Le régime le plus raciste qui ait existé dans l’Histoire de l’humanité, le nazisme, a débuté ses meurtres de masse en exterminant les malades mentaux, jugés poids-mort pour l’Allemagne (Eugénisme), sur des critères parfois expéditifs. Incitation au suicide, stigmatisation à ougrance qui n’est qu’un autre racisme, maltraitances, traitements inhumains & dégradants, les flics français(es) sont les héritiers de ce passé, jugeant de ma pathologie supposée. Ou quand les Droits de l’Homme entrent en sommeil … La mentalité de petits nazis des flics français a largement été démontrée.

Aktion T4

https://harcelementssursami.com/2016/04/11/fiche-de-lecture-sur-le-programme-aktion-t4-extermination-des-malades-mentaux-par-les-nazis

SeptièmeCroix.jpg

https://harcelementssursami.com/2018/07/17/le-neonazisme-dans-la-police-francaise

FascismeUnEncombrantRetour

https://harcelementssursami.com/2019/03/02/le-fascisme-un-encombrant-retour

https://harcelementssursami.com/2019/03/18/ma-bibliotheque-sur-le-nazisme

https://harcelementssursami.com/2017/04/04/auriez-vous-crie-heil-hitler-de-francois-roux-p-748-749

https://harcelementssursami.com/2019/03/18/ideologie-de-la-contrainte

FigureMusulman

https://harcelementssursami.com/2019/01/22/ceux-quon-prenait-pour-des-musulmans-2

CoeurConscient

https://harcelementssursami.com/2019/01/12/sommaire-du-livre-le-coeur-conscient-de-bruno-bettelheim-1960-2

https://harcelementssursami.com/2018/09/06/lete-chaotique-de-2013-chasse-a-lhomme-chronique-dun-massacre

https://harcelementssursami.com/2019/03/31/la-machine-administrative-selon-michel-foucault-cours-du-college-de-france-sur-les-anormaux

https://harcelementssursami.com/2019/02/17/la-lecture-de-la-pensee-totalitarisme-du-21eme-siecle

https://harcelementssursami.com/2019/03/17/un-mode-de-communication-inapproprie-les-flics-sont-des-maniaques-nous-manquant-gravement-de-respect-perdus-dans-la-negation-de-lalterite-atteinte-au-principe-de-liberte-on-na-pas-demande-a-l

https://harcelementssursami.com/2019/02/15/au-centre-du-harcelement-la-manie-delirante

 

Ma bibliothèque Psy.

Autour de la santé.

AlexandreJollienEloge de la faiblesse de Frédéric Jolien, philosophe. 96 pages. Livre d’une grande ouverture d’esprit.

 

 

 

* Patients de Grand Corps Malade. Les stratégies des patients paralysés pour faire face au handicap, temporaire ou permanent. Très bon livre …

PatientsGrandCorpsMalade

Je suis à l’est de Josef Schovanec. Livre très intelligent, brillant, humain de l’auteur, qui est autiste asperger. Josef Schovanec a été diagnostiqué à tort schizophrène, alors qu’il étaiJosef Shovanec, INTERVIEW A PARIS .credit photo : BRUNO LEVYt autiste et en a beaucoup souffert, mais n’en veut pas à ses psy. Josef Schovanec se demande s’il est normal que certaines personnes ne parlent pas pendant de longues périodes (de longs jours). Wof, quand j’étais professeur, je m’époumonais à parler pendant 20 heures par semaine. J’avais le ministère de la parole. Une partie de mon caractère s’est forgé par la sympathie pour Lutte Ouvrière, mes études scientifiques et l’enseignement. Professeur et acteur sont des métiers très différents, n’est-ce pas ? … Ils ont la parole en commun. On m’avait déjà dit que professeur du secondaire et chercheur, c’était très différent … aucun point commun. On vit sur des planètes différentes.

levrescousues

Pourquoi parler ? Je m’en fous d’enseigner !

* Sur Rousseau :

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-la-paranoia-34-rousseau-juge-de-jean-jacques-2013-0

* Allodocteur de Cymes et Carrère d’Encausse sur la prévention du suicide en date du 14 décembre 2015.

L’érotomanie de Clérambault. 259 pages (Editions Les empêcheurs de tourner en rond, 1993, parution en 1921). Livre passionnant. Clérambaut était LE spécialiste des délires passionnels (et de l’automatisme mental). Psychiatre de la préfecture de la Seine, début du 20ème siècle, rédigeant les certificats de délinquants dangereux. Devenu aveugle, il se suicide par coup de feu.

Les psychiatres peuvent poser problème : p 106 : « Vie oisive consacrée, de son propre aveu, toute entière à son idée fixe. Incapacité de travailler, due à cette même idée.«

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Que sais-je ? Les troubles de l’humeur. par Marc-Louis Bourgeois (année de parution : 2006, 128 pages). Très bon livre, remarquable de concision (grande densité de connaissances).

* ♥ ♥ Que sais-je ? Les troubles bipolaires. par Marc Masson (année de parution : 2016, 128 pages). Livre moins bon que celui de Marc-Louis Bourgeois.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les troubles bipolaires, ouvrage collectif aux éditions Lavoisier (année de parution : 2014, 620 pages). Passage intéressant sur le continuum schizophrénie-bipolarité ou sur la psychanalyse des maniaques.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Oncle Tungstène. Autobiographie de Oliver Sacks, étudiant chimiste (2003).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ En mouvement. Une vie. Autobiographie lue 2 fois (la 2ème fois en prenant des notes) de Oliver Sacks, neurologue (2007), qui raconte qu’il avait un frère schizophrène, souvent en grave retrait, grand fumeur, maintenant un lien imaginaire avec le monde marxiste anglais, qui fume jusqu’à son dernier souffle, malgré une artérite des jambes menant à l’amputation. Sacks est l’un des rares médecins que je connaisse qui ait essayé les états de conscience modifiés en prenant un toxique. Il faut essayer les maladies pour mieux les comprendre … Sacks était d’une érudition extraordinaire, mais aussi un grand hédoniste.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ L’odeur du si bémol, l’univers des hallucinations. par Oliver Sacks, professeur de neurologie et de psychiatrie (2012). Ouvrage de référence sur les hallucinations. (373 pages, seuil points).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Musicophilia. La musique, le cerveau et nous. par Oliver Sacks, professeur de neurologie et de psychiatrie (2007). Bel ouvrage sur la musicothérapie. (503 pages, seuil points).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Migraine par Oliver Sacks (1996, 444 pages). Très bon ouvrage.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ L’éveil (cinquante ans de sommeil) par Oliver Sacks (1987, 515 pages). Livre adapté au cinéma par Penny Marshall avec De Niro, dans le rôle d’un encéphalitique et Robin Williams, dans le rôle du Dr Sacks. Histoire de l’épidémie de « maladie du sommeil » (encéphalite léthargique) présentant les symptômes parkinsoniens les plus graves. Oliver Sacks les réveille avec la L-Dopa, apparue en 1967. Les malades se remettent à vivre après un long sommeil, mais sont en proie à des hallucinations, des délires paranoïaques, érotomaniaques … Livre sur l’horreur de la condition de ces malades.

* ♥ ♥ Les Voix, témoignage d’une authentique hallucinée : Aimée F. commentée par la psychiatre Nicole Anquetil. L’hallucinée en question décrit des hallucinations extrêmement intenses, faites d’insultes, de vexations la plupart du temps (année de parution : 2014, 304 pages). Nicole Anquetil nous dit qu’un psychiatre français a analysé les authentiques hallucinations de Socrate …

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Biographie de John Nash, Prix Nobel d’économie 1994, schizophrène par Sylvia Nasar : Un homme d’exception. (année de parution : 2001, 537 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La vulnérabilité de Roland Jouvent (année de parution : 2001, 168 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ Mécanismes de défense et coping de Henri Chabrol et Stacey Callahan (année de parution : 2004, 178 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Trois essais sur la théorie sexuelle de Sigmund Freud (1905). Propos intéressants sur l’homosexualité.

* ♥ ♥ ♥ ♥ Cinq leçons sur la psychanalyse de Sigmund Freud (1909).

* ♥ ♥ ♥ ♥ Introduction à la psychanalyse de Sigmund Freud (1922).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La vie sexuelle de Freud.

* ♥ ♥ ♥ ♥ Malaise dans la culture de Freud.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Névrose, psychose et perversion de Freud.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, thèse de médecine de Jacques Lacan (1932, le livre de poche).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Sous le signe du lien de Boris Cyrulnik (1989).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les nourritures affectives de Boris Cyrulnik (1990).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Neurobiologie de la personnalité de Joseph Ledoux (2002).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Le livre noir de la psychanalyse sous la direction de Catherine Meyer (2006).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La mémoire et la folie. La découverte des prions. Un nouveau paradigme biologique par Stanley B. Prusiner, Prix Nobel 1997. Magnifique travail … Prusiner est un américain dont les ancêtres juifs avaient pris pour patronyme le nom de la contrée où ils habitaient, ce qui arrive assez souvent chez les juifs d’Europe centrale.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La fatigue d’être soi, dépression et société par Alain Ehrenberg, sociologue du CNRS cherchant sur le thème Psychotropes, Politique, Société (année de parution : 1998, 318 pages). Ouvrage intéressant avec une vision globale, historique du concept de dépression. Livre d’une richesse incroyable de ce sociologue hyper-érudit  … Il y aurait des sur-diagnostics de schizophrénie et des sous-diagnostics de dépression. (…) On a le droit de choisir sa pathologie disait Henri Ey. Très peu de dépressifs se rétablissent définitivement d’une dépression.  La dépression est dépressogène. Ehreberg avait déjà écrit : Le culte de la performance en 1991 et L’individu incertain en 1995. Il avait fait sa thèse en 1978 sur un thème qui préoccupe les flics qui me harcèlent : Archanges, guerriers, militaires et sportifs. Essai sur l’éducation de l’homme fortThèse ayant insipirée un livre : Archanges, guerriers, sportifs et petits pervers en 1980. Ehrenberg est aujourd’hui président du Centre national de la santé mentale.

Webradio sur ou avec Ehrenberg :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhumain/lindividu-souffrant-et-lindividu-conquerant-narcissisme-et-ideal

Rythme de la vie moderne pèsant sur nos vies, nouveau malaise dans la civilisation, pathologisation de la vie sociale, dépressions, traumatismes, addictions, troubles des comportements, consommations massives de psychotropes et de thérapies. Dépression nouveau mal du siècle, réponse normale des individus à une société qui leur imposerait des performances indues et briserait le lien social, « pathologies de l’adaptation », avec les « souffrances au travail ». Alain Ehrenberg dépasse cette plainte, en tout cas la déplace. Il passe d’une sociologie individualiste, obsédée par la déliaison sociale, et le culte du moi, à une sociologie de l’individualisme, qui l’intègre dans une perspective plus large. Il entend mobiliser la société afin de mieux défendre les individus et les aider à prendre confiance en eux-mêmes. Quelle est donc cette société qui pourrait empêcher les hommes modernes de souffrir ? Comment rendre à chacun son pouvoir d’agir ? Ce seront, avec le sociologue Alain Ehrenberg, quelques-unes des questions du jour….

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Mon cerveau, ce héros, mythes et réalité par Elena Pasquinelli, philosophe s’intéressant aux sciences cognitives et aux neurosciences. (année de parution : 2015, 240 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Votre cerveau n’a pas fini de vous étonnertrès beau livre, synthèse des découvertes les plus récentes en neurosciences, par le collectif de scientifiques : Boris Cyrulnik, Pierre Bustany, Jean-Michel Oughourlian, Christophe André, Thierry Janssen, Patrice Van Eerrsel (année de parution : 2012, 228 pages, le Livre de Poche).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les sortilèges du cerveau (l’histoire inédite de ce qui se passe dans nos têtes) par Patrick Berche, ancien doyen de la faculté de médecine René Descartes (année de parution : 2005). Remarquable survol des pathologies du cerveau (maladies neurologiques, psypatrick, aphasies …).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥  Drogues et cerveaux, par Jean-Pierre Lentin et Stéphane Horel (année de parution : 2005).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Souffrance en France, la banalisation de l’injustice sociale par Christophe Dejours (année de parution : 1998, 219 pages), psychiatre, professeur au CNAM. Le concept de la banalité du mal de Hannah Arendt y est appliquée à la souffrance au travail.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien par Marie-France Hirigoyen, psychiatre, psychanalyste, à l’origine d’une loi sur le harcèlement (année de parution : 1998, 192 pages).

* ♥ ♥ La victimologie par Gérard Lopez.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les perversions narcissiques par Paul-Claude Racamier (année de parution : 1992, 124 pages).  Paul-Claude Racamier fut le créateur du concept de perversions narcissiques, relations anormales dans le couple surtout. Selon Cyrulnik, un pervers est dans l’arrêt de l’empathie.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Les pervers narcissiques par Jean-Charles Bouchoux (année de parution : 2011).

Le pervers narcissique et son complice par Alberto Eiguer (année de parution : 2012, 240 pages).

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ La stigmatisation en psychiatrie et en santé mentale sous la direction de Jean-Yves Giordanna (année de parution : 2010, 264 pages).

L’inconscient expliqué à mon petit-fils par Elisabeth Roudinesco (année de parution : 2015).

Comment faire rire un paranoïaque ? par François Roustang (année de parution : 2000, 220 pages). Livre qui n’a semble-t-il rien de comique …

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Survivre par Bruno Bettelheim (année de parution : 1976, 524 pages), psychanalyste juif américain ayant été déporté dans les camps de concentration.

* ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ Le cœur conscient par Bruno Bettelheim (année de parution : 1960, 383 pages).

Les folies raisonnantes de Sérieux et Capgras (psychiatres français du début de siècle) pour les délires d’interprétation et l’érotomanie. J’ai bien lu cet ouvrage pour comparer avec ce que j’ai vécu. Bouquin amusant, comique, avec plein de recettes pour rigoler, faire des blagues. Il était gratiné le malade Jean-Jacques Rousseau … Ca pourrait être le sujet d’un film et je crois qu’il a existé des tentatives de filmer des fictions sur Rousseau. Rousseau était en contact avec « ils », « elles », « eux ». Les poulets ont reproduit ce schéma. C’est sympa de laisser ça en accès libre sur Internet ! Les barbouzes ont du trouver de nombreuses recettes dans ce grimoire. Ce sont des spécialistes. 391 pages.

Exemple très instructif de la folie, le meilleur passage  sur les délires chroniques :

 » Très caractéristiques sont les expressions dont se servent les interprétateurs persécutés : Ils parlent des menaces, des machinations, des manœuvres de leurs ennemis. Rien ne leur est épargné :  » farces, provocations, excitations, allusions, insinuations, mauvaises plaisanteries pénibles ou ridicules, petites comédies, fumisteries, chantages, agaceries, petites misères, niaiseries, mystifications, bateaux » tels sont les mots qui reviennent le plus souvent dans leurs plaintes. « On m’ennuie, disent-ils, on m’embête, on me fait marcher, on m’asticote, on me talonne du matin au soir, on me lance des pointes, on me fait tourner en bourrique, on veut m’exciter, m’ahurir, m’abrutir, m’affoler, m’horripiler ; on me monte des scies, on m’esbroufe … Le mot d’ordre est donné, tout cela est commandé, c’est de la haute comédie, il y a une consigne admirablement exécutée  » …

Voilà donc le champ lexical de la folie qu’il faut éviter … Pas évident avec ce qu’ils m’ont fait. C’est un sujet curieux que celui des fous raisonnants : N’est-ce pas un cas très rare de folie ? Ca paraît tellement énorme, bizarre. Il faut être sacrément parano pour se sentir attaqué tout le temps dans la rue par des badauds ou ailleurs.

Démocrite rigolait de tout ce qui a trait à la folie, mais c’est très mal vu de faire ça.

 

Documentation personnelle (Publications scientifiques et articles du Web).

C:\Documentation_Psychiatrie\

AgirPassageActee

Alexithymia

AP_DosesElevees

AvenirPsychopathesLeveTot

BipolaireBorderlineAffectiviteImpulsivite

BipolairesMedicoLegal

Cannabis20emeSiecle

Cannabis20emeSiecle

Chapitre 5 – Interventions pour les symptômes psychotiques

CliniquePsychotraumatismeErreurDiagnostic

ComportementsAgressifs

ConduitesPsychopathiquesTroubleConduitesGOO

EtatsLimitesPerversPsychopathiques

FolieOuEsTuResponsabilisationPsychotique

Hikikomori

HyperactiviteSchizophrenie

InformationPersoBorderlin

InformationPersoBorderline

LangageAngoisse

MotsCles

MythomanieHistoirePsychiatri

ObsessionsCompulsionsSexuelles

PersonnaliteAntisocialePsychopathique

PersonnaliteNevrotiqueNarcissicoHedoniste

Psychiatrie adultes – Hôtel-Dieu _ Hôpitaux Cochin, Broca, Hôtel-Dieu

PsychiatrieInstrumentRepressionURSS_CombatPsychiatresEnFrance_CAIRN

PsychopathieTroublesPersonnaliteBorderlin

PsychopathologieTroublesExpressionComportementale

PsychopathoTroublesExpressionComport

PsychoseBupropion

PuerilismePsychos

ResponsabilisationPsychotiques

ScienceDirect_citations_1550758856330

TestSzondiPsychopathie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Addiction aux Jeux Video\

Les quatre moyens utilisés par les fabricants de jeux vidéo pour rendre nos enfants dépendants – Serge Tisseron

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Addictions\

Addictions et médecine

Addictions sans substances et comorbidites

Comportement addictif chez les patients souffrant de céphalée par abus médicamenteux

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Aktion T4\

Aktion T4 — Wikipédia

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Amok\

Amok • Les idées, Folie, Meurtre, Indonésie, Kriss • Philosophie magazine

 

C:\Documentation_Psychiatrie\AntiDépresseurs\

Interactions médicamenteuses avec les Anti-Dépresseurs

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Antipsychiatrie\

De l’antipsychiatre à la post-psychiatrie

Révolution psychiatrique italienne

 

C:\Documentation_Psychiatrie\AntiPsychotiques\

Améliorer le suivi de la prescription des antipsychotiques à l’adolescence

Antipsychotics and quality of life among stable schizophrenia patients

Atypical neuroleptics their contribution to the rehabilitation schizophrenic patients

Clinical-immunological predictors of prognosis of the efficiency of AP therapy with amisulpride in schizophrenia

Diagnostic étiologique dune hyperprolactinémie

Les interactions médicamenteuses conduisant à des torsades de pointe

Pour un essai de mesure des polythérapies neuroleptiques

Prolactinemie et m6dicaments psychotropes actuels

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Apragmatisme\

Apragmatisme_Slides

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Articles Généraux\

Éditorial

Epidémiologie des troubles psychiatriques

La douleur chronique en psychiatrie comorbidité et hypothèses

Le retour aux sources. Points de vue sur l’histoire sociale de la psychiatrie et de la maladie mentale

Les psychiatres historiens

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Autodestruction\

Libération_L’éthique minimale de Ruwen demeure vivante_Ruwen Ogien

Vivre, c’est avoir réussi pendant un temps à ne pas déclencer son autodestruction_Ameisen_France Culture (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Automatisme Mental\

Automatisme mental – Jean-Yves Flament psychologue clinicien

Automatisme mental

automatismemental

Automatismemental

Conference_EPHEP_22_January_2015_part3_Melman_AutomatismeMental

La notion d’automatisme mental, sa pertinence et sa velur doctrinale, Rémi Tevissen

Signification sémiologique de l’automatisme mental de Clérambault

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Automatisme Mental 2019\

France Culture_Automatisme Mental_Mai2012

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Bernard Lachaux, directeur de l’UMD de Paul Guiraud (Villejuif)\

6-colloque-psychiatrie-et-justice-2016_bernard-lachaux-part2

Contacts médicaux _ Groupe hospitalier Paul Guiraud (GHPG)

Courrier au Docteur Lachaux

Crédibilité et expertise psychiatrique_Bernard Lachaux_CAIRN

Etat critique à l’hôpital psychiatrique Paul-Guiraud – Infos – Vivre FM

Lachaux

Primum non nocere (En premier, ne pas nuire) — Wikipédia

Programme 2016_Colloque Psychiatrie & Justice_Troubles psychiques & jugement pénal_une double peine_du traitement pénal des malades psychiatriques délinquants

 

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C:\Documentation_Psychiatrie\Bioéthique\

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C:\Documentation_Psychiatrie\Bipolarité\

5 idées reçues sur la bipolarité _ Psychologies

Apport des thérapies comportementales cognitives dans les troubles bipolaires

Atteinte aux Moeurs

 »Bonheur et bipolarité peuvent fonctionner ensemble »

Cerveau&Psycho – Nous sommes tous des bipolaires

Impact de la psychoéducation sur la qualité de vie des patients bipolaires type I

Les troubles bipolaires _ 1.300.000 Français touchés – Sciencesetavenir

Santé physique et troubles bipolaires

Stratégies thérapeutiques des troubles de l’humeur

Thymorégulateurs, une famille en mouvement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Bipolarite Podcast 2019\

Michel Bourin – Trouble bipolaire un effet de mode ou une vraie maladieSept2017

Michel Bourin – Trouble bipolaire un effet de mode ou une vraie maladieSept2017

Neurosciences Traitements Recherche

Rene Frydman & Chantal Henry Bipolarité Janvier 2014

Suspicieux ou parano, taciturne ou bipolaire

Temoignage Bipolaire 4 minutes

Trouble bipolaire _ vraie maladie ou trouble cognitif surévalué

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Black Dogs de Chaplin & Churchill\

Le black dog de Churchill et de Charlot

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Boris Cyrulnik\

1984_Georges_Perec

Boris Cyrulnik — Wikipédia

Boris Cyrulnik _ _Les terroristes de Daech sont des soumis, pas des fous_ _ France info

Boris Cyrulnik _ « Le travail peut être beau et rendre heureux »

Boris Cyrulnik_Langage Totalitaire_12h30_17062016

Cyrulnik Assistanat

DSM, disease mongering et conflits d’intérêts en psychiatrie. Boris Cyrulnik sur les  fausses maladies    Pharmacritique

D’une expérience sur les effets du jet de tomates sur les cantatrices

Eloge de la peur avec Boris Cyrulnik – L’après, l’ici et maintenant

Hélène Romano et Boris Cyrulnik _ «Les cellules psy sont devenues un gadget politique» – Libération

Les racines du mal de Maurice G. Dantec

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Nathan Cyrulnik

 

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20minutesblogs

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Bruno Bettelheim\

Bruno Bettelheim — Wikipédia

Le coeur conscient, Bruno Bettelheim – Blog de philosophie de Laurence Bouchet et d’élèves du lycée Xavier Marmier de Pontarlier

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Cannabis\

Le cannabis finit par affecter la mémoire _ Actualité _ LeFigaro

Le cannabis, facilitateur de bouffées délirantes aiguës   Dr. B

 

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137000 victimes de torture en France

Clinique du trauma – comment soigner l’innommable _ Centre Primo Levi

Courrier Sironi 24122019

CPL-La pudeur en question

CPL-Quand la violence isole

Effraction de la Pudeur

Effraction de la pudeur… _ Centre Primo Levi

Françoise Sironi — Wikipédia

La pudeur en question _ Centre Primo Levi

Lettre à Françoise Sironi_ – Harcèlement ÉlectroMagnétique et Collectif

Quand la violence isole _ Centre Primo Levi

Université Paris 8

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Cinéma & Psychiatrie\

Family Life_Ken Loach

Films – http://www.infopsypourtous.fr

Fous à délier (Marco Bellocchio, Silvano Agosti, Sandro Petraglia, Stefano Rulli, 1975) – La Cinémathèque française

Je recherche FOUS A DELIER (Matti da slegare)

La folie lucide et la société déraisonnée_Marco Bellochio

Rainer Werner Fassbinder (1945–1982)_une caméra clinique et psychanalytique

Représentation cinématographique de l’érotomanie

Représentations des troubles psychiques sévères au cinéma

Rétrospective Marco Bellocchio – La Cinémathèque française

 

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C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\Chapitre 2\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\PHC_Automatisme\

Oeuvres de Clérambault (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ClerambaultNumerisation\SurUnInternementConteste\

SurUnInternementConteste (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Complotisme\

Complotisme, un anathème commode (Le Monde diplomatique, juin 2015)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Crise des Opioïdes\

Opioid Epidemic –

Opioid Overdoses and Naloxone_ What Everyone Needs to Know _ Psychiatric Times

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Cyrulnik & Carré _janvier 2019\

Anna M. — Wikipédia

Paradoxe_sur_le_comédien Diderot

Transcription Entretien Cyrulnik & Carre 09012019

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Colère normale et colère pathologique\

Colère normale et pathologique _ la gestion de la colère – Psychothérapeute TCC, Sexologue TCC et Superviseur TCC (Paris)

Comment désentraver les agités – Peur et contrainte en psychiatrie

La colère chez les auteurs de violence une dimension fondamentale en psychiatrie légale

La violence en tant que mode de pensée. Violence pathologique, réflexions, prévention et prises en charge

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\

Comment mieux répondre aux problèmes cliniques et médicolégaux actuels pour préserver une psychiatrie ouverte de dynamique

Création de l’Institut psycho-judiciaire_développer et transmettre des connaissances sur la dangerosité

Dangerosité criminologique, psychopathologie et co-morbidité psychiatrique

Dangerosité psychiatrique et prédictivité_CAIRN

Dangerosité, délinquance et passage à l’acte _ psychopathologie et prédictivité

EPHEP-Alain Bellet_La place de la psychanalyse dans l’histoire de la psychopathologie_28012019

EPHEP-Pedro Valente_Psychopathologie droit et dontologie de la prise en charge_28012019

États dangereux et troubles mentaux _ quelle clinique_Revue_2

Expertise psychiatrique (L’)_ Face à la dangerosité et à la récidive des criminels_Jean-Claude Archambault_Notice de librairie

Individus Dangereux_France Culture_Avril2018

Inidividu dangereux et situations dangereuses_les représentations sociales de la dangerosité chez les citoyens, les magistrats et les surveillances de prison

Intérêts et limites de l’approche biologique pour l’étude des comportements agressifs

La capacité pénale

La prise en charge des états dangereux _ approche juridique et médicolégale_Revue_6

L’acte et son énigme. Entre l’indicible et l’innommable

Le concept de dangerosité dans le cadre de la privation de liberté à des fins d’assistance

Les malades mentaux sont-ils dangereux_ du 04 février 2010 – France Inter

Les violences sexuelles à l’adolescence

L’évaluation du risque de comportements violents_le point sur la question

Livre_ Isolement, contention et contrainte en psychiatrie, Jérôme Palazzolo, Bernard Lachaux, Jean Paul Chabannes, Medias flash, 9782951199217 – Leslibraires

Prise en charge des états dangereux des pathologies mentales graves _ stratégies thérapeutiques_Revue_5

Psychopathy in instrumental and reactive violent offenders

Quelle conduite tenir face à la violence émergente

Risque de violence et troubles mentaux graves

Se soucier de l’autre, le contraindre et le contenir

Trouble mental et criminalité_revue critique des recherches épidémiologiques

Une approche psychanalytique de la notion dangerosité. Violence et subjectivation_Le risque de la rencontre

Violences psychologiques

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\Haute Autorité de Santé\

HAS Dangerosité psychiatrique – Recommandations V9 – Relues

HAS_Dangerosite_Maniaques

HAS_Etude du sentiment de familiarité chez les patients atteints de schizophrénie, impact sur le risque de comportements violents

HAS_Evaluation de la dangerosité psychiatrique – Rapport d’orientation

HAS_Evaluation de la dangerosité psychiatrique – textes des experts

HAS_Evaluation de la dangerosité psychiatrique- Synthèse bibliographique

HAS_Méthode de l’audition publique

HAS_Représentations de la maladie mentale et recours à la contrainte

HAS_synthese

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\Hôpital Razi (Tunis)\

Pr Fakhreddine Haffani

Pr Fakhreddine Haffani_ PLACE DE L’INCARCERATION DANS LA PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DES PARANOÏAQUES

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Dangerosité\Schizophrénie & dangerosité\

Délires paranoïaques, dangerosités et homicides

Dissociation et passage à l’acte violent

Homicide et psychose_particularités criminologiques des schizophrènes, des paranoïaques et des mélancoliques_A propos de 27 expertises

Insight et comportements violents chez les patients souffrant d’une schizophrénie

Les « pousseurs de métro »

Les facteurs liés aux actse d’homicide chez les patients tunisiens atteints de schizophrénie

Schizophrénie et violence _ Comorbidités et typologies

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Psychiatrie sécuritaire\

Les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA)

Pour une sémiologie clinique de la violence le retour des « quartiers des agités »

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Quérulence & Processivité_Passages à l’acte justiciers\

Dangerosité délinquance et passage à l’acte psychopathologie et prédictivité

Délire paranoïaque de revendication et passages à l’acte justiciers

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dangerosité_Délinquance_Passage à l’Acte_Psychopathologie_Predictivité\Radicalisation & Terrorisme\

À la recherche d’une âme _ psychopathologie de la radicalisation et du terrorisme

 

C:\Documentation_Psychiatrie\De Clérambault\

Clerambault Loin de l’Oubli

Erotomanie

Heritage Psychiatrique de Clerambault

Othello un délire de jalousie

Représentation cinématographique de l’érotomanie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Décès par Abus de Psychiatrie\

Mort sous traitement arte

Mort sous traitement zinzinzine.net

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Délire de jalousie\

La dynamique jalouse_déséquilibre entre le désir et l’avoir_Psychiatrie & Violence

Quand la jalousie devient maladive

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dépression\

Comment se comporter avec un proche dépressif

Dépression _ les 4 périodes à risque – Sciencesetavenir

Dépression _ les sensations physiques de la maladie à travers des illustrations

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dépression Ehrenberg 2019\

Ehrenberg_La fatigue de Soi_CAIRN

Fiche de lecture _ Alain Ehrenberg _ La fatigue d’être soi _ dépression et société

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dépression_Origine inflammatoire_Intestins\

Dépression _ une inflammation cérébrale qui pourrait venir de l’intestin – Sciencesetavenir

 

C:\Documentation_Psychiatrie\DicoPsy_Lexique_Sigles\

Définitions _ stupeur – Dictionnaire de français Larousse

Définitions _ torpeur – Dictionnaire de français Larousse

Dictionnaire critique des termes de psychiatrie et de santé mentale – Simon-Daniel Kipman – Google Livres

La sémiologie psychiatrique éclairée par les neurosciences

Un dictionnaire. À propos de… « Dictionnaire de psychologie et de psychopathologie des religions » de Stéphane Gumpper et Franklin Rausky

 

C:\Documentation_Psychiatrie\DicoPsy_Lexique_Sigles\Dictionnaire critique des termes de psychiatrie et de santé mentale – Simon-Daniel Kipman – Google Livres_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Djihadisme\

Djihad _ comment bascule-t-on dans l’extrémisme _ _ France info

Le miroir de la haine_Prise en charge pénitentiaire de la radicalisation

Terroristes islamistes _ _C’est la même mécanique que pour les nazis_ – SudOuest

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Dostoievski\

Crime et chatiment de Dostoievski une lecture comportementale du double homicide de Raskolnikow

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Drogues\

Acide gamma-hydroxy-butyrique (GHB) plus qu’un agent de soumission chimique, une véritable source d’addiction

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Electrosensibilité_WIFI\

Dossier_WIFI

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Emotions\

Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions

ENS

 

C:\Documentation_Psychiatrie\France Culture Depression 2019\

Comprendre les troubles psychiques

France Culture_Comment vivre avec des troubles psychiques

France Culture_La dépression encore taboue

France Culture_La méthode scientifique_Dépression _ une maladie encore taboue

France Culture_OuaisLeBec Semaines Lire Depression

La dépression – France Culture

Littérature et sérotonine _ quand la dépression vient aux écrivains

Un nouveau regard sur les troubles psychiques

 

C:\Documentation_Psychiatrie\France Télévisions Expérience de Milgram\

Expérience de Milgram — Wikipédia

LE JEU TV DE LA MORT Doc complet – YouTube

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Françoise Sironi 2019\

Conférence de Francoise Sironi_Comment devient-on tortionnaire_Lundi 5 février 2018

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\

Agitation, sentiment de  rage   haine  etc. – Psychiatrie – FORUM psychologie

Haine et misanthropie dans Timon d’Athènes de Shakespeare

Haine, envie et jalousie  psychanalyse et désastre

Histoire de la haine. Une passion funeste, 1830-1930 (Frédéric Chauvaud).   Criminocorpus

Histoire de la haine_Frédéric Chauvaud

La maladie de la haine

Le miroir de la haine_Prise en charge pénitentiaire de la radicalisation

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\Agitation, sentiment de  rage   haine  etc. – Psychiatrie – FORUM psychologie_files\

amour_remontee

analytics_doctissimo

Apprendre-le-pot_remontee_video

Booster-sa-memoire_remontee_video

doctissimo_autocompletion

souffrez-vous-de-troubles-du-comportement-alimentaire_wide-jpg_test_img_forum

Vaincre-sa-timidite_remontee_video

Zen-Attitude-1_remontee_video

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\Haine, envie et jalousie  psychanalyse et désastre_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Haine\Histoire de la haine. Une passion funeste, 1830-1930 (Frédéric Chauvaud).   Criminocorpus_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\

Cerveau&Psycho – Les voix intérieures de Virginia Woolf

Comment parler d’un patient sans savoir d’où viennent nos mots_Tyszler

Étude de l’évolution du concept d’hallucination dans la littérature psychiatrique classique

FENELON Gilles – Hallucinations, regards croisés _ Base SantéPsy

Hallucinogènes & psychiatrie au milieu du sièce dernier

J’entends des voix, pas vous_ – L’Express

Les hallucinations auditives verbales

Les Voix de Nicole Anquetil_ Pr. Jean Garrabé

Les Voix_Aimée F_Nicole Anquetil_Notice de librairie

Pourquoi entend-on des sons dans le silence _ _ Big Browser

Rêves et hallucinations_le modèle narcoleptique

Schizophrénie   un avatar numérique pour lutter contre les hallucinations auditives   – Actualités – Vidal.fr

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\Entendeurs de voix\

Administrateurs et membres d’honneur – RevFrance

Agnes Girard_Blog Libe_Entendeurs de Voix

France Culture_Francois Demassiet

France Culture_Les pieds sur Terre_Vincent, entendeur de voix

La nouvelle voie des «entendeurs» – Libération

La_REVerdie_0_Lettre du REV

Les 400 culs – Avez-vous entendu une voix _ – Libération.fr

Libération_Entente Voix_Agnès Girard

Peter Bullimore traduction  Yann Derobert

REV_p8_le_pavois-Vivre avec les voix

Sensorialités Multiples

Vincent

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\Entendeurs de voix\Critique des entendeurs de voix\

De l’utilité des groupes de pairs pour produire des savoir_Le groupe des entendeurs de voix

Psychopathologie et expériences exceptionnelles

Que changent les « entendeurs de voix » à l’écoute des hallucinations  I Génèse d’un mouvement

Que changent les « entendeurs de voix » à l’écoute des hallucinations_II. Recherche sur l’entente de voix

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Hallucinations auditives\Schizophrénie   un avatar numérique pour lutter contre les hallucinations auditives   – Actualités – Vidal.fr_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Henri Ey\

Biographie Henri Ey

Günther Anders à l’école de la phénoménologie_CAIRN

La Psychiatrie et les Grands Mouvements de L’Anthropologie Contemporaine_ Chapitre II du Manuel de Psychiatrie d’Henri Ey

Le concept opératoire de conscience dans la psychopathologie d’Henri Ey

Les Névroses _ (La Personnalité Névrotique)_Chapitre Premier – Manuel Henri Ey

Manuel de psychiatrie de Henri Ey_Notice de librairie par Jean Garrabé

Pour un dialogue Henri Ey et Jacques Lacan

Sur la pathologie de la liberté_ Pr. Henri Ey

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Henri Laborit\

Henri Laborit — Wikipédia

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Histoire Sciences Henri Ey\

HenriEy

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Histoire Sciences Henri Ey\HenriEy_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Iatrogénie\

Analyse des prescriptions medicamenteuses

Complications cardiaques des médicaments

Iatrogénie des psychotropes chez l’adolescent

Iatrogénie en Psychiatrie

Iatrogénie médicamenteuse

Iatrogénie

Le syndrome sérotoninergique_une revue actualisée de la littérature

Les diagnostiques difficiles en iatrogénie

Les effets indésirables des psychotropes chez le sujet âgé_étude rétrospective de 35 cas

Mort subite cardiaque et iatrogénie médicamenteuse

Utilisation des antipsychotiques à doses élevées

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Imovane\

IMOVANE_-_Zopiclone_-_Posologie,_Effets_secondaires,_Grossesse_-_Doctissimo

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Insomnie\

Insomnie et dépression

Les troubles du sommeil dans l’addiction à Internet

Neurophysiologie clinique en psychiatrie 4 Réalisation et interprétation des explorations du sommeil pour les pathologies du sommeil comorbides des trboules mentaux

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Jacques Lacan\

lacan_THESE_de_medecine

Paranoïas et délires paranoïaques_Slides_par Mathieu LACAMBRE, Praticien Hospitalier

 

C:\Documentation_Psychiatrie\John Nash, Prix Nobel d’Economie 1994, schizophrène paranoïde\

A diagnostic bind_ movie mania and John Nash’s schizophrenia

Bio de John Nash par Sylvia Nasar

John Nash Three phasesin the career of a Beautiful Mind

John Nash, GameTheory, and the Schizophrenic Brain

John Nash_Suffering of those who loved Him

John Nash’s Delusional A case of Paranoid Schizophrenia

John Nash’s Postelusional Period_A case of Transformed Narcissism

John Nash’s renunciation

Psychoses et créativité _ une histoire de vulnérabilité

Représentations des troubles psychiques sévères au cinéma

Temperament & créativité

Un homme d’exception_Biographie de John Nash_Sylvia Nasar

Un homme d’exception_Biographie de John Nash_Sylvia Nasar_Notes personnelles

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Juge des Libertés et de la Détention\

Cour_de_cassation_civile_Chambre_civile_1_12_octobre_2017_17-18.040_Publié_au_bulletin

Des lois de soins sans consentement à l’évolution de la responsabilité en psychiatrie

 

Étude du vécu et de la compréhension par les patients hospitalisés sans consentement de l’audience devant le juge des libertés et de la détention

HAL-SHS – Sciences de l’Homme et de la Société – _Moderniser_ l’enfermement en psychiatrie _ Le cas des unités pour malades difficiles

Impact psychologique de l’audition devant le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) chez des patients hospitalisés suivant les conditions définies par la loi du 5 juillet 2011

Intime conviction _ conclusions

Jurisprudence_ Effectivité de l’audition du patient en soins psychiatriques sans consentement par le JLD_Des interrogations persistantes

Jurisprudence_Effectivité de l’auidtion du patient en soins psychiatriques sans consentement par le Juge des Libertés et de la Détention

L’intervention du juge judiciaire dans les soins psychiatriques sans consentement _ état des lieux après la loi du 5 juillet 2011

L’intime conviction du juge des libertés et de la détention dans les soins psychiatriques sans consentement

La notion d’intime conviction et le procès criminel

La place de l’autorité judiciaire dans les lois françaises de soins sans consentement

Le devenir des soins psychiatriques sans consentement _ suivi à deux mois de 510 cas

Le juge des libertés et de la détention _ un garant juridique et éthique en psychiatrie

Le juge des référés ne peut contraindre un établissement à pratiquer une intervention chirurgicale

Les outils pour la rédaction des certificats de soins sans consentement – European Psychiatry

Les soins sans consentement en psychiatrie _ rédaction du certificat initial

Liberté individuelle et soins sans consentement. Le contrôle systématique du juge instauré par la loi du 5 juillet 2011

Motifs de levées de 102 mesures de soins psychiatriques sans consentement – European Psychiatry

Qu’y a-t-il d’intime dans l’intime conviction

Séjours courts et longs en ASPPI _ comparaison des données cliniques et extracliniques issues de 250 certificats initiaux

Soins psychiatriques sans consentement _ étude des motifs de mainlevées de 117 mesures

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Juge des Libertés et de la Détention\Charges\

A propos de la loi du 5 juillet 20111 relatvie aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prisé en charge

Abréviations Psychiatrie

Actualités Droit Déontologie & Soin

Application de la loi du 5 juillet 2011 en Unité pour malades difficiles

Aspects Medico-Légaux des Troubles Bipolaires

Autonomie de la personne et consentement en droit européen

Chapitre 1 – Quelques principes généraux_Le système juridictionnel français

Chapitre 3 – Éthique et déontologie expertale_Le secret médical

Chapitre 27 – Aspects médicolégaux_Introduction

Chapitre 49 – Pourquoi les actions pénales suscitent-elles tant l’intérêt de nos patients

Chronique de Jurisprudence

Considérations sur l’expertise médico-légale psychiatrique devant la cour d’assises

D’une constatation psychopathologique vers une évaluation psychocriminologique _ réflexions autour d’une pratique de l’expertise pénale pré-sentencielle, une refonte nécessaire

Des lois de soins sans consentement à l’évolution de la responsabilité en psychiatrie

Discrimination et santé, le temps d’agir

Dossier_Régime des soins sous contrainte. Analayse des articles pertinents du Code de la Santé. Fnapsy

Droits des personnes hospitalisées sous contrainte

Evolution des attentes et des représentations en clinique dans les rapports entre psychiatrie et justice

Hospitalisation d’office, la France mauvais élève de l’Europe

Hospitalisation sans consentement _ fondements éthiques, contraintes et justice procédurale

Hospitalisation sous contrainte, les bonnes pratiques sont conformes à la Constitution

Hospitalisation sous contrainte, un difficile équilibre entre sécurité et libertés

Index des mots clés 2

Index des mots clés

L’intime conviction du juge des libertés et de la détention dans les soins psychiatriques sans consentement

La liberté de choix des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques

La loi du 5 juillet 2011. Place et questionnement de l’avocat dans l’application de la loi

La place de l’autorité judiciaire dans les lois françaises de soins sans consentement

La prison, entre acte et sujet

La protection de la personne.

La représentation et l’impossible (Fathi Benslama)

Le certificat circonstancié de la loi du 5 juillet 2011 pourquoi_comment

Le controle des hospitalisations sous contrainte se rationalise

Le devenir des soins psychiatriques sans consentement _ suivi à deux mois de 510 cas

Le statut des personnes hospitalisées

Les programmes de soins ambulatoires contraints dans le cadre de la loi de 2011, modifiée. Point de vue de la direction.

Les soins pénalement ordonnés, une pratique limite

Les soins sous contrainte des malades depuis la loi du 5 juillet 2011 relative au droit et à la protection des personnes faisatn l’objet de soins psychiatrique

L’esprit d’une loi_FNAPSY

L’expertise de fin d’hospitalisation d’office médicolégale

Lhospitalisation de personnes detenues atteintes de troubles mentaux

L’injonction thérapeutique de la loi du 17 juin 1998_une tentative pour articuler la peine et le soin

Loi de juin 1990 sur l’hospitalisation d’office et défense des libertés individuelles

Modalités et impact de la mise en œuvre de la loi du 5 juillet 2011 _ de l’impérieuse nécessité de placer le patient au centre de nos préoccupations

Note de jurisprudence_Le bénéfice d’une mesure de sortie d’essay n’exonère pas le juge de statuer à bref délait sur la levée de l’HO

Place de la jurisprudence dans la gestion et l’évolution de la législation relative aux soins sous contrainte

Protection de la personne. Droit des patiens en psychiatrie

Soins en milieu carcéral et éthique

Soins psychiatriques et juge des libertés et de la détention

Soins psychiatriques sans consentement_étude des motifs de mainlevées de 117 mesures

Vers un role de plus en plus croissant de la personne de confiance

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Juge des Libertés et de la Détention\Soins Sans Consentement\

Critères de soins psychiatriques sans consentement. Revue de littérature et synthèse des différentes recommandation

Des lois de soins sans consentement à l’évolution de la responsabilité

Introduction gouverner et soigner

L’hospitalisation sans consentement des malades mentaux décidément sous l’oeil du Conseil constitutionnel

La liberté de choix des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques

Les outils pour la rédaction des certificats de soins sans consentement

Les programmes de soins ambulatoires contraints dans le cadre de la loi de 2011

Soins pénalement ordonnés

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Justice & Psychiatrie. Expertises\

Crédibilité et expertise psychiatrique_Bernard Lachaux_CAIRN

Evolution des attentes et des représentations en clinique dans les rapports entre psychiatrie et justice

La fin du non-lieu judiciaire et son incidence sur le but des institutions psychiatriques médicolégales

La psychiatre à la Commission de l’application des peines

La recherche de la vérité en psychologie et psychiatrie judiciaires. La psychologie dans la décision judiciaire

Le droit à l’ère des neurosciences 2

Le droit à l’ère des neurosciences

Le droit à l’ère des neurosciences

Le médecin expert face au compromis d’arbitrage

Le psychiatre, le juge et la peine

Le simulateur face à l’expert

Les nouvelles missions de l’expert psychiatre

Les soins pénalement ordonnés, une pratique limite

Les usages des expertises psy au procès d’assises et les définitions pratiques de la responsabilité

Les usages des expertises psy aux procès d’assises

L’expertise psychiatrique pénale_audition publique de la Fédé Fra de Psychiatrie selon la méthode de la Haute Autorité de Santé

Programme 2016_Colloque Psychiatrie & Justice_Troubles psychiques & jugement pénal_une double peine_du traitement pénal des malades psychiatriques délinquants

Programme_Colloque_Juillet 2014_La folie entre administration et justice_L’institution psychiatrique au prisme du droit

Psychiatrie _ les députés veulent limiter l’isolement et la contention

Réflexion sur les fondements du débat et des critiques actuels sur l’expertise psychiatrique pénale

Sous l’emprise de la folie L’expertise judiciaire face à la maladie mentale_Notice de librairie

Vérité et mensonge_l’évaluation de la crédibilité en psychiatrie légale et en pratique judiciaire

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Le livre noir de la médecine\

Association d’aide aux victimes d’erreurs médicales, d’Hépatite C post-transfusionnelle, de complications suite à une vaccination, de complications médicaments, d’accidents de la vie

Biographie de Maître Philippe COURTOIS, avocat spécialisé en droit médical – Association d’aide aux victimes

Biographie du Docteur Dominique-Michel COURTOIS, président de l’AAVAC – Association d’aide aux victimes

Définition de l’erreur médicamenteuse

Dictionnaire français de l’erreur médicamenteuse_SFPC

Direction Générale de la Santé_Iatrogénie

Faute, accident ou risque iatrogène_Stalinon & Distilbène

Iatrogénie médicamenteuse _ ameli.fr

Indemnisation MEDIATOR – Association d’Aide aux Victimes du Mediator et de l’Isoméride (AVIM)

Le Livre noir de la médecine _ Patient aujourd’hui, Victime demain

 

C:\Documentation_Psychiatrie\L’Huma_Vol au desssus d’un nid de coucou\

L’Huma Violences au dessus dun nid de coucou_Aujourd’hui dans les HP français

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Livres numérique dispo sur Numilog (BSI de la Cité des Sciences)\

Apprendre à soigner les dépressions

Bouddha au temps des neurosciences

Comprendre et soigner les états-limites

Comprendre la dépression pour en guérir

Dans l’ombre du silence. Journal d’une adolescente victime d’intimidation

Du trouble mentale à l’incapacité au travail

J’ai envie de comprendre … la dépression

J’arrête les relations toxiques

La dépression masquée

La perversion_Renverser le monde

La thérapie neurocognitive et comportementale

L’amour au coin de l’écran_Du fantasme à la réalité_Peut-on s’aimer sans se voir (La réponse est non !)

Le geste suicidaire

Le harcèlement moral_Anne Bilheran

Le Malêtre

Les émotions. Du normal au pathologique

Les névroses

Manuel illustré à l’usage des adolescents qui ont des parents difficiles

Non, votre ado n’est pas feignant

Pourquoi votre tête soigne-t-elle votre corps

Profanes, soignants et santé mentale_quelle ingérence

Tout n’est pas (forcément) psy !

Travailler sans s’épuiser_Pierre-Eric Sutter

Une mémoire d’éléphant_Vrais trucs et fausses astuces

URLLink

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Lobotomie 2019\

Pratiquée jusque dans les années 80, la lobotomie visait surtout les femmes

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Logorrhée 2019\

LogghoreeTheatre

Logorrhée (Médecine) – Définition, signification – Encyclopédie en ligne

Logorrhée verbale – PARLER FRANÇAIS

Sémiologie Examen Psychiatrique Logorrhée

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Maladie neurologique de Ravel\

La maladie neurologique de Maurice Ravel par Erik Baeck

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Manie\

Episode Maniaque DSM

Etat maniaque et état d’agitation_une étude diachronique

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Michael Sacksx\

Mickael Sacks (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Michel Foucault\

Michel Foucault et la résistance au pouvoir

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Mickael Sacks\

Mickael Sacks (1)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Migraine\

INSERM_1998_La Migraine_Connaissances descriptives, traitements et prévention

Oliver Sacks_Extraits de l’ouvrage Migraine_CAIRN

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Mythomanie\

De la mythomanie au meurtre_un cas clinique inquiétant

Histoire de la Mythomanie. Mots-Cles

Histoire de la Mythomanie

L’évolution du concept de mythomanie dans l’histoire de la psychiatrie

Mentir pour dire vrai. Le mensonge, le déni et l’affabulation

Mythomanie et contagion délirante_une mise en pratique de la description historique de la mythomanie

Réflexions sur le statut de la mythomanie délirante

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Neuroleptiques\

Ambigus psychotropes

Les neuroleptiques_2008_Dominique Piettre

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Neuroleptiques à Action Prolongée\

Histoire des Neuroleptiques d’Action Prolongée

Thèse Patients traités par neuroleptiques retard

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Nicolas Bremaud, Psychologue Clinicien\

AmbiguiteNegativisme

DysphasiePsychose

Hamlet et la folie_une revue historique_Nicolas Brémaud

HamletFolieHistoire

HistoireDefinitionsDelirePsychotique

HistoireDelireActes

HistoireDelireSuppositionSerieuxCapgras

HistoireHallu

IlotCompetenceAutreSyntheseUnCasAutismeAsperger

IntroConceptRealiteLacan

IntroQuestionRevePsychose

IntuitionDelirantePhenomeneElementairePsychose

IronieMortSchizophrenieCasHerve

J.-J. Rousseau_paranoiaque génie

Jeanne d’Arc_Des voix à la mission_Nicolas Brémaud_CAIRN

La mégalomanie délirante_Une toute-puissance sur fond de vacuité existentielle_Nicolas Brémaud_CAIRN

Le délire paraphrénique de Philip K. Dick, l’homme reprogrammé_Nicolas Brémaud_CAIRN

MelancolieDeliranteParanoiaDiagDifferentiel

NegativismeSchizophrenie

Quelle volonté pour le sujet psychotique_Approche historico-critique

Richard III_du préjudice à la revendication

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Ondes cérébrales\

OndesCerebrales

 

C:\Documentation_Psychiatrie\ONIAM\

Formulaire indemnisation AM

Indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales par la voie du règlement amiable_Fiche pratique AM

ONIAM_référentiel indicatif d’indemnisation_2018

Victimes d’effets indésirables graves de médicaments_Etats des lieux

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Personnalités DSM IV\

Alexithymie — Wikipédia

Groupe B des troubles de la personnalité

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Personnalités pathologiques\

Analyse d’un modèle théorique de la conception dimensionnelle du narcissisme pathologique _ incidences probables sur le leadership organisationnel

Aspects Médico-Légaux des troubles bipolaires

Aspects psychopathologiques et psychodynamiques_de l’état dépressif à l’état de triomphe du moi

Axe I, Axe II ou Troubles mentaux et Troubles de la personnalité

Chapter 2 – Approche cognitive de la personnalité _ applications aux personnalités pathologiques_Revue

Chapter 10 – La personnalité antisociale (ou psychopathique)_Revue

Considération critique sur l’extension de la bipolarité, psychopathologie des mouvements d’humeur et de l’euphorie morbide

Deux mesures de psychopathie chez les patients médicolégaux

Entre la personnalité antisociale et la psychopathie grave, un gradient de sévérité

Etude exploratoire d’un questionnaire sur les troubles de la personnalité

Evaluatin du trouble de la personnalité sadique en relation avec la psychopathie auprès de patients internés en hôpital psychiatrique sécuritaire

Faut-il traiter les troubles de la personnalité

La personnalité antisociale (dyssociale)_Notice de libraire

La personnalité antisociale, antithèse de la psychopathologie_CAIRN

La personnalité narcissique devient-elle plus fréquente _ Fait culturel ou fait clinique _

La Personnalité Narcissique_Revue

La psychopathie au risque de la clinique. Epistémologie et considération psychopathologiques sur la question des représentations et de l’acte dans la psychopathie dite grav

Le pervers narcissique_arlésienne du harcèlement moral_Pr. M. L. Bourgeois

Les deux dimensions de l’hypersensibilité narcissique _ l’anxiété paranoïde et l’égocentrisme

Neurocognitive models of aggression, the antisocial personality disorders, and psychopathy

Personnalité dépendantes et alexithymie

Personnalité et vulnérabilité aux dépressions sévères

Psychopathie et troubles de la personnalité associés_recherche d’un effet particulier au trouble borderline

PsychopathieTroublesPersonnaliteBorderline

PsychopathologieTroublesExpressionComportementale

Sexe, mensonge et personnalité _ les paroles et le regard des machiavéliques, des psychopathes et des narcissiques que vous côtoyez

Trouble de la personnalité antisociale_Notice de libraire

Troubles bipolaires et troubles de la personnalité borderline _ différences cliniques au niveau de l’affectivité et de l’impulsivité

Utilisation du modèle de personnalité à cinq facteurs dans l’évaluation des troubles de la personnalité du DSM-IV

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Peur\

Danger et dérive de l’utilisation des nouveaux mots de la peur

Peur sociale de la folie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Pr. Marc-Louis Bourgeois\

Croire et douter. Juger à l’heure des neurosciences

Croire et douter. Juger à l’heure des neurosciences_Pr M. L. Bourgeois

DetecteurDeMensonge

DSM-5 _ critiques et contempteurs. Réception en France_Pr M. L. Bourgeois

Écriture et Psychiatrie. Ce qui n’est pas écrit n’existe pas_Pr M. L. Bourgeois

Éditorial

La psychopharmacologie prélargactilienne de l’Antiquité à 1952 (Hommage à Thérèse Lempérière)_Pr. M. L. Bourgeois

Le deuil aujourdhui. Introduction_Pr M. L. Bourgeois

Le lithium depuis 1950_Pr M. L. Bourgeois

Les 80 observations de « folie à double forme, folie circulaire, délire à formes alternes » du mémoire (1880–1883) d’Antoine Ritti. Le premier traité en français sur les futurs troubles bipolaires

Les quatre vérités _ philosophique (aletheia), scientifique (apodicité), juridique (l’intime conviction), humaine (biosociopsychopathologie)

Les quatre vérités _ philosophique (aletheia), scientifique (apodicité), juridique (l’intime conviction), humaine (biosociopsychopathologie)_Pr M. L. Bourgeois

Punir est un crime_Pr M. L. Bourgeois

Robert L. Spitzer (1932–2015)_Nécrographie_Pr M. L. Bourgeois

Royautés folles. Psychopathologie des têtes couronnées_Pr M. L. Bourgeois

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Presse Protestation Psychiatrie 2019\

«L’hôpital psychiatrique est devenu uniquement un lieu de crise» – Libération

L’hôpital psy malade de  l’intérieur

L’hôpital psychiatrique est devenu uniquement un lieu de crise_Libération

Psychatrie Une manif à Paris

PsychiatrieMouvement

Stimagtisation pourquoi tant de fous

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Pretium Doloris\

Cour de cassation 2

Cour de cassation

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Procédure Pénale\

Chronique de Jurisprudence

Eléments pratiques de procédure pénale

Le juge d’instruction approches historiques_Notice de librairie

Repenser la place des victimes au procès pénal

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychatrie & Cinéma\

Du cinéma à l’hôpital_étude des représentations de la schizophrénie

La représentation cinématographique du harcèlement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychiatrie soviétique 2019\

Amnesty International publie un nouveau rapport sur les prisonniers d’opinion en U.R.S.S.

cchr-psychiatry-industry-of-death-06-soviet-psychiatry_640_fr

Crime psychiatrique contre l’Humanité_Cyrille Koupernik_Entretien au Monde

En Union Soviétique, la psychiatrie aux ordres – 02_04_2002 – ladepeche.fr

La «psychiatrie punitive», sujet tabou en Russie. Un médecin conteste l’usage de la psychiatrie à des fins politiques du temps de l’URSS__ au grand dam d’un ex-dissident. – Libération

La psychiatrie soviétique – Cyrille Koupernik_Michel Gourevitch_Persée

L’utilisation de la psychiatrie comme instrument de répression politique en URSS et le combat mené par les psychiatres en France_CAIRN

Politiser la médecine. La psychiatrie extrahospitalière en Russie Soviétique (années 1920 et début des années 1930)

Psychopathie et troubles de la personnalité associés_recherche d’un effet particulier au trouble borderline

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychiatrie_Sécuritaire\

Application de la loi du 5 juillet 2011 en UMD

La psychiatrie en milieu pénitentiaire

Le parricide psychotique UMD

Les unités de soins intensifs psychiatriques (USIP)

L’internement de défense sociale en Belgique_Entre soins, dangerosité et sécurité

Malades difficiles d’hier à aujourd’hui. UMD Henri Collin

Mediapart_Des malades difficiles que l’enfermement à vie menace

Mediapart_La psychiatrie organise la résistance à l’enfermemement des malades

Mesurer la sévérité des problèmes des patients et leur évolution dans un secteur psychiatrique HoNOS_F

Profil d’admission des patients hospitalisés UMD

Psychiatrie en milieu pénitentiaire une sémiologie à part

Psychiatrie en milieu pénitentiaire, entre nécessité et ambiguité

Psychiatrie et prison toujours dans le champ de l’actualité

Psychopathie et troubles mentaux graves chez des patients internés

Unité hospitalières spécialement aménagées (UHSA)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychopathie\

Echelle MMPI2RF

Evaluation psychométrique du questionnaire de la psychopathie de Hare auprès d’une population carcérale belge

HAS_Psychopathie-Rapport d’Orientation

La psychopathie et son évaluation

Les malades mentaux sont-ils dangereux_ du 04 février 2010 – France Inter

Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI) – Part 2

Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI)

mmpi2rf_tableau bd

Présentation comparative des outils d’évaluation du risque de violence

Psychopathie — Wikipédia

Psychopathie HAS

Psychopathie Wikipedia

Psychopathie

Rapport au Premier Ministre Dangerosité & Prise en charge Inidividus Dangereux PCL-R

Test MMPI-2-RF® INVENTAIRE MULTIPHASIQUE DE PERSONNALITÉ DU MINNESOTA-2- FORME RESTRUCTURÉE® – Psychologie clinique – ECPA

The Hare Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R)

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychopathologie\

La psychopathologie au regard de la culture (1990)

Psychopathologie et sport de haut niveau

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\

Richard III_du préjudice à la revendication_Nicolas Brémaud

Un bon article du Figaro sur le trouble de stress post traumatique

Violences psychologiques

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Justice\

La jurisprudence pénale en matière de harcèlement moral

Le soutien psychologique durant le parcours judiciaire de la victime. Deux exemples cliniques

Principes de la prise en charge psychologique des sujets traumatisés

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\

Harcelement moral_enquête au centre hospitalier universitaire de Fes au Maroc

La notion de harcèlement moral en droit_Pascal Etain

Le harcèlement moral dans la vie privée

Le harcèlement moral dans la vie privée_Notice de librairie

Le harcèlement moral_Rémy Fontier_2003_CAIRN

Le stalking de la « poursuite romantique » à la prédation sexuelle

liste de notices complètes 16_12_2018 18_43

Pervers narcissiques _ comment leur survivre après la rupture _ Le Figaro Madame

Soins médico-psychologiques ou simple soutien psychosocial. Distinction entre ces deux types d’intervention

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\Anne Bilheran, Psychologue Clinicienne\

Abus de faiblesse et autres manipulations _ JC Lattès, Le Masque

Ariane Bilheran — Wikipédia

Bilheran

BilheranAllegations

BilheranCalomnies

BilheranConspirationniste

BilheranExpat

BilheranHomosexualite

BilheranHuxley

BilheranHuxley2

BilheranKinsey

BilheranNazisme

BilheranParanoSchizo

BilheranPetition

BilheranSexualiteInfantile

BilheranSurmenageAccident

BilheranTravailEnorme

BilheranValerieChenard

BilheranVengeance

BilheranVergnes

BilheranVergnes2

Cabinet l’Étoile

De la soumission psychologique au travail_Comment un harceleur parvient à soumettre tout un groupe d’adultes pourtant bien constitués, et ce qui s’ensuit_Bilheran_2011

Des mécanismes de défense au sein d’un collectif de travail en situation de harcèlement

Du suicide_A qui la faute_Bilheran_2018

Harcèlement,Psychologie & Psychopathologie_Notice de librairie

Intention & harcèlement Bilheran 2010

Interview à ne pas rater sur la dérive du pouvoir en France __ Cabinet l’Étoile

La harcèlement – partie 1 – Rayures et Ratures

La paranoïa, une maladie très mal connue _ Psychologies.com_Bilheran

La Raison d’Etat est-elle raisonnable dans son principe _Sémiode_Bilheran_2015

Le poids de l’Histoire _ Sémiode_Bilheran_2015

Le pouvoir et le complot _Sémiode_Bilheran_2015

Le psy et le politique _ Cabinet l’Étoile_Bilheran_2015

Le temps de la mort dans la psychose_Bilheran_2006

L’hyperdatation et sa fonction défensive dans la psychose

Mails_perso_Bilheran

Remerciements _Sémiode_Départ_Bilheran

SommaireHarcelement

SommaireHarcelement2

Sur le sujet du harcèlement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\Marie-France Hirigoyen\

De la peur à la soumission_Hirigoyen_2009

DeLaPeurALaSoumission

Le harcèlement moral au travail en 2003

Loi visant à protéger les victimes de violences psychologiques_10 juillet 2010

Marie-France Hirigoyen — Wikipédia

Mediapart_Hirigoyen_Il y aura eu un avant et un après DSK

ParanoiaEtHarcelements

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlement moral & Perversions narcissiques\Site Perversion Narcissique_Philippe Vergnes\

AgressionsSexuelles

Biologie

Biologie2

CommunicationParadoxale

CommunicationParadoxale2

Complices

Complices2

Complot

Complot2

Decervelage

Decervelage2

DeuilOriginaire

DeuilOriginaire2

DeveloppementMoral

DeveloppementMoral2

Empathie, conscience morale et psychopathie – L’intelligence émotionnelle_ (partie 2_3) – Perversions narcissiques et psychopathies _ théories et concepts

ExpulsionPsychique

ExpulsionPsychique2

FascismeTotalitarismePerversion2

FreudRacamier

FreudRacamier2

Gaslighter

Gaslighter2

GenieOrigines

GenieOrigines2

InferioritePsychopathique

InferioritePsychopathique2

Influence & manipulation – Perversions narcissiques et psychopathies _ théories et concepts

Jouissance

Jouissance2

LeadersNarcissisme

LeadersNarcissisme2

LeadersPsychopathes

LeadersPsychopathes2

MacronPsychopathe

MacronPsychopathe2

MeurtrePsychique

MeurtrePsychique2

NarcissismeSain

NarcissismeSain2

Neoliberalisme

Neoliberalisme2

NovlanguePsychopathe

NovlanguePsychopathe2

Parol

Parole2

PetitPerversIllustre

PetitPerversIllustre2

PNPersonnesIntelligentes2

PouvoirParanoia

PouvoirParanoia2

PsychopathesOuPervers

PsychopathesOuPervers2

RÉAGIR FACE AU PERVERS NARCISSIQUE

SCHIZOPHRÉNIE ET PARADOXALITÉ

Sentretuer

Sentretuer2

ServitudeVolontaire

ServitudeVolontaire2

Vengeance

Vengeance2

ViolencesPsy

ViolencesPsy2

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Harcèlements de Rue & sexistes\

Des mesures pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports

Harcèlement dans les transports en commun _ aucune femme n’y échappe – Libération

HarcelementRue

HarcelementsTransports

Le harcèlement de rue et le féminisme bourgeois – Rue89 – L’Obs

Le harcèlement de rue, « c’est notre quotidien »

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Institut de Victimologie\

IMPACTS_Annuaire-Psychotraumatisme-Victimologie-IDF

InstitutVictimologie

L’emprise psychologique – Institut de Victimologie

Pascale Boistard _ «La drague n’a rien à voir avec le harcèlement de rue»

Troubles psychotraumatiques complexes – Institut de Victimologie

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Nevrose d’Angoisse & autres névroses\

A l’origine de la névrose traumatique, l’effroi ou le stress. Discussion, approches thérapeutiques

Au-delà de la névrose traumatique … Vers une théorie unifiée du trauma

Clinique du syndrome psychotraumatique chronique. Névrose traumatique, état de stress post-traumatique et autres séquelles

Concepts et modèles de l’anxiété

De la thymie dépressive au risque d’effondrement psychotique, évaluation psychanalytique des effets morbides de l’idéal et de ses conséquences dans la conduite de cure

La névrose d’angoisse_Chapitre V du Manuel de Psychiatrie d’Henri Ey

La névrose phobique_Chapitre III du Manuel de Psychiatrie d’Henri Ey

Les différents structures cliniques_névrose, psychose, perversion et personnalités limites

L’évaluation du dommage psychique en droit commun_Revue

Névrose d’angoisse ou troubles anxieux_Revue

Névrose et psychose_quelles définitions pour la psychiatrie contemporaine

Sigmund Freud et Wilhelm Stekel_débats et confrontations sur le problème de l’angoisse

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Traumas_Dissociation_Pierre Janet\

Clinique du psychotraumatisme et erreur de diagnostic en situation transculturelle

Des états dissociatifs vers une clinique des troubles dissociatifs

Discussion autour du traumatisme complexe émergence du concept, étiologie et critères diagnostiques

Discussion autour du traumatisme complexe_émergence du concept, étiologie et critères diagnostiques

Dissociation et passage à l’acte violent une revue de littérature

Evénements à potentialité traumatique et changement de ou dans la personnalité

Introduction générale à la psychopathologie et à la psychothérapie de Pierre Janet

La deuxième vie du traumatisme psychique

La dissociation_un concept central dans la compréhension du traumatisme

La trauma et l’émotion_apports de la théorie janetienne et perspectives nouvelles

Le psychotrauma. II. La réaction immédiate et la période post-immédiate

Le psychotrauma. Stress et trauma. Considérations historiques

Le trauma entre neurosciences et psychanalyse

Le traumatisme du point de vue de la psychiatrie de la personne_Jean Garrabé_CAIRN

Les medecins civils face aux syndromes psychotraumatiques chroniques des soldats des guerres d’Empire

Liste des auteurs Louis Crocq, psychiatre militaire

LouisCrocq

Quand traiter le psychotraumatisme

Surveillance et défriefing en post-immédiat

Trauma et culture_influence des facteurs culturels dans la rencontre traumatique et perspectives psychothérapeutiques

Traumatisme sévère et psychose post-traumatique

Troubles anxieux_Revue

Vers une psychologie janétienne des psychoses

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Victimes & Indemnisation\

Détermination de l’incapacité totale de travail au sens du Code pénal _ mise en œuvre des recommandations de la Haute Autorité de santé en pratique clinique

L’indemnisation des victimes_Revue

La force contraignante de la nomenclature Dintilhac à l’épreuve du principe de réparation intégrale du préjudice

L’évaluation du dommage psychique en droit commun

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Psychotrauma_Harcèlement Moral\Victimologie & violences\

Violences, victime et sociétés_Revue

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Puérilisme\

Le puérilisme dans la psychose

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Quérulence Revendication 2019\

Avocat Sandon

Benjamin Levy _ Université Paris Diderot – Academia.edu

Délire de revendication et quérulence_une revue de littérature Benjamin Lévy

Delire Revendication Benjamin Levy 2014

Entre tribunaux et asiles – des « aliénés persécuteurs » aux « revendicateurs » 1888

France Culture 2016_Quel est l’impact psychologique d’un déni de justice_Ben Lévy

L’homme justicier _ paranoïa quérulente et passage à l’acte meurtrier _ Romuald Hamon_CAIRN

La quérulence processive_vacarme, silence ou parole_Ben Lévy_Les Cahiers de droit

theses.fr – Benjamin Levy, Quérulent processive et délires de revendication. Un autre paradigme de la paranoïa.

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Responsabilité médicale\

Autorité et responsabilités dans la prise en charge des patients hospitalisés d’office

Responsabilité médicale et psychiatrie_Olivia Henri

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Risperdal_Risperidone\

ARIPIPRAZOLE AND RISPERIDONE VERSUS PLACEBO IN SCHIZOPHRENIA AND SCHIZOAFFECTIVE DISORDER

Long-acting risperidone Microspheres For Treatment Schizophrenia

Synthèse à partir de cinq études sur lefficacité et la tolérance de la rispéridone à action prolongée

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Ruwen Ogien\

Décès Ruben Ogien_Par Robert Maggiori

Libération_Hommage à Ogien

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizo 2019 Podcast\

Dans la tête d’un schizo Oct 2018

France Culture 2019 La schizophrénie Une maladie qui ne va pas de soi

Schizophrénie dépassée

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\

6 – Lvaluation des Fonctions Attentionnelles et Exécutives

Améliorer le pronostic fonctionnel de la schizophrénie avec la remédiation cognitive

Aspects cognitifs des hallucinations auditives chez les patients schizophrènes

Blog de Psychopathe-Schizophrene – Confessions d’une Schizophrène Névrotique à tendances Psychopathes et Associales ; – Skyrock.com

Claustration à domicile de l’adolescent. Hikikomori

Cognition, schizophrénie et effet des antipsychotiques_le point de vue d’un laboratoire de recherche clinique

Confessions d’une schizophrène – Emma Derosey – Google Livres

Conventional Neuroleptics Rehabilitation Schizophrenic Patients

De l’hyperactivité à la schizophrénie_Discussion clinique, neurobiologique et thérapeutique, à propos d’un cas

Du délire-discours à l’hallucination ou de la clinique de la psychopathologie

Éducation thérapeutique et schizophrénie_Quel contexte

Effet de l’écoute de mots déjà hallucinés chez des sujets schizophrè_nes en rémission_étude de six cas par la résonance magnétique nucléaire fonctionnelle

En quoi consiste le traitement de la schizophrénie _ _ Allodocteurs

Épisode inaugural d’une schizophrénie 2

Épisode inaugural d’une schizophrénie un traumatisme majeur

Eugène Minkowski. Une oeuvre philosophique, psychiatrique et sociale

Evaluation de l’autonomie sociale et de ses facteurs associés chez des patients tunisiens suivis pour schizophrénie

Fonctions cognitives sous-jacentes aux déficits de fluence verbale dans la schizophrénie _ revue de la littérature

Fondation pour la Recherche Médicale_Schizo_Comprendre & accompagner les patients

Fondation pour la Recherche Médicale_Schizophrénie pdf

FRM Schizophrénie

L’appareil à influencer de Tausk et les concepts de la structure et de l’automatisme dans la psychiatrie et la psychanalyse de son temps

La notion de bouffée délirante aiguê

La rationalité de l’incohérence en conversation schizophrène (Analyse pragmatique conversationnelle et sémantique formelle)

La schizophrénie et sa thérapeutique antipsychotique

La schizophrénie, une psychose chronique

La vie quotidienne du patient schizophrène en rémission

Langage et schizophrénie_l’intention en question

Le rationalisme morbide_une étude clinique

Mécanismes d’indifférenciation entre l’imaginaire et le rationnel chez le schizophrène

Premières données françaises sur la santé des schizophrènes – http://www.frm.org

Presentateur schizo

Psychoses délirantes aiguës

Quelle est la différence entre bipolarité et schizophrénie _ _ Allodocteurs

Qu’est-ce que la schizophrénie – Société québécoise de la schizophrénie

Qu’est-ce qu’il y a de psychotique dans la (les) psychose(s)

Remédiation cognitive  pourquoi en a-t-on besoin et quelles sont ses applications en psychiatrie    Isabelle Amado, M.D., Ph.D.

Remédiation cognitive

Schizophrénie  deux psy sur trois ne le disent pas. Une étude souligne les réticences des médecins à délivrer le diagnostic aux malades mentaux. – Libération

Schizophrénie _ quels traitements _ _ Allodocteurs

Schizophrénie _ un nouvel éclairage sur la maladie _ Allodocteurs

Schizophrénie et cognition_perspective neurodéveloppementale

Schizophrénie et culture_réalités et perspectives à partir de l’expérience tunisienne

Schizophrenie et délire

Schizophrénie et immigration_influence des facteurs psychosociaux

Schizophrénie et violence_comorbidités et typologies

Schizophrénie   les bénéfices des antipsychotiques avérés   Actualité   LeFigaro.fr – Santé

Schizophrénie(s) – Santé mentale de A à Z – Espace Presse – Psycom

Schizophrénie, cognition et neuro-imagerie

Schizotypie

Sexualité de la femme schizophrène en Tunisie

Signe du miroir et adolescence_entre normal et pathologique

Sur l’ambiguïté du négativisme

Symptômes de la schizophrénie   Lilly France

Un déficit de mémoire de la source spécifique chez les patients schizophrènes comparés à des volontaires sains et des patietns présentant un épisode dépressif majeur

Une analyse qualitative du sentiment chronique de vide

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie France Culture\

Comment la grippe espagnole a tué entre 20 et 50 millions de personnes

Evolution du concept de schizophrénie_Kraepelin

Grippe de 1918_la plus grande pandémie de l’histoire de l’humanité

Impact du diagnostique de psychose

La schizophrénie, un concept qui a fait son temps

Schizophrénie _ 2019, l’année du changement de nom _

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Blog de Psychopathe-Schizophrene – Confessions d’une Schizophrène Névrotique à tendances Psychopathes et Associales ; – Skyrock.com_files\

 

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Confessions d’une schizophrène – Emma Derosey – Google Livres_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Premières données françaises sur la santé des schizophrènes – http://www.frm.org_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Qu’est-ce que la schizophrénie – Société québécoise de la schizophrénie_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Récepteurs à dopamine\

Molecular-cloning and characterization of a novel dopamine receptor (D3) As A Target For Neuroleptics

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Remédiation cognitive  pourquoi en a-t-on besoin et quelles sont ses applications en psychiatrie    Isabelle Amado, M.D., Ph.D._files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Schizophrénie   les bénéfices des antipsychotiques avérés   Actualité   LeFigaro.fr – Santé_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Schizophrénie(s) – Santé mentale de A à Z – Espace Presse – Psycom_files\

Manifestation pour le retrait de la loi sur les soins contraints du 9 Avril 2011

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie\Symptômes de la schizophrénie   Lilly France_files\

Branch-of-nav_rollover_infographic_215px

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Branch-of-recherche-et-developpement

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Schizophrénie_Origine Infectieuse\

Infection dans l’enfance et schizophrénie de l’adulte_Une méta-analyse d’études de cohortes

Traumatic Brain Injury and Psychosis_ Clinical Considerations

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Serge Tisseron\

Histoire de la psychiatrie Tisseron

Honte Tisseron

Résilience Tisseron

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Sérieux & Capgras\

Délire d’interprétation de Sérieux et Capgras — Wikipédia

Les fous raisonnants_à propos de l’oeuvre de Sérieux et Capgras_CAIRN

Paul Serieux_Délire Interprétation & Folie Systématisée

Serieux & Capgras

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Sérieux & Capgras\Délire d’interprétation de Sérieux et Capgras — Wikipédia_files\

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Shakespeare\

Homicide et folie morale dans Richard III de Shakespeare_essai historique

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Shoah\

Approche intergénérationnelle de la mémoire de la Shoah

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Site britannique de psychologie_Narcissism\

3 Breakup Tactics of People With Narcissistic Behavior

3 Secrets to Outsmarting a Narcissist (By Not Trying to) _ Neuroscience and Relationships

4 Traits That Make Identifying Narcissism a Guessing Game _ Neuroscience and Relationships

5 Unhealthy Behaviors That Rob You of Happiness _ Reaching Life Goals

7 Insidious Goals of Gaslighting, 2 of 2 _ Neuroscience and Relationships

7 Toxic Behaviors You Should Never Tolerate _ Knotted_ The Mother-Daughter Relationship

8 Major Signs of Borderline Personality Disorder

9 Signs Of Psychological and Emotional Manipulation

10 Things People With Anxiety Need to Do Every Day _ Reaching Life Goals

10 Ways to Manage Unhealthy and Toxic People

11 Things NOT To Do With Narcissists _ Narcissism Decoded

12 Classic Propaganda Techniques Narcissists Use to Manipulate You _ Narcissism Decoded

14 Thought-Control Tactics Narcissists Use to Confuse and Dominate You _ Narcissism Decoded

15 Things Not To Do With Someone With Borderline Personality

21 Warning Signs of an Emotionally Abusive Relationship

Borderline Personality Disorder Symptoms

Discovering Your Opinions after Narcissistic Abuse _ Narcissism Meets Normalcy

Evicting Your Narcissist’s Voice From Your Head _ Narcissism Meets Normalcy

Healthy Ways to React to Common Toxic and Manipulative Words _ The Psychology of Self

How the Narcissist Hurts You Using Cognitive Empathy _ Liberation after Narcissistic Abuse

How to Declare Your Independence from Narcissists _ Narcissism Decoded

How to Translate Narcissist-Speak _ Narcissism Decoded

It Takes Just One Question to Identify Narcissism

Loving Someone with Borderline Personality Disorder

Narcissism_ Revisiting Five Basic Traits _ Narcissism Meets Normalcy

Narcissists Hate Seeing You Happy _ The Psychology of Self

Neuroscience and Relationships

Sex & the Narcissist_ Sadism (Pt 1) _ Narcissism Meets Normalcy

Sex & the Narcissist_ Sex Addict (Pt 2) _ Narcissism Meets Normalcy

Snowballing Thoughts_ How to Stop Creating Anxiety _ Reaching Life Goals

The 10 Most Toxic Forms of Control in Relationships _ Love Matters

The Curious Double Standards of Narcissists _ Narcissism Decoded

Things Abusers and Manipulators Say to Their Victims _ The Psychology of Self

We’re Always the Villain_ Narcissists Don’t Fight Fair _ Narcissism Meets Normalcy

What It Means When a Narcissist Says _I Love You_ _ Neuroscience and Relationships

What’s a Narcissist’s Punishment_ _ The Psychology of Self

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Socrate\

Folie de Socrate_CAIRN

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Solian_Amisulpride\

Amisulpride Pharmacokinetics

Amisulpride versus risperidone in chronic schizophrenia Functional outcome in a 6 mont double-bind study

Amisulpride

Dimensions Of Psychopathology In Schizophrenia A Factor Analysis Of The Amisulpride Database

Enantioselective analysis of amisulpride in pharmaceutical formulations by means of capillary electrophoresis

From Amisulpride To Rehabilitation

Intoxication à l’amisulpride. À propos d’un cas_ Amisulpride Poisoning. A Case Report – ScienceDirect

Low-dose amisulpride Some evidence for alertness-increasing properties in EEG studies

Safety of amisulpride

The Effect Of Amisulpride On Affective And Social Negative Syndromes In Schizophrenia

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Sommeil\

Sommeil_Biblio_oct2013

France Culture 2017 Pourquoi le sommeil est la moité de la santé

France Culture_A la recherche du sommeil perdu_Arnulf Gronfier

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Stade du miroir\

A propos de l’expérience du miroir dans la névrose et la psychose

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\

Cerveau&Psycho – Le suicide, pathologie de la décision _

Comment traiter la tentative de suicide_Une revue des traitements et de leur efficacité chez des patients borderline

Etats-Unis _ il menace de se suicider, la police le tue

Facebook teste un kit anti-suicide pour ses utilisateurs – Libération

Japon_ ils pactisent pour mourir – Libération

Les toxiques les plus courants et les plus dangereux

Où se suicide-t-on le plus dans le monde _

Suicide et responsabilité

Suicide, l’impensé français • Brèves, Mort, Suicide, Vie, Albert Camus, Camus • Philosophie magazine

Suicide_ 10 idées fausses _ Psychologies

 

C:\Documentation_Psychiatrie\Suicide\Andreas Lubitz\

Andreas Lubitz _ «Tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra» – Libération

Andreas Lubitz, pilote «amok»_ – Libération

Andreas Lubitz_ dépression, crises d’angoisse

Andreas Lubitz_2016_«Parfois, des suicides veulent marquer l’histoire» – Libération

Crash _  »probablement un suicide-homicide prémédité » _ Allodocteurs

Crash A320 _ le co-pilote a traversé _un épisode dépressif lourd_ – Sciencesetavenir

Crash dans les Alpes _ le copilote avait fait des recherches internet sur le suicide et les portes de cockpit

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Crash de l’A320 _ Andreas Lubitz _ un suicide _ C’est surtout un homicide sacrificiel – le Plus

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Le concept de Mythomanie (mensonge pathologique) au cours de l’Histoire … Des flics mythomanes.

Communication

L’évolution du concept de mythomanie dans l’histoire de la psychiatrie

The evolution of the concept of mythomania in the history of psychiatry

T. Haustgen a,*, M.-L. Bourgeois b
a CMP, 77, rue Victor-Hugo, 93100 Montreuil, France
b Institut Pitres et Régis, hôpital Charles-Perrens, IPSO, université Victor-Segalen Bordeaux-II, 121, rue de la Béchade, 33076 Bordeaux cedex, France
Disponible sur internet le 22 mai 2007

Résumé

Au XIXème siècle, les allégations mensongères et l’exubérance imaginative sont signalées dans plusieurs formes d’aliénation mentale : monomanie intellectuelle (Esquirol, 1819), folies héréditaires (Morel, 1860), mégalomanie (Dagonet, 1862 et 1876), délire de grandeur (Foville, 1871) — avec prévalence de thèmes de filiation — et surtout folie hystérique (J. Falret, 1866 ; Lasègue, 1881). Plusieurs mystificateurs célèbres dans l’histoire (fausses Jeanne-d’Arc, faux Louis XVII) auraient présenté ce type de troubles. Delbrück trace pour la première fois en Allemagne le tableau d’une forme d’aliénation reposant sur la déformation de la vérité qu’il nomme mensonge pathologique ou pseudologie fantastique (1891). Le Français E. Dupré (1862–1921) décrit en 1905 la mythomanie et ses trois formes : 1) vaniteuse (hâblerie fantastique, autoaccusation criminelle, simulation de maladies) ; 2) maligne (mystification, hétéro-accusation calomnieuse) ; 3) perverse (escrocs, séducteurs d’habitude, mythomanes errants). À partir de 1910, il en fait le fondement des délires dimagination, soit chroniques (autosuggestion, fabulation), soit aigus (souvent symptomatiques de troubles mentaux organiques). En 1919, à travers sa doctrine des déséquilibres constitutionnels héréditaires, il en fait le substratum de lhystérie. Cette conception est reprise par Delmas et Boll (1922), Heuyer (délire de rêverie, 1922), Vinchon (1926), Dide (1935), mais critiquée par l’école de Charcot (Janet), le courant phénoménologique (K. Schneider) et les adeptes de la notion de structure (Ey). Les paraphrénies confabulante et fantastique de Kraepelin (1913) sont rapprochées des délires d’imagination par les élèves de H. Claude (Nodet, 1937). Mais l’intuition devient un mécanisme délirant autonome (1931), tandis que Delay (1942), puis Guiraud (1956) différencient la fabulation de la mythomanie. Le terme disparaît des classifications à partir du DSM-III (1980), lentité de Dupré se trouvant éclatée entre les troubles délirants (à type de grandeur), les troubles factices, les personnalités antisociales, narcissique et borderline. La tendance actuelle est en revanche de différencier le mensonge pathologique des troubles délirants, du syndrome de Ganser et de la confabulation (presbyophrénie ou syndrome de Korsakoff). Ses liens avec la personnalité histrionique restent par ailleurs controversés.

© 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Abstract

During the l9th century, morbid lying and imaginative exuberance are pointed out in several forms of the mental alienation: Intellectual monomania (Esquirol, 1819), hereditary madness (Morel, 1860), megalomania (Dagonet, 1862 and 1876), grandiose delusion (Foville, 1871) — with ideas of filiation — and over all hysterical madness (J. Falret, 1866; Lasègue, 1881). Several historical personages reincarnated (false Joan of Arc, false Louis XVII) have likely suffered from these disorders. For the first time in Germany, Delbrück isolates an autonomous form of pathological lying that he calls “pseudologia fantastica” (1891). The French alienist E. Dupré (1862-1921) describes in 1905 the mythomania and its three forms: 1) vain (fantastic boasting, criminal autoaccusation, malingering); 2) mischievous (hoax, slanderous accusation, anonymous letters); 3) perverse (swindlers, seducers, wandering mythomania). Dating from 1910, Dupré characterizes the delusions based on “imaginative” mechanisms, with grandiose ideas, either chronic (autosuggestion, confabulation), or acute (often symptomatic of delirium, dementia, amnestic or mood disorders). In 1919, he considers mythomania as the basis of hysteria, through its “constitutional” (or “temperamental”) theory of mental disorders. These conceptions are accepted by Delmas and Boll (1922), Heuyer (“délire de rêverie”, 1922), Vinchon (1926) and Dide (1935), but criticized by the pupils of Charcot (Janet), the phenomenologists (K. Schneider) and the “structuralist” school (Ey). Kraepelin’s confabulatory and fantastic paraphrenias are compared with Dupré’s imaginative delusions by the pupils of H. Claude (Nodet, 1937). But the intuition is separated from the imagination as an autonomous delusional mechanism (1931), whereas Delay (1942) and then Guiraud (1956) distinguish confabulation from mythomania. Since the DSM-III (1980), the word mythomania is no more retained into psychiatric classifications. The clinical entity of Dupré is divided in delusional disorders (grandiose type), facticious disorders, antisocial, narcissistic and borderline personality disorders. On the other hand, pathological lying is nowadays differentiated from malingering, delusions, Ganser’s syndrome and confabulation. Its boundaries with histrionic personality disorder are not clear. © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots clés : Constitution ; Dupré ; Fabulation ; Hystérie ; Imagination ; Mégalomanie ; Mensonge ; Paraphrénie ; Pseudologie fantastique

Keywords: Confabulation; Constitution; Dupré; Hysteria; Imagination; Lying; Megalomania; Paraphrenia; Pseudologia fantastica

De tout temps, les moralistes et les philosophes se sont intéressés au mensonge. « Le revers de la vérité a cent mille figures et un champ indéfini », note Montaigne dans les Essais. Tandis que La Fontaine proclame, dans « Le Statuaire et la statue de Jupiter » : « L’homme est de glace aux vérités. Il est de feu pour les mensonges. » Il n’est guère surprenant que la médecine aliéniste ait mis longtemps à présenter une vue unitaire et synthétique d’un phénomène dont les écrivains avaient décelé le caractère multiforme et universel. Par ailleurs, depuis la critique des monomanies de J.-P. Falret, l’inclusion dans la pathologie d’une conduite sociale frappée dostracisme semblait un peu suspecte aux cliniciens. Ce n’est donc pas avant la fin du XIXème siècle que vont être isolées des formes de mensonge pathologique, d’abord par plusieurs auteurs allemands [9,34], ensuite par le Français E. Dupré, qui forge en 1905 le néologisme de mythomanie [13]. Ce terme, passé dans le langage courant sous forme d’épithète, est resté très populaire chez les psychiatres français, alors qu’il n’est pratiquement pas employé dans les travaux anglo-américains qui lui préfèrent « mensonge pathologique » ou le vocable germanique « pseudologie fantastique » (pseudologia phantastica ou fantastica) [12,28,31,32,51].

1. Les mythomanes avant la mythomanie.

Mais des cas de menteurs manifestement pathologiques se retrouvent bien sûr antérieurement dans les annales historiques, puis dans les écrits des premiers aliénistes. Avant Dupré, c’est à lintérieur de deux registres de la pathologie mentale quon recense les futurs mythomanes : d’une part, les monomanies intellectuelles et les délires ; d’autre part, l’hystérie. Il nous faut d’abord passer en revue quelques-uns des pittoresques mystificateurs des siècles passés, épinglés par les historiens.

1.1. Les mystificateurs

Les cas de falsification du réel qui ont longtemps symbolisé la folie aux yeux du grand public sont ceux de personnages historiques réincarnés, sans qu’on puisse toujours déterminer si les intéressés sont des escrocs, des individus suggestibles instrumentalisés ou de véritables délirants. Sainte-Beuve notait [25] : « On ferait une liste curieuse de pseudo-prétendants qui ont surpris un moment la crédulité publique et celle des nations. Depuis le faux Smerdis qu’Hérodote nous raconte, les faux Agrippa, les faux Drusus, les faux Néron rapportés par Tacite, bien des têtes ont travaillé sur ce thème émouvant d’un prince mystérieusement disparu. » Condition de son accession à un statut mythique, le personnage réincarné est en général mort jeune, soit violemment, soit dans des conditions mystérieuses. Au cours des siècles, l’on voit ainsi se succéder les fausses Jeanne d’Arc, dont la plus célèbre, la dame des Armoises, a fait l’objet d’une thèse de Strasbourg en 1951 [33], Perkin Warbek (prétendument l’un des enfants d’Édouard IV d’Angleterre, disparu en 1483 dans la Tour de Londres), Pougatchev (se disant Pierre III de Russie et dont la révolte manqua de faire basculer l’empire de la Grande Catherine), puis les faux Louis XVII : une trentaine de cas recensés, dont huit internés dans des maisons de santé au XIXème siècle [25]. Sérieux et Capgras considèrent le plus célèbre d’entre eux, Naundorff, comme un délirant interprétatif : « Loin d’être un imposteur, il fut, semble-t-il, un interprétateur de bonne foi quand il contait la substitution au Temple et son séjour en Vendée chez un individu qu’on n’a jamais retrouvé, dans un château qu’on n’a pu situer. C’est avec la même conviction qu’il publiait plus tard sa Doctrine céleste où il exposait ses élucubrations mystiques, affirmant que Jésus-Christ n’est pas un dieu, mais un ange » [50]. Plus proche de nous, la fausse grande-duchesse Anastasia de Russie (pour l’état civil, l’Américaine Anna Anderson, morte en 1984).

Plusieurs personnages historiques semblent avoir présenté des thèmes (délirants ?) de filiation. Le plus célèbre est sans doute Christophe Colomb en personne, dont P. Erlanger décrit inimitablement la genèse des idées de grandeur : « Imaginatif, il l’était essentiellement et aussi doué de cette ambition poétique courante chez les contemporains de la chevalerie, aux yeux desquels un arbre généalogique recelait cent mystérieuses vertus. Le fils d’un tisserand de 1453 n’aurait pas seulement trouvé la société entière dressée contre lui s’il avait prétendu faire carrière. Il n’aurait jamais eu le courage de se poser en rival de ses supérieurs, les descendants des soudards de Guillaume le Conquérant, des pouilleux soldats de Charlemagne. Ces gentilshommes aux beaux noms, ces puissances taboues disposaient d’une arme magique qu’un Colomb de Gênes avait un seul moyen de neutraliser : se proclamer un des leurs et le croire. Ceux qui aiment donner des noms savants aux petites faiblesses humaines l’ont traité de menteur pathologique. Si la maladie consiste à mentir de façon convaincante, c’est-à-dire après s’être persuadé soi-même, Colomb assurément en fut atteint […]. Sa version personnelle le présente comme issu du comte Colombo, seigneur de Cuccaro-en-Montferrat, descendant du général romain Colonius qui vainquit Mithridate, roi du Pont, l’amena prisonnier à Rome » [18]. Des histoires d’accouchement clandestin et d’enlèvement d’enfant enrichissent les thèmes délirants de filiation de la princesse Tarakanova, soi-disant fille naturelle de la tsarine Elisabeth (encore une Russe !), morte en prison en 1775, et de Maria-Stella Chiapini, se disant Marie-Étoile d’Orléans, fille de Philippe-Égalité, à laquelle aurait été substitué le futur roi Louis-Philippe et qui mourut à Paris en 1843. Toujours au siècle des Lumières, d’illustres mystificateurs font, à travers des récits luxuriants, la jonction entre alchimistes et astrologues de la Renaissance, médiums, spirites et voyantes du XIXème siècle : le faux comte de Cagliostro (mort dans les geôles de l’Inquisition) et le faux comte de Saint-Germain. Si ces personnages firent en leur temps de nombreuses dupes, il est curieux de constater que des pseudo-historiens les ont relayés jusqu’à nos jours dans le cas des fausses Jeanne d’Arc, brodant à partir du XIXème siècle des thèmes de filiation (Jeanne, fille naturelle d’Isabeau de Bavière) sur la mystification initiale du XVe siècle. Régine Pernoud n’a pas manqué de fustiger « ces écrivains qui, en marge de l’Histoire, fabriquent des fables dont la plupart fourniraient d’admirables objets d’études aux psychanalystes, voire aux psychiatres, car chez quelques-uns, l’emportement avec lequel ils exposent leur thèse touche à la frénésie » [45].

1.2. Monomanies, folies héréditaires et délires de grandeur.

Dès 1800, la première édition du Traité médico-philosophique de Pinel relate les disputes de « trois aliénés qui se croyaient autant de souverains et qui prenaient chacun le titre de Louis XVI ». L’auteur raconte comment Mme Pussin, « en paraissant se prêter à leurs idées imaginaires », réussit à les calmer tour à tour ([46] p. 92–95). Le cas d’un des faux dauphins (Louis XVII), Jean-François Dufresne, 36 ans, neveu d’un conseiller d’État, soigné en 1818 par Esquirol, est l’une des illustrations cliniques du premier mémoire sur la monomanie, publié en 1819, repris en 1838. D’abord hypocondriaque, puis lypémaniaque, il « devient monomaniaque aussitôt après la lecture d’un journal. Cette lecture suffit pour produire une conviction indestructible […]. Il n’a point été possible de persuader à ce malade qu’il est le jouet de son imagination égarée » ([19] p. 11–19). Dans ses leçons cliniques, J.-P. Falret estime que « la production spontanée, c’est-à-dire sans cause appréciable, des idées dans la folie [est] un mode de génération des délires exceptionnel » ([21] p. 190). De nombreux cas de manifestations délirantes jaillissant brutalement de l’imagination, à thèmes de grandeur et de filiation, jalonnent toutefois les ouvrages de médecine mentale de la seconde moitié du XIXème siècle. Morel décrit en 1860, dans la 2ème classe de ses folies héréditaires, « des rêveurs, des utopistes, des esprits faux qui, dans les conceptions, fruits de leur intelligence et de leur imagination, apportent la même excentricité, le même dévergondage, que dans leurs actes ». Aimé P. « se fait passer pour un descendant des ducs de Lorraine […]. Ces sortes d’aliénés finissent par s’identifier dans les rôles qu’ils se donnent et par regarder comme véritables et réelles les conceptions les plus extravagantes de l’esprit de mensonge qui les caractérise » ([41] p. 546–548). L’une des orgueilleuses de la folie lucide de Trélat (l861), Mme S., femme d’un peintre en bâtiment, est persuadée d’être « Henriette Constantine Hortense Venda Wasilewska, veuve du comte d’Osmont, de Varsovie » ([53] p. 186–191).

En 1871, Foville explicite les mécanismes psychologiques qui conduisent au développement d’idées de grandeur et de filiation dans certaines formes d’aliénation chronique : « Frappés du peu de rapport qui existe entre leur position bourgeoise et la puissance dont leurs ennemis doivent disposer pour les atteindre en dépit de tout, quelques-uns de ces malades finissent par se demander si réellement ils sont aussi peu importants qu’ils le paraissent. Une nouvelle personnalité s’ouvre à leur esprit tourmenté […]. Si l’on a un si grand intérêt à les perdre […] c’est qu’ils appartiennent à un rang élevé, c’est que les gens qu’ils avaient considérés comme leurs parents ne sont pas leurs parents véritables, c’est qu’eux, ils appartiennent en réalité à une famille de premier ordre, à une souche royale le plus souvent. » Foville évoque également « les faiseurs de projets absurdes, dont les élucubrations vont s’enfouir dans les catacombes du ministère, les inventeurs du mouvement perpétuel, de la quadrature du cercle, les individus qui ont toujours un système prêt, ceux qui s’imaginent qu’avant eux la science n’était qu’un amas d’erreurs, les grands hommes incompris, les orateurs déclassés », mais pour les écarter du délire de grandeur [24].

Dans l’édition de 1876 de son traité, H. Dagonet développe sa conception de la mégalomanie (terme qu’il a forgé dès 1862) : « Il serait difficile d’énumérer toutes les idées chimériques que l’imagination des individus, atteints de monomanie ambitieuse, vient à leur créer, et qu’ils prennent pour autant de réalités. Les uns se croient prophètes, dieux ; les autres sont riches, puissants, ce sont des généraux, des ministres, de grands seigneurs, des princes, des rois ; ils commandent à l’univers entier, ils donnent avec dignité et protection des ordres à ceux qui les entourent, quelques-uns se croient des savants distingués, des poètes, des orateurs, etc. D’autres sont des réformateurs en politique, en finances, en religion » ([6] p. 268). En 1882, Magnan fera du délire de grandeur la troisième période de son délire chronique à évolution systématique [39].

1.3. Les hystériques avant Charcot.

On peut considérer la description par Jules Falret (fils) de la folie hystérique en 1866 (reprise dans son traité de 1890) comme la première expression des traits de caractère permanents de l’entité. Ce tableau, qui n’a rien à voir avec les futures psychoses hystériques, s’inscrit dans le cadre du démembrement de la folie raisonnante ou folie morale (monomanie affective dEsquirol), à laquelle la Société médico-psychologique consacre alors plusieurs séances. Le mensonge y occupe une place de premier ordre, ce qui va communiquer à l’hystérie des aliénistes un cachet particulièrement sombre [22] : « Un fait principal, essentiellement caractéristique chez les hystériques, c’est lesprit de duplicité et de mensonge. Ces malades sont de véritables comédiennes ; elles n’ont pas de plus grand plaisir que de tromper et dinduire en erreur. Les hystériques, qui exagèrent jusqu’à leurs mouvements convulsifs (lesquels sont souvent en partie simulés), travestissent et exagèrent également tous les mouvements de leur âme, toutes leurs idées et tous leurs actes. Elles affichent à chaque instant des sentiments quelles nont pas, elles jouent la douleur comme la gaieté, lamour comme la haine. Elles affectent la sympathie la plus vive pour les personnes quelles détestent cordialement ; elles aiment à méditer des projets de vengeance, à combiner des tours infâmes, des machinations infernales, des calomnies destinées à ruiner la réputation des personnes auxquelles elles prodiguent les témoignages de laffection la plus vive et la plus hypocrite ; elles inventent mille ruses, mille histoires mensongères. Elles composent de véritables romans. En un mot, la vie des hystériques nest quun perpétuel mensonge » ([22] p. 502).

Dans les années 1880, les prédécesseurs de Dupré à l’Infirmerie spéciale de la préfecture de police renchérissent. Lasègue présente le 28 mars 1881 à la Société médico-psychologique sa communication sur « les hystériques, leur perversité, leurs mensonges ». Il y décrit les « créations imaginaires » des hystériques. Leurs deux caractéristiques seraient « l’histoire arrangée et récitée par cœur, son acceptation par l’entourage. C’est ce dernier caractère qui différencie ce genre de perturbation morale de la folie proprement dite. Celle-ci ne se gagne pas, tandis que ces romans dhystériques imposent par leur vraisemblance. […] Les mensonges, les inventions des hystériques ne sont que le résultat dun mode de combinaison entre un fait faux, dune part, et, dautre part, une sorte de sagacité qui donne à ce fait inventé un certain caractère de vraisemblance » [36].

En 1883, Legrand du Saulle publie son étude, Les Hystériques. État physique et état mental. Actes insolites, délictueux et criminels. Le troisième des quatre degrés de lhystérie comporte, à côté des attaques de sommeil et des dédoublements de la personnalité, les mensonges, les tromperies et les dénonciations calomnieuses [37]. Pour les élèves de Charcot, ces troubles du caractère résulteraient de l’association de l’hystérie neurologique avec un terrain dégénératif [16]. Toutefois, Magnan ne fait pas en 1882 de la tendance au mensonge l’un des « syndromes épisodiques » de la dégénérescence mentale [39].

C’est l’Allemand Delbrück (de Stuttgart) qui isole, semble-t-il pour la première fois, en 1891 un trouble mental basé sur les conduites mensongères, à partir de cinq cas d’aventuriers de la haute escroquerie financière, en Autriche et en Allemagne. Il intitule sa communication (qui sera traduite en anglais en 1969), « Le mensonge pathologique ». C’est lui qui propose le terme de « pseudologie fantastique » (pseudologia phantastica) [9]. Peu après (1898), Koppen met l’accent sur l’assimilation, dans le mensonge pathologique, entre mensonge et réalité aux yeux du malade, ce qui apparente ce dernier à un véritable délirant [34].

2. L’oeuvre d’Ernest Dupré (1905–1919)

Le Docteur Ernest Dupré (1862–1921), médecin des hôpitaux de Paris depuis 1899, professeur agrégé à la Faculté, donne une série de leçons cliniques sur la mythomanie en 1905, aussitôt publiées dans le Bulletin médical. Il fait, avec son interne Benjamin-Joseph Logre (1883–1963), une première communication sur les délires dimagination au congrès des aliénistes de langue française d’août 1910, tenu à Bruxelles et à Liège. Il devient en 1913 (et non en 1905, comme on l’écrit généralement) médecin-chef de lInfirmerie spéciale (où il succède à Legras) et en 1916 professeur titulaire des maladies mentales et de l’encéphale (à la disparition de G. Ballet). Mais c’est seulement en novembre 1919 qu’il expose, dans sa leçon inaugurale, la doctrine des constitutions (ou déséquilibres constitutionnels du système nerveux).

2.1. Mythomanie

Dupré définit la mythomanie comme une « tendance pathologique plus ou moins volontaire et consciente au mensonge et à la création de fables imaginaires » [13]. Il parle déjà de « tendance constitutionnelle » en 1905 : « Si lon devient menteur, on naît mythomane. » Il exclut de l’entité le mensonge et la simulation épisodiques, l’activité mythique normale de l’enfant et les formes d’aliénation comportant des altérations habituelles de la vérité (il sera plus nuancé dans la suite de son travail sur leur éventuelle appartenance à la mythomanie) : confusion mentale, onirisme, délires systématisés, maladie maniaco-dépressive, états démentiels. Le contexte sociologique de l’époque explique sans doute l’étymologie du vocable de Dupré : débuts de l’anthropologie, de l’ethnographie et de l’étude des mythes ancestraux, assimilation du malade mental à l’enfant et au primitif [38].

La véritable mythomanie se caractérise par son manque de finalité, son caractère immotivé, sa durée et son intensité. Chez l’adulte comme chez l’enfant mythomanes, Dupré retrouve le même terrain (dégénérescence, déséquilibration), le même fond mental (infantilisme psychique), les mêmes associations morbides et les mêmes degrés :

  • altération de la vérité (par exagération, atténuation ou déformation de faits réels), involontaire, inconsciente, désintéressée (rôle de la suggestibilité) ;
  • mensonge caractérisé, tous les intermédiaires étant possibles entre le mensonge-moyen, utilitaire, et le mensonge-tendance, habituel, inutile, presque toujours encadré d’une fable ;
  • simulation, forme de fabulation en acte faisant jouer les tendances à l’imitation (adultes surtout) ;
  • fabulation fantastique, aboutissant au roman mythopathique imaginaire.

Dupré distingue trois formes cliniques principales de mythomanie, parfois associées et comprenant elles-mêmes de nombreuses variétés :

  • débiles : soit hâblerie fantastique, récits fabuleux d’aventures romanesques, vantardises, fanfaronnades (Tartarin de Tarascon), fugues des mythomanes infantiles migrateurs (petits Robinsons) ; soit autoaccusation criminelle, forme dépressive du « besoin pathologique de gloriole », qui emprunte aux événements de l’actualité (rôle de l’appoint éthylique) ; soit simulations d’attentats, faux accidents (nous sommes à l’époque des attentats anarchistes) ; soit simulations de maladies, de lésions et de troubles organiques (automutilations, ulcérations, ecchymoses, algies, paralysies), faux hypocondriaques (que Dieulafoy décrira en 1908 sous le nom de pathomimies), laparotomisés par persuasion (futur syndrome de Münchhausen).
  • la mythomanie maligne, qui s’associe aux diverses manifestations de linstinct de destruction : forme malicieuse des mystificateurs d’habitude ou professionnels (fabulations orales ou écrites, inspirées de l’actualité, supercheries variées, dont sont les cibles des victimes suggestibles, spiritisme, occultisme, dépôt de fausses bombes) ; ou hétéro-accusation calomnieuse avec dénonciation de crimes imaginaires (hétéro-accusation génitale, violences simulées, plaintes des faux enfants martyrs), lettres anonymes, faux témoignages.
  • la mythomanie perverse, qui vise à la satisfaction d’intentions cupides, sexuelles ou passionnelles : fraudes et escroqueries, abus de confiance, faux héritages (cas de Delbrück, affaire Thérèse Humbert, contagion mentale et complicité inconsciente de l’entourage) ; mythomanes sexuels (polygames, séducteurs professionnels) ; mythomanes errants, « véritables fables en marche racontant leurs odyssées […] qui ont autant de tendance à mentir qu’à voyager » (« Tout aventurier est né d’un mythomane », écrira A. Malraux dans La Voie royale).

Pour Dupré, il existe de nombreuses analogies entre la mythomanie et lhystérie : simulation provoquée ou spontanée d’un fait inexistant, autosuggestion. Le critère différentiel couramment avancé (caractère conscient et volontaire de la mythomanie) paraît bien contestable car contingent, difficile à mettre en évidence et à mesurer, aboutissant au même résultat clinique. En suivant la voie tracée par Babinski (qui avait retranché les manifestations pithiatiques de l’hystérie en 1901), il convient donc de poursuivre le démembrement de la « grande névrose », d’en détacher cette « véritable diathèse de mensonge et de fabulation » que constitue la mythomanie.

2.2. Délires d’imagination

2.2.1. Une faculté mentale au statut incertain

Aristote définissait limagination comme la faculté de faire ressurgir une image mentale en labsence de son objet initial. Elle dépendait de la mémoire. Pour Galien, l’âme raisonnable se subdivisait en imagination, raison proprement dite et mémoire. Jusqu’au XVIIIème siècle, l’imagination va désigner de manière générale la pensée et les représentations sensibles, tandis que fantaisie dénommait ce que nous appelons aujourd’hui imagination. C’est dans la première de ces acceptions que Pinel parle le plus souvent de l’imagination. Baillarger voyait encore en 1845, dans « lexercice involontaire de la mémoire et de limagination », le point de départ des hallucinations, mais aussi des troubles de lhumeur, de la stupidité et du délire aigu ([3] p. 499). C’est Kant qui, dans la Critique de la raison pure, introduit le concept moderne d’imagination productrice (dite plus tard créatrice ou constructive), liée pour lui à l’intuition, tandis qu’il abandonne la vieille imagination reproductrice d’Aristote aux « psychologues » : « En tant que l’imagination est spontanéité, je l’appelle aussi quelquefois imagination productrice et je la distingue par-là de l’imagination reproductrice, dont la synthèse est uniquement soumise à des lois empiriques, à celles de l’association et qui n’appartient pas à la philosophie transcendantale, mais à la psychologie. »

En 1900, T. Ribot publie une étude sur limagination créatrice [47]. Pour Chaslin (1912), cette dernière peut connaître diverses perturbations en pathologie mentale : augmentée dans lexcitation maniaque et la paralysie générale, diminuée dans la neurasthénie, les folies discordantes et les démences, affaiblie dans l’idiotie ou pervertie dans les idées de grandeur, les pseudo-souvenirs, la vantardise pathologique, comme chez les inventeurs méconnus : « Les perversions de l’imagination peuvent être indépendantes d’idées vraiment délirantes. Elles sont parfois si développées et si extravagantes qu’on les appelle “délire d’imagination”. Elles touchent de près aux mensonges et d’autre part aux faux souvenirs des gens qui ont perdu la mémoire et qui inventent inconsciemment des récits fantastiques » ([5] p. 107). C’est à propos de ces cas que Neisser avait décrit en 1905 un délire de confabulation, reprenant un terme utilisé par Kahlbaum dans son tableau de la presbyophrénie (1863). De même, Sérieux et Capgras faisaient en 1909 du délire de fabulation une variété de leur délire dinterprétation systématisé ([50] p. 161–168).

2.2.2. Psychoses imaginatives

Mais c’est seulement en 1910–1911 [14] que Dupré élève limagination au rang de mécanisme délirant, sur le modèle de l’interprétation et de l’hallucination (il a publié en 1907, quatre ans avant G. Ballet, une Revue polyclinique des psychoses hallucinatoires chroniques) : « L’imaginatif, également insoucieux des constatations sensorielles et des démonstrations logiques, exprime des idées, expose des histoires, émet des affirmations à la réalité desquelles, en dehors de toute expérience et de tout raisonnement, il attache immédiatement croyance. Le malade, réalisant d’emblée ses associations didées, transporte dans le monde extérieur ses créations subjectives, en leur conférant tous les caractères de lobjectivité. Il procède par intuition, par autosuggestion, par invention. Le point de départ de son erreur n’est pas la notion d’un fait extérieur, exact ou inexact, source d’un raisonnement incorrect ou résultat d’une perception fausse, mais une fiction d’origine endogène, une création subjective. Linterprétant procédait en savant ; limaginatif procède en poète » ([15] p. 96-97).

Le terrain est celui de la mythomanie constitutionnelle, dont le délire d’imagination n’est que l’« exagération morbide ». Pour Dupré, il existe une « identité foncière » entre le mensonge intentionnel et la mythomanie délirante, « totalement impossibles à distinguer dans la pratique » (ibid., p. 126). Le trouble s’alimente de fabulations rétrospectives et d’hallucinations de la mémoire. Le roman mythopathique se met en place « extemporanément, sur-le-champ, souvent par une réponse imprévue ». L’abondance même du délire nuit à sa systématisation. On note une « association fréquente et étroite, dans la réalité, des éléments de mensonge et de délire, en apparence inconciliables et même contradictoires » (ibid., p. 127). À l’inverse des délires d’interprétation, les délires imaginatifs sont le plus souvent variables, polymorphes, d’évolution irrégulière. Ils s’organisent en dehors de toute logique, selon les lois de continuité et de succession d’un récit (ibid. p. 154). Les thèmes, initialement de grandeur, d’invention et de filiation, peuvent évoluer vers la persécution et la revendication (ibid. p. 129). On relève des conséquences médicolégales spécifiques : faux témoignages, revendications d’ordre filial ou familial, escroqueries, vagabondage (comme dans les formes maligne et perverse de la mythomanie). À côté des délires chroniques d’imagination, Dupré et Logre décrivent des psychoses imaginatives aiguës (ibid., p. 167– 168), de début brutal, se déclenchant sur un fond de faiblesse de l’intelligence, d’aptitude mythopathique constitutionnelle et d’éréthisme psychique. Leur thématique est absurde, mais ne s’appuie sur aucune activité hallucinatoire. Elles évoluent en général favorablement. Contrairement au délire chronique d’imagination, elles sont le plus souvent symptomatiques de confusion mentale (autoaccusation de l’alcoolisme subaigu, fabulation du syndrome de Korsakoff), d’état démentiel (presbyophrénie), de paralysie générale ou de troubles de lhumeur (formes imaginatives de lexcitation maniaque ou hypomaniaque, romans d’autoaccusation, de ruine et d’hypocondrie des mélancoliques). Mais il existe des formes de délires imaginatifs aigus essentiels : délire dimagination en bouffée (forme clinique des bouffées délirantes de Magnan pauvres en interprétations et souvent exemptes d’hallucinations) ; délire imaginatif à éclipse, évoluant en crises paroxystiques séparées par des intervalles lucides. Enfin, des idées délirantes de mécanisme imaginatif peuvent s’observer transitoirement au cours de nombreuses pathologies mentales, aiguës ou chroniques (ibid., p. 137–149) : états obsédants (faux souvenirs, rêves hypnagogiques), perversions sexuelles, érotomanie (représentation de scènes érotiques, invention d’épisodes romanesques), accès maniaques (puérilisme, glossolalie) et dépressifs (faute imaginaire), excitation ébrieuse (paradis artificiels), confusion mentale légère (à distinguer de l’onirisme, de mécanisme hallucinatoire), syndrome de Korsakoff (rêverie fabulante), démence sénile (fabulation paramnésique), paralysie générale, délires chroniques d’interprétation et de revendication (inventeurs, thèmes de filiation). Mais cest surtout avec lhystérie que le délire dimagination entretient détroites relations : rôle commun de l’imitation ou de l’autosuggestion dans le déclenchement des manifestations, parenté de la suggestibilité et de l’imagination créatrice [47], terrain mythomaniaque (qui, combiné avec la psychoplasticité, conduit à faire de la mythoplastie la caractéristique essentielle de lhystérie).

2.3. La constitution mythopathique, substratum de l’hystérie ?

Pour Dupré, en 1919, « les maladies mentales sont des maladies de la personnalité. Or, la personnalité, normale ou pathologique, représente la somme et la synthèse de toutes les activités, organiques et fonctionnelles, dont la synergie continue assure, dans l’espace et dans le temps, la vie de l’individu » ([15] p. 486). Les manifestations du psychisme sont d’origine organique, sensitivomotrice et héréditaire. « Ces affections constitutionnelles semblent liées à des anomalies congénitales ou précocement acquises des régions du cortex où s’élabore l’activité psychique : anomalies de structure, de rapports ou de nutrition, encore inaccessibles d’ailleurs à nos techniques d’exploration microscopique ou chimique » (p. 487).

Il existe cinq formes de déséquilibres constitutionnels, qui représentent chacune l’altération d’une fonction de la vie relationnelle : débilité motrice (motilité) ; constitution émotive (émotivité) ; perversions instinctives (instincts de propriété, de génération et de sociabilité) ; constitution paranoïaque (jugement) ; constitution mythopathique (imagination) — le suffixe – pathos venant écarter toute analogie avec les monomanies. Les traits de la constitution mythopathique ont déjà été décrits dans les travaux sur les psychoses imaginatives : tendances romanesques, suggestibilité, goût pour certaines lectures (feuilletons, mélodrames, romans policiers), aptitude au mensonge, à la fabulation et à la simulation, propension à l’instabilité et au vagabondage (ibid., p. 183). Il existe une mythomanie passive, de répétition, faite de crédulité, de suggestibilité, de faiblesse du jugement, et une mythomanie active, démission, avec exubérance de limagination créatrice, tendance à la simulation et à la fabrication de situations fictives. Les combinaisons entre cette constitution et les autres s’expriment dans les différentes formes de mythomanie, décrites en 1905 : vaniteuse (association avec la débilité), maligne (avec la paranoïa), perverse (avec les perversions instinctives). Quant aux délires chroniques d’imagination, ils peuvent survenir aussi bien sur la constitution paranoïaque que mythopathique (ibid., p. 498–500).

Alors qu’il concluait seulement en 1905 à la séparation entre mythomanie et hystérie, Dupré fait en 1919 complètement dépendre cette dernière de la constitution mythopathique : « L’hystérie et les états pithiatiques représentent pour moi une espèce particulière du genre mythomanie […]. Tous les degrés s’observent entre la mythomanie sincère [sic] et l’hystérie, d’une part, la simulation intentionnelle, d’autre part ». Il avait déjà noté en 1911 : « Les autres mythomanes mentent surtout avec leur esprit. L’hystérique ment surtout avec son corps » (ibid., p. 146). Son élève Logre écrira en 1921 : « L’hystérique est un mythomane qui fabule avec son corps » [49].

3. La mythomanie de Pierre Janet à Henri Ey

3.1. Mythomanie et hystérie : une relation mouvementée

Contre J. Falret, Lasègue et Dupré, c’est à une sorte de réhabilitation de la personnalité hystérique que se livre P. Janet en 1909 : « Nos pauvres malades n’ont vraiment pas été favorisées ; jadis on les brûlait comme sorcières, puis on les accusa de toutes les débauches possibles ; enfin, quand les mœurs furent adoucies, on se borna à dire qu’elles étaient versatiles à lexcès, remarquables par leur esprit de duplicité, de mensonge, de simulation perpétuelle » ([30], p. 296). Cependant, la mythomanie ne peut caractériser les hystériques : « Le mensonge est pour moi un des accidents mentaux de la névrose, un des délires que l’hystérique peut avoir d’une manière très grave ou d’une manière atténuée, comme elle peut avoir des somnambulismes ou des fugues. Mais les hystériques nont pas nécessairement toutes limpulsion au mensonge. » (ibid. p. 297) Pour Janet, les deux principaux stigmates hystériques sont la suggestivité et la distractivité.

Au chapitre « Mensonge pathologique » de son manuel de 1912, P. Chaslin reprend, à l’inverse de Janet, la position classique des aliénistes : « Beaucoup dhystériques accusent leur médecin de les avoir violées ou outragées. On dit maintenant que l’hystérie n’est pour rien dans ces mensonges pathologiques. C’est possible, mais, dans la pratique, on peut bien dire que le mensonge poussé à ce degré vraiment pathologique se rencontre chez des débiles, imbéciles, détraqués, pervertis d’ordre divers et hystériques, enfants et adultes […]. Ce mensonge pathologique ne se borne pas au langage parlé ou écrit, il s’étend aussi aux actes. Il y a alors simulation, souvent de choses extraordinaires ou pathologiques, uniquement pour le plaisir, semble-t-il. Tout le monde connaît des exemples de ces faits qui touchent de près à l’hystérie ; il est, d’après Babinski, fort difficile de les distinguer de celle-ci » ([5] p. 110–111).

En 1922, l’ouvrage classique de Delmas et Boll isole cinq « constitutions psychopathiques », dont la constitution mythomaniaque, corrélées à des dispositions fondamentales d’ordre affectif et actif : avidité, bonté, activité, émotivité, sociabilité [10]. C’est cette dernière fonction qui serait altérée dans la mythomanie. On passerait par transitions insensibles d’une disposition (hypertrophiée ou atrophiée) à une constitution, puis à une psychopathie ou à une psychose. L’hystérie serait donc une maladie de la sociabilité, fonction qui vise à « intéresser les autres à soi et à conquérir leur bienveillance, par opposition à la bonté, dont le but est de sintéresser aux autres ». Diderot notait déjà : « On ne ment plus guère quand on sest départi de la prétention doccuper les autres de soi » [1].

Parmi les dix types de « Personnalités psychopathiques » qu’il isole en 1923, K. Schneider ne décrit pas de mythomanes, mais une classe de « psychopathes qui ont besoin de se faire valoir » [48]. En 1926, W. et M.T. Healy (de Boston) fournissent une définition devenue classique de la pseudologie fantastique : « Falsification entièrement disproportionnée à un but discernable, possiblement extensive et très compliquée, se manifestant durant des années ou même toute la vie, en l’absence d’un trouble mental avéré, d’une faiblesse d’esprit ou d’une épilepsie » [28].

Au même moment, J. Vinchon trace en France, dans son étude sur les déséquilibrés préfacée par Laignel-Lavastine, un portrait des plus noirs de l’hystérique : « C’est l’hystérie qui pousse aux escroqueries, aux usurpations de fonctions et de titres les êtres trop faibles pour résister à leurs rêves. L’hystérique joue comme eux la comédie, mais il la joue surtout avec son corps […]. Les délits des hystériques sont assez comparables à ceux des autres imaginatifs : ils ont peut-être plus d’habileté encore dans le mensonge, qui leur permet de jouer au naturel les rôles qu’ils choisissent » [55]. En 1929, Trubert, élève de Delmas, soutient encore une thèse intitulée « Lhystérie et la mythomanie », dans laquelle il incrimine lexaltation imaginative, les perturbations du jugement et de la mémoire dans la genèse de laffection [54].

En 1935, Dide consacre toujours un chapitre de son ouvrage sur l’hystérie à « Fabulation, mythophilie, imagination ». En se référant au « rôle social de la fabulation » développé par Bergson dans Les deux sources de la morale et de la religion (1932), il constate : « Chez l’hystérique, l’arriération fabulatrice se révèle par un faible jaillissement des sources généreuses ; fonction instinctive sans maturation, ni sûreté, elle s’exagère quantitativement, bien que privée de ses qualités foncières ; de la sorte, elle cache la faible intuition de soi-même. Elle exprime un reliquat infantile et ancestral inférieur, désadapté aux conditions actuelles » ([11] p. 191–192). Prenant le contre-pied de l’approche de Dupré, J. Delay est le premier auteur français à différencier nettement fabulation (délire de mémoire) et mythomanie (passion du mensonge) (1942) : « Le menteur sait qu’il ment, il sait donc qu’il y a une vérité. Le fabulateur ne dit pas la vérité, mais il ne ment pas, parce qu’il ne sait pas qu’il ment. Le menteur dit le faux pour le vrai, le fabulateur est en dehors du vrai et du faux, par-delà l’erreur et la vérité. Le menteur dupe, le fabulateur est dupé. Aussi bien ne prend-il aucune précaution pour ne pas être découvert. La fabulation n’est pas un récit, c’est un délire » ([8] p. 108).

Si dans les années 1950 et 1960, Heuyer [29] et Michaux [40] reprennent les descriptions de la constitution mythomaniaque tracée par leur prédécesseur à l’Infirmerie Spéciale, la plupart des traités et des manuels n’établissent plus de corrélations entre hystérie, fabulation et mythomanie. Baruk rencontre surtout la mythomanie chez les hypomanes : « Derrière cette libération de limagination incontrôlée, il existe souvent une modification plus profonde du psychisme et de lactivité nerveuse, modification qui relève de lexaltation particulière de lhypomanie et de la baisse du frein et de la critique que cette exaltation représente » ([4] p. 100). Guiraud note en 1956 [27] : « Croire avec Dupré et son école que la mythomanie est une constitution qui sert de base à l’hystérie, aux délires d’imagination et même à la presbyophrénie et au syndrome de Korsakoff, me paraît une exagération. » (p. 158) Grand pourfendeur de la doctrine des constitutions dès les années 1930, Ey [20] ne mentionne la mythomanie qu’à propos des formes pseudo-névrotiques du comportement psychopathique (p. 376). Il ne lui consacre aucune de ses Études psychiatriques.

3.2. Mythomanie et délires : l’invention des paraphrénies

Dans la huitième édition de son traité (1913), E. Kraepelin introduit une classe de psychoses endogènes (congénitales) intermédiaire entre la paranoïa et la démence précoce, celle des paraphrénies [35]. Parmi ses quatre formes, il décrit :

  • la paraphrénie confabulante (rare selon lui), qui se caractérise par la survenue didées de persécution et de grandeur, sur la base de faux souvenirs, à thèmes de richesse et de filiation royale, s’alimentant d’histoires extravagantes (substitution d’enfants) et d’aventures extraordinaires, sans hallucinations, ni sentiment d’influence ;
  • la paraphrénie fantastique, « production luxuriante d’idées délirantes absolument extravagantes, incohérentes, changeantes », s’accompagnant d’hallucinations auditives et de sentiment d’influence (qui apparentent cette forme à l’ancienne démence paranoïde), avec perturbations de l’humeur, néologismes, jeux de mots absurdes, à la thématique de grandeur, de filiation et de persécution variant très rapidement, aboutissant plus ou moins vite à un état daffaiblissement (Verblödung) du jugement (confusion du discours, perturbations du comportement), épargnant paradoxalement la volonté et l’activité mentale.

Bien qu’il s’agisse ici de pathologies accidentelles et non constitutionnelles (comme la paranoïa), l’école de H. Claude va en France, dans les années 1930, tenter de rapprocher les paraphrénies des délires d’imagination. C.-H. Nodet introduit le concept de « structure paraphrénique », se caractérisant « par l’importance du facteur imaginatif et hallucinatoire [et] la superposition constante d’une pseudoréalité éperdue » [43]. Henri Ey, quant à lui, isole le groupe des délires chroniques fantastiques, avec pensée paralogique, primauté de la fabulation sur les hallucinations, intégrité paradoxale de l’unité de la synthèse psychique [20].

En 1922, Heuyer et Borel [29] décrivent le délire de rêverie, comme forme clinique du délire d’imagination. Survenant à titre de compensation d’un sentiment d’infériorité physique, familiale ou sociale chez des sujets schizoïdes, il comporte des thèmes de grandeur, de puissance, de richesse, de filiation et des thèmes érotomaniaques (amours flatteuses imaginaires). À la fin de sa vie, Heuyer l’assimilera à l’autisme infantile de Kanner, décrit une vingtaine d’années plus tard ([29] p. 151). Le délire de rêverie semble toutefois plus proche du « bovarysme », individualisé par J. de Gaultier à la fin du XIXème siècle, en référence à Flaubert : possibilité de se concevoir autre qu’on est et l’ambiance autre qu’elle n’est, indifférence à la réalité, buts inaccessibles voués à l’échec.

En 1931, Targowla et Dublineau isolent un nouveau mécanisme délirant, que Dupré avait confondu avec l’imagination : l’intuition, définie comme un « jugement qui surgit soudainement et spontanément à la conscience, en dehors de la volonté, d’une manière incoercible, sans intermédiaire psychosensoriel ou intellectuel […]. Il s’impose par une évidence immédiate, indépendante de toute preuve ». Son caractère distinctif est « l’origine personnelle, reconnue par le sujet, du phénomène ». L’intuition spécifie une variété de « rêverie délirante schizophrénique », accompagnée du développement de tendances autistiques [52].

3.3. Statut de la mythomanie dans la psychanalyse

La psychanalyse fait du fantasme le fondement du psychisme inconscient, en le référant à 1’activité imaginative. Le terme fantasme renvoie aussi à la rêverie diurne. Mais, comme le déplore Ellenberger », la « fonction mythopoïétique de linconscient » (dont la mythomanie hystérique ne serait que lun des aspects) a suscité peu d’intérêt chez les pionniers de la psychiatrie dynamique [17,38]. Le mensonge n’est pas un objet d’étude spécifique pour la psychanalyse. Il n’entre pas dans la catégorie des mécanismes de défense. Freud prend toutefois acte, dans LAvenir dune illusion, du caractère universel de l’activité mensongère : « Il est d’innombrables civilisés qui reculeraient à l’idée du meurtre ou de l’inceste, mais qui n’hésitent pas à nuire à leur prochain par le mensonge et la tromperie, s’ils peuvent le faire impunément. » Et Lacan note dans ses Écrits : « La parole proprement humaine ne commence qu’avec la possibilité du mensonge. »

 4. La mythomanie dans la psychiatrie contemporaine

4.1. Classifications

Tandis que se développaient les recherches sur le mensonge en psychologie sociale, la mythomanie a déserté les classifications officielles des troubles mentaux dans les années 1980. La classification de lInserm de 1968 intègre encore la mythomanie maligne parmi les « perversions autres que sexuelles » (11.3). Mais le vocable ne figure plus, ni dans les DSM-III et IV [2], ni dans la CIM-10 [44]. La mythomanie ne fait partie ni des troubles dissociatifs, ni des troubles du contrôle des impulsions, ni des troubles des conduites de l’enfant ou de l’adolescent, ni des troubles de la personnalité de l’axe II. Le terme mensonge n’apparaît lui-même que dans l’un des sept critères de la personnalité antisociale du DSM : « Tendance à tromper par profit ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des escroqueries. » On ne le retrouve dans aucun des critères de la personnalité histrionique. Des éléments proches de la mythomanie délirante ou névrotique (au sens large) figurent toutefois, sous d’autres dénominations, dans plusieurs classes diagnostiques du DSM :

  • le trouble délirant, type mégalomaniaque : « Idées délirantes dont le thème est une idée exagérée de sa propre valeur, de son pouvoir, de ses connaissances, de son identité ou dune relation exceptionnelle avec une divinité ou une personne célèbre », ce qui nous ramène, avant Dupré, aux descriptions de Foville et Dagonet ;
  • le trouble factice : « Production ou feinte intentionnelle de signes ou de symptômes physiques ou psychologiques, [sans] motifs extérieurs à ce comportement », ce qui renvoie aux faux hypocondriaques de Dupré et aux pathomimies de Dieulafoy (la pseudologie fantastique est mentionnée parmi les éléments permettant de faire le diagnostic différentiel avec un authentique trouble mental ou organique) ;
  • la personnalité narcissique : « Est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou damour idéal », caractéristiques proches de celles du délire de rêverie et du bovarysme ;
  • la personnalité borderline : « Mode de relations interpersonnelles instables []. Alternance entre des positions extrêmes []. Instabilité de limage ou de la notion de soi. »

4.2. Manuels

Le traité de Guelfi et Boyer [26], de même que la huitième édition du Synopsis de Psychiatrie de Kaplan et Sadock [31] décrivent toujours la mythomanie (ou pseudologia phantastica) dans leur partie sémiologique, au chapitre des troubles du contenu de la pensée, mais sans la rattacher à une pathologie mentale spécifique. Elle peut se rencontrer « chez des personnalités hystériques qui ont besoin de se faire valoir, chez les déséquilibrés, où elle est souvent plus consciente et utilitaire (escroquerie, usurpation de titre) ou chez des pervers qui agissent leur mythomanie avec malignité (lettres anonymes, dénonciations) » ([26] p. 41). Les ouvrages de synthèse récents sur les personnalités pathologiques [7,23] n’accordent pas davantage d’autonomie au caractère mythomaniaque. Pour Q. Debray et D. Nollet en 1995 [7], « le terme de deceiving personality revient souvent dans les écrits anglo-saxons. Ce faux ami signifie personnalité trompeuse. La tendance à enjoliver la réalité, l’aptitude au mensonge compulsif par nécessité, plaisir ou habitude, constituent en effet un trait des personnalités histrioniques, mais n’ont pas été prises en compte dans les classifications internationales, car trop peu spécifiques ».

4.3. Vers un regain d’intérêt ?

En 2005, une revue américaine approfondie de la littérature a toutefois fait le point sur le mensonge pathologique au début du troisième millénaire [12]. Les principales caractéristiques du trouble seraient la croyance du menteur à ses allégations (d’où parfois la difficulté du diagnostic différentiel avec un trouble délirant), un jugement clair sur tous les autres sujets, l’absence de planification et une certaine dimension impulsive, la possibilité dune reconnaissance partielle du caractère mensonger des propos, enfin l’absence de motivation extérieure (comme un gain financier), faisant de la conduite mensongère une fin en soi. Le mensonge pathologique doit être distingué de la confabulation, s’inscrivant dans le cadre d’un trouble mental organique (comme l’avait déjà relevé J. Delay), du syndrome de Ganser et du trouble délirant. Mais il peut se rencontrer dans le trouble factice et dans de nombreux troubles de la personnalité : borderline [51], antisociale, narcissique et histrionique (ce qui paraît de nouveau légitimer les relations entre mythomanie et hystérie). Enfin, 40 % des cas de pseudologie fantastique présenteraient des anomalies du système nerveux central [32]. Il n’en reste pas moins que la question de savoir si le mensonge pathologique est une entité diagnostique autonome, un syndrome ou seulement un symptôme, ne peut être tranchée : « On ne sait pas si le mensonge pathologique existe dans toutes les cultures, s’il y a différents sous-types du phénomène et si les menteurs pathologiques présentent suffisamment de symptômes prédominants, consistants et stables ou un ensemble de symptômes permettant la claire délimitation d’une entité clinique » [12]. En 2006, un numéro entier de 1Évolution Psychiatrique a été consacré aux mensonges — avec un point d’interrogation. À côté de contributions évoquant de possibles aspects contemporains de la mythomanie (fausses allégations d’abus sexuels, demandeurs d’asile), est retracée la naissance du concept de mythomanie infantile, replacée dans le contexte idéologique de son époque [38]. Quarante-cinq ans après l’étude de référence de Neyraut [1,42], publiée par la même revue, on peut donc croire à un regain dintérêt pour la question du mensonge pathologique. Mais intérêt ne veut pas dire réintégration dans la nosologie. Étendue progressivement à un vaste groupe de troubles, allant des pathologies de la personnalité aux psychoses délirantes, en passant par l’hystérie, pilier de la doctrine des constitutions qui est venue relayer le concept de dégénérescence au début du XXème siècle, la mythomanie a été en quelque sorte victime de son succès. Elle n’a pas résisté aux critiques de la psychologie dynamique (P. Janet dès 1909), de la psychiatrie phénoménologique (K. Schneider), de la notion de structure (Ey) et de l’épistémologie (rapports du normal et du pathologique selon Canguilhem). Trop vague, trop extensif, trop peu spécifique, le concept médical péjoratif de mythomanie sest dilué, vers le milieu du XXème siècle, dans lanalyse psychologique valorisante par le roman réaliste du mensonge, considéré comme antidote à un monde désabusé :

  • « Le mensonge est essentiel à l’humanité. Il y joue peut-être un aussi grand rôle que la recherche du plaisir et d’ailleurs est commandé par cette recherche » (M. Proust, Albertine disparue).
  • « La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vérité de ce monde, c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir » (L.-F. Céline, Voyage au bout de la nuit).
  • « La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur » (A. Camus, La Chute).

Références

[1] Adès J. In: La mythomanie. Psynergie. Ciba éd; 1987. p. 2–4.

[2] American Psychiatric Association. DSM-IV ; Washington. 1994.

Discussion

Dr E. Hache. – Louis-Ferdinand Céline, déjà cité, a écrit : « Le mensonge, un rêve pris sur le fait » ; c’est un homme qui s’y connaissait en matière de mensonges et de turpitudes… de collusion avec l’envahisseur nazi (il a suivi le maréchal Pétain dans son bref exil à Sigmaringen) après avoir dénoncé des juifs sous l’occupation et s’être livré à de violents pamphlets contre eux pendant cette période. Cette remarque, « Le mensonge, un rêve pris sur le fait », me semble nodale : donnant une exonération au mensonge, le banalisant, le disculpant, lui donnant un statut psychopathologique (comme celui du rêve) et abolissant lintention de tromper, abolissant la volonté même du menteur. En résumé, Louis-Ferdinand Céline, dans cette « description » du mensonge, souligne, pointe, le sens de ce signifiant pour lui, à savoir un signifiant à la croisée des chemins de l’hystérie et de la perversité.

Dr P. Nicolas-Charles. – M. Haustgen a fait allusion à un faux Louis XVII. En fait, il y en a eu beaucoup et il y a eu beaucoup de Jeanne d’Arc… Y a-t-il eu des études sur cette adoption de fausses identités, mais identités de victimes fabuleusement glorieuses ou objets célèbres de pitié ?

Pr M. Bénézech. – Pour compléter cette communication, je voudrais simplement signaler que le mensonge pathologique et la mythomanie « perverse » au sens de Dupré, en matière d’usurpation d’identité, de fonction ou d’identification à un personnage important, sont à différencier de l’escroquerie volontaire et utilitaire, de la confabulation et de certains délires appartenant préférentiellement au cadre de la paranoïa (érotomanie, filiation).

Dr J.-P. Luauté. – Par rapport au déclin de la mythomanie et à la quasi-disparition des mythomanies avantageuses type faux dauphin, on observe actuellement le contraire, c’est-à-dire le phénomène des fausses victimes, à la faveur du mouvement de compassion envers les victimes.

Réponse du Rapporteur. – Au Dr Hache : je vous remercie d’avoir rappelé cette célèbre formule de Céline, qui complète et confirme ma propre citation. Cela étant, l’auteur du Voyage au bout de la nuit n’est pas le seul écrivain du 20ème siècle à avoir tenté de « démystifier » les conduites mensongères, ainsi que l’attestent les citations de Proust, Camus et Malraux que j’ai données.

Au Dr Nicolas-Charles : Sur les faux Louis XVII, létude de M. Garçon, quoique déjà ancienne, reste la mieux documentée. Sur les fausses Jeanne dArc, on peut consulter le pamphlet de R. Pernoud (cité dans la bibliographie) qui concerne aussi bien les mystificatrices du 15ème siècle que les écrivains du XXème  siècle ayant « brodé » sur le thème. Je n’ai pas connaissance d’études d’ensemble sur l’adoption de fausses identités dans l’histoire.

Au Dr J.-P. Luauté : les fausses victimes sont déjà décrites par Dupré en 1905, au sein de la mythomanie maligne (hétéro-accusation calomnieuse).

Psychotrauma.

J’examine ici 3 publications sur le psychotrauma.

Un des meilleures notions pour traiter du trauma causée par les harcèlements policiers est la névrose d’angoisse, définie par Freud et si bien décrite par Henri Ey (Voir à la fin de cet article).

PierreJanet
Pierre Janet, psychologue français …

Les travaux les plus intéressants sont ceux du psychologue français Pierre Janet (1859 – 1947, Paris) sur la dissociation péri-traumatique et post-traumatique …

C’est l’anti-dépresseur qui s’impose dans ces situations … et voir un psychothérapeute spécialiste en psychotrauma, victimologie …

 

 

 

 

 

Quand traiter le psychotraumatisme ?

Guillaume Vaiva, François Ducrocq.

  1. Pôle de Psychiatrie & Pôle des urgences, CHU de Lille, Hôpital Michel Fontan, F-59037 Lille, France

Philippe Lestavel.

  1. Service des Urgences, Centre hospitalier d’Hénin Beaumont, F-62251 Hénin Beaumont, France.

Presse Med. 2008; 37: 894–901. 2008 Elsevier Masson SAS.

Traiter quand le psychotraumatisme s’est installé durablement.

Quand le psychotraumatisme se trouve constitué (chronique après 3 mois disent les Anglo-Saxons), les symptômes deviennent plus difficiles à traiter. Là encore, intervenir pendant la première année post-trauma apporte de bien meilleurs résultats qu’intervenir sur des symptomatologies plus anciennes. D’autre part, plus le psychotrauma est ancien, plus il est comorbide avec d’autres troubles psychopathologiques ou psychosomatiques :

  • dépression de l’humeur,
  • conduites addictives (en particulier alcooliques),
  • phobies multiples,
  • atteintes dermatologiques, intestinales ou endocriniennes.

Le traitement de première intention est alors psychothérapique (en ce qui concerne le trauma lui-même), associé à une prise en charge pharmacologique pour les troubles comorbides.

(…)

Dans ce travail, 2 techniques se distinguaient ; les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) centrées sur le trauma et l’EMDR (Eyes Movement Desensitisation and Reprocessing) se montraient supérieures aux techniques de stress management, aux techniques d’hypnose ou aux thérapies cognitivo-comportementales de groupe (elles aussi intéressantes).

Stratégie médicamenteuse : pourquoi et comment ?

Les buts de la chimiothérapie de l’ESPT sont multiples :

  • réduction des symptômes clefs (symptômes intrusifs, évitement, hyperréactivité neurovégétative),
  • amélioration du contrôle de l’impulsivité et des manifestations dissociatives,
  • réduction de la comorbidité,
  • amélioration de la qualité de vie par réduction du handicap.

Après une multitude d’études contrôlées et d’essais ouverts depuis près de 20 ans, un consensus se dégage. À côté des antidépresseurs tricycliques, des IMAO (inhibiteur de la monoamine-oxydase), des antagonistes 5-HT2 et des anticonvulsivants, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) s’imposent comme des traitements de choix à utiliser en première intention dans le trouble constitué.

Ses représentations pourront également l’amener à se demander si ses plaintes sont fondées, au point d’encombrer la démarche psychothérapique et la nécessaire dimension ab-réactive du récit du trauma, mais à l’opposé nous rencontrons également des patients dans une position d’attente magique de « gommage » d’une trace traumatique honteuse et encombrante.

Conclusion

Dans l’évolution des tableaux psychotraumatiques, les sujets vont vivre des éléments de retentissement fonctionnels, sociaux, professionnels ou affectifs souvent majeurs (perte d’emploi, séparations, incommunicabilité de l’expérience vécue, etc.). Les comorbidités sont la règle : tableaux psychosomatiques, conduites addictives et surtout tableaux de dépression post-traumatique. Le pronostic de cet ensemble d’aspects est grevé par les conduites suicidaires : 15 fois plus de tentatives de suicide que la population générale, 7 fois plus de décès par suicide dans les 3 ans qui suivent.

Le psychotrauma. II. La réaction immédiate et la période post-immédiate.

The psychotrauma, the immediate reaction and the postimmediate period.

  1. Chidiac,

a Service du Professeur F. Rouillon, clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME), université Paris-V, Cochin – Port Royal – Sainte-Anne, 100, rue de la Santé, 75674 Paris cedex 14, France

  1. Crocq

b Cellule d’urgence médicopsychologique, samu de Paris, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 168, Issue 8, October 2010, Pages 639-644

1. LES SYNDROMES PSYCHOTRAUMATIQUES IMMÉDIATS

Lorsqu’un individu est exposé à une agression ou une menace soudaine, il présente immédiatement, de façon quasi réflexe, une réaction d’alarme pour faire face à cette agression. Cette réaction est désignée aujourd’hui, en emprunt au vocabulaire anglo-saxon, par le vocable réaction de stress. La Classification Internationale des Maladies Mentales, dans sa 10ème révision dite CIM-10, la dénomme « réaction aiguë à un facteur de stress » (répertoriée F43.0). La nosographie américaine du DSM n’a rien prévu pour la désigner, ce qui est une lacune notable.

Cette réaction qui suit immédiatement l’agression ne dure en principe que quelques heures (d’une à six heures mais, dans certains cas de figure, une journée). Elle est le plus souvent normale, adaptative ; mais elle peut s’avérer parfois pathologique et inadaptative. Adaptative, elle est le fait du stress normal. Inadaptative, elle est le fait du stress dépassé, ou traumatique.

Un même événement, « potentiellement traumatogène », peut donner lieu à un stress adapté pour un sujet, mais à un stress dépassé pour un autre, en fonction des différences de personnalité, de disponibilité des défenses psychiques, de résonance personnelle et du soutien apporté par l’entourage.

 

1.1. La réaction immédiate adaptative

 

La réaction immédiate adaptative, dénommée « stress adapté », double l’alarme et la mobilisation biophysiologiques du stress d’une alerte et d’une mobilisation psychologiques. Sur le plan biophysiologique, les effecteurs sont mobilisés : accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, élévation du taux de sucre sanguin, fuite de la masse sanguine de la périphérie vers les organes. Sur le plan psychologique, l’alerte et la mobilisation se manifestent dans les quatre sphères – cognitive, affective, volitionnelle et comportementale –, ayant pour effets notables d’élever le niveau de vigilance, de focaliser l’attention, d’activer les capacités d’évaluation, de mémorisation et de raisonnement, de faciliter le contrôle émotionnel et d’inciter à l’action, le tout aboutissant à l’élaboration d’une décision et à l’adoption d’attitudes et de gestes adaptés (attitude d’alerte et de préparation à la défense, gestes de défense et de combat, ou gestes de retrait ou de fuite raisonnée).

Mais c’est une réaction d’exception, grevée de symptômes gênants et coûteuse en énergie. Les symptômes gênants sont principalement neurovégétatifs, attenant à l’activation du système nerveux sympathique et à la décharge d’adrénaline : accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, élévation de la tension artérielle, frissons, pâleur et parfois sensation de faiblesse (lipothymie) ; sensations pénibles de « boule dans la gorge », de striction thoracique et spasmes viscéraux divers (« noeud sur l’estomac », douleurs abdominales et envie impérieuse d’uriner). La réaction immédiate de stress est coûteuse en énergie ; en énergie physique, car elle épuise les réserves de glucides de l’organisme, et en énergie psychique, car elle épuise les capacités cognitives, affectives (maîtrise émotionnelle) et de contrôle moteur. D’ailleurs, dès qu’elle se termine, elle débouche sur un état psychique ambigu qui mêle un vécu de soulagement euphorique « quitte pour la peur » avec une sensation d’épuisement physique et psychique (impression d’être « vidé »).

1.2. La réaction inadaptée, de stress dépassé.

La réaction immédiate de « stress dépassé » est le fait de sujets psychologiquement vulnérables, Mais elle peut être aussi observée chez les sujets normaux dans les agressions exceptionnellement violentes, ou trop prolongées ou répétées à de courts intervalles de temps, surtout s’il y a eu impréparation et surprise, et conjoncture d’absence de soutien social. Cette réaction immédiate inadaptée peut se présenter sous quatre formes, qui sont la sidération, l’agitation, la fuite panique, et l’activité d’automate.

La « sidération » saisit le sujet d’un coup, dans toutes ses facultés. Sur le plan cognitif, il est stupéfait, incapable de percevoir, de s’orienter, de comprendre, de penser et d’exprimer ce qu’il ressent. Sur le plan affectif, il est stuporeux, au-delà de la peur, flottant dans un état second. Sur le plan volitionnel, le sujet est sidéré, frappé d’une inhibition de la volonté, d’une suspension de sa faculté de décider, de prendre une initiative. Il n’écoute pas les exhortations données par les autres, il semble transporté dans un autre monde. Sur le plan comportemental, il est comme paralysé, pétrifié ; il demeure immobile dans le danger, sans chercher à s’abriter. Cette sidération peut durer une minute comme plusieurs heures.

L’« agitation » est la réaction inverse. C’est un état d’excitation psychique, de désordre affectif et d’anarchie volitionnelle. Le sujet agressé et stressé a envie d’agir, mais son stress est trop intense pour lui permettre de bien comprendre la situation et d’élaborer une décision. Alors, il libère sa tension anxieuse dans une décharge motrice sauvage et désordonnée : Il gesticule, crie, s’agite en tous sens et profère des propos incohérents. La terreur et l’affolement se lisent sur son visage, et sa relation à autrui est très perturbée : il sait qu’il est parmi les autres, mais il ne les reconnaît pas toujours, ne les écoute pas et n’obéit pas. Cette agitation peut être éphémère (quelques minutes) ou prolongée (plusieurs heures).

La « fuite panique » est une réaction de course affolée et éperdue. C’est une fuite impulsive, qui pousse le sujet droit devant, sans même savoir où il va, se heurtant aux obstacles, bousculant, renversant et piétinant autrui. Si quelqu’un arrête le fuyard et tente de le raisonner, ce fuyard montre un faciès hagard, un regard vide et une expression d’incompréhension totale. Dès qu’on le relâche, il reprend sa course et ne s’arrêtera que quand il sera épuisé. Et il ne conservera qu’un souvenir confus de sa fuite. Il arrive que cette fuite panique pousse le fuyard affolé droit dans le danger (fuite en avant). La fuite panique éperdue peut durer quelques minutes, aussi bien qu’une demi-heure de course à pied.

Le « comportement d’automate » est le quatrième mode de réaction immédiate inadaptée. De prime abord, il n’attire pas l’attention, car les sujets qui adoptent cette réaction semblent avoir un comportement normal : ils évacuent dans l’ordre, sans bousculade ni panique, ou ils obéissent aux ordres, ou encore ils aident autrui, sur ordre ou en imitant l’exemple donné par un autre. Mais un observateur exercé remarquera que leurs gestes sont répétitifs et inutiles (comme le fait de tripoter sans cesse un objet), ou dérisoires, peu adaptés à la situation. L’expression de leur visage est « absente », comme s’ils ne se rendaient pas compte de la réalité tragique de l’événement. Si on leur parle, ils semblent écouter mais ils n’enregistrent pas ce qui vient d’être dit. Eux-mêmes demeurent silencieux et une fois l’action terminée, ils sont incapables de se souvenir de ce qu’ils ont fait, ou encore ils n’en n’ont conservé qu’un souvenir flou et lacunaire. Là aussi, cet état peut durer aussi bien quelques minutes que plusieurs heures, au sortir desquelles le sujet aura l’impression d’émerger d’un rêve.

1.3. Réactions immédiates franchement pathologiques, névropathiques et psychotiques.

Au-delà du stress dépassé, on peut observer des réactions franchement pathologiques, névrotiques ou psychotiques. Ces réactions sont souvent le fait de sujets prédisposés ou déjà porteurs de leur propre pathologie. Parmi les réactions névrotiques, la « réaction anxieuse » survient surtout en conjoncture de menace ou d’attente ; le sujet en attente anxieuse est pâle, en proie à des symptômes d’angoisse psychique et somatique, subagité, quémandant des  réassurances autour de lui, ne tenant pas en place et capable de se jeter inconsidérément vers le danger. Mais, une fois l’agression perpétrée ou la catastrophe survenue, l’anxieux se comporte généralement bien, en exécutant docile. La « réaction hystérique » – état second ou symptômes conversifs – est rarement observée lors de la phase immédiate, et plus souvent pendant les phases post-immédiate et différée chronique. Toutefois, on a observé des crises excitomotrices hystériques ou des états seconds installés d’emblée, parfois avec errance, ou des conversions immédiates : fausses cécités, fausses surdités, fausses paralysies et surtout aphonie ou mutisme post-émotionnels.

Parmi les réactions psychotiques, la « réaction confusionnelle », post-émotionnelle ou post-commotionnelle, montre un sujet désorienté dans le temps et dans l’espace, obnubilé, bradypsychique, stuporeux et incapable même de dire son nom.

Cette réaction, qui s’installe d’emblée, peut être éphémère (une dizaine de minutes), ou prolongée (plusieurs heures, voire plusieurs jours). Dans la « réaction délirante », ou bouffée délirante (durée : un à trois jours), le sujet réagit – d’emblée ou après une brève méditation perplexe – par l’extériorisation d’un délire qui se dissipera spontanément en quelques jours. La « réaction maniaque », avec excitation psychomotrice, gesticulation, mimique agitée de tics, émission de propos volubiles entrecoupés d’exclamations et surtout euphorie joyeuse hors de propos avec la gravité de la situation, attire généralement l’attention. Mais, parfois, cette agitation, dépensée dans une participation infatigable aux secours, peut passer inaperçue jusqu’à ce qu’on remarque ce sauveteur bénévole indiscipliné et agité, importunant victimes et sauveteurs par ses propos joyeux. La « réaction mélancolique » peut se manifester dès la phase immédiate : mimique dépressive, inhibition psychomotrice, douleur morale, exagération pessimiste des conséquences de l’événement, et surtout extériorisation de propos immotivés de culpabilité et d’autoaccusation. Enfin, la « réaction schizophréniforme » a été décrite chez des sujets jeunes (adolescents ou jeunes adultes) réagissant à l’agression par un état dissociatif, et plus souvent chez des sujets dont l’autisme, la dissociation et le délire intérieur couvaient parfois depuis plusieurs mois ou années. On dit, pour les tremblements de terre en particulier, qu’un séisme intérieur a fait écho au séisme extérieur de l’événement, faisant éclore une schizophrénie jusqu’alors latente.

1.4. Critères de vécu traumatique de la réaction immédiate.

On admet que, dans une catastrophe, 75 % des sujets ont une réaction immédiate adaptée et 25 % une réaction inadaptée. Mais cette répartition doit être revue en fonction du nombre réel des réactions d’activité automatique dont le comportement n’attire pas l’attention et qui sont considérées à tort comme des réactions normales. Leur proportion réelle, à des degrés divers d’automatisme, serait à elle seule de 15 % à 25 % selon l’importance et la violence de la catastrophe, pouvant porter jusqu’à 50 % la proportion totale des réactions inadaptées.

Le plus souvent, la réaction immédiate adaptée n’est pas vécue sur le mode du trauma, tandis que la réaction immédiate inadaptée est vécue comme un trauma. Mais ce parallélisme n’est pas absolu, et il arrive que des réactions manifestement inadaptées, avec un comportement spectaculaire, se résolvent rapidement sans aucune séquelle traumatique, tandis que des réactions parfaitement adaptatives donnent lieu, après une période de « rumination », aux pires névroses traumatiques, parce que le sujet aura été impressionné, à son insu, par un détail horrifiant (par exemple, la vue d’un cadavre d’enfant). Finalement, c’est l’avenir qui dira si oui ou non l’événement potentiellement traumatisant a été vécu comme un trauma.

Toutefois, certains indices dans le tableau clinique initial seraient révélateurs d’un vécu traumatique et annonciateurs de séquelles psycho-traumatiques. Se référant au concept de dissociation selon Pierre Janet, des cliniciens nord-américains comme Marmar et Brunet ont recherché de tels critères prédictifs, qu’ils ont dénommés signes de « dissociation péri-traumatique » et de « détresse péri-traumatique ». En fait, il s’agit des symptômes que nous avons décrits plus haut dans les tableaux cliniques des quatre modalités de réaction inadaptée. Pour notre part, nous utilisons un auto-questionnaire de 20 questions, explorant les cinq volets cognitifs, affectifs, neurovégétatifs, volitionnels et d’état psychique juste après l’événement, sans laisser de lacunes importantes. Nous préférons l’utiliser en cours d’entretien, juste après que le patient aura parlé de son vécu de l’immédiat, à titre de complément ou de précision de ses dires. Nous avons réalisé deux formes de ce questionnaire : une forme simple, avec autoévaluation en degrés de gravité (de 0 à 5) ; et une forme analogique, sur des axes horizontaux entre deux extrêmes (symptôme absent et symptôme très intense).

2. CLINIQUE DE LA PÉRIODE POSTIMMÉDIATE.

La période post-immédiate qui s’étend en principe du deuxième au 30ème jour (mais il existe des variantes de durée, de quelques jours à plus d’un mois) requiert une surveillance psychologique attentive et soutenue. En effet, deux éventualités peuvent se présenter : ou bien les symptômes (neurovégétatifs et de déréalisation) de la période immédiate s’éteignent progressivement et le sujet n’est plus obnubilé par le souvenir de l’événement ; ou bien ces symptômes persistent, tandis que le sujet est toujours obsédé par le souvenir de l’événement, et en outre, il commence à souffrir de nouveaux symptômes, psychotraumatiques, tels que reviviscences, troubles du sommeil et anxiété phobique, augurant de l’installation d’une pathologie psychotraumatique durable. Par ailleurs, il arrive que certaines victimes, qui dans l’immédiat ne ressentaient aucune souffrance dans l’euphorie de s’en être tirées « quittes pour la peur », commencent à présenter au bout de quelques jours des signes d’une pathologie psychotraumatique. Pendant longtemps, dans les nosographies, la période postimmédiate ne fut pas identifiée, car on la considérait comme début ou « phase de latence » de la névrose traumatique. C’est l’observation clinique qui a imposé la distinction et l’autonomie.

Le DSM américain l’identifie sous le vocable d’« état de stress aigu » (Acute stress disorder), avec des critères cliniques combinant la persistance de symptômes dissociatifs apparus dans l’immédiat et l’éclosion de symptômes d’état de stress post-traumatique, et des critères temporels d’apparition des symptômes dans les quatre semaines suivant l’événement et de persistance pendant un créneau d’une durée de deux jours à quatre semaines.

2.1. Description clinique.

2.1.1. Première éventualité : le retour à la normale.

On assiste en quelques jours à la sédation des symptômes neurovégétatifs gênants du stress : le rythme respiratoire, le rythme cardiaque et la tension artérielle redescendent à des valeurs normales, les spasmes viscéraux s’estompent, la sensation d’oppression thoracique disparaît ainsi que les phénomènes de pâleur, de sueur, de bouche sèche, etc. Sur le plan psychologique, le rescapé ne ressent plus la sensation désagréable de tension psychique et sa pensée n’est plus monopolisée par la souvenance brute (images, odeurs, sensations tactiles, sursauts) de l’événement récent ; il est capable de reprendre ses activités habituelles. Enfin, on ne constate aucun trouble du sommeil : ni retard de l’endormissement, ni réveil nocturne angoissé, ni cauchemar.

Il arrive toutefois que ce retour progressif à la normale soit émaillé de « décharges émotionnelles différées », qui ont pour but de libérer la tension émotionnelle contenue pendant l’action. En effet, pendant les instants critiques d’exposition au danger, le sujet, totalement occupé par la mise en oeuvre de gestes et conduites de sauvegarde, doit négliger, voire réprimer toutes les réactions spontanées qui compromettraient ces conduites : tremblement, agitation, cris, envie de pleurer, etc. Mais, une fois que l’action est terminée et que le sujet est à l’abri du danger, il peut alors liquider ces arriérés émotionnels et laisser libre cours à toutes les impulsions qu’il a dû réprimer pendant l’action. Il peut s’agir aussi de débâcles neurovégétatives, telles qu’accès de sudation intense, nausée et vomissement, perte d’urine. En général, de telles « abréactions » (ou réactions différées) ne se produisent qu’une fois et procurent un soulagement, au moins transitoire, et ne sont suivies ni de récidives ni de séquelles. Mais elles peuvent aussi bien se répéter et amorcer un syndrome de répétition, s’intégrant alors dans la période de latence d’une névrose traumatique, version pathologique de la phase post-immédiate, et que nous allons examiner maintenant.

2.1.2. Deuxième éventualité : la phase de latence d’une névrose traumatique.

La variante morbide de la phase post-immédiate était bien connue des auteurs anciens qui la dénommaient des vocables imagés de « période de préparation, d’incubation, de méditation, de contemplation ou de rumination », et qui l’incluaient dans la névrose traumatique dont elle constituait la phase préalable silencieuse, marquée par le travail torpide de « l’émotion retardante » (Janet, 1889). On la retrouve plus tard dans les travaux des cliniciens des deux guerres mondiales et des guerres de l’après-guerre, sous le nom de « phase de latence ». Comme sa symptomatologie est en partie différente de celle de la névrose traumatique, on préfère aujourd’hui la différencier de cette affection et lui accorder un statut nosologique à part. Cette symptomatologie a longtemps été considérée comme latente, c’est-à-dire non extériorisée, cliniquement silencieuse. Il s’agissait toutefois le plus souvent de sujets qui demeuraient isolés, repliés sur eux-mêmes, peu expansifs, voire mutiques (en contraste avec l’épanchement post-émotionnel et le besoin de contact social des autres rescapés en état de soulagement euphorique). Une observation attentive pouvait déceler leur mimique préoccupée, leur expression perplexe, leur regard vide et leur propension à demeurer figés. Des entretiens cliniques rétrospectifs ont permis d’explorer le vécu de tels sujets, dont on peut dire, selon le mot de Ferenczi (1916), « qu’ils n’étaient pas revenus de leur effroi ». Sur le plan social, ils n’avaient pas envie de se mêler aux autres ni de parler ; ou plutôt, ne sachant trouver les mots pour formuler l’indicible, ils y renonçaient.

Et, sur ce fond de persistance de l’état de déréalisation qui avait marqué leur expérience vécue immédiate de l’événement, apparaissaient, au bout de quelques jours ou de quelques semaines, des symptômes nouveaux : de la fatigue, de la nervosité, de l’irritabilité, et des troubles du sommeil tels que difficultés d’endormissement à cause du surgissement d’images de l’événement et réveils angoissés provoqués par les premiers cauchemars de répétition. D’autres reviviscences se manifestaient aussi dans la journée : vision hallucinatoire de la scène de l’événement (avec toute la véracité du réel, d’où sa puissance anxiogène), brèves hallucinations auditives ou olfactives restituant les bruits, les cris et les odeurs de l’événement, impression subite que l’événement allait se reproduire (provoquant parfois des sursauts et l’impulsion à se recroqueviller) et réactions d’angoisse phobique à la vue de tout ce qui pouvait rappeler l’événement. Bref, on voyait s’installer progressivement, en quelques jours ou quelques semaines, une névrose traumatique (ou état de stress post-traumatique) avec ses éléments caractéristiques : le syndrome de répétition, le repli de la personnalité et les symptômes dits « non spécifiques » tels qu’asthénie, anxiété, phobies, somatisations diverses et troubles des conduites (irritabilité, tabagisme, recours à l’alcool).

2.3. Statut du diagnostic de stress aigu du DSM-IV

Les cliniciens américains auteurs du DSM ont introduit, dans la dernière révision de 1994 (DSM-IV), le diagnostic d’« état de stress aigu » (acute stress disorder) pour désigner cette période post-immédiate qu’ils reconnaissaient enfin. Ce diagnostic comporte huit catégories de critères (de A à H).

  • Les critères A sont les mêmes que ceux de l’état de stress post-traumatique (chronique), à savoir : (A1) avoir été exposé à un événement potentiellement traumatisant, et (A2) l’avoir vécu dans les sentiments de peur, d’impuissance ou d’horreur.
  • Les critères B se rapportent à la persistance des symptômes dits « dissociatifs » manifestés pendant l’événement, tels que torpeur, impression de brouillard, déréalisation, dépersonnalisation et amnésie d’un aspect de l’événement.
  • Les critères C désignent les manifestations de reviviscence telles qu’images, illusions, pensées intrusives, rêves de répétition et « états dissociatifs » vécus comme si l’événement allait se reproduire.
  • Les critères D concernent l’évitement des stimuli évocateurs.
  • Les critères E concernent la persistance de symptômes anxieux ou de manifestations dites d’activation neurovégétative, telles que difficultés de sommeil, irritabilité, hypervigilance, sursauts, etc.
  • Les critères F mentionnent une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social.
  • Les critères G exigent la survenue du trouble dans les quatre semaines suivant l’événement et une durée minimum de deux jours et maximum de quatre semaines.
  • Enfin, les critères H éliminent les états psychiques dus à des toxiques, à une affection médicale générale, à une psychose, ou à une exagération d’un trouble mental préexistant.

3. CONCLUSION.

Le clinicien ne peut ignorer ni négliger l’existence des premiers tableaux cliniques qui suivent immédiatement l’exposition à un événement potentiellement traumatisant. Il s’agit d’abord de la réaction immédiate (premières heures, et au maximum premier jour) ; puis de la période post-immédiate (du deuxième au 30ème jour). L’examen attentif des symptômes de la réaction immédiate permet de discerner si le sujet a su faire face à l’événement, au prix d’un simple stress neurovégétatif, ou si en revanche, il l’a vécu sur le mode du trauma, dans le débordement et l’effraction de ses défenses : effroi, horreur, confrontation inopinée avec le réel de la mort, sentiment d’impuissance et impression d’absence de secours. Cet examen clinique dictera l’attitude et les gestes de l’intervention psychologique d’urgence. Et l’existence de caractères « traumatiques » de l’expérience vécue de l’immédiat (en particulier, les signes de dissociation et de détresse péritraumatiques) devra alerter le clinicien sur l’éventualité d’une évolution défavorable, vers le post traumatic stress disorder (PTSD) ou la névrose traumatique. La surveillance clinique devra être maintenue pendant les semaines de la période post-immédiate : s’assurer que tous les symptômes de l’immédiat s’éteignent, rapidement ou progressivement, et que le sujet reprend sans difficulté son existence familiale et sociale. Mais, si ces symptômes persistent et s’ils se doublent de symptômes de reviviscence, d’état d’alerte et de phobies, on devra craindre l’installation d’une névrose traumatique (ou d’un PTSD), et prendre des mesures en conséquence, parmi lesquelles, à cette période précoce, le debriefing psychodynamique individuel, dénommé aussi intervention psychothérapique post-immédiate (ou IPPI).

Annales Médico-Psychologiques 168 (2010) 311–319

Le psychotrauma. Stress et trauma. Considérations historiques

Stress and psychotrauma. History of trauma.

Chidiac

a Service du Professeur F.-Rouillon, clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME), université Paris V, Cochin–Port-Royal–Sainte-Anne, 100, rue de la Santé, 75674 Paris cedex 14, France

L. Crocq

b Cellule d’urgence médicopsychologique, SAMU de Paris, hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France

I. CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES.

1.1. Les précurseurs : récits légendaires, rêves de bataille et vent du boulet.

1.2. Les fondateurs. Découverte de l’inconscient traumatique : Oppenheim, Charcot, Janet, Freud et quelques autres.

(…)

L’année 1889 fut le pivot de ces découvertes, avec la thèse de doctorat ès lettres de Pierre Janet et le Congrès de Paris sur l’hypnotisme. Dans sa thèse L’Automatisme psychologique, Janet présente 20 cas d’hystérie et de neurasthénie, montre que sous hypnose on peut découvrir leur origine traumatique oubliée de la conscience et induire la cessation des symptômes. Il attribue leur pathogénèse à la « dissociation de la conscience », la partie de la conscience liée à la souvenance brute de l’expérience traumatique faisant bande à part dans un recoin de la conscience, tel un corps étranger, et suscitant des actes « automatiques » inadaptés, sans liaison avec le reste de la conscience qui continue d’inspirer des pensées et des actes circonstanciés et adaptés.

1.3. Les continuateurs. La psychiatrie de guerre prend le relais.

(…)

Fenichel, reprenant les conceptions de Freud, déterminera clairement le tableau clinique de la névrose traumatique, selon trois axes : les symptômes de répétition ; les « complications psychonévrotiques » anxio-phobiques, hystériques, ou obsessionnelles ; le blocage des fonctions du moi (fonctions de filtration des stimuli de l’environnement, fonction de présence et fonctions libidinales de sexualité et de relation affective à autrui).

(…)

La Seconde Guerre mondiale s’est achevée par la découverte horrifiée des camps d’extermination nazis, et par les deux bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Un « syndrome des déportés », avec asthénie et hypermnésie émotionnelle (équivalent du syndrome de répétition), a été très tôt identifié par le Français Targowla.

(…)

1.4. La période des novateurs. Post-Vietnam syndrome et Post-Traumatic Stress Disorder. Au-delà du PTSD.

(…)

Les critères diagnostiques du PTSD comprenaient :

  • A le fait d’avoir subi un événement qui provoquerait de la détresse chez quiconque ;
  • B des reviviscences intrusives de cet événement ;
  • C de l’émoussement psychique avec restriction des affects ;
  • D un ensemble disparate de symptômes tels que l’état d’alerte, les troubles du sommeil, la culpabilité du survivant et les troubles de la mémoire et de la concentration.

(…)

LouisCrocq
Louis Crocq, psychiatre français des Armées (91 ans).

De 1965 à 1986, Crocq et al. publièrent une série d’articles sur les névroses de guerre et le traumatisme. Puis, Claude Barrois fit paraître en 1988 le premier ouvrage de référence sur ces troubles, dans ses aspects historiques, cliniques et une optique alliant psychanalyse et phénoménologie, optique reprise par L. Crocq dans son ouvrage de référence, Les traumatismes psychiques de guerre. Par ailleurs, plusieurs cliniciens (Briole, Lebigot) ont proposé une relance de la psychanalyse des névroses traumatiques, en reprenant la métaphore freudienne de la vésicule vivante ou en y transposant la pensée lacanienne.

 

2. STRESS ET TRAUMA.

L’introduction du mot anglais stress dans la pathologie psychique n’est pas anodine et reflète une prise de position résolument biologique, au détriment du mot névrose, qui est récusé par les auteurs du DSM à cause de sa connotation psychanalytique. Quoi qu’il en soit, dans la nosographie européenne classique, le concept de névrose traumatique désignait une affection névrotique développée après une expérience de traumatisme psychique ou trauma. Dans la nosographie du DSM et dans celle de la CIM-10, le concept d’état de stress post-traumatique désigne une perturbation mentale, supposée être de nature biologique (c’est-à-dire un stress), consécutive elle aussi à une expérience de traumatisme psychique. Aussi convient-il d’expliciter le sens de chacun des deux mots stress et trauma.

2.1. Le stress.

2.1.1. Origine du mot stress.

Le mot anglais stress est emprunté au vocabulaire des métallurgistes, qui désignaient ainsi le comportement d’un métal soumis à des forces de pression, d’étirement ou de torsion. En 1914, le physiologiste américain Cannon l’a transposé à la régulation hormonale des émotions chez l’animal. En 1945, les deux psychiatres militaires américains R. Grinker et J. Spiegel  l’appliquent à la pathologie psychiatrique de guerre, dans leur ouvrage intitulé Men under stress, pour désigner l’état psychique des soldats soumis aux émotions du combat et développant en conséquence des troubles mentaux aigus ou chroniques. En 1950, le physiologiste H. Selye (Hongrois émigré au Canada) adopte le terme de stress pour désigner ce qu’il appelait depuis 1936 le « syndrome général d’adaptation » ou réaction physiologique standard de l’organisme soumis à une agression, quelle que soit la nature de cette agression.

2.1.2. Nature bio-neuro-physiologique du stress.

Dans la conception de Selye, le stress était un phénomène essentiellement physiologique ou neuro-physiologique réflexe mettant immédiatement l’organisme agressé en état d’alerte et de défense. La réaction de stress se déroulait selon le circuit suivant : transmission des informations nociceptives des organes des sens au cerveau cortical par les voies nerveuses afférentes, puis transmission de ces informations du cortex vers le mésencéphale par des connexions intracérébrales, puis émission par ce mésencéphale de deux sortes de messages vers les organes effecteurs : des messages neurovégétatifs utilisant la voie des nerfs ; des messages hormonaux (délivrés par la posthypophyse) utilisant la voie sanguine. Ces messages avaient pour effet de mobiliser certains effecteurs dans la vie neurovégétative et la vie de relation, et de mettre ainsi l’organisme en état de répondre dans l’urgence : attitude d’alerte, mobilisation de l’énergie, gestes de défense ou conduites de retrait et de fuite.

La réaction de stress en réponse à une agression ponctuelle ne dépasse pas quelques heures. Toutefois, si les stresseurs maintiennent leur action, il va de soi qu’elle se prolongera d’autant. Son inconvénient est qu’elle est grevée de symptômes gênants (pâleur, sueur, tachycardie, spasmes viscéraux) et qu’elle est coûteuse en énergie. Elle est tellement dépensière en énergie qu’elle épuise les réserves hormonales et glucidiques et que, si la situation d’agression se perpétue ou se renouvelle à de trop brefs intervalles, l’organisme s’effondre et peut même mourir. Dans les expériences de Selye, des stress violents et prolongés pouvaient aboutir à la mort de l’animal par épuisement.

2.1.3. Psychologie du stress.

Selye insistait surtout sur la nature physiologique et éventuellement psychophysiologique du stress, sans chercher à en explorer le vécu psychique, ce qu’ont fait des recherches ultérieures. De nature réflexe, le stress se déclenche et se déroule sans intervention de la volonté, même si le sujet est conscient de la menace ou de l’agression et conscient ensuite de sa propre réaction et des modifications physiologiques et psychiques qu’elle entraîne. Mais il arrive que si le stress est trop intense, trop prolongé ou répété à de trop courts intervalles, il se mue en réaction de stress dépassé, inadaptative. On distingue quatre sortes de stress dépassé : l’inhibition stuporeuse, l’agitation désordonnée, la fuite panique et l’action automatique.

2.1.4. Avatars du mot stress.

Au cours de l’évolution de sa pensée, Selye fut amené à préciser que le mot stress désigne la réaction de l’organisme, et non pas les agents extérieurs provoquant cette réaction. À ces agents extérieurs, il réservait le nom de stresseurs (stressors). Cette distinction est importante et judicieuse, car, dans la conscience populaire et même dans la presse, on voit encore le mot stress utilisé à tort, au lieu de stresseur, pour désigner l’agent causal.

Selye avait aussi, vers la fin de sa vie, étendu la notion de stress aux réactions de joie subite éprouvées à l’annonce d’un événement heureux ou bénéfique (mariage, héritage, avancement dans la carrière). Ces réactions étaient du même ordre que les stress face à une agression ou une menace, et les modifications observées sur les effecteurs étaient les mêmes. Il y avait ainsi les eustress du bonheur, et les distress du malheur.

Enfin, une troisième distinction admise par Selye admettait une variété atténuée et prolongée du stress, concernant les « stress de la vie courante ». À côté des stress répondant à une agression intense et brève, il y avait lieu d’admettre les stress répondant à des micro-agressions prolongées ou répétées. Par exemple, l’exposition prolongée aux vibrations, au bruit, à l’éclairage violent, aux atmosphères enfumées, le manque de sommeil et de repos, l’accumulation de fatigue, et même les soucis et conflits de la vie quotidienne pouvaient constituer des stresseurs à effet cumulatif.

2.1.5. Définition du stress.

Compte tenu de ce qui vient d’être exposé, on peut définir le stress comme « la réaction biologique, physiologique et psychologique d’alarme, de mobilisation et de défense, de l’individu (plutôt que de l’organisme) à une agression, une menace ou une situation inopinée ».

2.2. Le traumatisme psychique ou trauma.

2.2.1. Origine étymologique et emprunt à la chirurgie.

Le mot traumatisme vient du grec ancien traumatismos, signifiant action de blesser ; mais son acception française actuelle correspond plutôt au mot grec trauma, qui signifie blessure. En psychologie, le concept de traumatisme psychique ou trauma a été emprunté à la pathologie chirurgicale, où il signifie « transmission d’un choc mécanique exercé par un agent physique extérieur sur une partie du corps et y provoquant une blessure ou une contusion ». Transposé à la psychopathologie, le mot a conservé cette connotation. Le traumatisme psychique est la transmission d’un choc psychique exercé par un agent psychologique extérieur sur le psychisme, y provoquant des perturbations psychopathologiques, que ces dernières soient transitoires ou définitives. La clinique chirurgicale distingue les « traumatismes ouverts », où il y a effraction du revêtement cutané, et les « traumatismes fermés », sans cette effraction. En psychopathologie, on admet que les excitations attenantes à l’événement traumatisant font effraction au travers des défenses du psychisme. De toute façon, comme pour la pathologie chirurgicale, on ne doit confondre en pathologie psychique le phénomène de traumatisme (ou trauma) ni avec l’agent traumatisant, ni avec ses séquelles (de névrose traumatique par exemple).

On peut donc définir le traumatisme psychique, ou trauma, comme un phénomène d’effraction du psychisme et de débordement de ses défenses par les excitations violentes afférentes à la survenue d’un événement agressant ou menaçant pour la vie ou l’intégrité (physique ou psychique) d’un individu, qui y est exposé comme victime, témoin ou acteur.

2.2.2. Théories psychanalytiques du trauma.

En 1921, dans son essai Au-delà du principe du plaisir, Freud va expliciter les aspects dynamiques de sa théorie du trauma. Il compare métaphoriquement le psychisme à une vésicule vivante, boule protoplasmique en constant remaniement protégée par une couche superficielle « pare-excitation », qui sert à la fois de contenant et de protection à l’appareil psychique, et dont le rôle est de repousser les excitations nuisibles ou de les filtrer en les atténuant pour les rendre acceptables et assimilables (plus facile à lier). Les différences constitutionnelles font que certains individus sont dotés d’un pare-excitation fort, et d’autres non. En outre, dès que l’individu voit venir le danger extérieur, il renforce son pare-excitation en rameutant de l’énergie venant de l’intérieur du psychisme, s’il a à ce moment-là de l’énergie disponible, ce qui n’est pas toujours le cas (il peut être momentanément épuisé par un effort récent). Certains individus névrosés, dont toute l’énergie interne est sans cesse accaparée par la sauvegarde de leurs refoulements, n’auront jamais d’énergie disponible pour renforcer leur pare-excitation. Ce qui fait qu’un même événement potentiellement traumatisant fera effraction (et donc trauma) pour certains individus et pas pour d’autres, et pour certains individus aujourd’hui mais pas demain. Le concept de traumatisme, dit Freud, est donc tout relatif, et dépend du rapport de forces entre les excitations venant du dehors et l’état – constitutionnel et conjoncturel – de la barrière de défenses qui le reçoit.

Beaucoup d’exégètes de Freud se sont attardés sur cet aspect « énergétique » du trauma, en oubliant son aspect « absence de signification ». Il a appartenu à des psychanalystes militaires, tels Barrois, Briole et Lebigot, de réhabiliter cet aspect. Pour eux, ce qui fait essentiellement trauma pour le sujet, c’est la confrontation brutale avec le réel de la mort. Dans la vie courante, nous ne sommes pas confrontés directement avec le réel du monde, mais avec les représentations que nous en avons forgé, en nous servant de notre langage et de notre culture. Nous ne percevons qu’un réel déjà édulcoré, « travesti par le fantasme et choyé par le rêve ». Or, voici que l’événement violent nous met subitement et directement en contact avec le réel de la mort, sans que nous ayons eu le temps ni même la possibilité (car nous sommes démunis de « représentations » de la mort, faute d’avoir bénéficié d’une « présentation » préalable) d’interposer devant cette perception l’écran protecteur de notre système signifiant. Le trauma a donc été « court-circuit dans le signifiant » ou « traversée sauvage du fantasme ». D’où l’expérience fondamentale d’effroi, pressentiment de la mort de soi-même, ou destruction totale, néantisation, avec ses vécus cliniques de « vide psychique », ou de « panne psychique » par défaut de parole et de pensée. Approfondissant la métaphore de l’effraction au travers du pare-excitation, Lebigot dit que l’image traumatique pénètre très profondément dans l’appareil psychique, atteignant non seulement le niveau de l’inconscient où elle pourrait un jour (sous l’effet d’une thérapie) nouer des liens avec les représentations de l’inconscient et se transformer ainsi en souvenir sensé, mais encore le lieu, inaccessible à la conscience, du refoulé originaire. C’est le lieu où sont déposées les premières expériences du nourrisson, expériences brutes d’anéantissement et de jouissance dans la complétude alimentaire. Avec l’acquisition du langage, ces expériences ont fait l’objet d’un premier refoulement, à partir duquel elles constituent le socle d’élaboration fantasmatique de l’« objet perdu », où les angoisses de perte de satisfaction, de perte d’objet et de castration, référées au principe du plaisir, remplaceront les angoisses d’anéantissement (d’où l’intitulé de l’essai de Freud, Au-delà du principe du plaisir). Or, l’expérience traumatique, court-circuitant le recours au langage, court-circuite aussi le refoulement originaire et renvoie le sujet, horrifié et fasciné, à ses expériences archaïques d’anéantissement et de jouissance brute. Il est horrifié car il se retrouve face au néant de ses origines ; il est fasciné, car il retrouve ainsi l’objet perdu du sein maternel. D’où son attachement morbide à son trauma, mais aussi sa culpabilité pour avoir commis (même s’il n’a pas choisi de le faire) cette transgression majeure.

2.2.3. Le pont entre psychanalyse et phénoménologie.

Les considérations sur la confrontation avec le réel de la mort renvoient en fait à une approche phénoménologique du trauma. Au regard de la phénoménologie, la pathologie de l’effroi se distingue fondamentalement de la pathologie de l’angoisse, qui se déroule dans la seule histoire intérieure de vie. L’effroi implique un objet extérieur au das-ein, relevant d’un être-au-monde plus vaste, et renvoie toujours à la scène traumatique, qui se situe à la frontière du dehors et du dedans, et hors de la continuité du temps, ne promettant rien d’autre que l’anéantissement immédiat. Avec Barrois, nous pouvons dire que l’accident traumatisant est « moment propulsif » dans sa temporalité, « épiphanie » dans son apparition subite, « apocalypse » dans sa révélation du néant, et « prophétie » dans sa proclamation de la mort comme vérité dernière. Sur le plan de la phénoménologie, l’expérience traumatique a trois caractéristiques :

  • elle constitue un bouleversement de l’être et laisse une impression de changement radical de la personnalité, de « changement d’âme » selon Simmel ou de « transfiguration de la personnalité » selon Shatan ;
  • elle marque une altération profonde de la temporalité (puisque le temps s’est arrêté au moment figé sur la terreur ou l’horreur, sans possibilité de vivre le présent fugace, ni d’envisager un avenir différent, ni même de reconsidérer le passé différemment à chaque instant) ;
  • elle impose une perte de la possibilité d’attribuer un sens aux choses.

Plus qu’une perte de sens, le trauma serait d’ailleurs une expérience de non-sens, ce passage où l’on quitte l’univers des choses qui peuvent être désignées et représentées, pour entrer dans le monde du néant (plutôt que le seul monde de la mort), ce néant dont nous sommes issus, dont nous avons tous la certitude sans en avoir la connaissance, et que nous avons tenté vainement d’exorciser à chacune de nos paroles, où nous affirmions notre être comme « quelque chose. . . et non pas rien » (Merleau-Ponty).

2.3. Stress et trauma : deux registres différents.

Stress et trauma relèvent de deux registres différents : bio neuro- physiologique pour le stress, et psychologique pour le trauma. L’un parle de mobilisation des ressources énergétiques, l’autre d’effraction dans les défenses psychiques, dont la défense qui consiste à attribuer du sens. L’un décrit les orages neurovégétatifs, l’autre la clinique de l’effroi. Car, sur le plan clinique, il n’y a pas équivalence entre les deux registres. Le plus souvent, les individus qui réagissent à un événement agressant par un stress adapté ne vivent pas cet événement comme un trauma, tandis que ceux qui réagissent par un stress dépassé le vivent sur un mode traumatique et développent ensuite une pathologie psychotraumatique. Mais cette correspondance n’est pas absolue, et on a vu des stress parfaitement adaptés cacher les pires vécus traumatiques, et à l’inverse des stress dépassés spectaculaires se résoudre sans suites psychotraumatiques.

Névrose d’angoisse (Manuel de psychiatrie d’Henri Ey).

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Harcèlement, Répertoire de droit pénal et de procédure pénale, extraits … par Patrick Mistretta, 2013.

Harcèlement, Répertoire de droit pénal et de procédure pénale, extraits …

Par Patrick MISTRETTA, Professeur à l’Université de Picardie Jules Verne. Octobre 2013. Dalloz 2019.

Table des matières

Généralités 1 – 8

Sect. 1Harcèlement sexuel 9 – 40

Art. 1Modalités constitutives 14 – 34

  • 1Modalités matérielles 15 – 32
  • 2Modalités psychologiques 33 – 34

Art. 2Modalités répressives 35 – 40

  • 1Pénalités 36 – 37
  • 2Concours de qualifications 38 – 40

Sect. 2Harcèlement moral 41 – 80

Art. 1Modalités constitutives 45 – 73

  • 1Modalités matérielles 48 – 71
  • 2Modalités psychologiques 72 – 73

Art. 2Modalités répressives 74 – 80

  • 1Pénalités 75
  • 2Concours de qualifications 76 – 80

Section 2Harcèlement moral

  1. Reconnaissance du harcèlement moral. – Si l’on pense que le harcèlement moral a toujours existé, la prise de conscience de la nécessité de le consacrer au sein du code pénal est la conséquence de revendications récentes de plus en plus pressantes en termes de qualité des relations de travail. Il s’agissait surtout et avant tout de lutter contre les pratiques d’employeurs abusant de leurs prérogatives et d’un contexte économique difficile pour provoquer la démission de salariés. La doctrine distingue à cet égard le harcèlement institutionnel et le harcèlement stratégique (MONTEIRO, Le concept de harcèlement moral dans le code pénal et le code du travail, RSC 2003. 277 ). Mais l’objectif était aussi d’assurer une protection de la santé du travailleur, notamment en assurant une protection nouvelle de son intégrité mentale ou psychique. Avant le vote de la loi de modernisation sociale instituant le délit de harcèlement moral (V. supra, no5), il faut avouer que le code pénal éprouvait du mal à assurer cette protection. Il existait certes des incriminations telles que les conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité (C. pén., art. 225-13 s.) ou des infractions classiques (injures, diffamation), mais elles ne permettaient de sanctionner les harceleurs que de manière très lacunaire. Et si la jurisprudence sociale avait de sa propre initiative tenté d’appréhender le harcèlement moral sans rarement le dire expressément, c’était toujours dans le contentieux de la rupture du contrat de travail afin de condamner les employeurs ayant eu un comportement fautif ou abusif à réparer le préjudice ainsi causé au salarié (Grenoble, 3 mai 1999, RJS 8-9/1999, no 1034). Mais une telle pratique ne pouvait prospérer en matière pénale là où règne en maître le principe de la légalité. On doit donc à la loi du 17 janvier 2002 d’avoir, d’une part, donné un support légal aux juridictions prud’homales et surtout, d’autre part, créé une nouvelle incrimination réprimant le harcèlement moral.
  2. Harcèlement moral : manifestations cliniques. – La communauté médicale s’accorde à distinguer différentes formes de harcèlement moral au sein de l’entreprise. Outre le mobbing qui désigne la pression exercée par le groupe des travailleurs sur l’un de ses membres, on trouve le bullying (rudoiement) qui désigne une pratique de management consistant à placer les travailleurs sous pression constante. Une autre forme de harcèlement est le management par la peur qui a pour but d’augmenter la pression sur les travailleurs en utilisant des menaces (perte d’emploi, dégradation) tandis que le stalking (traquer) est une pratique qui consiste à surveiller constamment les travailleurs et à traquer toute perte de productivité.
  3. Problématique du harcèlement moral. – L’une des principales préoccupations du législateur en 2002 a été de dresser les contours juridiques de la notion. Deux écueils étaient à éviter. Le premier consistait à incriminer très largement le harcèlement permettant ainsi à toute forme de souffrance, notamment au travail, d’être pénalement sanctionnée avec ce que cela comporte comme insécurité juridique. Les débats parlementaires montrent même que l’on a redouté que le harcèlement moral puisse être utilisé par les employeurs pour s’opposer aux représentants du personnel (QE no13395, JO Sénat, 5 août 2004, p. 1761). L’autre écueil consistait, au contraire, à réduire l’incrimination au point de ne pas pouvoir embrasser la totalité des comportements susceptibles d’être adoptés par le harceleur. Face à ce dilemme, le Conseil économique et social, dans son avis rendu public en avril 2001 préconisa de retenir une définition du harcèlement moral qui permette « de la différencier d’autres agissements, notamment des conflits et des agressions qui sont d’une autre nature ; elle doit rendre compte aussi de situations diverses dans leur expression et dans leur finalité, individuelle ou collective » (Avis du Conseil économique et social sur le harcèlement moral au travail rendu le 10-11 avr. 2001, présenté par M. Dubout, JO no 7, 2001). C’était prendre position pour une conception ouverte du délit, et force est de constater que le législateur l’a entendu.

(…)

  • 1er Modalités matérielles
  1. Infraction complexe. – L’infraction complexe se caractérise par une pluralité d’actes de nature différente. L’analyse des modalités matérielles du harcèlement moral montre que celui-ci entre dans la catégorie des infractions complexes. Il existe, en effet, deux composantes distinctes pour remplir la matérialité du délit : l’agent doit avoir réalisé un acte de harcèlement moral, lequel doit produire les conséquences visées par la loi pour consommer matériellement l’infraction.

(…)

  1. Une victime aux visages multiples. – Là encore, la volonté d’ouverture totale de l’incrimination se ressent pleinement. L’article 222-33-2 du code pénal se contente d’évoquer la victime sous le terme vague « autrui ». C’est dire que les observations précédemment faites quant au harcèlement sexuel sont parfaitement transposables (V. supra, no27). Le harcèlement moral y compris du partenaire peut donc intervenir sans considération à l’égard du sexe de la victime, cette dernière pouvant indistinctement être du même sexe ou pas que l’auteur. La pratique semble à cet égard montrer que depuis la création de l’incrimination au sein du code pénal, ce sont beaucoup plus souvent les femmes que les hommes qui saisissent les tribunaux pour faire reconnaître leur statut de victime du harcèlement moral. Par ailleurs, ainsi qu’il vient d’être dit au sujet de l’auteur, le harceleur peut tout aussi bien choisir sa victime à l’intérieur ou à l’extérieur du cadre des relations de travail. Et l’article 222-33-2-1 du code pénal indique même que le harcèlement moral peut être commis par un ancien conjoint ou un ancien concubin de la victime, ou un ancien partenaire lié à cette dernière par un pacte civil de solidarité.

Agissements répétés

  1. Infraction d’habitude : principe. – Contrairement au harcèlement sexuel (V. supra, no18), le caractère répétitif du harcèlement moral ne saurait, a priori, être contesté car le texte des articles 222-33-2 et 222-33-2-1 du code pénal définit lui-même l’infraction comme le fait de harceler « par des agissements répétés ». Le droit pénal connaît cette référence à la répétition pour nourrir la catégorie des infractions d’habitude). Dans le langage courant, le verbe répéter est défini comme le fait d’exprimer de nouveau ce que l’on a déjà exprimé. Par cette référence expresse au mot répété dans le texte d’incrimination, le législateur s’est donc clairement situé sur la logique de l’infraction d’habitude. Sinon, il n’aurait pas employé ce terme précis ou il aurait indiqué expressément que le délit pouvait être constitué même en cas d’acte unique grave comme il l’a fait pour le harcèlement sexuel assimilé. Reste à savoir sur quoi doit porter la répétition car nul ne contestera que c’est à partir du deuxième acte que la répétition apparaît.

(…)

  1. Infraction d’habitude : objet. – La difficulté vient du fait que la lettre du code pénal évoque des agissements répétés et non un agissement répété. Une lecture littérale et restrictive du texte aboutirait, par conséquent, à exiger deux actes de harcèlement de nature différente, chacun devant être répété une fois. S’inspirant plutôt de l’esprit du texte, une partie de la doctrine réfute cette analyse pour considérer que le texte vise « plus largement des agissements insistants, provenant toujours du même auteur et toujours dirigés contre la même victime mais sans que ces agissements aient besoin d’être eux-mêmes identiques » tout en admettant que la répétition d’un même acte peut constituer la matérialité du délit (V. MALABAT, article préc., supra, no17). Dans cette logique, le harcèlement moral pourrait être constitué par l’adjonction d’un acte de nature différente à un autre. Cette interprétation présente l’inconvénient d’élargir le délit alors même que sa matérialité est conçue sur un mode très ouvert. Elle procède, par ailleurs, à une confusion entre l’idée de répétition, expressément employée par le législateur, et celle de conjonction d’actes qui est plus éloignée de la lettre du texte. Il faut donc considérer que le harcèlement moral est une infraction d’habitude qui exige au moins le renouvellement d’un acte identique au premier, à défaut de quoi il n’y a pas de répétition (MAYAUD, obs. sous Crim. 10 nov. 2004, préc. supra, no 18. – PRADEL et DANTI-JUAN, op. cit., supra, no 104. – SEUVIC, préc. supra, no 52).
  2. Infraction d’habitude : jurisprudence. – C’est au demeurant dans cette voie que s’est orientée la Cour de cassation dans une décision du 12 décembre 2006 (Crim. 12 déc. 2006, no05-87.658 ). L’arrêt d’appel ayant refusé de voir dans le fait de se moquer d’un collègue et de le qualifier de « petit nègre » un acte de harcèlement moral est cassé au motif que les juges du fond auraient dû « rechercher si la manière de parler du prévenu n’était pas constitutive, par son caractère habituel, d’agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail ». La référence expresse dans l’arrêt au caractère habituel ainsi qu’une autre décision de censure récemment prononcée (Crim. 2 oct. 2012, no 11-82.239 ) montrent clairement l’attachement de la Cour de cassation à la thèse de l’infraction d’habitude. Mais rien n’empêche en réalité qu’en plus de cette répétition, s’ajoute un acte de harcèlement de nature différente pouvant lui-même s’inscrire dans la continuité comme on l’observe d’ailleurs fréquemment en pratique. Ainsi de cette affaire dans laquelle il était possible de retenir à la charge du prévenu plus de six types différents d’agissements de harcèlement moral dont plusieurs s’inscrivaient dans la répétition (par exemple le fait d’avoir adressé devant témoins des reproches injustifiés quant à l’exécution de son travail, ou des réflexions désobligeantes, Crim. 21 juin 2005, no 04-86.936 , Bull. crim. no 187. – V. égal. Rennes, 31 mai 2007, préc. supra, no 50, qui fait état à l’encontre du prévenu de propos violents, de menaces, d’humiliations, de négations, de dévalorisations de la fonction de travail, de refus de communiquer, de processus d’isolement et de boycott, le tout s’inscrivant dans la répétition). Quant au délai imparti pour la répétition, dans la mesure où rien n’est indiqué dans l’article 222-33-2 du code pénal, la période de temps peut être courte (par exemple moins de deux mois : Crim. 21 juin 2005, no 04-87.767 ). La chambre sociale de la Cour de cassation l’a récemment réaffirmé en indiquant qu’il résulte de l’article L. 1152-1 du code du travail que les faits constitutifs de harcèlement moral peuvent se dérouler sur « une très brève période de temps » (Soc. 26 mai 2010, no 08-43.152 , D. 2010. 1988, obs. Dedessus-Le Moustier  ; AJ pénal 2010. 398, obs. Porteron  ; D. 2010. Pan. 2741, obs. Garé ). À l’inverse, ils peuvent s’inscrire sur plusieurs années dès lors que les actes participent du même dessein criminel (Dijon, 8 oct. 2003, Juris-Data no 2003-22-5724). En pratique, cette durée, nécessaire à la caractérisation d’un harcèlement moral, va dépendre des circonstances de fait, et principalement de la nature des actes accomplis, de leur fréquence, de leur virulence, du contexte dans lequel ils interviennent.
  1. Agissements répétés : illustrations. – Ce qui caractérise la matérialité du harcèlement moral, c’est bien la répétition et la systématisation d’attitudes, de paroles, de comportements, qui pris séparément peuvent paraître anodins, mais qui à la longue, sous l’effet de la réitération deviennent punissables. L’analyse des décisions de jurisprudence montre que très souvent c’est une succession d’actes répétés et enchevêtrés qui est reprochée au prévenu. C’est donc très rarement la répétition d’un seul acte qui nourrit le harcèlement moral, mais plutôt un enchaînement indivisible d’actes à la fois diversifiés et réitérés. Parmi les comportements prohibés qui sont fréquemment dénoncés par le juge pénal, on trouve tout d’abord toute une série d’agissements qui sont liés à la relation de travail et aux facilités qu’elle procure au harceleur. Ainsi, outre la sanction ou menace de sanction injustifiée (retenues sur salaire injustifiées : Crim. 6 févr. 2007, no06-82.601 , procédures de licenciement refusées par l’inspection du travail, Crim. 28 mai 2013, no 12-81.468 ) qui est l’apanage du droit du travail, on trouve l’utilisation abusive des horaires de travail. Les agissements illicites répétés visent alors, par exemple, à modifier unilatéralement les horaires de permanence pour imposer des horaires incompatibles avec d’autres occupations professionnelles (Crim. 21 juin 2005, no 04-86.936 , préc. supra, no 56) ou à imposer fréquemment des dépassements d’horaires de travail injustifiés ou des horaires de nuit (Crim. 6 sept. 2006, no 05-87.134 . – Crim. 14 mai 2013, no 11-88.663 ). Toujours liés à la relation de travail, nombreux sont les arrêts qui font état d’une surveillance tatillonne (Crim. 14 mars 2006, no 05-84.191 ) ou de reproches injustifiés (Crim. 19 juin 2012, no 11-87.963 ). Parfois, le comportement est plus sournois, mais tout aussi condamnable notamment lorsqu’il consiste à affecter le salarié à des tâches non adaptées à sa qualification professionnelle, qu’il s’agisse de sur-qualification ou plus fréquemment de sous-qualification (Crim. 14 mars 2006, no 05-84.191 . – Crim. 6 févr. 2007, no 06-82.601  : affectation d’un représentant du personnel à des tâches de nettoyage, des tâches humiliantes et dégradantes). Certaines décisions font même apparaître l’existence d’une stratégie de mise à l’écart du harceleur consistant à ne plus donner de travail à la victime et à la priver d’informations (Crim. 14 mai 2013, no 12-82.362 ). Mais il est une autre catégorie d’actes constitutifs de harcèlement moral qui vise à s’appuyer sur la relation de travail pour atteindre la victime sur un plan plus personnel. Cela peut consister, par exemple, à s’immiscer dans la vie privée et personnelle de la victime en lisant son courrier électronique personnel (Crim. 6 sept. 2006, préc.) ou à affirmer sur les lieux de travail l’appartenance de la victime à un prétendu mouvement sectaire (Crim. 14 mai 2013, no 12-81.743 ). Des comportements plus primaires sont également très fréquents tels que les insultes (« mère indigne » Crim. 6 sept. 2006, préc. ; « goulou – goulou » à propos d’une personne de couleur, Crim. 12 déc. 2006, préc. supra, no 56 ; l’emploi du surnom « conchita » Crim. 6 juin 2012, no 11-82.063 ) ou les menaces et réflexions désobligeantes (Crim. 21 juin 2005, no 04-86.936 , préc. supra, no 56). Enfin certaines décisions font état d’un ensemble de mesures vexatoires ou de propos blessants, dénigrants et injurieux (Crim. 28 mai 2013, no 12-84.281 ).
  1. Agissements répétés : exclusions. – La seule véritable limite à la qualification d’agissements répétés constitutifs de harcèlement moral tient à l’exercice par l’employeur de son pouvoir de direction et de contrôle. On sait, en effet, que le lien de subordination qui caractérise l’existence même d’une relation de travail implique que le salarié accepte de recevoir des ordres. L’employeur peut, en conséquence, contrôler l’activité des salariés et les sanctionner le cas échéant. Dès lors donc que les actes imputés au pseudo-harceleur restent dans les limites de ce pouvoir propre de l’employeur, le harcèlement moral ne peut être caractérisé. De nombreuses décisions de relaxe se réfèrent ainsi plus ou moins explicitement à la légitimité du pouvoir de direction et de contrôle (Crim. 30 janv. 2007, no06-83.107 . – Crim. 11 mai 2005, no 04-86.774  qui souligne notamment que les faits dénoncés par la plaignante « relèvent des fonctions d’un chef de service », Crim. 14 févr. 2012, no 11-84.697 ). À l’inverse, certains arrêts n’hésitent pas, avant d’entrer en condamnation pour harcèlement moral, à souligner le fait que le comportement du prévenu « a dépassé l’usage de l’autorité que lui conféraient ses fonctions » (Crim. 19 juin 2012, no 11-87.963 ) ou « dépasse le pouvoir reconnu au chef d’entreprise dans l’exercice de ses fonctions » (Crim. 14 mai 2013, no 12-81.743 ).

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BConséquences du harcèlement moral

  1. Dualité de conséquences. – L’acte de harcèlement moral doit être susceptible de produire les conséquences visées par la loi pour consommer matériellement l’infraction. Il y a là en fait une double exigence qui ne contribue pas à la simplicité et à la lisibilité de l’incrimination bien au contraire. L’article 222-33-2 du code pénal exige, en effet, tout d’abord, que les agissements répétés aient eu pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail. Et cette dégradation doit ensuite se doubler de conséquences plus personnelles à la victime puisqu’elle doit être susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. L’article 222-33-2-1 impose quant à lui que le harcèlement moral du partenaire ait pu entraîner une dégradation des conditions de vie se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale.

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Conséquences d’ordre personnel

  1. Trilogie de préjudice éventuel. – Le harcèlement moral est une infraction de conséquences en cascade. Après avoir démontré l’existence d’une dégradation au moins potentielle des conditions de travail, il faut, en effet, prouver que cette dégradation est elle-même susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité de la victime, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Cette seconde vague de conséquences préjudiciables exigée par le texte présente des similitudes avec la première. Comme la dégradation des conditions de travail, il n’est pas nécessaire de montrer que les conséquences d’ordre personnel se soient effectivement réalisées pour que le délit soit matériellement consommé. L’incrimination de harcèlement moral est donc une infraction formelle renforcée puisque ces deux composantes causales se satisfont d’une simple éventualité. Un arrêt d’appel qui avait estimé que des agissements répétés ne constituaient pas un harcèlement moral car les actes n’avaient pas effectivement porté atteinte aux droits, à la dignité de la victime ou altéré sa santé physique ou mentale ou encore compromis son avenir professionnel fut récemment cassé, et il ne pouvait en être autrement, dès lors que le texte ne vise que « la dégradation des conditions de travail susceptible de » produire des conséquences et non celle qui a nécessairement produit ces conséquences. La Cour de cassation affirme très clairement dans cette espèce que pour consommer le délit de harcèlement moral, les conséquences de la dégradation des conditions de travail n’ont pas à être avérées, la simple possibilité de cette dégradation suffit (Crim. 6 déc. 2011, no10-82.266 , JCP 2012, no 410, note P. Mistretta). Mais s’agissant du harcèlement moral du partenaire visé à l’article 222-33-2-1 du code pénal, dans la mesure où le texte d’incrimination vise une dégradation des conditions de vie « se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale », il faut en déduire que cette modalité de harcèlement moral est une infraction matérielle qui exige une atteinte effective à l’intégrité de la victime. Là encore, on regrette que des infractions jumelles n’obéissent pas à la même logique quant à la finalité des agissements sanctionnés, ce qui n’est guère rationnel. Toujours est-il que dans l’appréciation des deux types de conséquences de l’article 222-33-2 du code pénal, la dégradation des conditions de travail joue un rôle plus important, car elle est chronologiquement première et conditionne les secondes. C’est dire que si l’on ne peut démontrer de dégradation des conditions de travail, il est inutile de chercher à caractériser l’une des conséquences préjudiciables à la victime. En outre, parce que ces dernières sont plus larges que la notion de dégradation des conditions de travail, les conséquences d’ordre personnel à la victime présentant la caractéristique d’être à la fois tricéphales et alternatives.

ACTUALISATION

  1. Caractérisation de l’atteinte à la santé physique ou mentale. – En matière de harcèlement moral, la preuve de l’existence d’un lien de causalité entre les agissements de l’auteur du harcèlement et de l’état de santé de la victime, c’est-à-dire la dégradation de ses conditions de vie par une atteinte à sa santé physique ou mentale, n’est pas aisée. Dès lors, si ce lien de causalité n’est pas suffisamment démontré, l’infraction de harcèlement moral ne peut être retenue. En l’espèce, la chambre criminelle s’est ralliée à la position de la cour d’appel qui estimait que, les propos ou comportements répétés adressés à des tiers pouvaient caractériser le délit de harcèlement moral, dès lors que le prévenu ne pouvait ignorer que ces propos ou comportements parviendraient à la connaissance de la personne qu’ils visaient (Crim. 9 mai 2018, no17-83.623 , Dalloz actualité, 6 juin 2018, obs. M. Recotillet).
  2. Notion d’atteinte aux droits et à la dignité. – Il s’agit de la première conséquence d’ordre personnel évoquée par le texte incriminateur, et elle n’est pas d’une aveuglante clarté. La seule certitude qui ressort de cette formulation légale est que l’atteinte doit être double pour affecter et les droits et la dignité de la victime. Il ne s’agit donc pas de propositions alternatives mais cumulatives, ainsi que l’atteste l’emploi de la conjonction « et » entre les deux termes. Pour le reste, on ne peut qu’être perplexe face à l’immense opacité des termes employés qui illustre à merveille le manque de lisibilité et de prévisibilité souvent reprochés à cette incrimination (V. supra, no45). Les parlementaires de l’opposition ne s’y sont pas trompés qui, considérant à juste titre notamment que le mot « droits » avait un contenu insuffisamment clair et précis, ont saisi le Conseil constitutionnel pour atteinte au principe de la légalité des délits et des peines. La Haute instance n’a pas censuré le texte, mais la déclaration de conformité est assortie d’une réserve d’interprétation qui indique que si le texte n’a pas précisé les droits du salarié auxquels les agissements incriminés sont susceptibles de porter atteinte, il doit être regardé comme ayant visé les droits de la personne au travail, tels qu’ils sont énoncés à l’article L. 120-2, devenu L. 1121-1, du code du travail (Cons. const. 12 janv. 2002, no 2001-455 DC, no 83, JO 18 janv.).
  3. Atteinte aux droits. – Si le travailliste sait que ce dernier article est un leurre, le pénaliste a toujours l’espoir de pouvoir saisir par ce renvoi la nature précise des droits visés par le harcèlement moral. La lecture du texte qui dispose que nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché est cependant d’une cruelle désillusion. À un terme opaque succède en réalité une tautologie qui n’éclaire en rien la teneur précise des droits visés par l’incrimination. L’analyse littérale de cette disposition du code du travail semble indiquer qu’il faut distinguer pour appréhender le mot « droits » les droits des personnes et les libertés individuelles. Outre que la distinction n’est pas aisée, il convient de remarquer qu’elle n’est pas rationnelle car l’article 222-33-2 du code pénal qui incrimine le harcèlement moral fait référence également à la dignité. Or, celle-ci n’est-elle pas un droit de la personne, une liberté individuelle, voire les deux ? On l’a compris, l’éclaircissement du Conseil constitutionnel est un coup d’épée dans l’eau. Il permet tout au plus, en se référant à la jurisprudence sociale construite autour de l’article L. 1121-1 du code du travail (WAQUET, Les libertés dans l’entreprise, RJS 2000. 35), d’affirmer que la liberté d’expression, le droit au respect de sa vie privée, le libre choix de son domicile, la liberté du travail, la liberté de se vêtir à sa guise, la liberté du mariage, la liberté des mœurs font, par exemple, partie des « droits » visés par le harcèlement moral. L’approche précise de cette notion est donc laissée à la libre appréciation du juge et nécessitera du temps afin qu’au fil des prises de position, se dessine un noyau dur.
  4. Atteinte à la dignité. – La compréhension de la notion de droits reste d’autant plus aléatoire que la victime, à supposer qu’elle soit sortie du « labyrinthe des droits », doit démontrer, en outre, une atteinte à sa dignité, de sorte qu’à une gageure en succède une autre. À moins que le juge pénal se contente, à l’instar de certains juges prud’homaux, de viser la seule atteinte à la dignité du salarié pour caractériser le harcèlement moral (Aix-en-Provence, 2 nov. 2004, RG no03/07143. – V.  Harcèlement moral [Trav.], no 108). En toute hypothèse, et même si l’on peut penser que le juge pénal entend bien distinguer les droits et la dignité de la victime comme semble le montrer certaines décisions (Crim. 6 sept. 2006, no 05-87.134 ), la démonstration d’une atteinte à la dignité demeure une nécessité qui suscite l’embarras. Car si la définition de cette notion s’avère déjà en elle-même quasiment impossible (MISTRETTA, La protection de la dignité de la personne et les vicissitudes du droit pénal, JCP 2005. I. 100. – SAINT-JAMES, Réflexions sur la dignité de l’être humain en tant que concept juridique du droit français, D. 1997. 61 ), on peut en outre s’interroger sur le bénéficiaire et l’objet de la protection. La lettre de l’article 222-33-2 du code pénal qui désigne « autrui », et surtout son positionnement au sein du titre 2 du code pénal relatif aux atteintes à la personne humaine, indiquent très clairement qu’il s’agit de la dignité de la personne humaine. La protection de cette dignité consiste alors à sanctionner toute forme d’asservissement ou de dégradation de la personne qui vise à nier son humanité. C’est dire que l’atteinte à la dignité est consommée lorsque la victime subit des pratiques qui tendent à la réifier, à la nier comme personne à part entière ou à la réduire à une personne de rang inférieur. Les exemples ne manquent pas malheureusement qui témoignent de cette volonté du harceleur de mépriser l’irréductible part d’humanité qui transcende chaque personne : nier l’existence de la victime (mise en quarantaine, interdiction de la saluer, ne pas répondre à ses sollicitations ou y répondre en prenant soin de ne jamais lui adresser la parole, etc.) ; violer le socle de son identité en la privant de travail et donc en lui renvoyant l’image de son inutilité (tel est le cas lorsqu’un employeur, pendant une durée de trois mois, ne fournit à un salarié aucun matériel, crayon, ordinateur, papier, téléphone : Crim. 5 févr. 2013, no 12-81.239 ) ; rabaisser la victime en imposant des actes humiliants (insultes, « pompes », déshabillages : Rouen, 11 sept. 2006, Juris-Data no 2006-31-2731 ; propos humiliants et insultants, voire injurieux, qui exposaient la victime lors des réunions de représentants, au mépris de sa personne et de son activité, et avaient ainsi pour objet de lui nuire, de la disqualifier, de la rabaisser, de la fragiliser et de porter atteinte à sa considération et à sa dignité : Crim. 11 déc. 2012, no 11-88.114 ), etc.
  5. Altération de la santé physique. – La seconde conséquence possible d’ordre personnel nécessaire à la constitution du harcèlement moral semble a priori plus limpide que la première puisqu’il s’agit de l’altération de la santé physique ou mentale de la victime. Or, ce sont là des données plus concrètes ne serait-ce que parce qu’elles peuvent faire l’objet d’une expertise médicale qui éclairera le juge pénal. L’article 222-33-2 du code pénal n’exige pas que le harceleur ait altéré en même temps la santé mentale et physique de sa victime. Il en est de même s’agissant du harcèlement moral du partenaire puisque la dégradation des conditions de vie visée par l’article 222-33-2-1 du code pénal doit se traduire par une altération de la santé physique ou mentale de la victime. Un seul type d’altération suffit donc, mais on observe que certains arrêts se contentent de décrire les faits de harcèlement moral et la dégradation des conditions de travail pour ensuite affirmer sans distinction et sans réelle motivation que « la santé tant physique que mentale [de la victime] en a été altérée puisqu’il est en arrêt de travail consécutivement à ces faits » (Crim. 6 févr. 2007, no06-82.601 ). Malgré ces largesses que s’autorise le juge, la pratique montre que les victimes invoquent peu l’atteinte à leur santé physique. Cela peut, néanmoins, être le cas lorsque des victimes développent des pathologies suite aux différents agissements du harceleur (V. not. Crim. 21 juin 2005, préc. supra, no 56 ; les juges parlent de pathologies développées sans s’expliquer davantage). Cette hypothèse ne peut cependant que rester très exceptionnelle dans la mesure où le corps médical est souvent très prudent sur l’origine et les causes d’une pathologie que les médecins ne maîtrisent jamais complètement. Comment affirmer, en effet, que tel cancer ou tel accident cardio-vasculaire est la conséquence du comportement du harceleur même si l’on sait aujourd’hui que le stress intervient plus ou moins directement dans ces pathologies ?
  6. Altération de la santé mentale. – C’est dire qu’en réalité les victimes se situent fréquemment sur l’axe de l’atteinte à la santé mentale tout simplement parce que c’est la logique même de l’infraction. La raison d’être du harcèlement moral est, en effet, de sanctionner un processus de déstabilisation psychologique, d’intrusion ou de violation de l’espace mental d’un individu. Ce processus aura le plus souvent eu des répercussions sur la santé mentale des victimes. Les signes cliniques qui alertent en général les médecins du travail ou les services de victimologie sont les suivants : anxiété, angoisse aux reprises de travail (psycho-terreur), manifestations végétatives, cauchemars, modifications de l’humeur (abattement, dépression, irritabilité…), troubles du comportement alimentaire, asthénie, troubles digestifs, dysménorrhées, arrêts de travail inhabituels et répétés etc. Immanquablement, le processus harcelant va donc entraîner une dégradation de la santé mentale de celui qui en est la victime, et c’est pourquoi une grande majorité d’arrêts qui se prononcent sur l’infraction font état d’une souffrance psychologique. Si les termes employés par les juges changent au gré des décisions pour refléter la diversité du discours médical (souffrance au travail, anxiété : Crim. 14 mai 2013, no12-81.743  ; dépression post-traumatique : Crim. 6 sept. 2006, préc. supra, no 57 ; syndrome anxio-dépressif ; état dépressif etc.), ils se rejoignent en réalité pour stigmatiser l’atteinte psychique des victimes.
  7. Altération de la santé mentale et difficultés du lien causal. – On peut au demeurant s’interroger sur la faible importance accordée dans l’incrimination de harcèlement moral à cette condition d’atteinte à la santé mentale, qui n’est en fait qu’une des trois conséquences éventuelles du délit ou l’une des deux conséquences possibles du harcèlement moral du partenaire, alors même qu’il s’agit là d’une donnée centrale puisqu’elle touche à la ratio legis, à savoir la protection de l’intégrité psychique de la personne. L’explication provient probablement du fait que la preuve de cette atteinte à la santé mentale est pour le moins délicate à apporter dans un domaine qui reste, y compris sur le plan médical, éminemment subjectif. Comment être certain, par exemple, que le syndrome dépressif de la victime résulte bien du comportement du harceleur ? La question est d’autant plus piquante que le code pénal n’exige pas pour le harcèlement moral de l’article 222-33-2 du code pénal, d’atteinte effective puisqu’il suffit que la dégradation des conditions de travail générée par le harceleur soit simplement susceptible d’altérer la santé mentale. On mesure ici toutes les difficultés d’une causalité qui peut être très distendue entre le comportement du harceleur et l’éventuelle atteinte à la santé psychique de la victime. Et cette difficulté paraît encore plus insoluble lorsque l’on sait que sur le plan déontologique et juridique le médecin ne peut attester que des éléments qu’il a constatés personnellement. N’ayant pas accès au milieu de travail et n’étant jamais un témoin direct du harcèlement, il ne saurait donc attester du lien causal entre l’altération ou le risque d’altération de la santé mentale et le harcèlement moral dénoncé.
  8. Altération de la santé et état antérieur de la victime. – Le médecin expert peut, néanmoins, jouer un rôle dans la détermination de l’état antérieur de la victime car il s’agit de faits vérifiables et objectivement constatables au besoin grâce au dossier médical. Reste à savoir si les prédispositions, et notamment les faiblesses psychologiques antérieures de la victime, peuvent interférer dans la caractérisation de l’atteinte à la santé exigée par l’incrimination. Un arrêt de la Cour de cassation a ainsi admis le harcèlement moral d’une victime ayant des « problèmes de santé » avant l’arrivée dans l’entreprise du prévenu au motif que le harceleur « connaissait la fragilité » de la victime et qu’il en avait donc abusé (Crim. 14 mars 2006, no05-84.191 . – V. égal. Crim. 27 sept. 2011, no 11-80.434 ). Il semble, par conséquent, que l’appréciation de l’état d’esprit avec lequel agit le harceleur soit déterminante dans la prise en compte de l’état antérieur.

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CPreuve du harcèlement moral

  1. Faisceau d’indices. – La preuve du harcèlement moral obéit à la même logique que celle qui préside au harcèlement sexuel (V. supra, no24). On peut même penser à cet égard que le fardeau de la preuve est encore plus pesant en matière de harcèlement moral là où les comportements se situent davantage sur le terrain psychique des individus. Compte tenu de ces difficultés, le juge pénal établit un système de preuve qui repose sur les dépositions des victimes, sur des témoignages (V. not. Rennes, 31 mai 2007, préc. supra, no 50) sur des témoignages et surtout sur un faisceau de présomptions concordantes. Très révélateur de cette faveur probatoire est l’arrêt de la Cour de cassation du 14 mars 2006 dans lequel la preuve du harcèlement moral est tirée des diverses attestations de proches, des arrêts de travail ultérieurs, de l’inaptitude médicale définitive à l’emploi constatée par le médecin du travail, et de la plainte très circonstanciée adressée par la partie civile au procureur de la République (Crim. 14 mars 2006, préc. supra, no 57). L’analyse de la jurisprudence révèle cependant que c’est bien l’accumulation des indices concordants qui parvient à convaincre le juge. Les accusations de la partie civile, les déclarations convergentes du personnel, les certificats médicaux produits peuvent donc ne pas être suffisants s’il existe des doutes en faveur du prévenu (doutes qui accréditent la thèse d’un « règlement de compte » à l’encontre du prévenu, Crim. 23 mai 2006, no 05-86.646  ; « absence de témoins directs », Crim. 11 mai 2005, préc. supra, no 58. – Également, Crim. 27 avr. 2011, no 10-87.555 ). Parmi ce faisceau d’indices qui permet d’établir la matérialité du harcèlement moral, la jurisprudence semble particulièrement réceptive aux présomptions qui découlent de données factuelles. Et il faut convenir, par exemple, que le harceleur pourra difficilement nier l’évidence lorsqu’il aura été constaté à son égard que « sur un effectif de douze salariées, cinq, au moins, soit ont été licenciées, soit ont démissionné, soit ont été placées en arrêt de travail dans les mois suivant la prise de fonctions du prévenu » (Crim. 14 mars 2006, préc.). Autant de présomptions que le harceleur aura du mal à renverser et qui pourront, en outre, être utilisées pour établir sa culpabilité.

(…)

  • 2Modalités psychologiques
  1. Dol à double variante. – La détermination de l’élément moral du harcèlement moral est malaisée en raison de la rédaction ambivalente des incriminations de harcèlement moral du code pénal. Malgré la certitude apportée par l’article 121-3, alinéa 1, du code pénal qui présume les délits intentionnels à défaut d’indication contraire dans le texte incriminateur, ce qui est le cas en l’espèce, on peut éprouver des doutes quant à l’intensité du dol exigé. La rédaction de l’incrimination semble, en effet, imposer de distinguer deux situations. Dans une première hypothèse, le harceleur a effectivement dégradé les conditions de travail ou de vie de sa victime. Le dol se réduit alors à sa plus simple composante, et il suffit d’établir que l’agent a eu la conscience et la volonté de violer la loi pénale, c’est-à-dire de porter atteinte à l’intégrité physique ou psychique de sa victime. En pratique, la démonstration de ce dol général n’est guère rédhibitoire. Comme bien souvent en droit pénal, cette preuve découle des données factuelles de l’espèce. Et lorsque l’on sait que dans la majorité des cas les victimes ne déclenchent les poursuites pénales que si elles ont subi une dégradation des conditions de travail, on comprend que la caractérisation de l’intention coupable est loin de constituer un obstacle. Cela est d’autant plus vrai que, ainsi qu’il vient d’être souligné, la preuve de la matérialité de l’infraction est facilitée par la jurisprudence, de sorte que la démonstration de la réalité des actes de harcèlement moral et de leur effet néfaste sur les conditions de travail ou de vie suffit à établir la conscience coupable exigée par la loi. Car comme le souligne la doctrine, « celui qui s’acharne peut difficilement prétendre ne pas avoir eu l’intention de dégrader les conditions de travail de sa victime » (MALABAT, article préc. [supra, no17], p. 497. – V. égal. Rennes, 31 mai 2007, préc. supra, no 50, qui déduit de l’attitude de déni du prévenu la conscience du caractère illicite de son comportement). Dans la grande majorité des cas, l’effet redouté du harcèlement ayant été obtenu, la démonstration de l’intention coupable relève donc d’une simple formalité.
  2. Dol spécial. – Il est une autre hypothèse, certes moins fréquente mais tout aussi concevable, où le harceleur a simplement adopté un comportement ayant pour objet, et non pour effet, de dégrader les conditions de travail ou de vie. Alors, l’intention coupable se raffermit pour se doubler d’un dol spécial plus problématique pour la victime car il lui faut démontrer que les agissements répétés étaient animés d’une intention tendue vers un but particulier, celle de dégrader les conditions de travail ou de vie (DUVERT, article préc. [supra, no44], V. no 54. – V. WESTER-OUISSE, article préc. [supra, no 52], no 122). Cette exigence supplémentaire en termes de culpabilité vise logiquement à compenser une matérialité qui est ici simplement formelle et à justifier une condamnation pénale pour des faits qui se situent plus en amont de l’iter criminis. Et il faut convenir que cette exigence accrue n’est pas sans retombées salutaires pour les harceleurs comme le montrent certaines décisions de relaxe fondées sur le fait, par exemple, qu’il n’est pas démontré que les agissements du prévenu aient été accomplis « dans l’intention de nuire aux deux plaignantes ou de dégrader leurs conditions de travail » (Crim. 11 mai 2005, préc. supra, no 58. – V. égal. Crim. 30 janv. 2007, no 06-83.107 . – Crim. 12 mars 2013, no 12-82.161 ).

(…)

Art. 2Modalités répressives

  1. Parallélisme répressif. – La répression du délit de harcèlement moral obéit à la même logique que celle du harcèlement sexuel. L’échelle des peines prévue est donc très proche et le harcèlement moral pose, à l’instar de son jumeau, des conflits de qualifications qu’il conviendra également d’aborder.
  • 1er Pénalités
  1. Nomenclature des peines. – Depuis la loi no2012-954 du 6 août 2012, le harcèlement moral est puni comme le harcèlement sexuel à titre principal de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. L’incrimination n’est plus punie dans le code du travail, et l’on trouve s’agissant du harcèlement moral du partenaire une pénalité qui dépend du résultat dommageable de l’infraction. Ainsi, les peines sont fixées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail, et à cinq ans d’emprisonnement de 75 000 € d’amende lorsqu’ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours. De toutes les formes de harcèlement, c’est donc le harcèlement moral du partenaire ayant entrainé une incapacité de travail de plus de huit jours qui fait encourir au harceleur les plus fortes peines désormais fulminées par le code pénal. En outre, l’article 222-44 du code pénal envisage quatorze peines complémentaires applicables à toutes les personnes physiques qui ont porté atteinte à l’intégrité physique ou psychique des personnes, donc y compris à l’auteur d’un harcèlement moral (sur ces peines complémentaires également applicables en matière de harcèlement sexuel, V. supra, no 37). De même, l’article 222-50-1 du code pénal, issu de la loi no 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants, prévoit que la peine d’affichage ou de diffusion de la décision de l’article 131-35 du même code est encourue en cas de harcèlement moral de l’article 222-33-2 lorsque les faits ont été commis après l’entrée en vigueur de cette loi (Crim. 28 mai 2013, no 12-84.281 ). Parmi les différences notables au plan des peines entre les deux formes de harcèlement, l’article 222-45 du code pénal prévoyant cinq peines complémentaires supplémentaires n’est, en revanche, pas applicable en matière de harcèlement moral car il ne vise pas expressément la section 3 bis du code pénal qui contient cette incrimination. Enfin, les peines prévues pour la tentative ne sont pas applicables, la tentative de harcèlement moral n’étant pas incriminée.

Index alphabétique

Abus d’autorité 5, 17, 23, 25 s.
* Actes de harcèlement
harcèlement moral 49 s.
harcèlement sexuel 15 s.
* Actes de nature sexuelle 32
* Agissements répétés
V. Infraction d’habitude
* Agressions sexuelles 9, 38
* Amis 3 27, 52
* Angoisse 67
* Anxiété 67
* Arrêts de travail 67
* Asthénie 67
* Atteinte à la dignité 63, 65
V. Dignité
* Atteinte aux droits 63, 64
* Atteintes sexuelles 9, 38
* Attouchements 20, 21, 32
* Autrui
harcèlement moral 44, 51, 53, 65
harcèlement sexuel 4, 5, 10, 15, 22, 27, 29, 30
V. Personne (notion de)
* Avenir professionnel 44, 55, 59, 62, 70
* Brimades 57
* Bullying 42
* Cadeaux 23, 31
* Cauchemars 67
* Certificat médical 71
* Chantage 19, 34
* Cigarettes 60
* Client 51
* Code du travail (comparaison) 4, 39, 41, 46, 56, 63, 64, 70, 75
* Collègue 26
* Concours de qualifications
harcèlement moral 76 s.
harcèlement sexuel 38 s.
* Conjoint 52
ancien 53
* Copropriétaire 52
* Courrier électronique 20
* Définition 2
* Dégradation des conditions de travail 60 s.
potentielle 61
.* Dénigrement 57
* Dépression 67
* Déstabilisation psychologique 67 s.
* Dignité 10 s., 28, 30, 59, 62 s.
* Discriminations 9, 40
* Dol 33, 72 s.
* Domaine 3
* Droit anglo-saxon 1
* Durée 56
* e-mails 20
* Écrits 20
* Égalité de traitement entre hommes et femmes (Directive) 11
* Élément matériel
harcèlement moral 48 s.
harcèlement sexuel 15 s.
* Élément moral
harcèlement moral 72 s.
harcèlement sexuel 33 s.
* Enseignant 23, 25
* État antérieur de la victime 69
* Étymologie 2
* Exhibition sexuelle 9
* Famille 3 27, 51, 52
* Finalité
harcèlement sexuel 28
* Fournisseur 51
* Fragilité psychologique 69
V. Prédispositions de la victime
* Habitude
V. Infraction d’habitude
* Harcèlement horizontal 26, 50
* Harcèlement institutionnel 41
* Harcèlement moral 41 s.
actes 49 s.
conséquences 59 s.
* Harcèlement moral à connotation sexuelle 76 s.
* Harcèlement sexuel 2, 9 s., 10 s.
actes 15 s.
finalité 28
* Harcèlement sexuel par assimilation 22 s.
* Harcèlement stratégique 41
* Harcèlement vertical ascendant 50
* Harcèlement vertical descendant 26, 50
* Historique 7
* Indices
V. Preuve
* Infraction d’habitude 17 s., 49, 54 s.
* Injures 31, 57, 65
* Insultes 31, 57, 65
* Intention 33, 72 s.
* Irritabilité 67
* Isolement 56, 59
* Légalité 5, 14, 45 s., 63
* Lien de subordination
harcèlement sexuel 25s
* Management par la peur 42
* Médecin 18, 22
V. Certificat médical
* Menaces 31, 57
* Mobbing 1, 42
* Moyens 5
* Partenaire 52, 66
ancien 66
* Pauses 60
* Peines
harcèlement moral 75
harcèlement sexuel 36 s.
peines complémentaires 37
peines principales 36
* Personne (notion de) 27
V. Autrui
* Peur
V. Management par la peur
* Poèmes 32
* Pouvoir de direction et de contrôle 58
* Prédispositions de la victime
V. Déstabilisation psychologique, Santé mentale
* Présomptions
harcèlement moral 71
harcèlement sexuel 24, 34
* Preuve
harcèlement moral 71
harcèlement sexuel 24, 34
* Propos obscènes 20 s.
* Réflexions désobligeantes 57
* Réitération des actes
V. Infraction d’habitude
* Répression
harcèlement moral 74 s
harcèlement sexuel 35 s
* Reproches 57
* Résultat
harcèlement sexuel 29
* Sanction injustifiée 57
* Santé mentale 67 s.
* Santé physique 66
* Séduction 23, 32
* Sexual harassment 1
* SMS 20
* Souffrance psychologique
V. Santé mentale, Déstabilisation psychologique
* Stalking 42
* Subalterne 26
* Subordination
V. Lien de subordination
* Tâches humiliantes, dégradantes 57
* Téléphone 60, 65
* Témoignages 24
* Tentative 37, 75
* Troubles de l’humeur 67
* Troubles digestifs 67
* Vie privée (immixtion) 57, 64
* Viol 9
* Violences 79
* Voisin 3, 52, 57

Au centre du harcèlement, la manie délirante (manie-chaos), ou psychose logorrhéïque. Euphorie morbide. Joie euphorique.

Pour décrire ça un peu rapidement, les maniaques n’arrêtent pas de parler, parfois de façon très rapide, fatiguant l’interlocuteur (le rendant malade, déprimé), qui n’a rien demandé sinon le droit d’être laissé tranquille … signe d’une « joie euphorique », d’une euphorie morbide.
On dit des SS qu’ils étaient obscènes de santé. La psychose maniaque n’est pas avec spectre autistique comme les psychoses schizophréniques.

Cette logorrhée très irrespectueuse suffit à écarter les Drucker qui pourtant insistent …

Il existe une publication dont je cite les extraits ici :
Etat maniaque et état d’agitation : Une étude diachronique. Par des psychiatres de Maison-Blanche. Elle aborde les notions suivantes :

  • Tachypsychie.
  • Ludisme.
  • Désinhibition.
  • Hypersyntonie.
  • Logorrhée d’intensité maniaque.
  • Psychopathie.
  • Impulsivité.
  • Chant, incohérence, Cris, Désordonné.
  • Rire.
  • Extravagance.
  • Loquacité.
  • Scandale.
  • Attroupement.
  • Quérulence obscène-ordurière.
  • Violence.
  • Hystérie.
  • Troubles du caractère.
  • Exubérance.
  • Grivoiserie.
  • Agitation.
  • Excitation.
  • Etats d’agitation.
  • Prodigalité.
  • Turbulence.
  • Désordre-désordonné.
  • Délire, délirant.
  • Plaisanterie.
  • Facéties.
  • JACASSERIE.
  • Opposition.
  • Hostilité.
  • Subexcitation.
  • Agressivité. Agressivité importante.
  • Atypique.
  • Psychose périodique.

Publication très éclairante :
La manie : apports historiques et réflexions psychanalytiques.
Mania: Historical contributions and psycho-analytics reflections.

par Nicolas Brémaud (Psychologue clinicien, docteur en psychopathologie, Membre associé du Laboratoire recherches en psychopathologie « Nouveaux symptômes et lien social » de l’Université de Rennes).

Résumé. Objectifs. –L’auteur vise à montrer en quoi la manie ne peut être considérée comme un simple « trouble de l’humeur » mais bien plutôt comme relevant du champ des psychoses. Méthode. – Une revue de la littérature aidera le lecteur à saisir le passage entre la manie-chaos, la manie-folie– décrite dans le menu de ses symptômes au cours du 19ème siècle – et la manie pensée, notamment avec Henri Ey, lecteur de L. Binswanger, puis avec J. Lacan. Résultats. – On découvre qu’un certain nombre de traits dits typiques de la manie (euphorie, excitation, fuite des idées, etc.) sont à considérer comme des phénomènes élémentaires psychotiques dus à l’absence de point de capiton dans la chaîne du langage. Le caractère de « fuite », présent dans toute la symptomatologie de la manie, met en relief la dimension de la pure métonymie, l’absence du caractère métaphorique du langage, la « non-fonction de l’objet a », selon l’expression de Lacan, signant ainsi la structure psychotique de la manie. Le sujet dérive dès lors sans frein dans la chaîne des signifiants. Discussion. – Est donc discutée l’appartenance de la manie au registre de la psychose, sur le caractère délirant de la manie, sur ce que l’on peut considérer comme délirant dans cette psychose qui semble pourtant se démarquer nettement d’autres formes de psychoses. Est discuté également le lieu de localisation de la jouissance au regard de la schizophrénie et de la paranoïa. Conclusion. –Manie et folie, manie et délire, étaient confondus au 19ème siècle. Aujourd’hui on l’évoque peu, ou alors on l’évoque comme « trouble de l’humeur ». Pourtant un certain nombre d’éléments (la dimension métonymique du langage, l’absence de « point de capiton », etc.) permettent de l’envisager comme une psychose.

1.     Introduction.

La manie, nous le verrons, est une psychose, qui ne doit pas être réduite à un « trouble de l’humeur » –, la manie semble avoir assez peu le vent en poupe.

Alors qu’à une époque (19ème siècle) la quasi-totalité des travaux portait sur la manie (raisonnante, délirante, sans délire, etc.) puisque manie et folie se confondaient, aujourd’hui elle a quasiment disparu des manuels de psychiatrie.

2.     Revue de la littérature : 19ème siècle.

Faire l’histoire de la manie serait faire l’histoire de la folie, les deux termes ayant été longtemps synonymes.

Pinel [3]. En 1809, celui-ci tente de préciser les contours de la manie : La manie, espèce d’aliénation la plus fréquente, se distingue par une excitation nerveuse, ou une agitation extrême portée quelquefois jusqu’à la fureur, et par un délire général plus ou moins marqué, quelquefois avec les jugements les plus extravagants, ou même un bouleversement entier de toutes les opérations de l’entendement.

Esquirol va serrer « de plus près le sens du terme “manie” sans toutefois le préciser complètement » [5].

« une affection cérébrale, chronique, ordinairement sans fièvre, caractérisée par la perturbation et l’exaltation de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté » [6].

Le tableau du maniaque est en effet pour Esquirol celui d’un malade « qui présente l’image du chaos, dont les éléments mis en mouvement se heurtent, se contrarient sans cesse pour augmenter la confusion, le désordre et l’erreur (…). Les sensations, les idées, les images se présentent à son esprit sans ordre et sans liaisons (…) ; il ne peut fixer son attention sur les objets extérieurs (…).

Avec Georget en 1820, la manie prendra très nettement un caractère délirant :

C’est un « délire général, s’étendant à tout ; sensations, idées rapides, confuses, incohérentes, avec exaltation, agitation, exprimées par des mouvements désordonnés, des cris, des chants, des menaces ou de la fureur. Le maniaque semble vivre dans un autre monde (…). L’exercice des facultés intellectuelles offre l’image du chaos » [7].

Chez un très grand nombre de maniaques, le délire est général, les idées sont sans fixité, mais sans qu’on puisse y remarquer la prédominance d’une pensée quelconque » [8].

Là encore, donc, comme chez Georget, le caractère délirant est mis en avant, et les symptômes communs à toutes les formes de manie restent essentiellement l’excitation, l’exaltation, la labilité des idées, etc.

Dans les années 1850–1851, J.-P. Falret [9] désignera lui aussi les maniaques comme des sujets « atteints d’aliénation générale avec excitation ».

Ici, « penchants, sentiments, intelligence, volonté, toutes les facultés bouleversées présentent l’image du chaos. Une agitation intérieure, source de l’agitation extérieure, produit un tourbillon d’idées, de sensations, d’impulsions, d’émotions, qui ne permet de se fixer nulle part, et qui enlève à l’esprit toute liberté de choix (…). C’est un état de suractivité de l’intelligence, dans lequel les idées surgissent si vives, si animées et si nombreuses, qu’elles échappent à toute règle et à toute combinaison ».

C’est encore la manie-chaos, la manie-folie, mais Falret – qui a su écouter les malades, la forme de leur discours – insistera judicieusement sur la question des associations d’idées, effectivement si spécifiques aux maniaques : « l’association des idées, qui joue un très grand rôle dans ce délire, est constamment en action ; mais il est digne de remarque que les idées se lient beaucoup plus par les rapports secondaires de mots et de sons que par les rapports logiques ; souvent même, il semble qu’aucun lien n’unisse entre elles les idées qui paraissent surgir spontanément ; mais cette incohérence est plus apparente que réelle, et tient à ce que le travail de la pensée est plus rapide que sa manifestation, et à ce que beaucoup de chaînons intermédiaires échappent à l’observateur ».

Foville (fils), en 1875, considère que la manie doit être absolument distinguée du délire maniaque. Pour l’auteur le délire maniaque est un « état général d’exaltation des idées, des sentiments, des actes » qui s’observe « dans plusieurs formes d’aliénation mentale » [12]. Aussi le délire maniaque n’est-il dans sa conception « qu’un symptôme accidentel, temporaire ou accessoire ». Il distingue donc le délire maniaque de l’entité « manie simple » (ou « essentielle ») qui est « le type de la folie générale avec excitation (…). L’exaltation maniaque en constitue le symptôme principal et spécifique ». Les symptômes les plus repérables de la manie demeurent l’agitation, l’incohérence, l’extrême rapidité des associations, et pour Foville contrairement à d’autres « les hallucinations et les illusions sont l’un des symptômes les plus fréquents ». Dans l’excitation maniaque les symptômes sont « beaucoup moins accusés », à l’état d’esquisse simplement : « Ce n’est pas l’état normal, et il est difficile cependant de dire que ce soit un état de maladie ». Quant à B. Ball (1880), il définit également la manie dans sa onzième Leçon comme un délire généralisé, avec surexcitation, besoin irrésistible de mouvement, de parler, mobilité des idées, etc. [13].

La pensée est envahie par un « déluge d’idées, un torrent d’images et de souvenirs », le sujet se montrant « incapable de fixer son esprit sur un objet quelconque ».

C’est ici l’un des critères majeurs de la manie : Le « défaut d’attention ». Toutefois, si la mobilité, la labilité de la pensée, le défaut d’attention caractérisent la manie, il ne faudrait pas en conclure selon Ballà une forme d’incohérence, car « les idées s’attirent suivant les lois normales de l’association des idées ». Par contre, « l’esprit fait des sauts, des bonds (…), les malades changent de sujet à chaque instant », ils sont d’une « loquacité intarissable », ce qui donne parfois à l’interlocuteur le sentiment d’une incohérence ou d’une forme de confusion mentale.

Déjà en 1865, W. Griesinger y avait consacré une cinquantaine de pages dans son Traité des maladies mentales [14] ; il y distinguait notamment la manie de la monomanie exaltée.

En 1888, H. Schüle [15], dans son Traité clinique des maladies mentales, séparait quant à lui la manie en deux groupes : dans un premier groupe (« manie douce ») « il y a conservation relative de la conscience ; les mouvements semblent intentionnels, et les idées s’enchaînent logiquement (…). Dans le deuxième groupe, la conscience est primitivement altérée, et ce trouble profond peut être comparé à un état de rêve ; la direction psychique se perd (…) ».

Krafft-Ebing [16], en 1897, répartit lui aussi la manie en deux formes cliniques, qui ne diffèrent que par leur degré : l’exaltation maniaque et la fureur maniaque. L’exaltation maniaque se présente comme « un phénomène d’état. Comme telle elle représente un stade prodromique ou de rémission de la folie furieuse, ou un stade de transition de la folie circulaire et hystérique ».

Quant à la folie furieuse, la « fureur » y apparaît comme un « simple symptôme ; la folie furieuse est un état morbide déterminé et appartenant au cadre de la manie (…). Le symptôme déterminant de la folie furieuse, c’est l’accélération des opérations psychiques qui peuvent devenir échevelées en même temps que le Moi du malade a perdu toute direction », et les phénomènes les plus importants « sont représentés par les symptômes de la sphère psychomotrice ». Il faut bien sûr lire également la belle leçon que donnera plus tard (1907) E. Kraepelin sur « L’excitation maniaque » (la manie y est conçue comme une « phase de la folie maniaque-dépressive ») [18].

3.     Du Traité de G. Ballet (1903) au Précis d’E. Régis (1923).

Pour poursuivre avec la littérature française sur ce sujet, venons-en maintenant au grand Traité de pathologie mentale [19] de G. Ballet (1903). D. Anglade y considère que « la manie est l’expression la plus saisissante de la désorganisation psychique ». Le remarquable, chez le maniaque, c’est que « rien n’est dissimulé. Un besoin immodéré de penser, de parler et d’agir se donne libre carrière », Anglade rappelant alors un mot de Magnan qui proposait, pour le maniaque, la formule : « tout au dehors ». Sur le plan du délire, l’auteur constate que les idées délirantes n’ont qu’une « place secondaire » dans le tableau clinique, et ne sont pas systématisées ; quant aux hallucinations, elles semblent « plus rares ».

Pour Anglade, le maniaque manque de frein. En effet, « ce qui caractérise l’état mental du maniaque, c’est l’irritabilité, l’impossibilité de fixer l’attention, l’incohérence de la pensée, qui résulte d’une trop grande rapidité dans la succession et l’association des idées ». La volonté, dans la manie, ne réfrène rien, elle paraît impuissante : l’« action frénatrice devient impossible et fait place à l’automatisme cérébral » (logorrhée, fuite des idées, etc.).

Travaux de Kraepelin (édition du Traité de 1904) : « le caractère symptomatique qu’il remet en valeur n’est pas compris de manière aussi superficielle que par les anciens auteurs. Son analyse est minutieuse, elle ne se borne pas à cette apparence toute extérieure qui suffisait à Pinel ; il dissèque les accès, et arrive ainsi à faire reconnaître que chaque forme de manie ou de mélancolie présente trois éléments : pour la manie ces éléments sont : 1) la rapidité des idées ; 2) l’élévation de l’humeur ; 3) le besoin d’activité ».

Binet et Simon se montrent ensuite critiques vis-à-vis des auteurs qui ont trop insisté sur l’excitation psychomotrice dans la manie :

« les auteurs, trop souvent, schématisent à outrance ; décrivant un accès de manie, ils insistent à l’excès sur l’excitation psychomotrice. C’est un des symptômes, ce n’est pas le seul. Le maniaque en présente fréquemment d’autres qui sont d’un caractère tout différent, des hallucinations par exemple, des conceptions délirantes, des idées de grandeur, des idées de persécution, des préoccupations hypocondriaques, toute une symptomatologie agitée et confuse (…) ».

Dans le fond, pour Binet et Simon, le « degré extrême d’excitation » si caractéristique dans la manie, « intéresse tous les appareils : intelligence, motilité, affectivité » (« l’excitation est l’état fondamental » de la manie). On note une abondance de paroles, de gestes, de cris. Du côté de la parole par exemple, c’est « un flux de paroles que vous ne pouvez interrompre », « c’est le hasard des associations d’idées, c’est le coq-à-l’âne le plus échevelé ».

L’un des points importants à relever, selon les auteurs, pour le diagnostic différentiel, est le suivant : « même au plus fort de son agitation, il reste encore en communication avec nous ». Mais c’est une « incohérence d’idées », c’est un sujet qui semble avoir perdu tout contrôle, qui a perdu « la direction » – ce qui peut amener à le confondre avec une confusion mentale –, un sujet qui laisse tomber à qui veut l’entendre « des idées détachées, fragmentaires, dont l’ensemble est dénué de sens ».

Séglas, dans une intervention faite à la Société médico-psychologique (27 juin 1910), expose ses idées sur la manie. Il reprend les symptômes typiques des différentes formes de manies : 1) petits accès d’excitation à forme raisonnante ; 2) type maniaque proprement dit ; 3) exclusivité des troubles du mouvement, ces symptômes étant : euphorie, gesticulations, désordres des actes, logorrhée incessante, fuite des idées, assonances, mobilité des impressions et des sentiments, succession d’actes incoordonnés, etc. Dans toute la symptomatologie de la manie (symptomatologie qui recouvre essentiellement l’agitation motrice, la fuite des idées, et l’euphorie), Séglas va s’arrêter plus spécialement sur un seul symptôme, celui qui concerne « l’état affectif », à savoir : « l’euphorie, l’exaltation du moi ». D’ailleurs il adhère à l’idée de Kraepelin, qu’il cite : « l’inconstance de caractère et la fréquente variabilité de l’humeur sont seules caractéristiques de la manie ».

Début de 20ème siècle, celle d’E. Régis [22] et de son célèbre Précis de psychiatrie (1923). Régis subdivise la manie en manie aiguë (typique, et subaiguë : excitation maniaque, hypomanie), et manie chronique (simple, et avec délire systématisé secondaire). Pour aller à l’essentiel, disons que pour Régis la forme typique de la manie (aiguë) consiste en une « psychose généralisée caractérisée par une surexcitation psychique violente et désordonnée ». Ici, c’est comme si le fonctionnement mental était « soustrait au contrôle de la volonté », lequel paraît « opérer au hasard et sans frein ». Il en résulte dès lors un « défaut d’enchaînement dans les idées (…), et une suractivité de l’association automatique des représentations mentales ». L’une des thèses qui est affirmée est qu’« il n’y a pas à proprement parler de délire chez les maniaques », le délire y est quasi impossible du fait de la « mobilité extrême des idées ».

4. Henri Ey (1954) : la production subdélirante dans la manie.

C’est donc à partir de la seconde moitié du 20ème siècle, que l’on va pouvoir lire, sous la plume d’Henri Ey, l’étude la plus complète sur la manie (en France du moins), à savoir l’Etude psychiatrique n◦21 [5]. La manie, en effet, y est là pensée. Elle n’est plus simple collection de symptômes, mais « forme d’existence tumultueuse », une « modalité de déstructuration de la conscience », Henri Ey s’attachant avant tout à caractériser l’« être maniaque », qui peut être résumé par ces deux termes : « jouer et jouir ». Tâchons ici de tirer les idées fortes de cette étude longue de soixante-dix pages. D’abord, Henri Ey part d’une définition : « on appelle classiquement “manie” un état d’excitation psychique caractérisé par l’exaltation de l’humeur et du ton affectif, l’agitation motrice et une extrême volatilité de la vie psychique ». À partir de là, il va détailler dans un premier temps l’aspect, l’attitude, la présentation du maniaque. Ensuite, il s’intéresse à l’excitation psychomotrice et au langage maniaque. Sur ce dernier point, qui nous intéresse particulièrement, Ey souligne que le langage comporte des symptômes très « frappants », très caractéristiques : « ellipses, jeux de mots, assonances, exclamations, onomatopées », etc. Le langage du maniaque y est décrit comme « flot de paroles, logorrhée, volubilité, bavardage oiseux, prolixe, qui se dévide sans fin en propos digressifs ». Cette agitation, cette précipitation sur le plan du langage, se retrouve aussi sur le plan moteur, dans la mimique, la gestuelle, une agitation qui « empêche l’accomplissement des actions ordonnées et régulières ». C’est ici qu’Henri Ey fait intervenir la dimension du « jeu » maniaque, car dans cette agitation, dans cette « activité stérile (…) le malade se dépense frénétiquement comme un enfant ; il “joue” des scènes, improvise des scénarios, des dialogues (…). Le maniaque se divertit d’éléments, d’objets et de situations empruntés au monde extérieur : il se plaît à manipuler la réalité, il s’amuse avec les personnes de son entourage (…). Il n’est pas rare de voir les maniaques jouer “comme un enfant”, prendre un langage puéril (…) ». Henri Ey n’évoque pas à proprement parler la manie chez l’enfant – sujet peu traité –, mais il souligne que « c’est à la pensée de l’enfant que nous renvoie la manie, à cette forme d’existence de jeu, d’entrain endiablé et d’insouciance qui fait du maniaque un petit enfant qui déploie son existence dans les espiègleries et l’exubérance d’une vie affective effrénée ». Il faut signaler ici que ce point avait été relevé en 1911 par K. Abraham dans son étude sur la « folie maniaco-dépressive » [25] : « l’absence d’inhibition [chez le maniaque], écrivait Abraham, donne accès à des sources de plaisir anciennes jusqu’alors réprimées : c’est par là que la manie nous découvre ses racines infantiles (…). Un certain nombre de traits authentifient la ressemblance de la manie avec la psyché enfantine » (absence de contrainte logique, jeux de mots, « intérêt pour le son des mots au détriment de leur sens », plaisanteries diverses permettant au sujet d’accéder à des « jouissances habituellement réprimées », gaîté insouciante, etc.).

Après le chapitre consacré à l’excitation psychomotrice du maniaque, Henri Ey traite de la tachypsychie, de la fuite des idées. Si la pensée et le débit verbal du maniaque sont rapides, cette pensée selon Henri Ey prend un caractère de superficialité : l’attention (« le malade va d’une idée à l’autre sans pouvoir se fixer sur aucune »), la concentration, la réflexion étant particulièrement altérées, la pensée semble rester en surface. La « fuite des idées » doit être conçue selon Ey comme « une forme d’existence tumultueuse » : c’est un « tourbillon sans fin, sans but et sans ordre, emportant dans son mouvement vertigineux les images qui foisonnent, les mots qui se pressent, les souvenirs qui affluent (…) ». Cette forme d’existence constitue « le fond même de l’état maniaque, c’est-à-dire les relations du maniaque avec son Monde ». Le quatrième point abordé par Henri Ey est relatif à « l’anarchie instinctivo-affective ». Le sujet maniaque se caractérise en effet par la « triomphante orgie que la vie émotionnelle prend comme une revanche ou une révolte contre les instances de contrôle et de contrainte ». Le cinquième point concerne la question de la « production subdélirante ». Si classiquement l’on n’évoque guère – ou pas du tout – le délire dans la manie (comme si elle n’était qu’un « trouble de l’humeur »), Ey quant à lui considère qu’il y a indubitablement délire, ou du moins production subdélirante, délire naissant. Ainsi : « même dans les manies les plus simples et les plus pures, la “fuite des idées”, l’exaltation imaginative, les propos narratifs et inventifs, la fabulation, et surtout la fantaisie ludique des rapports qui lient le Monde au Moi du maniaque sont déjà un délire naissant, c’est-à-dire valent déjà pour une certaine distorsion de la réalité vécue et pensée ». Là où, dans les autres formes de psychoses délirantes, les conceptions, les constructions délirantes paraissent sinon systématisées, du moins persistantes et « fixes », dans le délire maniaque, dans la « fabulation verbale » du maniaque, les constructions délirantes demeurent généralement fugaces, mobiles, et floues. Disons que si pour Henri Ey la manie est bien une production « subdélirante », tous les degrés peuvent s’y rencontrer. Sur le terme même de « délire », pour la manie, Ey se montre prudent. S’il fallait caractériser la dimension délirante dans la manie, qui se démarque, on l’a dit, très sensiblement des délires d’autres psychoses (paranoïa, mélancolie, schizophrénie), l’on pourrait dire au fond que « c’est plutôt l’apparence du délire que l’on rencontre dans les états maniaques. On pourrait en effet, en faisant toutes réserves sur le mot délire, que nous estimons ici être inexact, dire que le délire maniaque est un délire de rêverie et de jeu ». Ici, Ey va préciser ce qu’il entend par ce « jeu délirant idéo-verbal » du maniaque. L’expression est intéressante et pertinente cliniquement, mais est-elle suffisante pour établir un diagnostic différentiel ? Il semble que la dimension délirante du maniaque réside dans un « défaut de liaison conceptuelle des représentations », dans la « substitution aux liens logiques de relations de moindre valeur telles que réminiscences verbales », dans les « associations par assonances, inductions rythmiques ». Par ailleurs, du côté de ce que Ey nomme « structure positive de la manie », l’on retrouve aussi dans le comportement de jeu : gesticulation, mimique, grimaces, maniérisme, emphase, puérilité, etc. Toute cette symptomatologie ne peut-elle pas se retrouver également dans certains tableaux de schizophrénies ? De même, pour le maniaque « le monde n’est pas sérieux, ses fantaisies sont vécues comme une réalité sans réalité (…) », et au final la manie caractérise cette « impossibilité d’adhérer au vrai réel ». Autant d’expressions qui là encore peuvent faire songer à d’autres formes cliniques de psychoses. Mais laissons cette question en suspens pour l’instant. Ainsi la manie est-elle délirante au sens donné plus haut par Henri Ey, mais son degré de « déstructuration de la conscience » serait moindre que celui rencontré dans d’autres psychoses. Toutefois, bien que moindre, la manie fait valoir sans conteste pour Henri Ey une « modification structurale de la conscience d’un niveau de dissolution globale et non point (…) d’un trouble fonctionnel isolé (« attention » ou « humeur »). En réalité c’est la structure générale de l’esprit qui est bouleversée, la pensée (…) s’étale en surface ». Tout ceci, tout ce qui précède, concerne spécifiquement la manie dite « typique ».Dans un second temps Henri Ey va traiter des manies « atypiques » (délirantes et hallucinatoires, confuses et incohérentes, chroniques). Les symptômes classiques vus plus haut (fuite des idées, logorrhée, euphorie, etc.) sont « renforcés » dans la manie délirante et hallucinatoire. Mais l’essentiel pour Ey est de mettre surtout en relief ce que Séglas avait nommé « délire verbal », un délire « mobile fait de redondance verbale, de “clinquant” », dit Henri Ey, une « verbosité délirante qui ne suppose qu’un minimum d’organisation thématique ». En accord avec certains auteurs vus précédemment (entre autres Marcé, Foville), Henri Ey constate qu’il y a des cas de manies qui constituent de « véritables expériences délirantes et hallucinatoires ». Il cite alors le sentiment d’élation et de toute-puissance, le délire d’influence, l’idéation exaltée, ces sujets qui se sentent habités par un esprit divin, la présence de thèmes délirants prophétiques et mystiques, parfois d’idées de persécution, ou d’idées hypocondriaques. Il précise enfin le mécanisme d’édification de ces délires maniaques : Généralement, il est « verbal, fabulatoire, imaginatif, intuitif et interprétatif ». Il n’a jamais été évident, pour quiconque, de se prononcer précisément sur la question du délire dans la manie – sur sa « nature », son « contenu », sa « spécificité » –, de repérer ce qu’il pouvait y avoir de délirant dans la manie. L’on a vu que même pour Henri Ey cet exercice ne semblait pas aller de soi. Lorsqu’on évoque les possibles délires d’influence dans la manie, les idées délirantes prophétiques, hypocondriaques, leur « mécanisme » intuitif ou interprétatif, etc., on ne peut s’empêcher de penser que les frontières – si frontières véritables il y a – d’avec les autres formes de psychoses semblent bien minces. Le diagnostic différentiel avec la confusion mentale, de même, apparaît de plus en plus compliqué : « entre confusion et manie, écrit Henri Ey, il y a une différence de niveau (…). Il ne peut, bien entendu, s’agir de deux maladies distinctes (…). La clinique nous offre tous les jours des cas où le diagnostic entre manie et confusion est strictement impossible ».

À bien y réfléchir, de toute cette symptomatologie parfaitement décrite par les classiques, comme par Henri Ey, il ressort que l’excitation psychique, l’agitation motrice, l’exaltation de l’humeur, et même la labilité extrême de la pensée, la « fuite des idées », etc. se rencontrent aussi – plus ou moins durablement, de façon plus ou moins marquée – dans d’autres formes de psychoses. Alors sur quoi mettre l’accent ? Qu’est-ce qui, spécifiquement, nous permettrait de rendre compte de la manie comme relevant du registre de la psychose ? Car c’est là un point incontournable et une question éthique, utile et même nécessaire pour la pratique ; il est en effet très différent de considérer la manie comme un trouble de l’humeur ou de la considérer comme appartenant au champ des psychoses.

5. J. Lacan : la manie, retour mortel du langage dans le réel.

Un élément est à souligner. Il concerne la fameuse « fuite » (des idées). Au fond, la « fuite »n’est justement pas seulement celle des idées ; la « fuite » semble concerner la manie tout entière, si l’on peut dire ; elle signe même à notre sens la structure de la manie dans son ensemble ; une sorte de fuite en avant qui s’exprime autant dans le registre des idées (idéorrhée), de la parole (intempérance de langage, logorrhée, lallomanie), des diverses productions (graphiques ou autres) que dans le registre du comportement, des actes maniaques. Tout est fuite, tout semble fuir sans aucune retenue. J. Oury disait que « dans l’existence maniaque il y a trop d’ouvert » [30], et cela semble effectivement tellement « ouvert » que rien ne semble pouvoir venir colmater cette fuite. La question qui se pose alors est la suivante : Qu’est-ce que cette fuite ? Que nous indique-t-elle du sujet, et de sa structure ? Fuite de quoi et devant quoi ? La désinhibition, l’euphorie (la dite « joie »maniaque), l’excitation, l’exaltation, l’élation maniaques, sont les manifestations, les symptômes les plus visibles, et les plus typiques de la manie.

Mais interrogeons-nous sur ce que nous indique, et ce que nous enseigne cette « excitation » du point de vue de la structure. Lacan disait en 1970 : « Suivre la structure, c’est s’assurer de l’effet du langage » [31]. Eh bien en ce qui concerne la manie, en ce qu’il nomme plus précisément « l’excitation maniaque », Lacan considère que cette « psychose » (il emploie le terme) rend compte très spécifiquement du « retour dans le réel de ce qui est rejeté du langage », et que ce retour dans le réel se fait même « mortel » [32]. Le « retour dans le réel » chez Lacan, on le sait, renvoie à la psychose, dans la mesure où ce qui ne fut pas symbolisé (forclusion, et non refoulement ou déni) resurgit, revient tôt ou tard – pas toujours mais souvent – faire son apparition dans le « réel » (l’exemple princeps est celui des hallucinations). Ce « retour » dans le réel, qui peut être entendu comme un effort de localisation de la jouissance – qui, sans cela, se trouve débridée, dérégulée – connaît des variations selon la structuration du sujet, selon son rapport à l’Autre, au langage, au corps, etc. On peut dire, et constater cliniquement, que ce « retour », cette localisation de la jouissance, se fait principalement dans le corps du côté de la schizophrénie (phénomènes hypocondriaques, délire de corps, vécus de dissociations, « langage d’organes » selon les mots de Freud), et dans l’Autre du côté du paranoïaque (l’Autre omniprésent et omniscient le persécute, le regarde, l’observe, le commande, le menace, etc.). Nous allons voir où, dans la manie, se localise la jouissance. Prenons notre point de départ en amont de cette référence au texte « Télévision » qui date de 1973. Dans les années 1955–1956, dans son séminaire sur Les psychoses, Lacan posait la question : « comment un discours tient-il debout ? » [33]. Dans la psychose en effet, de manière générale l’auditeur peut rapidement se dire : « Ca ne tient pas debout ! ». Et dans la manie il est bien difficile de suivre les propos du sujet tant le rythme de la parole s’accélère, tant les idées passent subitement de l’une à l’autre. Lacan répond qu’un discours ne peut tenir debout sans le « point de capiton ». Sans ce point de capiton, ça ne tient pas debout, et alors « le sujet dépersonnalise son discours » [33]. Et précisément, le Nom-du-Père est le point de capiton essentiel, celui qui fait tenir l’ordre symbolique, qui lui donne un cadre, qui fait entrer le sujet dans un processus d’historisation, (« le Nom-du-Père a la fonction de signifier l’ensemble du système signifiant » [34]), c’est l’élément qui fait « point de capiton entre le signifiant et le signifié » [33], qui établit et maintient cet équilibre, arrêtant ainsi le glissement de la signification, laquelle sans cela peut fuir indéfiniment. Dans la psychose, cet élément, ce signifiant Père étant forclos, rejeté de l’univers symbolique du sujet, « le signifiant et le signifié se présentent sous une forme complètement divisée » [33] ; il y a séparation, non articulation, absence du ciment entre signifiant et signifié. Une référence connue de Lacan au sujet de la manie se trouve dans le séminaire X sur L’angoisse. Lacan y avance ceci : « dans la manie (…) c’est la non-fonction de a qui est en cause (…). Le sujet n’y est lesté par aucun a, ce qui le livre, quelquefois sans aucune possibilité de liberté, à la métonymie pure, infinie et ludique, de la chaîne signifiante » [35]. Cet « objet » petit a qui est un « reste » réel, n’entrant pas dans le registre du symbolique, est produit lorsque le sujet entre dans le « discours ». Si tout sujet entre nécessairement dans le langage – car le monde des signifiants, le langage comme tel, préexiste à tout sujet – tout sujet n’entre pas nécessairement dans le discours, au sens du « lien social » (c’est la même chose pour Lacan). Le psychotique, hors discours, n’a pas perdu cet objet (objet « cause du désir »), et il l’encombre parfois terriblement. En tant qu’excès de jouissance, il va chercher à s’en délester, à s’en débarrasser, ou à le réguler de diverses manières, selon que cette jouissance fait retour dans le corps (schizophrénie), ou dans l’Autre (paranoïa). Dans la névrose, cet « objet a » vient lester le sujet, au sens, pourrait-on dire, où il lui donne un certain équilibre, une certaine homéostasie, une assise dans la réalité commune ; on peut dire que le sujet a « les pieds sur terre ». Dans la manie ce « hors discours » se vérifie particulièrement dans le rapport du sujet au langage, sans frein, un sujet qui se trouve dispersé, comme lâché sans filet dans la chaîne signifiante. Se délester de l’« objet » qui le fait souffrir apparaît comme un moyen de lutter contre une tristesse et une douleur profondes, contre un noyau mélancolique peut-être : « la manie, disait Freud, n’a pas d’autre teneur que celle de la mélancolie ; les deux affections sont en proie au même “complexe”, qui écrase probablement le moi dans la mélancolie, alors que dans la manie le moi le surmonte ou l’écarte » [36]. C’est en ce sens que pour Freud on ne peut séparer en soi l’étude analytique de la manie de celle de la mélancolie (« il est exigé, écrit-il toujours dans Deuil et mélancolie, d’étendre à la manie une explication analytique de la mélancolie »). Ce qui l’amène à penser ainsi les choses, c’est que la clinique nous montre fréquemment – pas toujours, certes, mais souvent – que « la particularité la plus singulière de la mélancolie (…) c’est sa tendance à se renverser dans l’état dont les symptômes sont opposés, la manie » [36], ce renversement étant pour Freud une forme de « destin » de la mélancolie. Ce « délestage », donc, pour y revenir, procure alors au sujet une excitation, un sentiment d’euphorie, qui ne trouve aucune limite, ni dans l’Autre, ni chez l’autre (voir le texte de Freud Deuil et mélancolie : « le maniaque nous démontre de façon évidente – en partant comme un affamé en quête de nouveaux investissements d’objet – qu’il est libéré de l’objet qui l’avait fait souffrir » [36]). D’ailleurs, le maniaque n’attend pas la réponse de l’Autre ; il ne fait pas « communication », il n’entre pas dans la communauté, dans le dialogue, et l’on pourrait sans doute y découvrir une forme d’ironie sur la langue, ironie que l’on rencontre de facçon assez typique dans les cas de schizophrénies (la « chaîne » signifiante du sujet maniaque se réduit ainsi à ce qu’on pourrait appeler une pure jouissance). La métonymie « pure » du maniaque attaque la grammaire, la syntaxe, les relations de signifiants à signifiés, et cette métonymie « pure » de la chaîne signifiante– qui met en relief l’absence de métaphore – a nécessairement des conséquences sur les rapports du sujet non seulement au langage, mais aussi bien à l’ensemble de ses rapports au « monde », aux autres notamment (au lien social), et des conséquences sur sa jouissance, puisqu’elle n’est pas prise, pas enserrée dans le maillage symbolique des signifiants. La non-fonction de l’objet a, le fait qu’il ne soit pas « séparé » – et avec les effets produits sur les rapports du sujet au signifiant (l’emballement métonymique notamment, dans la manie) et sur la jouissance – vient signer la structure psychotique de la manie. Nous proposerions de considérer non seulement la manie comme une psychose, mais comme une psychose déclenchée, et même sans doute délirante en certains cas. Cette dimension délirante est certes moins visible, moins lisible que dans la paranoïa, la mélancolie ou la schizophrénie. Des auteurs avancent pourtant qu’« en général, les manies sont délirantes » [37], et même que dans le fond « la manie pure où se perd le frein du sens, c’est rare » [38]. Dès lors, et considérant avec Lacan que « les phénomènes élémentaires ne sont pas plus élémentaires que ce qui est sous-jacent à l’ensemble de la construction du délire », que délire et phénomènes élémentaires ont la même structure, que « c’est toujours la même force structurante qui est à l’oeuvre dans le délire, qu’on le considère dans une de ses parties ou dans sa totalité » [33], il nous semble que l’on peut avancer ici que la manie présente un certain nombre de phénomènes élémentaires psychotiques parmi lesquels on pourrait ranger l’euphorie, l’humeur exaltée, l’excitation verbale et motrice, mais aussi les « coq-à-l’âne », la dérive métonymique en tant que trouble du langage psychotique. Le rapport au temps, vu plus haut, tout comme ces phénomènes éruptifs, soulignent tous la dimension de rupture, d’absence de liens, de discontinuité dans la vie du sujet, propre à la psychose. La « pure » métonymie, comme son nom l’indique,exclut quant à elle la possibilité métaphorique du langage, et exclut donc en soi l’élaboration d’une métaphore délirante – le délire – qui est montage, construction, assemblage organisé de signifiants, stabilisant plus ou moins durablement, plus ou moins efficacement, les rapports du signifiant au signifié. En ce qui concerne le chapitre « métaphore et métonymie » selon Lacan, nous n’entrerons pas dans le détail, mais rappelons simplement ceci que : « d’une façon générale, ce que Freud appelle la condensation, c’est ce qu’on appelle en rhétorique la métaphore ; ce qu’il appelle le déplacement, c’est la métonymie » [33]. Saisissons justement ce terme de « déplacement », qui convient particulièrement bien à la clinique du sujet maniaque, un sujet que l’on pourrait dire en effet constamment en déplacement. Un sujet en déplacement pourrait être une des définitions possibles du maniaque. Le côté « sans frein » déjà mentionné plus haut (« l’action frénatrice devient impossible », disait Anglade en 1903) n’est rien d’autre, ne reflète rien d’autre en effet que la « métonymie pure » du sujet maniaque, l’absence de point de capiton, la forclusion du Nom-du-Père, « l’extériorité du psychotique par rapport à l’ensemble de l’appareil du langage », « la relation d’extériorité du sujet au signifiant » [33], autrement dit ce fait cliniquement observable d’un sujet qui semble « habité, possédé par le langage » [33]. C. Soler le dit clairement : « la fuite des idées, cette logorrhée où se perd l’intention de signification au profit d’une juxtaposition de propos désorientés, qu’est-ce d’autre qu’une mise hors-jeu du capitonnage du sens du discours ? »[40]. Le point de capiton est un stop (un stop à la jouissance). À cet égard, C. Desmoulins remarquait pertinemment : « on pourrait dire de la manie que c’est une maladie de la chaîne signifiante, de la ponctuation, donc du point de capiton (…). Le maniaque procède par coq-à-l’âne, c’est-à-dire évite la ponctuation, le point de capiton » [37]. Aussi ce rythme effréné, cette« joie » de façade, cette euphorie d’apparence festive, en bref cette élation maniaque n’est pas autre chose que l’envahissement de jouissance qui procède des signifiants à la dérive, qui procède d’une chaîne signifiante réduite à la pure métonymie. Et cette « euphorie » n’est peut-être pas à mettre au compte du « jeu » et du « jouir », comme le pensait Henri Ey (cité plus haut). C’est le point de vue de C. Soler, qui admet que la formule d’Henri Ey est certes « belle, mais le maniaque n’est ni un joueur, ni un jouisseur » [40], articulant l’affect dépressif, la tristesse, à l’excitation maniaque dans son rapport à la forclusion. Pour clore ce chapitre, et pour répondre à notre question relative à la localisation de la jouissance dans la manie, on pourrait dire que la jouissance qui fait retour dans le réel, dans la manie, vient à se localiser non pas dans le corps, non pas dans un Autre persécuteur, mais dans la chaîne signifiante elle-même, dans la métonymie pure de la chaîne signifiante, avec ses effets de dispersion, de dissémination dans le langage, avec ses effets d’exaltation de la langue, d’une langue jouie sans limites.

6. Conclusion : le maniaque, pas si « joyeux » que ça.

Dans cette métonymie, dans cette juxtaposition dénuée d’orientation des éléments du langage, il faut y voir, selon cette perspective lacanienne, une succession de S1 (S1, S1, S1. . .) qui ne s’articulent pas avec les signifiants S2 qui introduisent le sens, la signification dans le discours (l’écriture S1-S2 étant l’écriture minimale pour désigner le discours, le lien social). C. Soler suggère ainsi que chez le sujet maniaque la dimension « festive et insouciante » de la parole, l’est du fait qu’elle est « libérée des contraintes de la sémantique, émancipée du réel qui est en jeu dans la grammaire ». Le sujet maniaque pourrait dès lors être défini comme celui qui se trouve « dispersé dans l’infini du langage qui le traverse », et la dimension de non-fonction de l’objet a, qui donne ce côté « libre » de toute contrainte, fait valoir dans son fond la mise en suspens, et même la mise à l’écart de l’instance interdictrice qu’est le Surmoi. En outre, cette succession de S1, la prise en masse intense de la jouissance dans le flot ininterrompu et sans limites des signifiants, valide ce fait que le sujet maniaque ne s’inscrit pas dans un « discours ». Une question se pose : le schizophrène lui-même n’est-il pas dispersé dans l’infini du langage qui le traverse ? Sa parole n’est-elle pas faite également de signifiants détachés, isolés, séparés de la chaîne signifiante, non articulés aux signifiants qui donnent sens, cohérence, historisation, continuité, etc. ? Oui, sans aucun doute, à une différence près toutefois. Le schizophrène est certes dispersé dans l’infini du langage qui l’envahit, qui le traverse réellement, mais en outre il est pénétré aussi dans son corps par les signifiants, ce qui n’est pas le cas du maniaque. Ici il conviendrait de se reporter au « stade du miroir », et une hypothèse pourrait alors se dessiner : le maniaque, s’il n’était passé par la phase du miroir, serait peut-être schizophrène. Dans tous les cas, l’absence du point de capiton, quia des effets variés selon les sujets indique que l’euphorie maniaque ne fait que mettre en relief l’absence fondamentale de lien à l’Autre, autrement dit la grande solitude du sujet. Et l’excitation infinie et « ludique » du sujet maniaque apparaît comme un leurre, un masque sur sa profonde tristesse. Finalement, cette agitation incessante – « motrice » et « verbale » – nous dit combien la solitude et l’angoisse font le fond du sujet maniaque, et que la seule solution pour y parer est peut-être effectivement de se « décharger ».

J.-J. Gorog écrivait que « le mélancolique se pose au centre du monde comme déchet : il se fait la poubelle du monde là où le maniaque fait du monde sa poubelle » [43]. Le monde comme décharge du maniaque. Il y a comme un vase communicant : à la fois le sujet y prend tout ce qui vient à sa portée, et il l’engloutit – c’est son côté « orgiaque » –, à la fois il y reverse le trop-plein, il vomit sur le monde le trop-plein de jouissance qui l’encombre et qui le fait souffrir.

Notes de bas de page :

Pour P. Belzeaux les descriptions faites par H. Ey dans cette étude sont « exemplaires, indépassables et indépassées » [23]. De même, pour E. Mahieu cette étude « reste encore un des meilleurs textes cliniques sur le sujet » [24].     

On retrouve des termes assez semblables chez Michel Foucault qui écrivait la même année (1954) dans Maladie mentale et psychologie : La fuite des idées est « la perturbation temporelle de l’existence maniaque : Le temps y est, par fragmentation, rendu momentané ; et, sans ouverture sur le passé et l’avenir, il tourbillonne sur lui-même, procédant tantôt par bonds, tantôt par répétitions. C’est sur le fond de la temporalité ainsi perturbée que doit se comprendre la « fuite des idées », avec son alternance caractéristique de répétitions thématiques, et d’associations bondissantes et illogiques » [27]. A. Tatossian, de même, dans sa lecture de Binswanger : « le monde où il [le sujet maniaque] vit est tourbillon et saut, ne permettant aucune historicité », le temps du maniaque est « réduit au pur instant » [28]. D’où sans doute un travail à élaborer avec le patient autour de cette question de l’historicité, un travail de réintroduction de la dimension temporelle dans l’économie psychique du sujet.

Un peu plus loin Henri Ey utilise l’expression – qui pourrait prêter à la critique – de « demi-délire » : « ce n’est pas du délire, dit-on, car le sujet « n’y croit pas » (. . .). Mais ce n’est pas non plus, certes, une pensée strictement adaptée au réel (. . .). Fuite des idées, délire verbal, fabulation, propos incohérents, de quelque nom que l’on désigne le phénomène, il n’en demeure pas moins dans son essence une sorte de demi-délire ». L’on voit combien il est particulièrement difficile de rendre compte cliniquement de ce qui serait indubitablement délirant dans la manie, combien il est délicat et incertain de donner une spécificité à la dimension délirante maniaque. Au fond, pour Henri Ey, la manie contient « une fiction parlée et pensée qui se rapproche du délire. Une telle disposition à fabuler, à dramatiser, à jouer avec les mots, les concepts et les choses, constitue en soi une tendance délirante ».

Abraham indiquait ainsi que « le sommet de la manie est comme une ivresse de liberté. La composante pulsionnelles-adique est délivrée de ses entraves. Toute retenue disparaît en faveur de comportements agressifs sans égards » [25].

Séglas relevait que les maniaques « parlent avec volubilité, sans prendre à peine le temps de respirer ou de répondre aux interrogations » [26]. Notons au passage – sur la question du délire – que pour Séglas il existe « certains cas particuliers [pour lesquels] cette intempérance du langage est l’unique manifestation du délire ».

 

J’avais déjà écrit sur un article précédent :

Un mode de communication inapproprié : Les flics sont des maniaques. On leur conseille le LITHIUM pour calmer leur euphorie.

Voilà ce que dit l’ouvrage collectif aux éditions Lavoisier 2014, Les troubles bipolaires, au chapitre aspects psychopathologiques et psychodynamiques : De l’état dépressif à l’état du triomphe du moi par M.-C. Lambotte p. 585 – 594.

 » Versatile, passant d’une préoccupation à une autre, le maniaque semble entièrement soumis à ses impulsions et à ses intérêts du moment et ne respecte plus les contraintes du cadre social qui ordonnent habituellement la communication.

Cette description de L. Binswanger, extraite de son ouvrage Mélancolie et manie, montre bien une sorte d‘effacement des repères qui, à l’ordinaire, permettent à des interlocuteurs de se référer aux mêmes éléments spatiaux-temporels dont la signification symbolique fixe le cadre de leurs échanges.

L. Binswanger analyse alors cette perte de considération du socius en se référant aux étapes husserliennes de la constitution de l’expérience d’autrui qui, de la présentation ou perception d’un corps-objet réel (une chose de la nature) se poursuit ensuite par l’acceptation de celui-ci comme un corps vivant étranger (l’alius), pour enfin parvenir à son apprésentation comme alter ego ; ce serait cette dernière fonction qui ferait défaut au sujet maniaque en butte à de seules présences (Präsenzen) isolées, sans liaison entre elles et sans qu’elles puissent s’inscrire dans la continuité de la biographie interne. (…) Il ne s’agit pas d’un déficit ou d’une lésion cognitive, mais bien plutôt d’une incapacité à considérer l’autre comme un alter ego participant d’un contexte commun et soumis de fait aux mêmes coordonnées mondaines.

Ce sont les « tendances déterminantes », selon K. Jaspers, qui manqueraient au sujet maniaque, tant en ce qui concerne la suite indéfinie et débridée de ses idées que l’excitation labile et désordonnée de son comportement.

Aussi bien en ce qui concerne la manie, la neutralisation des « tendances déterminantes » et du cadre contextuel nécessaire à la communication nous conduit-elle à penser qu’il s’agit là de la brusque mise à l’écart de toute contrainte, de toute règle qui habituellement règle les supports humains et leur donne à la fois consistance et signification. Or, nous savons qu’au regard de la psychanalyse, les rapports humains sont essentiellement construits sur des projections imaginaires en fonction desquelles les images respectives des partenaires s’ajustent en permanence. Mais ces images ne s’ajustent pas n’importe comment et n’alimentent pas non plus indéfiniment la tension agressive ; elles se trouvent à la fois circonscrites à l’intérieur d’un cadre et règles par un code symbolique qui permet aux partenaires de se référer à un même domaine de définition. Nous ne nous comportons pas de la même manière lorsque nous rencontrons quelqu’un dans un amphithéâtre universitaire ou sur un terrain de sport, et la meilleure image de soi que nous voulons présenter (le moi idéal) devra nécessairement s’adapter au contexte symbolique qui caractérise le socius.

L’aisance et la liberté excessives prises avec autrui, ou bien encore le peu de cas que le maniaque fait de la personne à laquelle il s’adresse, ne permet pas non plus la reconnaissance de l’autre dans l’assomption de sa différence ; et l’objet extérieur se trouve nié au sein même des manifestations les plus démonstratives de rapprochement.« 

Voilà pour la psychanalyse de ces maniaques. Les mots ne servent pas qu’au harcèlement : Des mots très savants servent aussi à décrire la réalité du déchainement des flics pendant plusieurs mois, plusieurs années. Nous, on sait s’exprimer en public, se comporter en société, mais les flics étant malades ont perdu toute notion de savoir-vivre. Ils ont un mode inapproprié de communication. Non seulement, ces flics parlent à tort et à travers, mais en plus, ils le font avec une mentalité de merde. Mais les deux vont souvent ensemble … Les mentalités de merde, ça existe et ça peut gravement vous pourrir la vie. On attend que le scandale se termine. Les flics sont indifférents à la haine qu’ils m’envoient et c’est un attribut principal des pervers narcissiques ; Ils se croient intègres. Drucker a le même problème. C’est ce que Cyrulnik appelle l’arrêt d’empathie. Il est des gens qui se sont disqualifiés il y a longtemps. ON LEUR CONSEILLE LE LITHIUM POUR CALMER LEUR EUPHORIE.

Les maniaques, c’est comme l’hiver : Vous voudriez empêcher qu’il soit là, mais vous ne pouvez rien y faire … Les flics s’imaginent encore avec une relation contractuelle avec moi : Laquelle ?

 

Rapport annuel du CCNE (Conseil Consultatif National d’Ethique) sur l’usage des neurosciences … avec en particulier le détecteur de mensonge. La France, Prix Nobel de médecine pour la lecture de la pensée ?

La lecture de la pensée au coeur de la pratique étatique française …

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La lecture de la pensée a été mise en oeuvre en ce qui me concerne en 2009 ou 2010 et jusqu’à 2019, exactement au moment où De Villepin, qui n’était plus PM est venu me parler à Tunis (banlieue de El Ouardia 7, Cité Avicenne, le fameux médecin arabe féru de droit …).

De Villepin m’avait dit ceci :

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J’avais demandé des explications à Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, sur une probable violation de la vie privée (article 9 du Code civil). Ce n’était pas à Monsieur de Villepin que je devais écrire puisqu’il n’exerçait pas alors la profession d’avocat et de plus, De Villepin en était lui-même arrivé à une violation de la vie privéeDe Villepin violait les mails. Il avait commenté un mail que j’avais écrit à mon meilleur ami dans lequel je disais : « Ce qui compte, ce sont les résultats ». Il m’a aussi parlé de Youssef Chahine, réalisateur que je ne connaissais pas à l’époque. Youssef Chahine a réalisé le film Adieu BonaparteNous disons : Adieu De Villepin !

Le même jour, un poulet m’a dit juste au dessus de ma tête : Arrêtez, vous allez le tuer … puis en s’adressant à moi : Tu les laisses te tuer ? Il y avait également Yves Lecoq qui jubilait au-desssus de ma tête : Tu es à l’agonie ! …

Il faudrait une Révolution pour couper la tête de De Villepin … Napoléon avait peut-être pensé qu’on avait coupé trop de tête … Il avait horreur de la terreur thermidorienne ! Napoléon disait que Rousseau n’aurait pas du exister. Rousseau disait qu’il fallait condamner à mort un homme qui en dénonce un autre …

NOTA BENE. Rappel sur le syndrome d' »Automatisme mental » ou pensée devancée, pensée devinée (écho de la pensée).

Il existe une pathologie mentale, appelée « automatisme mental », définie en 1920 par De Clérambault (début de siècle), qui a écrit un ouvrage du même nom, ouvrage que j’ai lu, pas très intéressant d’ailleurs, Henri Ey et Jacques Lacan. L’automatisme mental fait partie de la grande classe diagnostique des phénomènes hallucinatoires, psychose hallucinatoire chronique (PHC). Le patient entend en écho des commentaires de sa propre pensée. Il semble selon les psychiatres que le patient entendrait en fait sa propre voix, son language intérieur … qui pourrait d’ailleurs changer de timbre ! Cette pathologie peut poser problème en ce qu’elle pourrait dicter sa conduite aux patients, lui intimer des ordres d’actes auto ou hétéro-agressifs. Clérambault, psychiatre de la préfecture de Paris écrivait ses certificats de délinquants dangereux, certificats qui ont servi de modèle aux psychiatres du siècle suivant. C’est au Dépôt que j’ai été emprisonné en 2008 (la nuit la plus horrible de ma vie à ne pas trouver le sommeil sur un banc en bois) pour un courrier anodin dérangeant Marie Drucker, qui est une très belle personne, vu que j’avais déjà passé 3 mois en HP, puisqu’elle s’était crue autorisée à envoyer des flics pour me harceler, ce qui m’avait mis hors de moi ; Le dépôt où j’ai vu aux alentours de minuit un descendant lointain de De Clérambault. L’année passée, en 2007, Isabelle Carré jouait le rôle d’une érotomane dépitée (au 3ème stade de l’érotomanie), harceleuse, haineuse, violente, dangereuse … Mais je ne suis point érotomane, n’est-ce pas ? Marie Drucker, voulant rompre tout lien en 2008 par sa plainte à la BDRP, est revenue bien plus tard, en 2009 … pour m’emmerder à nouveau dans mon domicile. J’avais pourtant passé toute l’année 2008 dans un profond sommeil jour-nuit.

Voir la page Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Automatisme_mental

Il existe un fantastique survol historique très savant Par Rémi Tevissen de la vision des psychiatres français sur l’automatisme mental ici :
https://ephep.com/fr/content/conf-ecrite/remi-tevissen-la-notion-dautomatisme-mental-sa-pertinence-et-sa-valeur-0

Une émission de France Culture :
https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/quest-ce-que-lautomatisme-mental
qui parle de l’automatisme affectif (Une personne exprime sa colère, alors que ça ne lui ressemble pas …), mais aussi de l’avocat Sandon au 19ème siècle, quérulent protestant contre ses internements abusifs, demandant indemnisation …

Il existe un Youtube d’un psychiatre lillois (Ali Amad) du CHRU de Lille sur l’automatisme mental, analysant la théorie de De Clérambault au regard actuel des neurosciences :
https://www.youtube.com/watch?v=1GTLQY5w0ys

qui parle d’hyperactivation des zones auditives du cortex au cours des hallucinations auditives, correspondant à une hyperdopaminergie du cerveau, modifications anatomiques au niveau du lobe temporal, des ventricules, de l’épaisseur corticale, du corps calleux. La médication dopaminergique donne une amélioration de la symptomalogie positive. Neurologie ou psychiatrie ? Origine neurologique des psychoses. Dysconnectivité entre les divers aires cérébrales. De Clérambaut invoque des séquelles de lésions infectieuses, toxiques, traumatiques ou sclérosantes. Conception longitudinale de l’intéraction avec l’environnement (toxiques avec le Cannabis, trauma, les zones d’urbanisation, le fait de vivre dans une minorité ou dans une situation de migration).  Diminution de la substance blanche pour les hallucinations internes. Différences anatomiques entre hallucinations internes et hallucinations acoustico-verbales. Automatisme mental : Symptômes de premier rand de Schneider non présents chez tous les psychotiques. Hallucinations : 5 % de la vie entière. 80 % sont transitoires. Moins de 10 % sont associées à des troubles psychotiques. Au moment où le délire apparaît, la psychose est déjà ancienne. La schizophrénie est la conséquence tardive du neurodéveloppement débutant des années avant la maladie (Weinberger, 1987) = Arguments de Clérambault.  Anomalies associées à des  modifications du développement précoce.

Rapport du CCNE.

Cet article, que je publie sur ma parge perso, fait suite à mon courrier de 2018 à Monsieur Delfraissy, président du CCNE qu’on retrouve ici :
https://wordpress.com/post/harcelementssursami.wordpress.com/1130

Le rapport annuel du CCNE paru en juin 2018 est visible ici :
https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/publications/eg_ethique_rapportbd.pdf

On peut noter les points remarquables suivants de ce rapport :

  • Le Cadre légal et réglementaire.

Les premières législations spécifiques aux neurosciences sont nées de la révision de la loi de bioéthique du 7 juillet 2011. L’article 45 de cette loi a en particulier conduit à la création de l’article 16-14 du Code civil qui spécifie que: « Les techniques d’imagerie cérébrale ne peuvent être employées qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, ou dans le cadre d’expertises judiciaires. Le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l’examen, après qu’elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité. Le consentement mentionne la finalité de l’examen. Il est révocable sans forme et à tout moment. »

  • Les Questions en débat.

Les autres domaines d’application des techniques d’exploration ou de modification du cerveau sont nombreux. Quelques exemples d’applications possibles :
Dans le domaine de la justice, certains s’interrogent sur l’utilisation des outils l’imagerie cérébrale pour évaluer le comportement d’un suspect ou encore pour modifier le cerveau des délinquants.

Dans tous les exemples exposés ci-dessous, la question de ce qu’il est possible et souhaitable de faire se doit donc d’être posée. Dans cette perspective, un certain nombre d’enjeux éthiques peuvent être soulevés :
L’identité même de la personne et sa personnalité pourraient être altérées s’il devenait possible de modifier le fonctionnement cérébral, c’est-à-dire d’agir sur les fonctions cognitives ou les émotions. L’autonomie de la personne serait alors menacée, soit parce que la personne se modifierait elle-même pour se conformer, par exemple, à un schéma social, soit parce qu’elle serait l’objet, bien que non consentante, d’une coercition de la part de tel ou tel corps social.
– La justice sociale risquerait d’être mise à mal si les techniques de modification cérébrale étaient uniquement réservées à quelques-uns, favorisant une classe privilégiée qui pourrait aisément dominer, voire exploiter, ceux qui n’auraient pas accès à ces techniques.
L’intimité de la personne et la confidentialité des données de sa vie privée, déjà fortement réduites par le développement des objets connectés, pourraient disparaître.

  • Ce que le CCNE a lu et entendu.

Neurosciences et justice.

Concernant l’usage des neurosciences en justice évoqué au cours d’un débat, la notion de consentement a été plusieurs fois soulignée, à la fois consentement des suspects dans l’hypothèse où certaines techniques (imagerie cérébrale…) permettraient de résoudre des affaires judiciaires, et consentement des délinquants, que ce soit pour des  expérimentations neurologiques ou pour neutraliser un supposé «foyer» cérébral de la délinquance, si tant est qu’il existe et qu’il soit découvert.

Neurosciences et données massives.

Les problèmes liés à la gestion et la protection des données issues des neurosciences ont été soulevés, notamment vis-à-vis du risque d’utilisation de la neuro-imagerie à des fins de contrôle social (détection des mensonges).

  • L’expression sur le site web des États généraux.

Les propositions entre guillemets et en italique sont les propositions soumises au débat par le CCNE et sur lesquelles les internautes étaient invités à s’exprimer.

CONSTATS ET ENJEUX

La plupart des nouveaux constats et enjeux déposés par les participants reprenaient des constats déjà formulés en amont de la consultation, ou des arguments exprimés à leurs sujets et qui sont repris ci-dessous. Nombre d’entre eux se révèlent encourageants vis-à-vis de l’usage thérapeutique des neurosciences, mais beaucoup expriment également leur inquiétude vis-à-vis des dérives dans les domaines non-médicaux, notamment militaires, même si leur apport, notamment pour comprendre les mécanismes d’apprentissage en éducation, a été abordé.

«Il n’est pas impossible que des programmes de recherche ayant pour objectif de décoder le cerveau ou de le manipuler voient le jour».

Pour une partie des participants, la manipulation du cerveau grâce aux neurosciences sera bientôt une réalité, voire l’est déjà, certains d’entre eux estimant que des programmes de recherche, parfois secrets, sont déjà lancés avec cet objectif. L’importance d’une vigilance éthique à ce sujet a été soulignée, notamment à l’égard du neuromarketing qui pourrait être développé ou du risque d’uniformisation des individus à des normes arbitraires. Toutefois, la possibilité d’un «décodage du cerveau» paraît à d’autres peu réaliste notamment du fait de la complexité des interconnexions neuronales. Les progrès des neurosciences sont, pour le moment, jugés décevants. Par ailleurs, quelques-uns ont souligné que le psychisme ne se réduisait pas au cerveau, et que la connaissance de l’un n’impliquait pas la maîtrise et la manipulation de l’autre.

«L’usage des neurosciences dans de nombreux autres domaines que la médecine est controversé».

Dans le domaine de la justice, les outils des neurosciences pourraient fournir des indices, mais pas une preuve absolue, et le risque d’aliénation des individus a été soulevé. Plusieurs nuances ont été apportées par ailleurs : les neurosciences ne doivent pas être considérées comme un «bouc-émissaire» de l’exploitation des individus, car ce sont moins les techniques issues des neurosciences que l’usage fait de ces techniques qui peut être condamnable. À cet égard, la question du contrôle de ces usages a été mise en avant.
«La complexité du cerveau est telle qu’il est peu probable que l’imagerie médicale à elle-seule permette de décrypter le fonctionnement du cerveau dans son ensemble».

  • VALEURS ET PRINCIPES.

«La protection des données privées obtenues par les techniques des neurosciences».

Des participants ont souligné que les données privées obtenues par les techniques de  neurosciences, étaie.nt des données de santé protégées par le secret médical, et qu’elles ne devaient donc pas sortir du cadre du parcours de soin. Si un usage en dehors de ce cadre devait être réalisé, il a été proposé de s’assurer à la fois de l’anonymisation de ces données et du consentement informé du patient. Des participants ont toutefois rappelé que ces données étaient une matière première pour les recherches médicales – l’expression «bien commun» a été notamment employée – et à cet égard, il a été proposé de laisser la possibilité aux individus qui le souhaiteraient, de faire diffuser leurs données «pour la science», l’important n’étant pas tant la possession des données, mais l’usage qui en serait fait.

(…)

Certains ont aussi appelé leurs concitoyens à accepter les fragilités et les limites de l’être humain qui ne devrait pas être jugé selon ses seules performances, ouvrant ainsi un  débat sur la conception même de l’homme.

  • Les auditions des associations et courants de pensée.

Le risque des dérives qui pourrait poindre de l’application des techniques issues des neurosciences dans des domaines non médicaux (militaires par exemple) a également été évoqué. Davantage d’encadrement pour leur usage a aussi été réclamé dans le domaine judiciaire, en suggérant qu’il ne puisse avoir lieu qu’après autorisation d’un juge d’instruction ou un collège de juges.

  • Les auditions des sociétés savantes et institutions.

L’importance du développement de la recherche fait l’unanimité, mais des opinions divergentes ont été entendues au sujet de son encadrement : la Société des neurosciences indique que la recherche est suffisamment encadrée et ne réclame pas d’évolution de la loi alors que l’ANM recommande « un encadrement particulièrement étroit de toute recherche invasive sur le cerveau humain ».

  • Les applications des neurosciences.

L’ANM recommande l’interdiction de l’utilisation «sociétale» des techniques invasives de modification du fonctionnement cérébral.

Dans le domaine judiciaire, la Société des neurosciences et l’ANM sont unanimes pour interdire l’utilisation de l’IRM fonctionnelle dans le cadre de l’expertise judiciaire tout en maintenant l’autorisation du recours à  l’IRM morphologique, ceci impliquant donc une modification de la loi de 2011.

  • La vigilance éthique et l’information.

C’est finalement plus à une vigilance éthique qu’ont appelée les deux auditions sur les neurosciences, vigilance éthique à la fois par les institutions (notamment par le CCNE), mais aussi par la société civile. La nécessité d’une information de l’ensemble de la Population sur l’état réel des recherches en neurosciences a été soulignée, notamment pour éviter espoirs inconsidérés et fantasmes.

Conclusion.

Il ressort de ce rapport que la pratique de la « lecture de la pensée » pratiquée par l’Etat français pose un grave problème éthique et juridique.

 

Libération a publié un article sur un livre publié au sujet de la Corée du Nord … inspirant.

CoreeNord