). Ce qui l’amène à penser ainsi les choses, c’est que la clinique nous montre fréquemment – pas toujours, certes, mais souvent – que « la particularité la plus singulière de la mélancolie (…) c’est sa tendance à se renverser dans l’état dont les symptômes sont opposés, la manie » [36], ce renversement étant pour Freud une forme de « destin » de la mélancolie. Ce « délestage », donc, pour y revenir, procure alors au sujet une excitation, un sentiment d’euphorie, qui ne trouve aucune limite, ni dans l’Autre, ni chez l’autre (voir le texte de Freud Deuil et mélancolie : « le maniaque nous démontre de façon évidente – en partant comme un affamé en quête de nouveaux investissements d’objet – qu’il est libéré de l’objet qui l’avait fait souffrir » [36]). D’ailleurs, le maniaque n’attend pas la réponse de l’Autre ; il ne fait pas « communication », il n’entre pas dans la communauté, dans le dialogue, et l’on pourrait sans doute y découvrir une forme d’ironie sur la langue, ironie que l’on rencontre de facçon assez typique dans les cas de schizophrénies (la « chaîne » signifiante du sujet maniaque se réduit ainsi à ce qu’on pourrait appeler une pure jouissance). La métonymie « pure » du maniaque attaque la grammaire, la syntaxe, les relations de signifiants à signifiés, et cette métonymie « pure » de la chaîne signifiante– qui met en relief l’absence de métaphore – a nécessairement des conséquences sur les rapports du sujet non seulement au langage, mais aussi bien à l’ensemble de ses rapports au « monde », aux autres notamment (au lien social), et des conséquences sur sa jouissance, puisqu’elle n’est pas prise, pas enserrée dans le maillage symbolique des signifiants. La non-fonction de l’objet a, le fait qu’il ne soit pas « séparé » – et avec les effets produits sur les rapports du sujet au signifiant (l’emballement métonymique notamment, dans la manie) et sur la jouissance – vient signer la structure psychotique de la manie. Nous proposerions de considérer non seulement la manie comme une psychose, mais comme une psychose déclenchée, et même sans doute délirante en certains cas. Cette dimension délirante est certes moins visible, moins lisible que dans la paranoïa, la mélancolie ou la schizophrénie. Des auteurs avancent pourtant qu’« en général, les manies sont délirantes » [37], et même que dans le fond « la manie pure où se perd le frein du sens, c’est rare » [38]. Dès lors, et considérant avec Lacan que « les phénomènes élémentaires ne sont pas plus élémentaires que ce qui est sous-jacent à l’ensemble de la construction du délire », que délire et phénomènes élémentaires ont la même structure, que « c’est toujours la même force structurante qui est à l’oeuvre dans le délire, qu’on le considère dans une de ses parties ou dans sa totalité » [33], il nous semble que l’on peut avancer ici que la manie présente un certain nombre de phénomènes élémentaires psychotiques parmi lesquels on pourrait ranger l’euphorie, l’humeur exaltée, l’excitation verbale et motrice, mais aussi les « coq-à-l’âne », la dérive métonymique en tant que trouble du langage psychotique. Le rapport au temps, vu plus haut, tout comme ces phénomènes éruptifs, soulignent tous la dimension de rupture, d’absence de liens, de discontinuité dans la vie du sujet, propre à la psychose. La « pure » métonymie, comme son nom l’indique,exclut quant à elle la possibilité métaphorique du langage, et exclut donc en soi l’élaboration d’une métaphore délirante – le délire – qui est montage, construction, assemblage organisé de signifiants, stabilisant plus ou moins durablement, plus ou moins efficacement, les rapports du signifiant au signifié. En ce qui concerne le chapitre « métaphore et métonymie » selon Lacan, nous n’entrerons pas dans le détail, mais rappelons simplement ceci que : « d’une façon générale, ce que Freud appelle la condensation, c’est ce qu’on appelle en rhétorique la métaphore ; ce qu’il appelle le déplacement, c’est la métonymie » [33]. Saisissons justement ce terme de « déplacement », qui convient particulièrement bien à la clinique du sujet maniaque, un sujet que l’on pourrait dire en effet constamment en déplacement. Un sujet en déplacement pourrait être une des définitions possibles du maniaque. Le côté « sans frein » déjà mentionné plus haut (« l’action frénatrice devient impossible », disait Anglade en 1903) n’est rien d’autre, ne reflète rien d’autre en effet que la « métonymie pure » du sujet maniaque, l’absence de point de capiton, la forclusion du Nom-du-Père, « l’extériorité du psychotique par rapport à l’ensemble de l’appareil du langage », « la relation d’extériorité du sujet au signifiant » [33], autrement dit ce fait cliniquement observable d’un sujet qui semble « habité, possédé par le langage » [33]. C. Soler le dit clairement : « la fuite des idées, cette logorrhée où se perd l’intention de signification au profit d’une juxtaposition de propos désorientés, qu’est-ce d’autre qu’une mise hors-jeu du capitonnage du sens du discours ? »[40]. Le point de capiton est un stop (un stop à la jouissance). À cet égard, C. Desmoulins remarquait pertinemment : « on pourrait dire de la manie que c’est une maladie de la chaîne signifiante, de la ponctuation, donc du point de capiton (…). Le maniaque procède par coq-à-l’âne, c’est-à-dire évite la ponctuation, le point de capiton » [37]. Aussi ce rythme effréné, cette« joie » de façade, cette euphorie d’apparence festive, en bref cette élation maniaque n’est pas autre chose que l’envahissement de jouissance qui procède des signifiants à la dérive, qui procède d’une chaîne signifiante réduite à la pure métonymie. Et cette « euphorie » n’est peut-être pas à mettre au compte du « jeu » et du « jouir », comme le pensait Henri Ey (cité plus haut). C’est le point de vue de C. Soler, qui admet que la formule d’Henri Ey est certes « belle, mais le maniaque n’est ni un joueur, ni un jouisseur » [40], articulant l’affect dépressif, la tristesse, à l’excitation maniaque dans son rapport à la forclusion. Pour clore ce chapitre, et pour répondre à notre question relative à la localisation de la jouissance dans la manie, on pourrait dire que la jouissance qui fait retour dans le réel, dans la manie, vient à se localiser non pas dans le corps, non pas dans un Autre persécuteur, mais dans la chaîne signifiante elle-même, dans la métonymie pure de la chaîne signifiante, avec ses effets de dispersion, de dissémination dans le langage, avec ses effets d’exaltation de la langue, d’une langue jouie sans limites.

6. Conclusion : le maniaque, pas si « joyeux » que ça.

Dans cette métonymie, dans cette juxtaposition dénuée d’orientation des éléments du langage, il faut y voir, selon cette perspective lacanienne, une succession de S1 (S1, S1, S1. . .) qui ne s’articulent pas avec les signifiants S2 qui introduisent le sens, la signification dans le discours (l’écriture S1-S2 étant l’écriture minimale pour désigner le discours, le lien social). C. Soler suggère ainsi que chez le sujet maniaque la dimension « festive et insouciante » de la parole, l’est du fait qu’elle est « libérée des contraintes de la sémantique, émancipée du réel qui est en jeu dans la grammaire ». Le sujet maniaque pourrait dès lors être défini comme celui qui se trouve « dispersé dans l’infini du langage qui le traverse », et la dimension de non-fonction de l’objet a, qui donne ce côté « libre » de toute contrainte, fait valoir dans son fond la mise en suspens, et même la mise à l’écart de l’instance interdictrice qu’est le Surmoi. En outre, cette succession de S1, la prise en masse intense de la jouissance dans le flot ininterrompu et sans limites des signifiants, valide ce fait que le sujet maniaque ne s’inscrit pas dans un « discours ». Une question se pose : le schizophrène lui-même n’est-il pas dispersé dans l’infini du langage qui le traverse ? Sa parole n’est-elle pas faite également de signifiants détachés, isolés, séparés de la chaîne signifiante, non articulés aux signifiants qui donnent sens, cohérence, historisation, continuité, etc. ? Oui, sans aucun doute, à une différence près toutefois. Le schizophrène est certes dispersé dans l’infini du langage qui l’envahit, qui le traverse réellement, mais en outre il est pénétré aussi dans son corps par les signifiants, ce qui n’est pas le cas du maniaque. Ici il conviendrait de se reporter au « stade du miroir », et une hypothèse pourrait alors se dessiner : le maniaque, s’il n’était passé par la phase du miroir, serait peut-être schizophrène. Dans tous les cas, l’absence du point de capiton, quia des effets variés selon les sujets indique que l’euphorie maniaque ne fait que mettre en relief l’absence fondamentale de lien à l’Autre, autrement dit la grande solitude du sujet. Et l’excitation infinie et « ludique » du sujet maniaque apparaît comme un leurre, un masque sur sa profonde tristesse. Finalement, cette agitation incessante – « motrice » et « verbale » – nous dit combien la solitude et l’angoisse font le fond du sujet maniaque, et que la seule solution pour y parer est peut-être effectivement de se « décharger ».

J.-J. Gorog écrivait que « le mélancolique se pose au centre du monde comme déchet : il se fait la poubelle du monde là où le maniaque fait du monde sa poubelle » [43]. Le monde comme décharge du maniaque. Il y a comme un vase communicant : à la fois le sujet y prend tout ce qui vient à sa portée, et il l’engloutit – c’est son côté « orgiaque » –, à la fois il y reverse le trop-plein, il vomit sur le monde le trop-plein de jouissance qui l’encombre et qui le fait souffrir.

Notes de bas de page :

Pour P. Belzeaux les descriptions faites par H. Ey dans cette étude sont « exemplaires, indépassables et indépassées » [23]. De même, pour E. Mahieu cette étude « reste encore un des meilleurs textes cliniques sur le sujet » [24].     

On retrouve des termes assez semblables chez Michel Foucault qui écrivait la même année (1954) dans Maladie mentale et psychologie : La fuite des idées est « la perturbation temporelle de l’existence maniaque : Le temps y est, par fragmentation, rendu momentané ; et, sans ouverture sur le passé et l’avenir, il tourbillonne sur lui-même, procédant tantôt par bonds, tantôt par répétitions. C’est sur le fond de la temporalité ainsi perturbée que doit se comprendre la « fuite des idées », avec son alternance caractéristique de répétitions thématiques, et d’associations bondissantes et illogiques » [27]. A. Tatossian, de même, dans sa lecture de Binswanger : « le monde où il [le sujet maniaque] vit est tourbillon et saut, ne permettant aucune historicité », le temps du maniaque est « réduit au pur instant » [28]. D’où sans doute un travail à élaborer avec le patient autour de cette question de l’historicité, un travail de réintroduction de la dimension temporelle dans l’économie psychique du sujet.

Un peu plus loin Henri Ey utilise l’expression – qui pourrait prêter à la critique – de « demi-délire » : « ce n’est pas du délire, dit-on, car le sujet « n’y croit pas » (. . .). Mais ce n’est pas non plus, certes, une pensée strictement adaptée au réel (. . .). Fuite des idées, délire verbal, fabulation, propos incohérents, de quelque nom que l’on désigne le phénomène, il n’en demeure pas moins dans son essence une sorte de demi-délire ». L’on voit combien il est particulièrement difficile de rendre compte cliniquement de ce qui serait indubitablement délirant dans la manie, combien il est délicat et incertain de donner une spécificité à la dimension délirante maniaque. Au fond, pour Henri Ey, la manie contient « une fiction parlée et pensée qui se rapproche du délire. Une telle disposition à fabuler, à dramatiser, à jouer avec les mots, les concepts et les choses, constitue en soi une tendance délirante ».

Abraham indiquait ainsi que « le sommet de la manie est comme une ivresse de liberté. La composante pulsionnelles-adique est délivrée de ses entraves. Toute retenue disparaît en faveur de comportements agressifs sans égards » [25].

Séglas relevait que les maniaques « parlent avec volubilité, sans prendre à peine le temps de respirer ou de répondre aux interrogations » [26]. Notons au passage – sur la question du délire – que pour Séglas il existe « certains cas particuliers [pour lesquels] cette intempérance du langage est l’unique manifestation du délire ».

 

J’avais déjà écrit sur un article précédent :

Un mode de communication inapproprié : Les flics sont des maniaques. On leur conseille le LITHIUM pour calmer leur euphorie.

Voilà ce que dit l’ouvrage collectif aux éditions Lavoisier 2014, Les troubles bipolaires, au chapitre aspects psychopathologiques et psychodynamiques : De l’état dépressif à l’état du triomphe du moi par M.-C. Lambotte p. 585 – 594.

 » Versatile, passant d’une préoccupation à une autre, le maniaque semble entièrement soumis à ses impulsions et à ses intérêts du moment et ne respecte plus les contraintes du cadre social qui ordonnent habituellement la communication.

Cette description de L. Binswanger, extraite de son ouvrage Mélancolie et manie, montre bien une sorte d‘effacement des repères qui, à l’ordinaire, permettent à des interlocuteurs de se référer aux mêmes éléments spatiaux-temporels dont la signification symbolique fixe le cadre de leurs échanges.

L. Binswanger analyse alors cette perte de considération du socius en se référant aux étapes husserliennes de la constitution de l’expérience d’autrui qui, de la présentation ou perception d’un corps-objet réel (une chose de la nature) se poursuit ensuite par l’acceptation de celui-ci comme un corps vivant étranger (l’alius), pour enfin parvenir à son apprésentation comme alter ego ; ce serait cette dernière fonction qui ferait défaut au sujet maniaque en butte à de seules présences (Präsenzen) isolées, sans liaison entre elles et sans qu’elles puissent s’inscrire dans la continuité de la biographie interne. (…) Il ne s’agit pas d’un déficit ou d’une lésion cognitive, mais bien plutôt d’une incapacité à considérer l’autre comme un alter ego participant d’un contexte commun et soumis de fait aux mêmes coordonnées mondaines.

Ce sont les « tendances déterminantes », selon K. Jaspers, qui manqueraient au sujet maniaque, tant en ce qui concerne la suite indéfinie et débridée de ses idées que l’excitation labile et désordonnée de son comportement.

Aussi bien en ce qui concerne la manie, la neutralisation des « tendances déterminantes » et du cadre contextuel nécessaire à la communication nous conduit-elle à penser qu’il s’agit là de la brusque mise à l’écart de toute contrainte, de toute règle qui habituellement règle les supports humains et leur donne à la fois consistance et signification. Or, nous savons qu’au regard de la psychanalyse, les rapports humains sont essentiellement construits sur des projections imaginaires en fonction desquelles les images respectives des partenaires s’ajustent en permanence. Mais ces images ne s’ajustent pas n’importe comment et n’alimentent pas non plus indéfiniment la tension agressive ; elles se trouvent à la fois circonscrites à l’intérieur d’un cadre et règles par un code symbolique qui permet aux partenaires de se référer à un même domaine de définition. Nous ne nous comportons pas de la même manière lorsque nous rencontrons quelqu’un dans un amphithéâtre universitaire ou sur un terrain de sport, et la meilleure image de soi que nous voulons présenter (le moi idéal) devra nécessairement s’adapter au contexte symbolique qui caractérise le socius.

L’aisance et la liberté excessives prises avec autrui, ou bien encore le peu de cas que le maniaque fait de la personne à laquelle il s’adresse, ne permet pas non plus la reconnaissance de l’autre dans l’assomption de sa différence ; et l’objet extérieur se trouve nié au sein même des manifestations les plus démonstratives de rapprochement.« 

Voilà pour la psychanalyse de ces maniaques. Les mots ne servent pas qu’au harcèlement : Des mots très savants servent aussi à décrire la réalité du déchainement des flics pendant plusieurs mois, plusieurs années. Nous, on sait s’exprimer en public, se comporter en société, mais les flics étant malades ont perdu toute notion de savoir-vivre. Ils ont un mode inapproprié de communication. Non seulement, ces flics parlent à tort et à travers, mais en plus, ils le font avec une mentalité de merde. Mais les deux vont souvent ensemble … Les mentalités de merde, ça existe et ça peut gravement vous pourrir la vie. On attend que le scandale se termine. Les flics sont indifférents à la haine qu’ils m’envoient et c’est un attribut principal des pervers narcissiques ; Ils se croient intègres. Drucker a le même problème. C’est ce que Cyrulnik appelle l’arrêt d’empathie. Il est des gens qui se sont disqualifiés il y a longtemps. ON LEUR CONSEILLE LE LITHIUM POUR CALMER LEUR EUPHORIE.

Les maniaques, c’est comme l’hiver : Vous voudriez empêcher qu’il soit là, mais vous ne pouvez rien y faire … Les flics s’imaginent encore avec une relation contractuelle avec moi : Laquelle ?

 

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Ceux qu’on prenait pour des musulmans.

Le « musulman » dans les camps de concentration nazis est celui qui tombe d’épuisement, infiniment résigné, prêt à mourir … La plupart des rescapés juifs de la Shoah parlent de ceux qui étaient appelés les « musulmans », qui vivaient le summum de la souffrance dans les camps. Ils ont été appelés comme ça à cause de leur prostration qui faisait penser à la prosternation des musulmans lors de la prière. On peut penser qu’il s’agissait de souffrances physiques & psychiques intenses (dépressions sévères, psychoses) accompagnées de maltraitances des nazis (dont Elie Wiesel a parlé dans La nuit). Des musulmans qui étaient en fait des juifs …

Les Allemands avaient appelés ces juifs déportés les « musulmans », parce qu’ils étaient infiniment résignés face au fardeau de la vie en ce bas-monde qu’ils leur imposaient. Un Musulman, c’est un croyant qui a conscience que la vie dans ce bas-monde est un fardeau … et j’ai bien saisi le fardeau quotidien que m’imposent les flics françaises …

J’ai commencé la lecture de ce livre très intéressant : Les « musulmans » souffraient de cachexie (syndrome de maigreur). Ils mourraient pour des causes psychiques, sans aucune cause physique trouvée. Germaine Tillion, rescapée de Ravensbrück, a forgé un néologisme pour désigner ce « surmenage psychique » propre au camp, celui de mort par « anxiocution », due au climat de terreur instauré par les nazis.

Il y avait effectivement maltraitance des nazis (Je n’ai pas vécu la maltraitance physique, mais la violence maniaque des flic qui me harcèlent me fait penser au texte suivant : ) :

Des femmes-kapos bien en chair, bien nourries, obscènes de santé, le fouet à la main, les chassaient vers nous, hurlant, menaçant, frappant tandis que des femmes SS supervisaietn la scène accompagnées de leurs bergers allemands.

Des gardiens obscènes de santé instaurant une terreur sur des détenus au bout du rouleau au point de vue physique et psychique … Quel contraste !

Musulmans

Ceux qu’on prenait pour des musulmans dans les camps de concentration (Primo Levi : Si c’est un homme).

            « Mais au Lager il en va tout autrement : ici, la lutte pour la vie est implacable car chacun est désespérément et férocement seul. Si un quelconque Null Achtzehn vacille, il ne trouvera personne pour lui tendre la main, mais bien quelqu’un qui lui donnera le coup de grâce, parce que ici personne n’a intérêt à ce qu’un « musulman » de plus se traîne chaque jour au travail ; et si quelqu’un, par un miracle de patience et d’astuce, trouve une nouvelle combine pour échapper aux travaux les plus durs, un nouveau système qui lui rapporte quelques grammes de pain supplémentaires, il gardera jalousement son secret, ce qui lui vaudra la considération et le respect général, et lui rapportera un avantage strictement personnel ; il deviendra plus puissant, on le craindra, et celui qui se fait craindre est du même coup un candidat à la survie.

            On a parfois l’impression qu’il émane de l’histoire et de la vie une loi féroce que l’on pourrait énoncer ainsi : « Il sera donné à celui qui possède, il sera pris à celui qui n’a rien » Au Lager, où l’homme est seul et où la lutte pour la vie se réduit à son mécanisme primordial, la loi inique est ouvertement en vigueur et unanimement reconnue. Avec ceux qui ont su s’adapter, avec les individus forts et rusés, les chefs eux-mêmes entretiennent volontiers des rapports, parfois presque amicaux, dans l’espoir qu’ils pourront peut-être plus tard en tirer parti. Mais « les musulmans », les hommes en voie de désintégration, ceux-là ne valent même pas la peine qu’on leur adresse la parole, puisqu’on sait d’avance qu’ils commenceraient à se plaindre et à parler de ce qu’ils mangeaient quand ils étaient chez eux. Inutile, à plus forte raison, de s’en faire des amis : Ils ne connaissent personne d’important au camp, ils ne mangent rien en dehors de leur ration, ne travaillent pas dans des Kommandos intéressants et n’ont aucun moyen secret de s’organiser. Enfin, on sait qu’ils sont là de passage, et que d’ici quelques semaines il ne restera d’eux qu’une poignée de cendres dans un des champs voisins, et un numéro matricule coché dans un registre. Bien qu’ils soient ballottés et confondus sans répit dans l’immense foule de leurs semblables, ils souffrent et avancent dans une solitude intérieure absolue, et c’est encore en solitaires qu’ils meurent ou disparaissent, sans laisser de trace dans la mémoire de personne. »

Il y a une très bonne page Wikipedia sur ce qu’on appelait dans les camps les « Musulmänner » :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Muselmann

Il y a même une thèse de Paul-Bernard Nouraud (que je n’ai pas lue – On ne peut pas tout lire … mais il faudra bien la lire !) financée par la Fondation pour la mémoire de la Shoah :

http://www.fondationshoah.org/recherche/figurer-lautre-essai-sur-la-figure-du-musulman-dans-les-camps-de-concentration-nazis-paul

figuremusulman

France Télévisions … Un foyer de délinquance.

France_televisions

Constatant que les infractions n’ont pas cessé, je demande à ce que Marie Drucker soit mise sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en relation avec ma personne, que ce soit de façon directe ou indirecte (par ses flics de façon sonore). Plus aucune des personnalités mentionnées dans ce courrier ne doivent entrer de façon directe ou indirecte avec ma personne, en particulier de façon sonore.

Propos tenus dans mon domicile par les journalistes et animateurs de France Télévisions en 2015 et 2016.

Jeudi 29 janvier 2015.

Nagui : Tu t’es entêté. Tu vas faire marrer ? On veut faire marrer. On veut te faire marrer. On t’a formé. T’es député. Tu es parti. Tu es Trotsky. C’est un réseau. On est facho. C’est un complot. On est mytho. On t’inquiète. Tu te tais. Nous sommes ton réseau. Nous sommes tes fachos. Tu es un facho.

Je réponds à Nagui :

  • Que je n’ai jamais eu le projet de devenir député. Nagui a du voir en me piratant que je lisais le journal trotskyste Lutte Ouvrière sur le net.
  • Que je ne suis pas Trotsky : Quand j’étais militant plus ou moins actif avant mes 22 ans, je n’ai convaincu personne.
  • Nagui me raconte des histoires à dormir debout : Il ne pouvait pas me former puisque je ne l’ai jamais rencontré de ma vie. On pense que c’est surtout Nagui qui s’est entêté …

Jeudi 5 février 2015. 8 h du matin.
Michel Cymes pirate mon ordinateur : Tu deviens médecin. On est médecin. On aime Naïma ? On menace Naïma. On surveille Naïma. On est pénible. Tu es pénible. On est psychiatre. Colérique. Tu es colérique. On est facho. On est schizo. Tu es socialo. On est folle. On arrête. Arrête. Grand acteur. On t’aime. Paranoïa quérulente. Tu es un président. Tu es président. Tu es avec Michel. Tu aimes Michel. Tu vas travailler. Tu vas t’entendre avec Michel.

Je réponds à Michel Cymes :

  • Que je ne suis pas médecin et que j’ai seulement voulu être un usager averti. Je ne sais pas comment est formé un médecin ?
  • Que je ne comprends pas le genre d’ennuis qu’on me fait sur Naïma, une jeune femme que je n’ai plus jamais revue depuis 2007 : Michel Cymes doit être malade. Je n’ai jamais eu aucun sentiment pour Naïma. Michel Cymes s’amuse à participer à des sonorisations de mon domicile … Que je ne comprends pas pourquoi Cymes vient écouter dans mon domicile ce que je pense de la paranoïa quérulente.
  • Que Cymes arrête de se moquer de moi en me prenant pour un Président. Je n’ai même pas osé devenir Président de mon association d’étudiants en 2002.

Monsieur Cymes se permet de venir réprimer des propos tenus dans un domicile ou écrits sur un ordinateur et publiés nulle part, alors que je ne connais pas Monsieur Cymes. Nous n’avons jamais été présenté physiquement. Monsieur Cymes doit être malade. N’y a-t-il pas là un problème juridique évident ?

Monsieur Cymes me dit très énervé dans mon logement : « On en a marre que tu te foutes de notre gueule« . Qui se fout de votre gueule Monsieur Cymes ? On vous a toujours aimé Monsieur Cymes.

Samedi 7 février 2015.

Cymes pirate mon ordinateur : Belle carrière. On t’a apprécié.

On demande à Michel Cymes de cesser toute captation de données informatiques sur mon ordinateur personnel. Il n’a plus aucune raison de mettre son nez dans ma vie privée.

On va rappeler à Cymes le coeur du problème, sinon je vais me faire emmerder encore longtemps :

Rappel sur le site Internet de la CNIL :
http://www.cnil.fr/documentation/textes-fondateurs/sanctions-penales/

CODE PÉNAL (Partie Législative)
Section 5
Des atteintes aux droits de la personne résultant des fichiers ou des traitements           informatiques.
Art. 226-22
Le fait, par toute personne qui a recueilli, à l’occasion de leur enregistrement, de leur classement, de leur transmission ou d’une autre forme de traitement, des données à caractère personnel dont la divulgation aurait pour effet de porter atteinte à la considération de l’intéressé ou à l’intimité de sa vie privée, de porter, sans autorisation de l’intéressé, ces données à la connaissance d’un tiers qui n’a pas qualité pour les recevoir est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende.
La divulgation prévue à l’alinéa précédent est punie de trois ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende lorsqu’elle a été commise par imprudence ou négligence.

Les flics adorent se concerter avec les journalistes de France Télévisions … Les flics trouvent que les journalistes sont très défendables. Cette peine maximale de 5 ans de prison et de 300 000 €, ça ne leur fait pas peur ?

Dimanche 8 février 2015.
Marie Drucker : Tu remplaces Ventura. C’est Ventura. C’est le nouveau Ventura … On va te remplacer. On est Drucker. On veut te remplacer. On va te menacer. Il faut connaître ta mère. On t’a syndicalisé. C’est un Lycée. On veut te médicaliser. On va te résidentialiser. Tu vas habiter l’Elysées. Tu as dénoncé. C’est une piraterie. On est policé. Qu’est-ce qu’on a fait ? C’est une folie. Tu es au Lycée. Tu vas être prof de Lycée. Tu vas être au Lycée.

Je réponds à Marie Drucker :

  • Que je n’ai rien à faire dans l’enseignement de Lycée et qu’elle n’a plus besoin de jeter un regard dans ma vie privée : Elle ne m’intéresse pas. C’est là qu’on mesure l’étendue de l’égoïsme misérabiliste de Marie Drucker.
  • Je ne suis pas intéressé par le genre de salades que me raconte Marie Drucker.
  • Il faut demander à Marie Drucker d’arrêter de persifler, de se moquer : Je ne suis pas le nouveau Ventura.
  • Que je ne vois pas ce que j’irai faire à l’Elysées.
  • Que Marie Drucker m’a déjà trop médicalisé. Je fus médicalisé à cause de Marie Drucker en 2008 et en 2016 à cause de Michel Drucker … On pense que c’est plus qu’assez.
  • J’ai compris que Marie Drucker passe son temps à se foutre de la gueule du monde …
  • D’où venait la menace ? De France Télévisions. Point barre.

Mardi 28 avril 2015. Environ 12h20.
Michel Drucker : Tu as témoigné (10 x). On a témoigné. Fais (5 x). C’est français. Tu es français. C’est cette frilosité. Tu es français (10 x). On est formé. C’est un procès. Tu es dénoncé. Fais. Tu es en danger. On est en danger. Fais. On est en danger. Tu es en danger. Fais. C’est la fessée (5 x). C’est les Lycées. Fais. C’est le Lycée. Vous haïssez. C’est le Lycée. Il faut forcer. Fais. C’est un Lycée. Fuis. T’as trouvé. On est désolé.

Le pauvre Michel Drucker est un Mitterrandien, un adepte des écoutes téléphoniques …
Il vit déjà en société communiste, une société sans haine … Michel Drucker, c’est un naïf aux bons sentiments, qui a délégué un massacre. On peut haïr nos gardiens. C’est la leçon de la Shoah. Les Drucker ont montré qu’ils étaient les plus gentils de la télé en déléguant des flics hurlant des menaces de mort …

Un matin de 2015 tôt vers 7 h.
Nagui : Tu emmerdes la planète. C’est pas la même planète.
Nagui travaille pour la NASA. Qu’il aille enseigner l’astronomie en collège … Ca lui permettra d’avoir un regard plus compatissant pour les profs de ce pays.

Printemps 2015.
Michel Drucker. Tu es le nouveau Ventura ?

Non, je ne suis pas le nouveau Ventura. Mais c’est peut-être la famille Ventura que les flics ont représentée ? Sait-on jamais : Ils étaient tellement perdus à insister très longuement, violemment sur la schizophrénie (plusieurs années).

Printemps 2015.
Michel Drucker. On n’était pas raciste. On l’est devenu.

Printemps 2015.
Pierre Bénichou, chez moi : Fais !
Chantal Ladesou, chez moi : Fais !
Sandrine Kiberlain, dans un cinéma à Opéra : Puant ! Puant ! Prof ! Prof !
Vincent Lindon, dans un cinéma à Opéra : C’est Sandrine. Fais ! (10 x).

Un jour de printemps de 2015. Laurent Delahousse.
Tu es content ? Tu as l’hôpital.

Laurent Delahousse participait à cette violation de la vie privée (captation de données informatiques) me concernant. Laurent Delahousse a eu ce qu’il voulait. Les propos de Delahousse trouvait un prolongement dans l’action des flics qui chassaient en meute néonazie … On a été menacé (des menaces très précises) de l’hôpital pendant plusieurs mois en 2016 avant et après une hospitalisation. En particulier dans un restaurant, une flic avait hurlé : On va te mettre à l’hôpital … alors que je n’avais pas spécialement un comportement répréhensible ou troublé. Il n’y a que dans le film L’échange (The changelling) de Clint Eastwood que l’on voit une patiente être sortie d’un internement. Ca ne se voit que dans les fictions. La réalité est inverse. Les hautes personnalités préfèrent vous y ramener … à l’hosto.

Delahousse est un sombre connard, comme les flics qui l’accompagnaient …

Laurent Delahousse, il faut lui mettre un uniforme de la DST, comme à tous les journalistes et animateurs de France 2. Ces gens-là avaient un droit sur ma vie privée ? Aucun. J’avais fait une candidature déjà ancienne (2006) pour travailler dans France Télévisions, rejetée. J’avais envoyé quelques messages à Marie Drucker par Facebook pendant les années 2010, 2011. On redemande à ces journalistes de France Télévisions de ne plus entretenir de lien quelqu’il soit avec ma personne. C’est terminé. Basta.

Octobre 2015.
Michel Drucker. Lacan. FOAD. Souffrant. SAR.

Il sait ce qu’on lui dit Michel Drucker ? D’arrêter de participer à une opération de flicage (captations de données informatiques et micros planqués). D’arrêter de se mêler de mes lectures et de mes démarches de réinsertion. De rester chez lui et de ne pas venir m’emmerder.

Un jour de 2016.
Jean-Marie Bigard : Tu fermes ta gueule !!!
Elie Semoun : Tu as bien travaillé !!!

Un matin de 2016 vers 8 h.
Michel Drucker. Avec les hommes. C’est à vous de partiiiiir. On va appeler Michel Serres.
Michel Serres parle sur les anglais. Cash. Chasse (15 x). Hache (15 x).

Michel Drucker va arrêter de violer les mails, qui correspondent à la définition d’une correspondance privée. Qu’est-ce que ça peut lui foutre que je plaisante sur l’homosexualité avec des copains dans des mails ? On se contente de rigoler. On est des hétéros. On demande aussi à Michel Drucker d’arrêter avec les flics de commenter des textes publiés ici et là.

Je ne suis pas intéressé par Michel Serres. J’ai parcouru ses livres : Ils ne m’intéressent pas. Je me souviens pourtant qu’il avait écrit un très beau Trésor, Dictionnaire des Sciences. Comment ose-t-il en plus s’associer à cette oeuvre pratiquée dans mon domicile ? Il est fou.

Printemps 2016.
J’écoute une émission de radio enregistrée dans laquelle Marie Drucker est invitée et parle de ses goûts en cinéma. Les flics qui me surveillent dans mon logement appellent Marie Drucker qui vient me parler : C’est moi ?

Printemps 2016.
Marie Drucker. Tu es garde des Sceaux.

Non, je ne suis point Garde des Sceaux. Je n’ai pas commencé le moindre militantisme pour un parti réformiste et je n’ai pas vraiment de compétence juridique, aucune expérience du droit. J’ai juste conscience d’être victime d’une effraction prolongée, d’une violation éhontée de la vie privée. Il n’y a pas un seul avocat qui ait voulu prendre la défense de mes intérêts … et il faudrait aller s’engager pour un parti réformiste ? Les flics passent leur temps à se foutre de la gueule du monde. J’ai vécu ça à longueur d’année : Ces flics persiflaient. J’étais un Préfet, un Garde des Sceaux, selon eux … J’ignore les 19/20ème du Droit français. Même les hommes politiques, qui sont aussi souvent avocats, prennent un avocat pour se défendre … Ils ne se défendent pas eux-mêmes. Et moi qui ne suis pas un homme politique, je n’ai trouvé aucun avocat pour me défendre. Marie Drucker veut que je sois Garde des Sceaux ? Pourquoi faire ? Faire une politique pénale (s’occuper des prisons) dont je me fous complètement. Ces gens sont paumés … Voilà tout. Je n’ai pas une formation de personnalité politique pour ce système bourgeois.

J’étais plutôt intéressé par le cinéma et je m’étais remis à m’intéresser aux Sciences.

Je vous rappelle ce que certaines hautes personnalités ont jugé bon de me dire chez moi ou dehors en 2009 ou 2010 par les mêmes moyens utilisés par les policiers :

  • Michèle Alliot-Marie (Dictateur …, directeur …) dans le RER D,

Le même jour, dans le quartier de l’hôtel de Ville, je vois un couple s’embrasser de façon très démonstrative. Je leur fais un signe de fessée. Et je rigole ensuite dans un fou rire pendant une heure allongé sur un banc, ce qui ne m’est jamais arrivé de toute ma vie. Des gens me prennent en photo ensuite. C’est peut-être pour ça que ça rigolait jusqu’à Pornichet en 2014.

  • Marie-Georges Buffet (Tout le monde souffre) chez moi,
  • François Hollande (Il faut que tu nous fasses notre procès) chez moi,
  • Martine Aubry (On s’en fout de tes procès … On a mal pour Guy) chez moi,
  • Arlette Chabot (Tu nous as toutes remises en question ?!) dans Villeneuve,
  • Françoise Jolly (Tu nous fais marrer … C’est notre Marie … Nous t’avons choisi … Tu vas conduire une Ferrari … Nous allons t’offrir une Bentley – Jolly voulait peut-être soigner une mégalomanie supposée) en vacances,
  • Sophie Davant (Je veux me marier avec Sami … On en avait marre que tu nous fasses chier … Tu vas le regretter toute ta vie) chez moi,
  • Line Renaud (C’est Jacques Vergès qui nous a appelé … On s’en fout de vos opinions – piratage informatique – Tu vas la détruire Marie !!! Tu vas pouvoir t’occuper de tes schizos) chez moi,
  • Guy Bedos (Tu as lu André Malraux ? Tu veux remplacer Ghannouchi ? Mais t’es complètement fou !!!) chez moi,
  • Jean-Marie Bigard (Il faut que t’arrêtes de te moquer … T’aurais pu être une star de la télé !) chez moi,
  • Laurent Baffie (Il faut que tu sois un premier !) chez moi,
  • Jean Benguigui (Tu t’en fous de Marie Drucker ?! Tu t’en bas les couilles ? On s’en fout de tes couilles !!!). Au Franprix. Monsieur Benguigui est un Saint et on se demande si ça vient de sa religion … La branlette de marin amuse Benguigui dans l’émission Ondar. Le Franprix était sonorisé et Monsieur Benguigui en recevait le recel.
SurveillanceMicros
Le Parisien du 1er mars 2019 dénonce mis en place en fait de façon sauvage depuis 10 ans en France

 

  • Je réponds aussi à Guy Bedos, que j’ai toujours beaucoup aimé, que je n’ai pas lu André Malraux. Je n’ai lu qu’une biographie et des résumés de ses œuvres, ainsi que ses discours politiques en CD audio. Malraux est un homme de droite qui me fait chier (d’abord proche de la gauche révolutionnaire, il devint ensuite très anticommuniste, gaulliste). Je n’ai pas envie de lire la Condition Humaine. Il faudrait mieux lire L’espoir ? … Je ne sais pas où Guy Bedos a lu que je voulais remplacer Ghannouchi … peut-être en piratant un texte informatique diffusé par je ne sais qui. Je m’en fous de remplacer Ghannouchi. Je ne parle suffisamment l’arabe tunisien et je me fous d’être Ministre.
  • Je réponds à Sophie Davant que : Je regrette, je me sens coupable, je me morfond, je fais acte de contrition, je veux faire acte de pénitence, je suis très malheureux, je fume la moquette, je grimpe aux rideaux, je me roule par terre, je me tape la tête contre les murs, je vais aller faire une offrande pour m’excuser sur l’autel de Notre-Dame de Paris comme J. J. Rousseau, parce que j’ai trop d’ennemis.
  • J’avais écrit à Michèle Alliot-Marie pour lui demander en tant que Garde des Sceaux de transmettre ma plainte à un Procureur : Je demandais la cessation des captations informatiques. Elle m’a répondu qu’elle ne faisait pas de dénonciations et qu’en plus, il y avait une séparation des pouvoirs en France, malgré l’article 40 du Code de Procédure Pénale qui enjoint au Garde des Sceaux de signaler les délits portés à sa connaissance. Cet article 40 existe encore aujourd’hui. Ce n’est pas au garde des Sceaux qu’il faut s’adresser, mais au Doyen des juges d’instruction.
  • Je réponds à Jean-Marie Bigard que je ne vois pas de qui je me moque et que je me moque de ce que je veux.
  • Je réponds à Françoise Jolly que je me fous de ses bagnoles de luxe. Elle croyait que j’étais vénal … alors que je vivais en dessous du seuil de pauvreté. On comprend que Françoise Jolly est un personnage obscène, comme les autres journalistes de France Télé. Ce qu’on peut conseiller à Françoise Jolly, c’est de me rouler dessus avec sa Bentley. Ca conviendra à ses idées crasseuses. Ce qui la faisait marrer, c’était leur sonorisation de ce que je racontais tout seul pour m’amuser dans les rues de Liverpool …
Bentley
Jolly voulait me faire plaisir en m’offrant une Bentley … Il en faut de l’énergie pour être un enfant !
  • Je réponds à Line Renaud que les schizos ont des psy et que je ne suis point psy. Je trouve que les psychiatres ont un métier affreux. M’occuper des schizos ? De quels schizos Line Renaud voulait-elle parler ? M’occuper des schizos, c’est un messianisme dont je n’ai pas envie.
  • Je réponds à Marie-Georges Buffet que tout le monde ne souffre pas. Boris Cyrulnik nous a dit en 2016 qu’il ne pouvait y avoir de vie sans souffrance … Il y a de façon évidente des citoyens qui souffrent plus que d’autres, peut-être même d’une souffrance imméritée et il y a des citoyens qui souffrent beaucoup moins que les autres. C’est une évidence. Je pense même que certains ont été mis au monde pour souffrir …
  • C’est France Télévisions, Arlette Chabot, qui m’a en partie envoyé en psychiatrie en 2003. Je me suis arrêté pour réfléchir à ça et finalement, CA LES A RENDU MABOULS, chasseurs de mégalomanie. Il est là le problème. France Télévisions avait participé à la sonorisation de mon véhicule en 2005-2007.
  • Ayant dit que le luxe ne m’intéresse pas, les flics se sont autorisés à me reproposer ce métier mal payé, sous-considéré qui est le métier de professeur. Ils rêvent naïvement.

Conclusion :

Nous en venons donc à la conclusion suivante :

Nous voyons que le petit milieu de France Télévisions est branché depuis longtemps maintenant à mon ordinateur personnel, profitant probablement aussi de sonorisations de mon domicile. Ils sont tous enfoncés dans un scandale jusqu’au cou. On a estimé que France Télé a été branchée pendant 13 ans à mon ordinateur personnel (entre 2005 et 2018).

Les Drucker ne m’ont jamais répondu par écrit ou répondu au téléphone et cela très intentionnellement. Et ils se permettent en plus de venir me déranger dans mon domicile ? …

Je souhaite ne plus jamais avoir affaire à ces personnalités de France Télévisions avec lesquelles je n’ai jamais eu de contacts physiques, fort heureusement. C’est une collection de gens horribles.
Quand Sophie Davant reçoit une cuisinière algérienne dans son émission du matin, elle est complètement ahurie, n’est pas intéressée, paraît ailleurs …

Qui est vraiment dangereux dans cette affaire ? Ce sont ces journalistes et animateurs de France Télévisions, qui comme les nazis, aiment à profiter de sonorisations d’appartement … Mais ces animateurs et journalistes ne sont pas des nazis.
J’ai compris que ces gens passaient leur temps dans l’abus, qu’ils n’avaient plus aucun respect pour moi, qu’ils passaient leur temps à tout casser.

Je me suis intéressé pendant plusieurs années au cinéma dans l’espoir de devenir acteur … Personne n’a jamais répondu à mes sollicitations. J’ai cultivé ma cinéphilie, sans avoir aucun moyen de financer des cours d’acteur. En visitant un cours d’acteur que je ne pouvais financer, une jeune flic surexcitée m’a dit chez moi : Tu en as mis du temps !!! Je n’avais pas d’argent pour financer les cours.

J’avais fait un petit sujet de recherche au Centre National de Génotypage d’Evry sur la comparaison quantitative de protéines par spectrométrie de masse MALDI-TOF. Sujet dépassé aujourd’hui, même s’il m’avait permis d’appliquer les connaissances basiques en chimie et en spectrométrie de masse. Je pense que j’ai assez peu de chances de revenir au meilleur niveau en sciences aujourd’hui.

Les policiers se sont montrés très insistants, pressurisants pour que je refasse professeur. Comment vont-ils faire ? Je n’ai obtenu aucun concours de l’enseignement et j’y ai déjà passé trop de temps. Mon expérience déjà ancienne de professeur du secondaire fut très mitigée et même plutôt négative. Les policiers sont d’une naïveté stupéfiante concernant l’enseignement secondaire.

Même solliciter un emploi non qualifié n’a presque rien donné lors de ces dernières années.

Je pense donc que je vais continuer à faire ce que j’ai su faire le mieux toutes ces années : Vivoter en lisant.

En fait, je m’aperçois que j’ai perdu des années avec les phénomènes suivants, hors-du-temps, déclenchés sur l’idée de jouasses de la politique et de la télé :

  1. Captations de données informatiques.
  2. Sonorisation des véhicules et domiciles.
  3. Ecoutes téléphoniques.
  4. Géolocalisation et vidéosurveillance très abusives, systématiques.
  5. Lecture de la pensée.
  6. Harcèlements sonores en tout lieu et surtout dans le domicile.

Jusqu’à 60 mots à la minute. 5 000 mots par jour. Ce n’est pas une persécution ?
Ce n’est pas une persécution. Ce n’est pas une persécution ?
On a affaire à des gens malades indéniablement (maniaques et schizophrènes). Les nazis avaient ce genre d’objectif : Contrôler, redresser la personnalité de leurs citoyens.

Il y une profonde méconception juridique de toute cette affaire : Tout ça est interdit sur un plan légal.

Les flics sont complètement sourds : Ils n’ont pas compris que je ne voulais plus jamais avoir affaire de ma vie aux journalistes et animateurs de France Télévisions. Complètement sourds. La tête dure comme du béton. Il faut qu’ils se foutent de la gueule du monde le plus longtemps possible.

J’ai supprimé la télé de mon domicile.

Printemps 2018. Villeneuve-Saint-Georges.

Marie Drucker intervient encore dans mon domicile. Sson.

Aïd 2018 à Djerba.

Michel Drucker intervient dans mon domicile djerbien pendant l’Aïd lors de ma sieste de début d’après-midi.

Mars 2019. Villeneuve-Saint-Georges.

Nagui est encore invité à jouer les perroquets dans mon domicile aux alentours de 1h30 du matin, alors que j’ai une grosse fatigue … J’entends : Remplacer Nagui … Tibi (20 fois).
A France Télé, on est pertinemment au courant des harcèlements sonores logorrhéïques pratiqués par les flics … Il y a des gens qui ne comprennent pas qu’on n’a plus envie d’entendre parler d’eux …
On va porter plainte contre la personne morale France Télé pour violation du domicile, trouble au droit d’être laissé tranquille.

Les attaques acoustiques. Armes sonores. Caisson sonore. Spatialisation du son. Environnement urbain sonore.

Comment harceler quelqu’un chez lui avec la spatialisation sonore …
Caisson sonore … Sources virtuelles … Sons tournants. Le logiciel SPAT de l’IRCAM.

 

Expérience binaurale.

 

 

Spatialisation du son, meilleure modélisation de ce que je vis depuis 12 ans. Un environnement urbain sonore …

 

 

Spatialisation sonore à l’IRCAM. Des mathématiciens ont théorisé les champs acoustiques.

 

 

 

schizophone

Mes oreilles vont siffler, même quand on me met un poisson d’Avril dans le dos au mois d’août !

 

Schizo

Perte des limites du « moi ». Psychogénie.

 

SonicWarfare
LA GUERRE SONORE, SONS, EMOTIONS ET ECOLOGIE DE LA PEUR. SCHIZO-CAPITALISME.

 

Iconographie sur les effets des sons selon leur intensité et leurs fréquences :

SonicWarfare

 

On retrouvre ce livre sur le site de HEAD – Genève, Haute école d’art et de design financée par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique.
https://www.hesge.ch/head/
http://www.snf.ch/fr/Pages/default.aspx

On peut lire sur le site de Mind Control (http://mindcontrol-research.net/) la chose suivante :

MIND CONTROL
RADICAL EXPERIMENTS IN ART AND PSYCHOLOGY 60-70S
Ce site internet constitue une médiation originale du projet de recherche MIND CONTROL, Radical Experiments in Arts and Psychology développé à la HEAD — Genève entre 2013 et 2016. Il est pensé comme une plateforme structurée par des hypothèses théoriques, des essais de classification typologiques et des contributions externes. Une importante base documentaire permet de prendre la mesure de la pertinence de l’hypothèse de recherche. La plateforme est un bilan, une tentative de synthèse provisoire, mais aussi une étape vers la prolongation d’un format au croisement des disciplines et des institutions, entre pratiques de chercheur et pratiques artistique.

Le projet de recherche MIND CONTROL participe du renouvellement des approches en histoire de l’art contemporain. Son hypothèse interdisciplinaire produit une relecture inédite de l’évolution du champs artistique des années 1960/70, à partir d’une analyse de ses relations épistémiques avec le paradigme du conditionnement mental. Les mutations technologiques et les conditions géopolitiques de l’époque placent la notion de contrôle de l’esprit au centre de la problématique stratégique de l’agencement de la subjectivité et de sa production, dans l’art comme dans les sciences du psychisme de l’époque.

L’évolution des pratiques du film, de la vidéo, de l’installation, de la performance, de l’architecture, du design est connectée au développement des champs des sciences psychologiques, neurologiques et cognitives. MIND CONTROL parcourt le champ culturel des productions artistiques dans le contexte de Guerre Froide et de sa paranoïa en questionnant les dispositifs tels que les espaces de conditionnement, les capsules, les casques, les espaces de privation ou d’hyperstimulation sensorielle en les rapprochant du champs des techniques de contrôle mental. Ce champs comprend notamment le lavage du cerveau (brainwashing), l’usage des drogues dans les méthodes d’interrogatoire, le renouveau des techniques de suggestion de l’hypnose, l’impact des théories de la communication sur les modèles de coercition psychologique, dans le giron du béhaviorisme et de l’émergence des modélisations computationnelles de la psyché.

MIND CONTROL est un projet de recherche de la HEAD — Genève.

 

Juliette Volcler

Coordinatrice éditoriale de Syntone, chercheuse indépendante et autrice de deux essais : Le son comme arme, les usages policiers et militaires du son (La Découverte, 2011) et Contrôle. Comment s’inventa l’art de la manipulation sonore (La Découverte / La Rue musicale, 2017). Auparavant productrice de l’émission l’Intempestivesur Fréquence Paris Plurielle et Radio Galère.

 

Volcler2
ISABELLE VOLCLER, 2011.

 

SoundsAsWeapon
ISABELLE VOLCLER, 2013. C’est du vécu !!! Traduction anglaise de l’ouvrage précédent.

 

Volcler1
ISABELLE VOLCLER, 2017.

 

RepressionSerge
UN LIVRE DEPASSE …

Article France Info.

« Attaques acoustiques » à Cuba : 16 employés de l’ambassade américaine ont été touchés

Les Etats-Unis ont déjà annoncé enquêter sur ces « attaques acoustiques », qui ont eu lieu fin 2016 et début 2017. L’affaire n’a été dévoilée qu’au mois d’août et la diplomatie américaine fournit peu d’élements sur cet incident.

L\'ambassade américaine à Cuba, le 17 décembre 2015 à La Havane.
L’ambassade américaine à Cuba, le 17 décembre 2015 à La Havane. (YAMIL LAGE / AFP)

Au moins seize employés de l’ambassade des Etats-Unis à Cuba ont été touchés par de mystérieuses « attaques acoustiques », annonce le département d’Etat américain, jeudi 24 août. Ces Américains, « membres de la communauté de notre ambassade », ont tous ressenti « certains symptômes » et « ont reçu des soins médicaux aux Etats-Unis ainsi qu’à Cuba », a déclaré à Washington sa porte-parole, Heather Nauert.

Washington fournit peu d’éléments sur l’incident

Fin 2016 et début 2017, des Americains travaillant à l’ambassade des Etats-Unis à La Havane ont alors commencé à se plaindre « de divers symptômes physiques ». Washington avait fini par rapatrier des Américains pour des raisons médicales. Jeudi, le Canada a précisé qu’un de ses diplomates avait subi une perte d’audition, tout comme plusieurs collègues américains.

Selon CNN, qui a cité de hauts responsables américains sous couvert d’anonymat, Washington est sur la piste d’une possible « attaque acoustique »menée avec des appareils soniques sophistiqués déployés à l’intérieur ou à l’extérieur de la résidence de diplomates américains.

Deux diplomates cubains expulsés en mai

L’affaire n’a été dévoilée qu’au mois d’août et la diplomatie américaine a fourni peu d’élements sur cet incident. Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a appelé les autorités cubaines à faire « la lumière » sur leurs auteurs et une enquête a été ouverte, sans que Washington ne puisse « accuser à ce stade un pays ou qui que ce soit », précise le Département d’Etat.

Malgré ces déclarations, les Etats-Unis avaient décidé d’expulser deux diplomates cubains en poste à Washington, le 23 mai, en estimant que « Cuba est responsable pour la sécurité de nos diplomates sur place ». Cuba a de fait protesté contre l’expulsion de ses diplomates. Mais le ton ne semble pas être monté outre mesure entre les deux pays. La Havane a parallèlement lancé une enquête « exhaustive, prioritaire et urgente » pour faire la lumière sur ces événements.

 

 

Article Libération. Les « psyops » ou « opérations psychologiques » …

LE BRUIT ET LA TERREUR MILITAIRE

Par Marie Lechner— 

A Gaza ou Guantánamo, le son est utilisé comme un instrument de répression.

  •  Le son, cet instrument de répression

«Les oreilles n’ont pas de paupière», comme l’écrit Pascal Quignard dans la Haine de la Musique«L’auditeur est une proie qui s’abandonne.»En 2009, dans le passionnant ouvrage Sonic Warfare : Sound, Affect, and the Ecology of Fear (MIT Press), Steve Goodman analysait l’influence de la force vibratoire du son sur les émotions. Egalement DJ et producteur phare de la scène dubstep londonienne sous le nom Kode9, genre musical qui s’appuie sur l’énergie physique des basses fréquences, Goodman s’intéresse à la manière dont le son peut être utilisé comme arme, pour créer de l’inconfort, exprimer une menace, susciter une ambiance de terreur. Les militaires se sont montrés de tout temps fort ingénieux en la matière, développant des «sound systems» qui vont impacter les corps avec leurs bad vibes.

Des opérations «psyops» de l’armée américaine (haut-parleurs puissants diffusant de la musique) durant le siège de Waco ou pour harceler Noriega au Panama, aux canons à sons pour disperser les foules ou encore aux boîtiers antijeunes Mosquito (très hautes fréquences à la limite de l’audible) pour chasser les squatteurs, l’usage du son comme arme est aussi vieux que les trompettes de Jéricho. Juliette Volcler, auteure du Son comme arme (La Découverte), rare ouvrage francophone sur la question, présentait à la Gaîté une synthèse des usages policiers et militaires du son. Ainsi que des fantasmes, nombreux, qui l’accompagnent, comme le développement par l’armée américaine d’armes à base d’infrasons capables de faire exploser les boyaux de l’intérieur.

Les recherches se réorientent après la Seconde Guerre mondiale vers les sons «audibles et signifiants», renflouant l’arsenal des armes acoustiques dites «non létales», qui neutralisent sans tuer, plus adaptées aux «guerres sans mort». Parmi elles, le Long Range Acoustic Device, canon émettant un son d’une violence insoutenable (pour déloger des snipers irakiens à coups de hard rock à Falloujah), les grenades assourdissantes ou la «Torture Music» utilisée à Guantánamo. Bien que non léthales, ces saturations sonores ne sont pas sans répercussions physiologiques et psychologiques, comme le rapporte Goodman à propos des avions israéliens qui survolèrent le ciel de Gaza en franchissant le mur du son à basse altitude. Les victimes se plaignirent de douleurs à l’oreille, de crises d’angoisse, d’insomnie, d’hypertension, de difficultés respiratoires, de spasmes musculaires…

Marie Lechner

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